El Greco, Saint Jean Baptiste

El Greco, Saint Jean Baptiste

Ils sont deux personnages de l’Evangile dont l’Eglise ne célèbre pas la fête le jour de leur mort, mais le jour de leur naissance : Jésus et Jean Baptiste.
Jean-Baptiste inaugure la naissance de ce monde nouveau qui advient avec le Christ.
Voilà pourquoi ce texte « naître » de Jean Debruynne est particulièrement en résonnance avec la fête de Saint Jean Baptiste :

Naître
C’est se déposséder
C’est s’accepter avec ses deux mains nues
Et son visage à découvert

Naître
C’est quitter son masque et son déguisement

Naître
C’est oser, c’est prendre le risque
C’est quitter la terre ferme
C’est ne pas savoir à l’avance ce qu’il y a devant
C’est accepter l’inconnu, l’imprévu, la rencontre

Naître
C’est inventer de nouveaux mondes
Qui deviendront des mondes nouveaux

Naître
C’est tout laisser derrière soi
Ses greniers et ses gardes manger
Ses coffres forts et ses sécurités
Ses habitudes et ses certitudes

Naître
C’est quitter son abri
C’est essuyer le vent de face
Et porter le soleil sur son dos

Naître
C’est avoir trop froid et trop chaud

Naître
C’est n’avoir plus d’autre maison que le passage
C'est accepter que le pain n'ait plus le même goût
Et c'est accepter peut-être
Qu'il n'y ait plus de pain du tout...

Naître
C’est prendre le temps d’aimer
Celui qui aime est un inventeur, c’est un nomade
Celui qui naît se croyait seul
Il est plusieurs, il est multiple, il est deux
Et même Dieu était parti
Et faisait route vers eux.

 Jean Debruynne
Prêtre, poète et écrivain
"Les trois saisons d'aimer" 1980

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