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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 07:45
Les accusations de racisme contre la police sont très mal vécues par les policiers et questionnent le sens de leur mission CLEMENT MAHOUDEAU AFP

Les accusations de racisme contre la police sont très mal vécues par les policiers et questionnent le sens de leur mission CLEMENT MAHOUDEAU AFP

Alors que des manifestations dénoncent des violences policières et pointent la question du racisme au sein de l’institution, des policiers chrétiens et leurs aumôniers expriment un certain désarroi et s’interrogent sur le sens de leurs missions.

Policier et… prêtre. Le père Claude Sirvent a longtemps porté les deux casquettes. Désormais retraité de la police nationale après 36 ans de service, ce prêtre de la Mission de France en activité dans le diocèse de Fréjus-Toulon, est l’aumônier national de l’association « Communauté chrétienne des policiers de France-Police et Humanisme ».

Amertume face aux accusations

Après avoir achevé sa carrière au grade de commandant et exercé un temps au sein de la direction générale de la police nationale, il ne cache pas une certaine amertume face aux accusations auxquelles font face l’institution et ses anciens collègues. Car, pour lui, il ne fait aucun doute que la police n’est « ni raciste, ni violente mais républicaine », même s’il ne nie pas la possibilité de comportements individuels violents ou racistes qui doivent être sanctionnés et combattus.

Reçus par l’intérieur, les syndicats policiers en colère

Le major de police Simon-Marcel Martinon, qui a la particularité d’être diacre depuis son ordination pour le diocèse de Paris en octobre dernier, évoque, lui, des policiers heurtés par les critiques virulentes à l’encontre de l’institution. Ce Français originaire de la Martinique, qui compte plus de 30 ans d’expérience, assure n’avoir jamais subi directement de racisme au sein de la police. En revanche, il raconte avoir déjà repris un collègue une fois sur le terrain après un « comportement limite ».

« Au service du prochain et de la société »

En lien avec de nombreux policiers, le père Claude Sirvent s’alarme aussi d’un sentiment d’abattement. « Ces accusations touchent profondément le cœur des policiers, chrétiens ou non, souligne-t-il. Car notre mission première est d’être au service du prochain et de la société, d’être des gardiens de la paix. Quand les policiers interviennent dans les quartiers difficiles – et je l’ai fait moi-même – c’est d’abord pour porter secours. » Selon lui, les forces de l’ordre ne se résument pas à la répression et sont aussi en première ligne pour « consoler ».

Le père Denis Chautard, aumônier catholique de la préfecture de police de Paris, partage ce ressenti. Lors de la dernière messe mensuelle pour les policiers parisiens, mardi 9 juin, il a entendu l’émotion « du commissaire jusqu’au gardien de la paix ». Ces accusations reposent la question du sens de la mission de policiers qui se sentent profondément mal aimés, même s’ils ont été applaudis pour leur engagement après les attentats de 2015.

« L’essentiel de nos missions consiste à défendre les plus faibles et les victimes qui appellent au secours, insiste Hervé Deydier, ancien président de Police et Humanisme, à la retraite depuis trois mois après 35 ans de service en Ile-de-France. Pendant le confinement, la plupart des interventions ont concerné des violences conjugales par exemple. » Avec passion, celui qui a dirigé un commissariat pendant sept ans, rappelle que ces missions de secours sont à la source de la vocation des policiers.

Le témoignage par l’exemple

Les accusations de racisme passent plus mal encore chez les policiers chrétiens, souligne le président de l’association Police et humanisme Georges Gasperini, retraité depuis trois ans, sans évidemment revendiquer l’exclusivité du refus du racisme dans la police. « Le cœur de notre message chrétien porte justement sur le fait que quelque que soient notre couleur de peau et nos origines, nous sommes tous frères », insiste cet ancien commissaire central de Marseille, qui rappelle que la police reflète aussi la diversité de la population française.

Il raconte également qu’en 40 ans de carrière, il n’a jamais été confronté à des comportements ouvertement racistes mais il concède qu’il peut y avoir parfois « dans l’action des propos inappropriés » qu’il faut bannir.

Violences, bavures : des policiers racontent

En référence notamment au mouvement des gilets jaunes, Hervé Deydier estime que la société est de plus en plus violente envers les policiers. « Cela n’excuse en rien des éventuelles violences de la part de policiers mais cela montre dans quel état d’esprit ils se rendent au travail le matin, souvent la boule au ventre. » Il confie que sa foi l’a aidé « en reconnaissant dans l’autre, même le plus violent, le visage du Christ. »

Mais quel rôle peuvent jouer les policiers chrétiens, qu’ils assument ouvertement ou non leur foi ? Le diacre policier Simon-Marcel Martinon tente, lui, au quotidien de mettre sa foi en pratique dans l’exercice de son métier. « Nous sommes dans un État laïc, je ne fais pas de prosélytisme et je suis avant tout un professionnel, prévient-il. Mais, le témoignage passe aussi par la façon d’être, le souci de l’autre et du bien commun. Je crois que cette attitude interpelle et peut, peut-être, à un moment donné remettre un collègue dans la bonne attitude. »

 

Arnaud Bevilacqua

 

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