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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 11:12

pechemiraculeuse

Ce passage de Saint Jean (21/1-19) que nous venons d'entendre ce dimanche est un ajout tardif dans cet Evangile. S’il a été ajouté c’est qu’il a des choses très importantes à nous dire tant sur le plan de la foi que sur le plan symbolique.

Différent du Livre des Actes des Apôtres cet Evangile ne nous présente pas les apôtres entrain d'annoncer la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus a Athènes ou bien à Jérusalem auprès des juifs ou auprès des païens mais il nous présente les apôtres dans leur vie ordinaire celle qu'ils avaient avant de connaître Jésus : ce sont des pêcheurs donc est l'évangile les présente sur le lac en train de pêcher.

Au bord du lac ils rencontrent Jésus ressuscité qu'ils tardent à reconnaître.

Jésus à fait du feu pour le repas Il a du pain et du poisson : scène de vie ordinaire qui n'est pas sans rappeler celle de la multiplication des pains.

Ils sont 7 (et non pas la totalité des douze, mais 7 les plus proches...) Sept est un chiffre qui exprime le caractère particulier, « transcendant »" de ce moment !

La barque des sept symbolise l'Eglise : Église bien à la peine dans la nuit ou elle est revenue "bredouille" de la pêche.

Le Seigneur nous invite a jeter le filet de l'autre côté de la barque car nous avons souvent tendance jeter le filet du même côté le côté de nos habitudes, le côté de ce qui nous ressemble, qui nous semble naturel et logique. L'autre côté c’est celui de la « périphérie » que le pape François nous invite à rejoindre (une Eglise « pauvre avec les pauvres »), c'est-à-dire là où l'homme est « sans voix », là où il est blessé, là où l'homme n'est pas reconnu dans sa dignité là où l'homme est victime d'injustices là où il est victime de la souffrance et du malheur, là où il est isolé , abandonné,  la où il ne connait pas le Christ.

Les apôtres font confiance à Jésus, à son invitation de jeter le filet de l'autre côté.

Et voilà qu’ils ramènent le filet plein " à craquer "

Mais le filet ne rompt pas ! Les détails dans l'Evangile de Jean sont troublants : on dénombre 153 gros poissons.

Or 153 c'est exactement le nombre de variétés de poissons connues dans le monde Grec de l'époque. Ce nombre symbolise donc la totalité de l’humanité.

En jetant le filet de l'autre côté de la barque ce sont donc tous les hommes que nous sommes invités à rejoindre. En rejoignant les pauvres, les sans-papiers, les sans-abris et les sans dignité  nous rejoignons toute l’humanité en commençant par les derniers !

Dans la finale de l'Évangile de Saint-Jean, avec  les derniers versets qui nous sont proposés dans version «  longue » de l’extrait de ce dimanche, il s'agit de l'interpellation de Jésus à Pierre et du témoignage de Pierre. Par trois fois Pierre s’entend dire par Jésus : « m’aimes-tu ? ». Cette triple interpellation n’est pas sans rappeler le triple reniement de Pierre lors de la Passion et du Procès : « je ne connais pas cet homme » !

Jésus renoue avec Pierre au cœur du « reniement » de celui-ci.  Il n’est pas question de jugement ni de condamnation mais « d’Amour ».

Et pour bien comprendre il est bon d’observer le texte dans sa langue maternelle : le Grec !

En effet par deux fois Jésus demande à Pierre « m’aimes-tu » en utilisant le mot « Agapé » qui exprime l’Amour pur, l’Amour fort, l’Amour total !  Et deux fois Pierre répond à Jésus « tu sais bien que je t’aime » en utilisant pour définir cet amour le mot « Philae » qui veut dire Amour - Amitié. Donc il ne répond pas au niveau de l’intensité de la question. Lors de la troisième interrogation à Pierre Jésus utilise cette fois le mot « Philae », donc Jésus s’est mis au niveau de Pierre et il accepte que Pierre ne puisse pas répondre aussi « fort » qu’il l’aurait souhaité !

La réponse de Jésus à l’Amour de Pierre est dans la traduction liturgique « Sois le berger de mes brebis ». En réalité le texte Grec il s’agit d’un verbe d’action : « Fais paître mes brebis ». Il s’agit donc de les nourrir, de les protéger et de les faire grandir !

Cette finale de l’Evangile de Jean nous rejoint tout particulièrement. Disciples nous le sommes à la suite des Apôtres. C’est au cœur de notre vie quotidienne que nous sommes envoyés rejoindre « toute l’humanité » à commencer par « la périphérie », par les derniers. Nous sommes accueillis par Le Christ tels que nous sommes, avec nos « reniements » et nos amours imparfaits et blessés.

Mais c’est « à l’Amour » et au soin que nous manifesterons pour nos frères et à travers eux l’Amour que nous manifesterons pour le Seigneur que nous serons reconnus. Amen.

Denis Chautard

Prêtre de la Mission de France

 

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commentaires

Berthe Philippe 14/04/2013 12:31


Homélie très instructiver je trouve.


En revanche, "nous sommes accueillis par le Christ tels que nous sommes, avec nos "reniements" et nos amours  imparfaits
et blessés". Si l'Eglise pouvait faire pareil envers les divorcés-remariés qui se donnent avec coeur au Christ, à Dieu.... 


 Tout le monde est heureux des phrases du
nouveau pape, c'est très bien, mais va t'il penser à cette catégorie de chrétiens qui se morfond pendant l'Eucharistie ?