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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 11:26

arbre

Planter un arbre dans la mer…!

Planter un arbre dans la mer, quelle idée bizarre ! Et pas n’importe quel arbre : un sycomore. Sous nos climats, ce serait un chêne ou un platane. Planter un arbre dans la mer grâce à l’énergie contenue dans une minuscule  graine de moutarde ! Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?

Pour un juif du temps de Jésus, la mer est pleine de démons, de  forces maléfiques incontrôlables, c’est le domaine de la mort.  Donc, planter un arbre dans la mer avec l’énergie contenue dans une toute petite graine de foi , c’est planter l’amour dans un monde de brutes, dans un monde de haine, dans un monde sans espoir où l’homme est  défiguré, méprisé, torturé.

Planter un arbre dans la mer, c’est ce qu’a fait Maximilien Kolbe dans un camp de concentration, quand il a donné sa vie pour sauver celle d’un père de famille condamné à mourir de faim. Planter un arbre dans la mer, c’est ce qu’ont fait Dietrich Bonhöffer et Édith Stein  qui ont planté un peu d’espérance et de vie dans la mer de torture et de mort des camps nazis d’extermination.

Le Père Claverie et les moines de Tibhirine – allez voir ou revoir ‘’Des hommes et des Dieux ‘’ – ont eux aussi planté la solidarité, la fraternité dans des régions et  des pays submergés par des océans de menaces, de violences, de peurs et de haine. Ils l’ont fait parce qu’ils avaient dans le cœur l’énergie de la foi, grosse comme une graine de moutarde. Seigneur, augmente en nous la foi.

Et aussi tant et tant  d’hommes et de femmes qui, obscurément, obstinément donnent leur vie au fil des jours au service des autres, en plantant l’espérance et l’amour dans des mers de larmes et de sang.

Les uns et les autres réalisent le rêve de Dieu : faire de la Terre une mer de tendresse et d’amour..

La deuxième partie du passage d’évangile que nous venons d’entendre a du mal à passer : on nous a tellement dit et redit qu’on était sur la terre pour ‘’gagner son ciel’’ à coups de bonnes œuvres, de mérites, de sacrifices, de prières, qu’on a du mal à s’entendre dire que cela ne sert à rien, qu’on se donne du mal pour rien, autrement dit que nous sommes des serviteurs inutiles. Pourquoi ? parce qu’il n’y a pas besoin de ‘’gagner’’ son Ciel, puisqu’il nous est donné gratuitement.

Oui, Dieu nous aime sans raison, comme vous aimez vos enfants, sans raisons, simplement parce qu’ils sont vos enfants. Le propre de l’amour vrai c’est  d’être sans raisons. Dieu nous aime infiniment de cette façon-la

Nous n’avons comme seule offrande que l’accueil de ton amour  nous fait dire une hymne du bréviaire. Or, au lieu de nous abandonner sans crainte à l’amour de Dieu, nous avons la tentation perpétuelle de nous ’’faire valoir’’  aux yeux de Dieu, comme le Pharisien de la parabole. Nous voudrions que Dieu ait de bonnes raisons de nous aimer. Prières, bonnes œuvres etc. nous rassurent, comme si on acquérait des droits sur Dieu, de sorte qu’il soit obligé de nous aimer.

Et Jésus nous dit : Vous vous donnez du mal pour rien : vous possédez déjà ce que vous vous donnez tant de mal à obtenir : l’amour indéfectible et inconditionnel de Dieu pour nous. Il nous suffit  d’accepter d’être aimés, de nous laisser aimer. Il nous faut laisser tomber nos préjugés, ouvrir notre porte, ouvrir notre cœur, accepter d’être faibles, vulnérables, s’en remettre à Dieu, lui donner notre foi. Lui faire confiance, comme Marie.

Pour autant,  il ne s’agit pas de se croiser les bras sans rien faire. Dieu a besoin de nous pour planter l’amour dans l’océan du monde. Mais il ne faut pas le faire pour ‘’être sauvés’’ mais parce qu’on est déjà sauvés.

C’est un peu vexant de s’entendre dire : Vous êtes des serviteurs inutiles…

Eh bien moi, j’ai envie de rendre grâces et de dire : Je Te remercie Seigneur, Dieu de tendresse de m’aimer  gratuitement, sans que je l’aie mérité. Heureusement que ton amour pour moi ne dépend pas de l’amour que j’ai pour toi. Je te remercie de ne pas attendre que je le mérite pour m’aimer car j’attendrais sûrement longtemps et, en proportion de mes mérites, tu m’aimerais bien peu. De toutes manières, tu ne pourrais pas m’aimer d’un amour infini comme tu le fais maintenant.

Je te rends grâce d’être un serviteur inutile : car ainsi tu peux m’aimer infiniment.

Roland Chesne

Prêtre à Vernonnet (Diocèse d’Evreux)

 

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans foi
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