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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 18:19
Dans l’Eure, les mineurs isolés affluent

Société. Le Département de l’Eure est touché par une arrivée massive de mineurs étrangers non accompagnés. Leur prise en charge a augmenté de 1 450 % entre 2012 et 2017.

Depuis le début de l’année, le Département de l’Eure connaît un « flux considérable » de mineurs non accompagnés (MNA). Il s’agit de jeunes de moins de 18 ans, « privés temporairement ou définitivement de leurs détenteurs d’autorité parentale sur le sol français, sans autre membre de leur famille susceptible de les prendre en charge légalement ».

« Un flux considérable »

Perrine Forzy, vice-présidente du conseil départemental de l’Eure en charge des Affaires sociales, fait le point sur la situation.

Depuis janvier, combien avez-vous accueilli de MNA ?

« 56 MNA ont été pris en charge par la protection de l’enfance. On est donc sur une moyenne de 13 par mois. C’est un flux considérable, absolument jamais vu et qui est en constante progression. En 2017, 218 jeunes se sont présentés et ont été évalués par nos services. Au terme des vérifications d’usage, 151 nouveaux jeunes ont intégré l’Aide sociale à l’enfance. »

Quelle est la progression de ces publics ?

« Elle est malheureusement exponentielle. Entre 2012 et 2017, le nombre de MNA pris en charge dans nos structures a progressé de + 1 450 %. Cette prise en charge a aussi un coût pour le Département : 5,8 M€ en 2017. »

D’où viennent ces jeunes ?

« Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ceux qui arrivent chez nous ne fuient pas les théâtres de guerre, notamment au Moyen-Orient, mais viennent principalement d’Afrique noire : Mali, Guinée-Conakry et République démocratique du Congo. Des filières sont d’ailleurs clairement instaurées à Évreux pour les ressortissants de ces trois pays et des enquêtes sont menées pour les démanteler. »

80 places en plus du dispositif classique

Par qui ces jeunes sont-ils pris en charge ?

« Lorsqu’un jeune se présente, une évaluation est menée par un agent de l’Aide sociale à l’enfance pour identifier son parcours migratoire, évaluer sa situation d’isolement et la réalité de sa minorité. Si la situation d’isolement et de minorité est confirmée, le parquet est saisi pour prendre une ordonnance de placement provisoire et confier le jeune à l’Aide sociale à l’enfance, jusqu’à ses 18 ans. Il est ensuite placé dans un de nos foyers ou en familles d’accueil. Le travail éducatif consiste ensuite à lui permettre de s’insérer à travers l’établissement d’un projet scolaire ou professionnel, l’apprentissage ou l’approfondissement de la langue, l’inscription dans des clubs sportifs ou culturels, l’établissement d’une prise en charge en matière de soins. »

En dehors des services du Département, quelles autres structures peuvent s’occuper de ces mineurs ?

« Du fait du nombre croissant de mineurs non accompagnés, le Département a conventionné avec différents opérateurs. Ainsi, nous disposons de 20 places en hôtel, 40 places en foyer de jeunes travailleurs, 24 places en hébergement éclaté. Le Département a aussi conventionné avec une association spécialiste des migrants. Elle accompagne les jeunes dans la réalisation de leurs démarches pour l’obtention d’un titre de séjour. Chacune des structures dispose d’une convention établie avec le Département impliquant un compte-rendu de son activité tant sur le plan budgétaire que qualitatif. Des rencontres régulières sont organisées avec chacune des structures pour suivre la qualité et le contenu du travail réalisé. »

Des structures privées, associatives, se développent dans l’Eure afin de prendre en charge ces publics. Qu’en pensez-vous ?

« D’une façon générale, la dynamique est tellement forte qu’on doit regarder toutes les options. Un appel à projet pour ouvrir de nouvelles places d’hébergement est d’ailleurs à l’étude pour l’année 2018. Le Département passera une convention avec les associations retenues qui présenteront un projet respectant à la fois le cadre éducatif souhaité et le volet financier attendu. »

Une Main tendue à Évreux

Nouvellement installée dans le quartier du Clos-au-Duc à Évreux, l’association Main Tendue s’est donnée pour mission d’accompagner les mineurs isolés.

La structure a été fondée en août 2017. « On travaillait tous dans des structures d’aide à l’enfance où des mineurs non accompagnés étaient accueillis uniquement sur le temps des repas. On a trouvé aberrant de les laisser livrés à eux-mêmes le reste du temps », explique Daniel Roch, le directeur.

Dans ses six logements de la rue d’Hardencourt, Main Tendue héberge 24 jeunes âgés de 15 à 17 ans, arrivés du Maghreb, du Congo, du Cameroun, d’Irak, du Bangladesh... Des mineurs qui sont adressés à Main Tendue par le Département de l’Essonne mais pas par celui de l’Eure. « C’est un appel à projet ouvert hors département. Nous avons été retenus. La convention a été signée en janvier », justifie Masamba Lunkeba, chef du service. L’association compte répondre à l’appel d’offres qui sera lancé par le Département de l’Eure.

L’association a pour principales missions la mise à l’abri des mineurs ainsi que leur accompagnement administratif. Leur insertion se fait principalement par le biais du travail. « Tous sont soit scolarisés, soit en apprentissage. Ce sont des bosseurs qui n’ont pas peur de commencer à 5 h du matin, et qui ont envie de s’en sortir », se réjouit Daniel Roch.

Si les jeunes ont une totale autonomie au sein de la structure, ils disposent malgré tout d’un encadrement 24 h/24. « Au départ, on pensait les mettre dans des appartements éclatés, mais ils n’auraient pas bénéficié d’un suivi la nuit », convient Daniel Roch.

Infos pratiques

Main Tendue, 57 rue d’Hardencourt. Sur Internet : www.maintendue.org.

 

Paris Normandie 20 juin 2018

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