BULENT KILIC / AFP La région montagneuse de Tizi N'Test, durement éprouvée par le séisme du 8 septembre.

BULENT KILIC / AFP La région montagneuse de Tizi N'Test, durement éprouvée par le séisme du 8 septembre.

Après le séisme de magnitude 6,8 qui a frappé le Maroc, le 8 septembre, la communauté catholique présente sur place s'organise pour apporter un soutien à la fois matériel et spirituel aux rescapés.
Au Maroc, durement frappé par un séisme de magnitude 6,9 dans la nuit du vendredi au samedi 9 septembre, les communautés et organisations chrétiennes se mobilisent pour porter assistance aux survivants et sinistrés du drame. Le bilan provisoire établi par les autorités marocaines fait état de près de 3.000 morts et au moins 2.500 blessés. Il s’agit du plus grand tremblement de terre qui a frappé le Maroc depuis 1900. Son épicentre a été localisé dans le village d’Iguil, à une soixantaine de kilomètres de Marrakech.
« Votre terre est aussi celle où nous vivons, les évènements qui vous touchent, de joie et de peine, nous touchent également. Aussi, nous sommes sidérés par ce tremblement de terre catastrophique », déclare Mgr López, archevêque de Rabat, dans un communiqué publié le 11 septembre, avant d’appeler chacun à apporter son aide auprès des victimes. « Si nos communautés chrétiennes ont globalement été épargnées, nous tenons à susciter la solidarité financière auprès de toutes, de sorte à pouvoir vous aider à reconstruire et à parer aux besoins les plus urgents concernant la santé, l’éducation, en direction des personnes âgées et malades et des enfants », poursuit le cardinal. D’un point de vue matériel, seules deux églises situées à Marrakech et à Ouarzazate ont subi des dégâts mineurs, rapporte l’archevêché de Rabat. Le 10 septembre, Mgr López s’est rendu à Marrakech afin de célébrer la messe à l’intention des victimes du séisme, dans l’église des Saints-Martyrs.

Apporter une aide d’urgence
Sur le terrain, les ONG se mobilisent. « À la suite du tremblement de terre, de nombreuses familles ont été contraintes de passer des nuits blanches à l’extérieur, craignant d’éventuelles répliques », rapporte ainsi l’ONG catholique Caritas Internationalis. « Des rapports font état de villages entiers réduits en ruines, avec des habitants coincés sous les décombres. Caritas Internationalis s’efforce de fournir des secours et un soutien immédiats aux personnes touchées par cette tragédie. » Caritas Rabat a publié son programme d’aide d’urgence à la population.
Lundi 11 septembre, l’ONG s’est occupée de trier habits, linge, couvertures et chaussures. Durant toute la semaine, elle effectuera les courses alimentaires et chargera les camions de provisions. Un premier convoi doit être envoyé mardi 12 septembre notamment dans la ville d’Amizmiz, proche de l’épicentre, où se trouve un camp de rescapés pour les 20.000 habitants. « Traverser la ville d’Amzmiz, c’est se rendre compte à quel point la ville est blessée. Seul le fait de traverser la ville par sa rue principale montre les dégâts causés par le séisme. Il y a des tentes le long de la rue et un mouvement constant de personnes. La désorganisation est perceptible jusque dans les rues », témoigne le directeur de Caritas Rabat. D’autres convois seront acheminés vers les villages plus reculés, notamment ceux situés dans le Haut-Atlas. Une campagne de dons a été immédiatement mise en place par Caritas Internationalis. En France, c’est le Secours Catholique qui les recueille.

Le message du pape François
À Marrakech, la congrégation des Saints Cœurs de Jésus et Marie qui dirige une école catholique a ouvert son établissement aux Marocains rescapés, rapporte Vatican News. « Nous avons la chance d’être dans un bâtiment solide, mais toute le monde est sorti, les gens avaient très peur. Nous avons ouvert les cours de l’école pour pouvoir les accueillir, mais aussi les salons. Certains ont ensuite passé la nuit dans nos locaux pour pouvoir être un peu plus à l’abri », témoigne-t-elle.
Le pape François a fait part dès samedi de ses condoléances et de sa prière au peuple marocain éprouvé, appelant à son tour à faire preuve de solidarité lors de l’angélus du dimanche 10 septembre.« Veuille Dieu nous aider à tirer de cet événement douloureux des conséquences positives, en transformant notre cœur à tous, en un cœur miséricordieux, solidaire et tendre envers tous nos frères et sœurs, lorsqu’ils sont en situation en détresse », a quant à lui demandé Mgr Lopez.

Cécile Séveirac 

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