Une rue d'Uvira, dans la province du Sud Kivu, sous les eaux, le 21 avril 2020.

Une rue d'Uvira, dans la province du Sud Kivu, sous les eaux, le 21 avril 2020.

Au moins 46 personnes sont mortes dans les récentes inondations à Uvira, dans l'est de la République démocratique du Congo, où de nombreux autres habitants sont portés disparus ou ont été blessés. L’évêque du diocèse d’Uvira, Sébastien Muyengo, nous fait part de ses inquiétudes.

Dans le Sud Kivu, la ville d'Uvira, enclavée entre le lac Tanganyika et une chaîne de montagnes, est désormais coupée du monde, après des pluies torrentielles tombées entre le 16 et le 18 avril. Dans la région, près de 80 000 personnes sont touchées. «Beaucoup de gens ont perdu leur maison, les ponts ont été emportés», détaille l'évêque d'Uvira, Mgr Sébastien Muyengo, qui s’inquiète des conséquences de manque d’eau potable, et redoute l’arrivée du choléra et de la fièvre typhoïde.

Les familles, dévastées, risquent également de souffrir de la faim, explique l’homme d'Église, car les cultures sont ruinées ou devenues inaccessibles. Proche de la frontière avec le Burundi, de nombreux habitants d’Uvira se rendaient à Bujumbura, la capitale burundaise, pour se soigner ou acheter des médicaments. Un déplacement devenu aujourd’hui doublement impossible: les routes sont coupées à la suite des inondations, et la frontière est fermée à cause de la pandémie de Covid-19. 

Nombreux sont ceux qui ont trouvé abris dans les églises et le diocèse se mobilise pour aider la population, explique l’évêque d’Uvira, inquiet, qui ajoute que «nous sommes coupés de partout». 

Des Casques bleus pakistanais en poste à Uvira ont participé à des opérations de sauvetage, a indiqué sur Twitter la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), avec des photos et des vidéos montrant d'impressionnants flots d'eau boueuse. Le gouvernement central de Kinshasa a envoyé sur place une forte délégation, ce qui a provoqué des réticences de la part des représentants de la société civile qui s'inquiètent de la propagation du Covid-19.

Le prix Nobel de la paix 2018, le gynécologue Denis Mukwege, a adressé un message de condoléances aux habitants d'Uvira, depuis Bukavu où se trouve sa clinique de Panzi.

Entretien réalisé par Giada Aquilino - Cité du Vatican 

 

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