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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 08:13
« Les policiers ont besoin de notre soutien » 

Communiqué de l’Aumônerie catholique de la Préfecture de Police de Paris et de l’association « Police et Humanisme » Ile de France. 
« Les policiers ont besoin de notre soutien » 

Pour exercer pleinement leurs missions, les policiers ont besoin de notre reconnaissance et de notre soutien.  
Chaque jour leurs vies sont exposées, exposées aux violences, aux incivilités, au terrorisme, aux trafics de toutes sortes. Chaque jour ils sont appelés à intervenir les premiers – avec les services de secours – sur les lieux de crimes, d’accidents, de suicides…  
Le nombre de leurs missions n’a cessé d’augmenter : manifestations à répétition avec haine et violences graves à leur encontre : contre les réformes, gilets jaunes, anti-pass sanitaire… contrôles de toutes sorte durant la pandémie et depuis… 
Durant une période récente les effectifs ont sensiblement été réduits et n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant. 
Les policiers sont fatigués, et trop souvent même épuisés. Cela se ressent sur leur vie de famille qui devient aussi de ce fait un lieu de tensions. 
La pression de la violence, des situations dangereuses peut conduire à un « mal-être » à une démotivation, voire à la perte du sens de la mission.  D’autant que des jeunes policiers inexpérimentés sont mis trop vite dans des situations très « exposées » qui peuvent les conduire – exceptionnellement – à des réactions « de violences inappropriées ». Des réactions parfois compréhensibles mais toujours inacceptables. L’attitude d’un policier dans l’exercice de sa mission doit toujours être « exemplaire ». 
Pourtant cette mission du service public et du bien commun de la sécurité et de la paix qui porte ce magnifique nom de « Gardien de la Paix » est toute à l’honneur de ceux qui en ont la charge.  
« Quiconque sert avec courage et abnégation la collectivité rencontre, avec les difficultés et les risques liés à leur rôle, une forme de réalisation de soi très élevée, parce qu’il marche sur la voie de Notre Seigneur, qui voulut servir et non être servi. » 
(Extrait du discours du Pape François aux familles des victimes tombées en service au sein de la police d’état Italienne Salle Paul VI Jeudi 21 mai 2015). 

 Plus les policiers se sentiront soutenus et reconnus par la population, plus les réactions inappropriées - à la marge - disparaitront. 
Plus nous leur ferons confiance, plus ils auront à cœur de s’en montrer dignes. 

Paris, le 18 septembre 2021 

Père Denis CHAUTARD, Aumônier Catholique à la Préfecture de Police de Paris 
denis.chautard@wanadoo.fr  

Monsieur Simon-Marcel MARTINON, Major de Police, Diacre Permanent et Président de « Police et Humanisme » Ile de France. 
marcel.martinon@free.fr  

 A noter sur vos agendas :  La messe de la Saint Martin 2021 pour les policiers décédés au cours de l’année aura lieu jeudi 18 novembre à 10h à l’église Saint Germain des Prés à Paris. Elle sera présidée par le Nonce Apostolique en France (le représentant du Pape François), Mgr Celestino MIGLIORE. 

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 06:08
Pourquoi la Cour de cassation a tranché en faveur d’une employée chrétienne licenciée de la RATP Abonnés

Analyse Mercredi 7 juillet, la Cour de cassation a rendu un arrêt en faveur d’une salariée de la RATP licenciée en 2007 pour avoir refusé de dire « je le jure » lors de sa prestation de serment. Selon la haute juridiction, prononcer un engagement solennel à la place ne constitue pas une faute.
Prêter serment, oui mais sans jurer… C’est à un subtil exercice d’équilibriste que s’est livrée la Cour de cassation, entre respect de la laïcité et liberté de culte. En effet, par un arrêt rendu mercredi 7 juillet, elle a jugé que le respect de la liberté de conscience et de religion doit permettre à une personne qui prête serment de substituer à la formule « je le jure » une formule équivalente d’engagement solennel.

« Je le jure », une formule connotée, ou pas ?

Cette question est au cœur d’une affaire qui dure depuis presque 15 ans. Marquée par de multiples rebondissements, elle commence par l’affectation, en 2007 d’une salariée de la RATP dans un service d’agents de contrôle.

Or, au moment de sa prestation de serment – obligatoire – devant le Tribunal de grande instance (1), celle-ci refuse alors d’employer les mots « je le jure ». Un refus qu’elle justifie au nom de sa foi chrétienne qui lui interdirait de jurer. Elle propose alors une autre formule, qui est refusée par le président du tribunal. Faute de prestation de serment, la salariée est licenciée pour faute par la RATP.
La salariée saisit d’abord la juridiction prud’homale, puis interjette appel et enfin se pourvoit en cassation. Le 1er février 2017 la chambre sociale de la haute juridiction casse l’arrêt de la Cour d’appel. Selon elle, le serment des agents de surveillance peut être reçu selon les formes en usage dans leur religion et dès lors que le jugement a été prononcé en raison des convictions religieuses de la salariée, celui-ci est nul.
Mais deux ans plus tard, cette décision est rejetée par la Cour d’appel. Pour elle, la formule usuelle pour prêter serment étant dénuée de connotation religieuse, la salariée aurait bien commis une faute en la refusant. Cette dernière a alors formé un nouveau pourvoi en cassation dont la décision a été rendue mercredi 7 juillet.

Une formule malléable en fonction des convictions religieuses de chacun

Selon la Cour de cassation, il est ainsi possible de substituer une formule exprimant un engagement solennel aux termes « je le jure », sans modifier la substance du serment. La plus haute instance judiciaire française concilie ainsi la liberté de conscience de la personne qui va prêter serment, avec le principe de laïcité et de neutralité du service public qui s’impose à tout agent collaborant à un service public dans l’exercice de ses fonctions.

Un agent de la RATP, bien que salarié de droit privé, est amené à exercer d’importantes prérogatives de puissance publique, notamment dresser des procès-verbaux. C’est dans ce cadre qu’il est amené à prendre un engagement solennel devant un tribunal. Mais pourquoi devant la justice ? « Car la personne prend une responsabilité par rapport à la justice », explique Denis Chautard, aumônier de la préfecture de police de Paris. « C’est un engagement éthique, moral, qui engage toute la personne ».

S’engager sans engager son Dieu

Mais comment justifier au nom de sa foi chrétienne, l’impossibilité de jurer ? « On est dans la sémantique » tranche le père Claude Sirvent, qui a longtemps porté les deux casquettes de prêtre… et de policier. « Il faut savoir ce que l’on veut ». L’aumônier national de l’association Police et Humanisme ne voit, lui, aucune contradiction.
Selon lui, le terme « jurer » dit même quelque chose des racines chrétiennes, dont le droit français « est irrigué ». Pour l’ancien officier de police judiciaire, qui a lui-même prêté serment, l’usage des termes « je jure » rend l’engagement plus poignant et permet ainsi d’engager sa foi sans pour autant la nommer explicitement.
« Bien sûr, ce serment touche l’intime de la conscience, mais il ne vient pas en contradiction avec la foi chrétienne. Cela ne signifie pas que l’on place la République au-dessus de Dieu » ajoute Denis Chautard. Il précise d’ailleurs n’avoir encore jamais rencontré de policier mis en difficulté par ce serment. « On ne jure pas sur la Bible ou sur sa foi mais avec sa conscience » La RATP quant à elle, n’a pas souhaité se prononcer sur les modalités de prêter serment, « qui peuvent être uniquement appréciées par la justice ».

(1) Remplacé depuis par le tribunal judiciaire

Charlotte Gambert

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8 juin 2021 2 08 /06 /juin /2021 17:47
Denis Chautard, aumônier des Policiers et Simon Marcel Martinon Diacre permanent Major de Police

Denis Chautard, aumônier des Policiers et Simon Marcel Martinon Diacre permanent Major de Police

Sabine, Agnès et Hervé, Simon-Marcel et Denis entourent Georges Gasperini notre président, venu de Marseille pour l'occasion

Sabine, Agnès et Hervé, Simon-Marcel et Denis entourent Georges Gasperini notre président, venu de Marseille pour l'occasion

Chaque deuxième mardi du mois nous célébrons la messe à l'église de Saint Germain l'Auxerrois à 12h15 pour les policiers. Nous les soutenons de notre présence, de notre solidarité et de notre prière.

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 20:16
Basilique de Marienthal

Basilique de Marienthal

A Marienthal nous avons accueilli l’Esprit Saint que Marie a reçu avec les apôtres, Marie qui accueille avec tendresse tous les « blessés de la vie ». Nous lui avons confié nos collègues policiers qui sont à rude épreuve actuellement

Un grand MERCI aux Bénédictines du Sacré coeur de Montmartre pour le témoignage de leur prière et de leur foi

MERCI pour ces offices d'une grande beauté

MERCI à la délégation de Strasbourg de Police et Humanisme pour l'accueil exceptionnel et pour tous ces grands moments de fraternité

Notre Dame de Joie

Notre Dame de Joie

Notre Dame de Marienthal (qui pleure et sourit en même temps)

Notre Dame de Marienthal (qui pleure et sourit en même temps)

Notre Dame de la Réconciliation des deux enfants en pleurs : la France et l'Allemagne

Notre Dame de la Réconciliation des deux enfants en pleurs : la France et l'Allemagne

Notre Assemblée Générale avait pour thème : « En quête de sens »
« L'homme en quête de sens priait quand l'infirme, le clochard et le vaincu passèrent près de lui. En les voyant, le saint homme plongea dans une profonde prière et dit :  « Mon Dieu, comment un créateur aimant peut-il voir ces choses sans rien faire ? »  
Et après un long silence, Dieu répondit, « J'ai fait quelque chose, je t'ai fait toi ».  Proverbe Soufi 
 

Un peu plus de 20 participants venus de toute la France (beaucoup n'ont pas pu venir du fait du changement de date)

Un peu plus de 20 participants venus de toute la France (beaucoup n'ont pas pu venir du fait du changement de date)

Prière du Policier 
Notre Père qui es aux cieux, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Nous qui sommes appelés partout, ou, injustement, ce qui est fait,     c’est le contraire de ta volonté. 
Là où est la paix, c’est la haine qui s’est installée. 
Là où est la vérité, c’est le mensonge qui a pris toute la place. 
Là où est la justice, c’est le mépris qui a tout accaparé. 
Là où est l’amour, c’est le crime qui fait la loi. 
Là où est la bonté, c’est l’humiliation, la méchanceté, la rancune et la vengeance qui ont pris tous les pouvoirs. 
Père, que ta volonté soit faite moins par la répression que par la prévention. 
Moins par les coups que par l’écoute. 
Moins par la prison que par l’éducation. 
Moins par la condamnation que par la conversion du cœur. 
Moins par la mise sous les verrous que par la remise debout. 
Moins par l’exclusion que par la fraternité. Amen. 

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 17:13
Registre des hommages au Brigadier Eric MASSON ce mardi 11 mai à la Préfecture de Police de ParisRegistre des hommages au Brigadier Eric MASSON ce mardi 11 mai à la Préfecture de Police de Paris

Registre des hommages au Brigadier Eric MASSON ce mardi 11 mai à la Préfecture de Police de Paris

Policier tué à Avignon : police meurtrie, foule digne en Avignon ce dimanche 9 mai

Présent dimanche lors de l'hommage rendu à Avignon à Eric Masson, policier tué lors d'une opération anti-drogue mercredi dernier, Jean-Marc Gentil, ancien administrateur général au ministère de l’Intérieur, raconte ce moment de communion.
Il fait un soleil de plomb en ce début d’après-midi du 9 mai dans la Cité des Papes.
Les rues sont presque désertes mais, pressant le pas, des centaines de citoyens ordinaires se dirigent en silence vers l’hôtel de police. Ils se regardent les uns les autres comme pour partager un signe, une fraternité dans la peine. Je suis l’un d’entre eux, venu exprimer mon chagrin et ma fidélité à l’institution policière.
À l’heure dite, 14h, tous sont regroupés sur le boulevard Saint-Roch où les autorités ont interrompu la circulation. Combien sommes-nous, trois mille, quatre mille, plus peut-être, une masse compacte venue de la région.
Les effectifs de police d’Avignon et du Vaucluse sont en petits groupes dans l’enceinte de l’hôtel de police, arborant fièrement des t-shirts aux couleurs sombres qui mentionnent leurs services. Certains se soutiennent d’un geste fraternel.
L’émotion est sincère ; les phrases sont courtes parce que l’heure n’est pas aux longs 
Beaucoup d’anciens policiers sont là aussi qui évoquent leur ancienne fonction. Auprès de moi, j’entends qu’ils se souviennent et insistent sur l’indigence des moyens des services de police, illustration du sentiment d’abandon qui émane de ces anciens gardiens de la paix publique.
Quelques brèves prises de parole de leurs représentants accroissent la gravité de l’instant. Leur émotion et sincère, leurs propos sont entrecoupés de sanglots à peine contenus, leurs phrases sont courtes parce que l’heure n’est pas aux longs discours. Ils ont pris la mesure du sentiment de recueillement qui les environne et évoquent sobrement la personnalité de la victime, courageux, sportif, engagé dans sa mission jusqu’au sacrifice.
L’orateur rappelle qu’à cette heure le coupable de la barbarie n’est pas encore appréhendé ce qui provoque un soupir indigné de la foule.
Comme une ponctuation de chacune des phrases fortes, des applaudissements spontanés et rythmés manifestent l’approbation et le soutien de tous.
Puis, profitant d’une interruption, une voix d’homme, comme venue des solides remparts du XIVème siècle, entame, seul mais parfaitement audible, les premiers mots de la Marseillaise. Immédiatement, tous l’entonnent avec une conviction manifeste et la force symbolique et patriotique qu’incarne ce chant. A cet instant, il est comme un cri un cri de douleur, mêlée de dignité, de solidarité avec la victime et sa famille, de tristesse et probablement de révolte.
Des centaines de bouquets et de gerbes, de bougies, de lumignons et de peluches témoignent d’une affection sincère
L’orateur invite celui ou celle qui ressentirait le besoin de s’exprimer, à le faire spontanément, et l’un des policiers retraités, le ton grave, saisit le micro qui lui est tendu pour lire le texte qu’il avait soigneusement préparé. En peu de phrases, il dit tout du sentiment général, aucune fioriture dans ses propos mais des mots choisis qui traduisent la tristesse et l’indignation.
Enfin, tous sont invités à rendre un dernier hommage plus intime à Éric Masson. Malgré le grand nombre des participants chacun se dirige vers le lieu indiqué avec calme. Aucune précipitation, personne ne cherche à brûler la politesse à son voisin et tous se retrouvent peu à peu, conservant le silence, devant une grande photo de la victime portant un crêpe noir.
On devine qu’elle a été prise lors d’une remise de décorations de la police nationale et l’on aperçoit, autour du cou de ce jeune policier au regard droit, la main d’une petite fille qu’il soutenait de son bras.
Photo de bonheur d’un jour de reconnaissance devenue, en un instant, par le geste d’un criminel, le symbole d’un hommage à une jeune victime de son devoir.
Sur le dallage, des dizaines, peut être des centaines, de bouquets et de gerbes, anonymes ou non, de bougies, de lumignons et de peluches témoignent d’une affection sincère.
Puis chacun se dirige vers le livre de condoléances, toujours en bon ordre dans le calme et le silence ; certains sortent le petit texte qu’ils ont préparé et le recopient sur les feuilles quadrillées, d’une main tremblante.
Le contraste entre la puissance de la foule et la sérénité de son comportement est frappant. Elle est une «force tranquille citoyenne» qui se manifeste, exprimant une colère sourde et une incompréhension devant l’inlassable répétition de ses crimes contre l’autorité publique.
Les célébrations républicaines sont indispensables, bien sûr, mais elles n’effacent pas les insultes que d’aucuns jettent à la face de la police
Certes, mardi 11 mai, un hommage solennel sera rendu à Éric Masson par les autorités de l’Etat, dans la cour de la préfecture du Vaucluse. Ces célébrations républicaines sont indispensables, bien sûr, mais elles sont insuffisantes. Elles ne suffisent plus, en tout cas, à empêcher les drames répétitifs qui endeuillent la police. Elles n’effacent pas les insultes que d’aucuns lui jettent à la face, ni les doutes que certains politiques osent émettre sur sa probité démocratique.
Des locaux de Charlie Hebdo aux trottoirs de Montrouge, de Magnanville à Rambouillet, de la Cour de la Préfecture de Police de Paris jusqu’aux murs du Palais des Papes, coule le sang des policiers.
Ils sont la cohorte des martyrs de la République.
Les visages de tous ces anonymes qui leur ont rendu hommage sont barrés par des masques, on ne voit que leurs yeux. Mais leurs regards parlent, ils interrogent : jusqu’à quand faudra-t ‘il encore subir de tels outrages ?

Jean-Marc Gentil

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 16:32
Une classe de cours dans les locaux de l'école de police de Sens en France en août 2017.MICHAEL BUNEL / LE PICTORIUM/LE PICTORIUM/MAXPPP

Une classe de cours dans les locaux de l'école de police de Sens en France en août 2017.MICHAEL BUNEL / LE PICTORIUM/LE PICTORIUM/MAXPPP

Tribune parue dans la rubrique "Forum Actualités" du site Internet  du journal La Croix le 5 mai 2021 à 12h43

Père Denis Chautard, aumônier catholique à la Préfecture de Police de Paris. Alors que d’anciens officiers ont récemment lancé un anathème contre le gouvernement au sujet des questions de sécurité, ce prêtre rappelle que la paix se construit par le dialogue, le respect et la confiance.

« Le peuple de France se trouve en 2021 confronté à de nouveaux défis : 1) l’intégration des populations de migrants qui viennent de nos anciennes « colonies » ou bien qui fuient la violence, la guerre ou la misère dans leurs pays, 2) le dialogue et la confrontation avec la religion islamique qui occupe la deuxième place dans notre pays et qui interpelle les principes de la loi de séparation de l’Église et de l’État (laïcité, financement des cultes, formation des responsables…), et surtout 3) la paupérisation d’une part de plus en plus grande de notre société (accentuée par les suites de la pandémie), le communautarisme et la ghettoïsation de certains quartiers qui font injure à la belle devise de notre république : « liberté, égalité, fraternité » !
Face à ces nouveaux défis on peut agiter l’étendard de la peur : incapacité des gouvernants, délitement du pouvoir, risque imminent de guerre civile et prêcher un retour aux valeurs de la « tradition » : honneur et patrie en en faisant un étendard de combat ! Or la peur divise et oppose. Elle provoque la haine !
Ce combat conduit – de toute évidence – à ce qu’il veut dénoncer : la violence et la guerre !
Ce n’est pas par des incantations et des anathèmes que l’on règle des problèmes de société.
Comme aumônier catholique auprès des policiers je suis placé pour témoigner que nos forces de sécurité souffrent de toutes ces fractures, de toutes ces violences qui agitent notre pays en 2021. Je viens témoigner également que nombre de policiers croient en leur mission de « gardiens de la paix » !
Ils sont les derniers remparts pour que la loi et la justice protègent les plus faibles et les plus pauvres d’entre nous. Sans eux ce serait la porte ouverte à l’anarchie et à la loi de la jungle.
Aujourd’hui nous avons un défi : nous rassembler ! Comme catholiques nous avons reçu en héritage cette force de conviction, cette force du dialogue et du rassemblement : personne ne peut être exclu – a priori – de la communauté nationale. Chacun a vocation à y trouver sa place. Les associations culturelles et sportives en sont des acteurs privilégiés.
Nous avons l’expérience – au cours de notre histoire nationale – et même dans l’histoire plus récente de quartiers de « reconquête républicaine » que la paix ne s’impose pas « d’en haut » mais qu’elle se construit par le dialogue, le respect et la confiance !
L’armée française s’est illustrée dans le passé par la formation professionnelle de jeunes à la dérive (en métropole et en outre-mer). Elle s’illustre encore aujourd’hui par des écoles de la deuxième chance. Elle peut nous aider – en instaurant un service national auprès d’une même classe d’âge – à favoriser la cohésion nationale et le respect de chacun. »


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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 17:32
Lettre aux militaires à la retraite de « Place d’Armes »

Le peuple de France se trouve en 2021 confronté à de nouveaux défis : 1) l’intégration des populations de migrants qui viennent de nos anciennes "colonies" ou bien qui fuient la violence, la guerre ou la misère dans leurs pays, 2) le dialogue et la confrontation avec la religion Islamique qui occupe la deuxième place dans notre pays et qui interpelle les principes de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat  (laïcité, financement des cultes, formation des responsables…), et surtout 3) la paupérisation d’une part de plus en plus grande de notre société (accentuée par les suites de la pandémie), le communautarisme et la ghettoïsation de certains quartiers qui font injure à la belle devise de notre république : « liberté, égalité, fraternité » !
Face à ces nouveaux défis on peut agiter l’étendard de la peur : incapacité des gouvernants, délitement du pouvoir, risque imminent de guerre civile et prêcher un retour aux valeurs de la « tradition » : honneur et patrie en en faisant un étendard de combat ! Or la peur divise et oppose. Elle provoque la haine !
Ce combat conduit – de toute évidence – à ce qu’il veut dénoncer : la violence et la guerre !
Ce n’est pas par des incantations et des anathèmes que l’on règle des problèmes de société.
Comme aumônier catholique auprès des policiers je suis placé pour témoigner que nos forces de sécurité souffrent de toutes ces fractures, de toutes ces violences qui agitent notre pays en 2021. Je viens témoigner également que nombre de policiers croient en leur mission de « gardiens de la paix » ! 
Ils sont les derniers remparts pour que la loi et la justice protègent les plus faibles et les plus pauvres d’entre nous. Sans eux ce serait la porte ouverte à l’anarchie et à la loi de la jungle.
Aujourd’hui nous avons un défi : nous rassembler ! Comme catholiques nous avons reçu en héritage cette force de conviction, cette force du dialogue et du rassemblement : personne ne peut être exclu – a priori – de la communauté nationale. Chacun a vocation à y trouver sa place. Les associations culturelles et sportives en sont des acteurs privilégiés.
Nous avons l’expérience – au cours de notre histoire nationale – et même dans l’histoire plus récente de quartiers de « reconquête républicaine » que la paix ne s’impose pas « d’en haut » mais qu’elle se construit par le dialogue, le respect et la confiance !
L’armée Française s’est illustrée dans le passé par la formation professionnelle de jeunes à la dérive (en métropole et en outre-mer). Elle s’illustre encore aujourd’hui par des écoles de la deuxième chance. Elle peut nous aider – en instaurant un service national auprès d’une même classe d’âge – à favoriser la cohésion nationale et le respect de chacun. 

Le 30 avril 2021
Père Denis CHAUTARD
Aumônier Catholique à la Préfecture de Police de Paris


Lien vers la lettre des militaires de « Place d’Armes »
 

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 06:28
De nombreux Rambolitains ont déposé des fleurs devant le commissariat. © Marion Berard

De nombreux Rambolitains ont déposé des fleurs devant le commissariat. © Marion Berard

L'attaque mortelle vendredi d'une agente dans le commissariat de police de Rambouillet, près de Paris, a été commise par un Tunisien de 36 ans dont la radicalisation «paraît peu contestable» et qui présentait «certains troubles de personnalité», a indiqué dimanche le procureur antiterroriste.
Plusieurs éléments accréditent la piste du passage à l'acte d'un homme radicalisé en quelques mois, depuis l'automne, a annoncé devant la presse le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard.
Une «rapide exploitation» du téléphone de l'agresseur, Jamel Gorchene, a révélé «qu'il avait, immédiatement avant de passer à l'acte, consulté des vidéos de chants religieux glorifiant le martyr et le jihad», a-t-il précisé.
Le procureur a aussi évoqué ses publications sur Facebook qui ont révélé, à compter de l'automne dernier, «une adhésion à une idéologie légitimant la violence contre ceux ayant offensé le prophète».
Ainsi, «le 24 octobre 2020, quelques jours après l'assassinat de Samuel Paty (par un islamiste dans les Yvelines, ndlr), l'auteur s'associait à une campagne de soutien au prophète face aux offenses qui lui seraient faites», a souligné M. Ricard.
«Un Coran» et «un tapis de prière» ont été saisis dans son scooter et son cabas. Et, peu avant le drame, une caméra de vidéosurveillance a filmé l'assaillant se dirigeant vers «une salle de prière provisoire», sans que les images ne permettent d'affirmer qu'il y est entré «directement». Il a été vu rejoindre le centre-ville un peu plus d'une heure après.
«Si la radicalisation de l'agresseur paraît peu contestable, la présence de certains troubles de personnalité a pu aussi être observée», a relevé M. Ricard.
En garde à vue, le père de Jamel Gorchene a évoqué la «pratique rigoureuse de l'islam» de son fils et «des troubles du comportement» observés chez lui «en début d'année».
Il avait bénéficié de deux consultations psychiatriques à l'hôpital de Rambouillet en février. Cependant «son état n'a nécessité ni hospitalisation ni traitement», a relevé M. Ricard. Revenu en Tunisie entre le 25 février et le 13 mars, il était apparu «dépressif», ont dit à l'AFP un cousin et une cousine à Msaken.
La Tunisie, dont la France sollicite la collaboration dans cette enquête, a condamné «énergiquement» l'attaque, dans un communiqué de son ambassade. Elle dénonce un «acte barbare (intervenant) en plein mois de Ramadan, mois saint qui incarne plutôt les valeurs de la tolérance et de la fraternité entre les individus».
A 14H25, vendredi, Jamel Gorchene, «écouteurs sur les oreilles», a poignardé à l'abdomen et à la gorge Stéphanie M. - agente administrative de 49 ans sans arme ni uniforme - dans le sas du commissariat. Selon des témoins, l'assaillant a crié «Allah Akbar».
En riposte, un brigadier de police a fait feu à deux reprises sur l'agresseur qui refusait «de lâcher le couteau» avec «une lame de 22 cm». Tombé au sol, il a lancé «son couteau en direction des policiers», selon le procureur.
- Trois gardes à vue -
Les gardes à vue du couple qui avait domicilié administrativement l’assassin ont été levées dimanche en fin de journée «sans poursuite à ce stade», a indiqué une source judiciaire.
Attaque de Rambouillet: un assaillant radicalisé avec des «troubles de personnalité»
Des journalistes parlent à une cousine (d) du Tunisien Jamel Gorchene devant la maison familiale de Msaken, dans le nord-est de la Tunisie, le 24 avril 2021 / AFP
Le père de Jamel Gorchene, placé en garde à vue après les faits, et deux cousins de l'auteur, interpellés samedi et dimanche, sont toujours entendus.
L'assaillant, chauffeur-livreur, était inconnu des services de renseignement et de la justice. Mais son mode opératoire correspond aux appels récurrents du groupe Etat islamique à s'attaquer aux forces de l'ordre.
Il «n'avait pas été porteur de menaces, on n'avait pas détecté de signes de radicalisation», a déclaré samedi le coordonnateur national du renseignement Laurent Nuñez, ajoutant: «cela devient très compliqué (...) de détecter ce genre de profil» commun aux «huit attaques» commises en France depuis la tuerie de la préfecture de police de Paris en octobre 2019.

- «Hommage» -
Originaire de Msaken, sur la côte est de la Tunisie, Jamel Gorchene était arrivé clandestinement en France en 2009 et avait été régularisé dix ans plus tard. Il avait obtenu en décembre un titre de séjour valable un an.
L'attaque de Rambouillet est «la 17e action terroriste islamiste commise en France depuis 2014 contre les forces de l'ordre», a rappelé M. Ricard.
Neuf fonctionnaires de police ou militaires sont morts et près d'une vingtaine ont été blessés dans ces agressions, souvent commises avec un simple couteau.
Le Premier ministre Jean Castex avait réuni samedi à Matignon les ministres de l'Intérieur, de la Justice et des Armées et services concernés. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin doit présenter mercredi en Conseil des ministres un projet de loi, en préparation depuis plusieurs semaines, pour renforcer la lutte contre le terrorisme.
Un hommage sera rendu à Stéphanie M. lundi à 17H30 devant l'hôtel de ville de Rambouillet.
A la même heure, les syndicats Unité-SGP-Police et FSMI FO ont appelé les forces de l'ordre à «se rassembler symboliquement devant leur bâtiment».

AFP

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 08:00
Communiqué de l’Association Police et Humanisme  A la suite du drame survenu le vendredi 23 avril 2021 au commissariat de Police de Rambouillet

A la famille de notre collègue Stéphanie M.
Aux policiers de la Direction Départementale de la Sécurité Publique des Yvelines

Le drame survenu au commissariat de Police de Rambouillet nous bouleverse tous. 
La Communauté Chrétienne des Policiers de France – Police et Humanisme - apporte toute sa solidarité, son soutien, et le témoignage de sa prière, à la famille de Stéphanie, ses enfants, ses collègues de travail ainsi qu’aux fonctionnaires de la DDSP78. 
Les policiers, du fait de leurs missions de sécurité publique et de maintien de l’ordre, sont déjà quotidiennement confrontés à la violence et même à la mort. Ils sont malmenés et durement éprouvés.
Une nouvelle fois le comble s’est produit : la mort est survenue à l’intérieur d’un commissariat. Il s’agit – à l’évidence – d’un acte terroriste particulièrement barbare.
Face à cette violence aveugle et totalement inhumaine sachons répondre unis dans la force, la dignité et la responsabilité.

Georges GASPERINI, commissaire divisionnaire honoraire et président de Police et Humanisme
Père Claude SIRVENT, aumônier de Police et Humanisme
Simon Marcel MARTINON, major de police et diacre permanent, président de la délégation Ile de France de Police et Humanisme
Père Denis CHAUTARD, aumônier de la délégation Ile de France de Police et Humanisme 

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A Paris le 23 avril 2021

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 09:30
Le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin (c) discute avec des policiers à Calais (Pas-de-Calais), le 12 juillet 2020 / AFP/Archives

Le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin (c) discute avec des policiers à Calais (Pas-de-Calais), le 12 juillet 2020 / AFP/Archives

Annoncé par Emmanuel Macron en pleine polémique sur les violences policières, le «Beauvau de la sécurité», grande concertation nationale sur la police, s'ouvre lundi avec l'ambition de présenter une «grande loi» sur la sécurité intérieure «avant la présidentielle».
Le chef de l'Etat, dont la politique régalienne est souvent vue comme un angle mort de son action, a fait de la sécurité une des priorités de la fin de son quinquennat. Ce «grand débat» sur la police, prévu pour durer quatre mois, peut se lire comme une nouvelle brique dans cette stratégie de reconquête.

Loi de Sécurité globale contestée dans la rue, fronde syndicale contre la reconnaissance des contrôles au faciès, émoi national après le tabassage par des policiers du producteur de musique Michel Zecler: c'est dans un contexte explosif qu'Emmanuel Macron avait annoncé début décembre cette large consultation inédite.
Avec la tenue du «Beauvau», du nom de la place où est situé le ministère de l'Intérieur, le chef de l'Etat dit vouloir «améliorer les conditions d'exercice» des forces de l'ordre et «consolider» les liens avec les Français.
Si Emmanuel Macron avait assuré qu'il «interviendrait personnellement» au cours des débats, probablement lors de leur clôture prévue en mai, c'est à Jean Castex que revient la tâche d'en donner le coup d'envoi lundi matin, en visioconférence depuis le ministère de l'Intérieur.
Le Premier ministre insistera sur «l'objectif de renforcer le lien entre la population et la police», «la conciliation des opérations de police et la liberté fondamentale d'informer» et le «devoir d'exemplarité» des forces de l'ordre, a confié son entourage à l'AFP.
Ces discussions doivent accoucher de «7 ou 8 propositions très fortes que je proposerai au président de la République», a indiqué Gérald Darmanin.
Malgré un agenda soumis aux aléas sanitaires, le ministre de l'Intérieur compte présenter «une grande loi» d'orientation de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi), avant l'élection présidentielle de 2022.
- «Alibi de l'inaction» -
Tous les quinze jours, syndicats de police, représentants de la gendarmerie ainsi que huit parlementaires et maires - dont le député LREM et ancien patron du Raid Jean-Michel Fauvergue - se réuniront lors de huit tables rondes, selon un document du ministère de l'Intérieur consulté par l'AFP.
Une vingtaine de «personnalités qualifiées», dont plusieurs issues du monde de l'entreprise, et «huit experts internationaux» viendront nourrir les thématiques abordées.
Relations entre forces de l'ordre et population et encadrement des jeunes policiers seront au menu des deux premiers rendez-vous de février (8 et 22), avec la participation de l'ancien sélectionneur de l'équipe de France de handball Claude Onesta et du PDG de Dassault Systèmes Bernard Charlès.
Les tables rondes de mars (8 et 22) seront dédiées à la formation, avec la DRH d'Axa Karima Silvent, puis aux relations avec la justice, en présence du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti.
En avril, l'ancien préfet de police de Paris Michel Cadot et le PDG de Facebook France Laurent Solly s'exprimeront respectivement sur les questions du maintien de l'ordre et de la captation de vidéos de policiers, au cœur de la loi contestée de Sécurité globale.

La Défenseure des droits Claire Hédon interviendra début mai sur le «contrôle interne», notamment autour du rôle de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), avant un dernier débat sur les conditions matérielles des policiers, en présence du PDG de la Poste Philippe Wahl.
«Hormis Claire Hédon, il n'y a pas de personnalités morales avec une réflexion de longue date sur la police. L'idée semble de dire qu'elle peut être gérée comme une entreprise», déplore le chercheur au CNRS Sebastian Roché, spécialiste des questions de la relation police-population.
Chez les syndicats, la prudence est aussi de mise. Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance, sera attentif à ce que les débats ne «se transforment en campagne électorale». Grégory Joron, d'Unité-SGP-FO, réclame «un budget dédié» pour une loi de programmation «ambitieuse».
L'opposition dénonce, elle, un coup de communication. «Le diagnostic, tout le monde le connaît: le malaise de la police, sa paupérisation», a souligné le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, redoutant que ces échanges soient «l'alibi de l'inaction».


AFP

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