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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 08:29
Dernier A-Dieu à Cécile, musicienne dans la Police

Nous avons accompagné Cécile 47 ans, musicienne dans la Police, pour un dernier A-Dieu mardi 9 janvier 2019 à Meudon la Forêt. J’ai été particulièrement touché par le témoignage de Pascal, l’un de ses collègues de travail :

« Cécile, partenaire de vie professionnelle récemment arrivée à nos côtés et rapidement devenue proche a disparu.

Nos pensées, celles de ses collègues et celles de tout l’orchestre sont depuis le 20 décembre pour vous Frédéric, son frère, et pour vous Mesdames et Messieurs les membres de sa famille.

 

 Cécile nous rappelle que le sens de la vie est la plus pressante des questions.

La vie ….ses joies, ses découvertes, ses aspérités, son cheminement et son inéluctable échéance  la mort, qui est devant nous, qui nous attend, dans toute son implacabilité…. cette course contre la mort dont on ne sort jamais gagnant.

 

Cécile avait livré et partagé avec spontanéité depuis le 1esptembre lors de son arrivée à nos côtés pour un nouveau parcours professionnel son amabilité, sa déférence, son sourire, sa bonne humeur et parfois sa facétie, mais elle avait aussi laissé entrevoir, souvent à son insu, sa fragilité et certainement plus grave encore ….sa vulnérabilité

L’expression d’une fragilité est la révélation que l’homme est imparfait mais la vulnérabilité est de nature toute différente ; c'est le fait d'être exposé à ce qui ne dépend pas de soi, à ce qui est hors de notre contrôle et de notre maîtrise, c’est être confronté à l’échec, à la meurtrissure …. Être vulnérable, c'est s'ouvrir, s'exposer à la blessure. Et quelquefois, c’est face à un questionnement sans suffisamment de réponse sur sa propre raison d’être, que prennent racine tristesse, dégoûts et désespoirs, que la douleur dépasse toutes les ressources qui permettent d'y faire face.

Le temps aura manqué pour faire davantage comprendre à Cécile sur quelle présence discrète et silencieuse de notre part elle pouvait compter, de quelle oreille attentionnée elle pouvait bénéficier, pour  que le repli sur soi, l’intériorité frappée du sceau de secret défense ne soient pas une fatalité, pour que  le dictat social de la permanente dissimulation et de la carapace obligée ne contraignent pas à la résidence surveillée de ses propres ressentis et de ses souffrances même si ces derniers temps le bien être de Cécile s’affichait davantage et que s’annonçait une vie plus heureuse et de plus en plus sereine.

L’absence de Cécile, sa place laissée vide et le pesant silence qui l’entoure nous parlent. Que sa disparition prématurée nous inspirent pour que même dans un contexte de relations professionnelles, de part et d‘autre, nous ayons le souci de comportements toujours plus altruistes, des preuves à donner de cœurs plus généreux, de mains tendues, de mains ouvertes, de regards plus attentifs.

Puisse le singulier et triste destin de Cécile nous aider à cela et mieux nous renseigner sur la meilleure des deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre comme si tout était un miracle. »

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