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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 21:00
Appel à l'aide de Serge Baqué prêtre de la Mission de France en Guyane

Prêtre de la Communauté Mission de France, Serge Baqué, psychologue, vit à Saint-Laurent du Maroni (Guyane). Après six ans au service de l’Aide sociale à l’enfance, il œuvre depuis trois ans en milieu scolaire. L’essentiel de son ministère s’exerce en lien étroit avec les populations amérindiennes et bushinenguées.

Il nous alerte sur l’épidémie de COVID-19 en Guyane :

« La France (réduite à sa dimension égoïstement hexagonale) a "retrouvé les jours heureux" selon les mots de son Président, lors de sa dernière allocution. En Guyane, nous nous en réjouissons, après avoir été pendant près de 2 mois saturés d'informations sur la crise sanitaire que vous traversiez ... et qui ne touchait pas notre département. En effet, bien que confinés à la même date que la métropole, la circulation du virus était quasi inexistante sur notre territoire durant toute cette période.  Aujourd'hui, la situation s'est inversée : l'essentiel de la crise est derrière vous en métropole mais en Guyane l'épidémie a pris des proportions dramatiques ("hors de contrôle" avouent certains responsables). Elle est arrivée d'abord par l'Est, là où nous avons une frontière-passoire-passerelle avec l'un des pays les plus touchés au monde actuellement, c'est à dire le Brésil.  Elle est remontée vers Cayenne puis a gagné l'Ouest où la frontière tout aussi poreuse avec le Surinam est source aussi de gros problèmes. Aujourd'hui, le virus est présent dans toutes les communautés du fleuve, y compris en pays amérindien. Depuis une semaine, le nombre de cas déclarés positifs s’accroit tous les jours (230 nouveaux cas sur 500 tests réalisés pour une population de 300 000 habitants. Le nombre de décès en milieu hospitalier est passé de 1 à 15 en une 2 semaine et les admissions en réanimation suivent la même courbe. )

 Et le pic n'est attendu que pour la mi-juillet.

A ces éléments purement épidémiologiques s’ajoutent plusieurs paramètres aggravant en Guyane :

-La grande précarité d’une partie de la population qui ne peut respecter les gestes barrières du fait de ses conditions de vie. L’espace public ici est le prolongement naturel de l’habitat qui ne comprend souvent qu’une seule pièce, surpeuplée et très sommairement équipée. Les femmes et les enfants se retrouvent autour des bornes d’eau pour remplir les bidons, faire la vaisselle et la lessive. Les hommes et les jeunes se retrouvent autour des débits de boissons pour faire une autre sorte de plein !  (il faut bien s’occuper depuis que les patinoires, les théâtres, les cinémas et  les musées  ne sont plus accessibles !). D’autre part, la plupart des familles vivent de l’économie informelle :  tu manges ce que tu as gagné dans la journée. Entre la faim bien palpable et la peur d’un virus invisible et parfois dénié, le choix est vite fait ! Beaucoup de jeunes ados de mon quartier, livrés à eux-mêmes depuis la fermeture des écoles et conscients des difficultés de leurs parents, se sont engagés dans toute sorte de trafic. Il sera très difficile de leur faire reprendre le chemin du collège. C’est un terrible gâchis. Dans ces quartiers, les conséquences économiques et sociales sont déjà considérables et l’arrivée du rouleau compresseur de l’épidémie risque d’être fatal.

-La très grande dispersion de la population, en particulier le long du fleuve Maroni, avec des villages difficiles d’accès (plusieurs jours de pirogue – et pas faciles à médicaliser, les pirogues amérindiennes !-  avant le premier hôpital).Et  la Guyane ne dispose que de deux hélicoptères (deux autres  nous ont été promis mais cela fait encore très peu et il ne s’agit que de promesses … ) . Le petit reste d’amérindiens qui a survécu (entre autres) aux virus de la grippe, de la rougeole et de la variole importés par les colonisateurs au 19ième siècle, va-t-il succomber au Covid 19 au 21éme siècle ?  Triste ironie de l’histoire …

-Et enfin, dernier handicap, « le retard structurel de la Guyane en matière d’offre sanitaire » pour parler comme les politiques. Pour exemple, l’hôpital de Saint Laurent du Maroni, seule offre hospitalière pour l’Ouest (plus de 93 000 habitants) dispose actuellement de seulement 10 lits Covid et de 5 lits de réanimation. Aucun lit de réanimation à Kourou (le personnel soignant menace d’ailleurs de se mettre en grève) et 15 lits à Cayenne que la ministre a promis de doubler : mais deux fois presque rien ne font toujours pas grand-chose ! Avec la flambée du nombre de malades, les hôpitaux sont déjà saturés et il a fallu avoir recours à des transferts sanitaires de malades Covid graves aux Antilles et en métropole (la porte à côté, quoi !)  Je ne vous dis rien du manque en masques, tests, réactifs, respirateurs et surtout du manque de personnel … vous connaissez la musique !  C’est une musique sur laquelle les autorités essayent de nous faire danser une deuxième fois ! C’est Coluche qui disait déjà à propos de l’administration « Dites-nous ce dont vous avez besoin, on vous dira comment vous en passer ! ». 

Actuellement, certains services publics sont au bord de la rupture du fait de la contamination massive de leur personnel : en particulier la poste, la prison, EDF . Beaucoup de difficultés aussi dans l’approvisionnement ( par exemple, trouver une bouteille de gaz est devenu plus difficile que de trouver une paire de skis à Saint Laurent, une ville qui n’a jamais été pourtant un haut lieu de sport d’hiver ! Je n’en ai plus moi-même depuis 15 jours.) Le risque d’une implosion de la société guyanaise n’est donc pas à exclure. Une déchirure profonde de notre  tissu républicain  non plus. Et je pense aussi à Mayotte où la situation est assez proche de celle de la Guyane et tout aussi passée sous silence…

Je crains très fort que  les plus fragiles en Guyane (et ils sont une majorité) ne soient traités un peu comme on a traité les résidents de nos EHPAD au début de l’épidémie : « Isolons les,  laissons les entre eux mijoter dans leur jus (de coronavirus) , Dieu reconnaîtra les siens « 

Mais alors, c’est nous  que Dieu ne reconnaîtra pas !

Dans mon  quartier de la Charbonière, un quartier très populaire de Saint Laurent du Maroni,  beaucoup d’enfants et d’adolescents participent à la (sur)vie matérielle de leur famille. Ils sont nombreux  à stationner au port piroguier ou à sillonner les rues du quartier avec leur brouette en proposant  toutes sortes de services : transport de marchandises, de bidons d’essence, de moteur de pirogue ou bien vente au porte à porte de galettes, de bananpeze , de pastèques ou de wassaï..

 Avec le confinement, beaucoup de familles  ont vu diminuer leurs revenus et les enfants, qui n’ont plus la contrainte de l’école,  sont encore plus sollicités.  Bien que particulièrement exposés (contacts avec un grand nombre de personnes, manipulation de marchandises et d’argent) ils sont le plus souvent sans masques et n’ont pas de gel hydroalcoolique.  Or les enfants et adolescents sont sévèrement touchés par le Covid  en Guyane , c’est une autre particularité de ce pays ! (la majorité des patients en réanimation a entre 15 et 44 ans et plusieurs enfants de moins de 10 ans sont hospitalisés pour des formes graves. ) Et même asymptomatiques, ils participent à la propagation du virus et risquent de contaminer leurs proches, de retour chez eux.  

            J’ai commencé à fournir des masques et du gel hydroalcoolique aux » enfants de la brouette » que je connais le mieux et dont je connais la famille mais mes finances ne sont pas inépuisables et elles ont déjà été pas mal mises à contribution depuis le début du confinement...

            Plusieurs d’entre vous m’ont demandé ce qu’ils pouvaient faire pour aider la Guyane dans la crise qu’elle traverse.  Certes, nous avons besoin de soignants supplémentaires (300 selon la déclaration de la Ministre des outre mers) mais les remèdes à cette crise sanitaire ne sont pas d’abord médicales mais sociales, économiques et culturelles puisque l’épidémie dépend avant tout de nos comportements.   Je propose donc à ceux qui le peuvent et qui le veulent de soutenir une initiative modeste mais signifiante de prévention : équiper en masques et gel hydroalcoolique 20 enfants et adolescents du quartier « faisant la brouette » sur une période de 2 mois (le pic de l’épidémie est attendu pour fin juillet). Le coût par enfant et par semaine peut-être évalué à environ 8 (huit)  Euros. Si mon comptable est fiable, le cout total de l’opération s’élèverait donc à 1280 Euros.     J’ai bien sûr commencé par  démarcher  la préfecture, le Centre Hospitalier Guyanais, le Centre Communal d’Action Sociale de Saint Laurent, la Mairie et la Croix Rouge pour obtenir des masques  et du gel hydroalcoolique … mais il est clair que nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes pour nous  protéger dans ce quartier …

            La contribution maximum par donateur est fixée à 20 (vingt euros) : il est préférable de récolter un grand nombre de petits dons que de peser sur le budget de quelques généreux donateurs, souvent sursollicités.   Il eut été préférable de constituer une association pour récolter et gérer ces dons. Mais cela prendrait du temps (Pour l’Association Frei-Buku-bibliothèque de rue dont je suis le président fondateur, nous avons dû attendre plus d’un an avant de pouvoir ouvrir un compte : la Guyane n’est pas un pays trépident ! Mais l’épidémie, elle, est galopante. ) Aussi, à défaut, je vous propose un virement sur mon compte personnel dont le RIB est un document joint ci-dessous

            Vous serez bien sûr informés de l’utilisation précise de vos dons : je compterai pour vous autant que je compte sur vous.

En vous remerciant chaleureusement pour eux.  

Très amicalement »

Serge Baqué

Le 3 juillet 2020 à  Saint Laurent du Maroni

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 05:57
Le poids de la dette des pays pauvres / AFP

Le poids de la dette des pays pauvres / AFP

Suspendre le fardeau financier des pays les plus pauvres face au coronavirus: 12 Etats ont obtenu des créanciers du Club de Paris un moratoire sur leur dette et 19 devraient suivre «rapidement» -- tandis que d'autres puissances du G20, dont la Chine, mènent des efforts similaires en bilatéral.

Éthiopie, Tchad, République du Congo et Pakistan ont à leur tour obtenu une «suspension du service de la dette pour une durée déterminée, du 1er mai au 31 décembre 2020», a annoncé mardi le Club de Paris, groupe informel d'influents pays créanciers.

Face au plongeon de l'économie, le G20 avait pris mi-avril la décision inédite de suspendre pour un an les remboursements de la dette des pays les plus pauvres fragilisés par la pandémie -- une initiative déclinée depuis par les 22 pays du Club de Paris, ainsi que par une poignée de créanciers émergents (Chine, Inde, Arabie saoudite, Turquie, Afrique du Sud).

Du côté du Club de Paris, qui réunit depuis 1956 des pays dit «industrialisés» comme la France, les États-Unis, l'Allemagne ou le Japon, on évoque «une phase d'accélération»: il a reçu 31 demandes (dont 22 pays d'Afrique subsaharienne).

Mi-mai, le premier pays à bénéficier d'un moratoire a été le Mali ; Népal, Grenade, Dominique, Cameroun, Mauritanie, Burkina-Faso et Niger ont suivi, avant les quatre bénéficiaires dévoilés mardi. Pour ces douze Etats, le montant total des échéances différées atteint environ 1,1 milliard de dollars.

«Il y a une année de grâce en 2021, sans service dû sur ces reports, puis un étalement pour rembourser ces échéances de 2022 à 2024», a expliqué mercredi la présidente du Club de Paris, Odile Renaud-Basso, lors d'une conférence téléphonique. «L'objectif est que les marges de manœuvre budgétaires servent à couvrir les dépenses urgentes de santé ou de soutien à l'activité».

Dix-neuf autres pays ont également demandé un moratoire au Club de Paris ; leurs dossiers devraient «aboutir rapidement», a-t-elle observé.

- «Nous aurions souhaité l'annulation» -

S'il s'agit d'une bouffée d'oxygène pour les pays concernés, leur fardeau financier n'est que suspendu et leur enthousiasme reste parfois mesuré.

«La suspension des dettes (...) augure déjà d'un bon pas, mais nous aurions souhaité que les pays du Club de Paris procèdent purement et simplement à l'annulation des dettes des pays africains, plus particulièrement celle du Tchad qui fait face à un impératif sécuritaire», commentait mercredi à l'AFP le porte-parole du gouvernement tchadien, Oumar Yaya Hissein.

Le report proposé mi-avril ne représente qu'une petite partie de l'endettement total du continent africain estimé à 365 milliards de dollars, dont environ un tiers dû à la seule Chine.

Le moratoire sur la dette «est utile, [mais] pour de nombreux pays le moratoire devra (...) se transformer en programme d'annulation», avait martelé en avril le président de la Banque mondiale David Malpass.

Face à ces réserves, on n'exclut pas du côté des créanciers des efforts supplémentaires.

Fin 2020, «on aura une meilleure visibilité, on identifiera mieux quels sont les pays qui auront besoin d'un traitement plus structurant d'allègement, avec potentiellement une réduction de la dette», insiste Mme Renaud-Basso.

- Surmonter les réticences -

Actuellement, l'initiative de moratoire concerne potentiellement 73 pays débiteurs, dont 38 en Afrique subsaharienne. «Il est très probable qu'on aura des demandes additionnelles (...) Après avoir eu une position extrêmement prudente au départ, des pays semblent maintenant plus ouverts», observe-t-elle.

Certains pays en développement redoutaient ainsi de voir la notation de leur dette, leur crédibilité et leur accès aux marchés financiers affectés s'ils bénéficiaient d'un moratoire -- à tort selon le Club de Paris.

Au niveau des puissances du G20, 36 pays au total avaient fait une demande de moratoire fin mai. Mais à la différence du Club de Paris, où un seul accord simultané et très coordonné engage 22 pays créanciers, les autres pays du G20 négocient chacun dans un cadre bilatéral avec chaque débiteur.

«La Chine (...) fait le boulot. Un souci, c'est qu'elle a de multiples banques de développement et c'est un exercice assez nouveau pour elle (...) Mais c'est en bonne voie», a noté Odile Renaud-Basso.

Enfin, les créanciers privés ont été appelés à rejoindre l'effort général de moratoire, sur une base volontaire

AFP

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 08:32
Un pasteur hispanique new-yorkais au secours d'immigrés dévastés par le virus

Depuis deux mois, le père Fabian Arias est constamment en deuil: ce pasteur new-yorkais, dont de nombreux fidèles sont hispaniques, a vu 44 de ses paroissiens être emportés par le coronavirus, illustration, selon lui, d'inégalités exacerbées par le gouvernement Trump. Sans emploi et sans accès aux aides du gouvernement, cette communauté vulnérable peine à se nourrir. Le pasteur luthérien, lui-même d'origine argentine, a monté un réseau de soutien alimentaire et vient en aide chaque semaine à plus de 500 familles.

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 05:24
Cedric Herrou, le 8 août 2017 à Aix-en-Provence / AFP/Archives

Cedric Herrou, le 8 août 2017 à Aix-en-Provence / AFP/Archives

«On a réussi à voir, enfin, ce qu'était la fraternité» : après trois procès et une saisine du Conseil constitutionnel, Cédric Herrou, symbole de l'aide aux migrants, a été relaxé mercredi par la cour d'appel de Lyon.

«Je ne vois pas comment ils pouvaient me condamner. C'est l'État qui avait fait des actions totalement illégales», a déclaré à l'AFP l'agriculteur militant de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, joint par téléphone.

Le Conseil constitutionnel avait ouvert la voie aux juges lyonnais en affirmant «la liberté d'aider autrui dans un but humanitaire», dans une décision historique du 6 juillet 2018 qui avait conduit la Cour de cassation à annuler une condamnation de M. Herrou et ordonner qu'il soit rejugé.

«C'est le triomphe de la raison et du droit», s'est félicitée Me Sabrina Goldman, avocate du prévenu, à l'annonce de la décision.

M. Herrou était poursuivi pour «aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d'étrangers en France» - quelque 200 migrants, principalement érythréens et soudanais, convoyés en 2016 d'Italie jusque chez lui.

Depuis des mois, avec d'autres, il alertait les autorités sur des centaines de personnes bloquées dans la vallée de la Roya par le rétablissement des contrôles frontaliers, et empêchées ainsi de déposer une demande d'asile à Nice.

Un collectif d'habitants et d'associations décidait alors d'ouvrir un lieu accueil dans une colonie de vacances désaffectée de la SNCF. Après trois jours d'occupation de ce «squat des Lucioles», M. Herrou était arrêté en octobre 2016 avec trois autres personnes et placé en garde à vue.

Condamné à une amende en première instance à Nice début 2017, puis à quatre mois de prison avec sursis en appel à Aix-en-Provence, l'agriculteur avait saisi les Sages, via deux questions prioritaires de constitutionnalité, sur le «délit de solidarité» dont il s'estimait victime.

«Une aide désintéressée aux migrants, qu'elle soit individuelle ou +militante+ et organisée, ne doit pas être poursuivie», tranchait alors le Conseil constitutionnel, affirmant «la liberté d'aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national».

- «Acharnement» -

Fin 2018, la Cour de cassation retenait ce «principe de fraternité» pour annuler la condamnation de M. Herrou et ordonner un nouveau procès devant la cour d'appel de Lyon.

Mais la position adoptée par les Sages et la plus haute instance judiciaire n'a pas empêché le parquet général, le 11 mars dernier à l'audience, de réclamer «huit à dix mois» de prison avec sursis, soit la peine la plus lourde jamais requise à l'encontre du prévenu - huit seulement l'avaient été jusque-là.

Pour l'avocat général Fabrice Tremel, l'action du prévenu «n'avait pas un but exclusivement humanitaire mais une revendication idéologique, militante». «L'immunité ne peut pas s'appliquer» dans son cas; «il a fait le choix d'être, au sens propre du terme, un hors-la-loi», martelait le magistrat.

La cour d'appel ne l'a pas suivi, l'agriculteur étant «renvoyé de toutes les poursuites» engagées à son encontre. Les juges l'ont également dispensé de peine pour avoir occupé sans autorisation les locaux abandonnés de la SNCF. Ces faits-là n'étaient pas contestés dans le pourvoi.

La défense a accueilli l'arrêt de la cour d'appel avec «un vrai soulagement», en regrettant qu'il ait fallu plus de trois ans de procédure pour obtenir gain de cause.

«Pourquoi s'acharner sur quelqu'un qui n'a fait qu'aider ? Comment considérer ce qu'il a fait autrement qu'une action humanitaire ?», déplore Me Goldman, en voyant dans les dernières réquisitions du parquet général la preuve d'un «acharnement consternant» aux dépens de Cédric Herrou.

«En me relaxant, la justice condamne en fait l'État. N'y a-t-il pas eu, à un moment, un harcèlement ?», s'interroge de même l'agriculteur.

 

AFP

 

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 13:11
Des chrétiens se mettent au service des plus démunis durant le confinement

Extrait du reportage du Jour du Seigneur sur France 2 ce dimanche 10 mai 2020

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 14:31
Le Dr Jérôme Bultel a retravaillé deux semaines en avril à l’Ehpad Auguste-Ridou (photo : PN).

Le Dr Jérôme Bultel a retravaillé deux semaines en avril à l’Ehpad Auguste-Ridou (photo : PN).

Témoignage. Le Dr Jérôme Bultel a été conseiller municipal à Vernon de 2008 à 2014 et médecin jusqu’à sa retraite en janvier 2019. Mi-avril, l’ancien gériatre a repris du service à l’Ehpad Ridou de Vernon pour lutter contre le Covid-19.

Depuis le début de la crise, nombreux ont été les anciens professionnels de santé, médecins, infirmier(e)s ou encore aide-soignant(e)s, à sortir de leur retraite pour apporter leur expérience et prêter main-forte à la lutte contre la pandémie de Covid-19, en milieu hospitalier ou dans les établissements médico-sociaux. À leur initiative ou pour répondre à l’appel à la mobilisation générale lancée par le gouvernement.

Parmi eux, figure un visage bien connu à Vernon, celui du docteur Jérôme Bultel, âgé de 68 ans et ancien médecin gériatre. L’ex-conseiller municipal (2008-2014) du groupe « Vernon défis », mené par l’écologiste Jean-Claude Mary, et adjoint au maire en charge du Développement durable (2008-2010), sous la mandature du socialiste Philippe Nguyen-Thanh, avait pris sa retraite en janvier 2019. « Il était important pour moi d’être solidaire avec ceux qui sont en première ligne », souligne celui qui apparaissait au douzième rang de la liste « Vernon écologiste et citoyenne » aux élections municipales de mars.

Médecine et psychologie

L’ancien généraliste libéral, retourné sur les bancs de l’université en 2007 pour obtenir sa certification en gériatrie, avait achevé sa carrière avec deux casquettes. Celle de médecin au sein du service des soins de suite à l’hôpital de Vernon, mais aussi comme responsable médical de l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Auguste-Ridou.

C’est justement au sein de l’Ehpad vernonnais géré par le centre hospitalier Eure-Seine (CH Eure-Seine), particulièrement touché par le virus, que Jérôme Bultel a repris du service, pour un contrat court de deux semaines, du 13 au 24 avril 2020. « Dès le début de la crise, j’ai proposé mon aide en contactant la direction du centre hospitalier, raconte l’Eurois. Mais, à ce moment-là, on n’avait pas besoin de moi. Des anciens collègues, avec qui je suis toujours en relation, ont reparlé de moi à la direction quand la situation s’est compliquée, notamment à l’Ehpad. Dix jours après, la direction me proposait un contrat. Au départ, je devais rester une semaine seulement. »

Le Dr Jérôme Bultel est revenu dans un lieu qu’il connaissait parfaitement pour participer, aux côtés du médecin référent du site, à la nouvelle stratégie de lutte contre la propagation de l’épidémie dans la résidence. « La première semaine, mon rôle a été essentiellement médical, décrit l’ancien élu. J’ai vu les malades. Il s’agissait aussi de tester l’ensemble des résidents. Les résultats sont tombés le lundi suivant. On m’a alors proposé de rester cinq jours de plus pour aider à la mise en place du secteur dédié et protégé les personnes infectées au 3e étage. Mon travail a été plus psychologique et a consisté à les préparer au déménagement. J’ai également contacté les familles pour les informer et surtout les rassurer sur leurs inquiétudes légitimes. »

Le Vernonnais ne cache pas la tristesse qu’il a éprouvé quand il a appris, une fois sur place, le décès de résidents qu’il connaissait tous très bien. « Et ce n’est pas forcément les plus fragiles qui ont été emportés, signale-t-il. Parmi eux, il y avait une dame, dont j’avais le souvenir qu’elle était encore très tonique. Ce sont les mystères de la défense immunitaire, pour partie génétique. Un certain nombre de résidents testés positifs n’ont d’ailleurs développé aucun symptôme. Il était important de les identifier pour les isoler. »

« Dévouement et courage »

Comment explique-t-il le taux de contamination important qui a frappé l’Ehpad Ridou, alors même que la résidence Saint-Michel, à Évreux, autre site géré par le CH Eure-Seine, a été totalement épargnée ? « Cela est peut-être lié à la configuration des lieux. À Évreux, il y a deux bâtiments indépendants. À Vernon, en dehors de la petite unité Alzheimer, tous les autres résidents partagent le même cadre de vie. » L’ancien praticien juge aussi que l’éloignement prolongé avec les familles est une explication à la mortalité anormale - 15 décès sur 124 résidents - qui a touché l’établissement. « La solitude et la déprime peuvent avoir des effets dévastateurs sur un public aussi fragile. C’est un phénomène bien connu qu’on appelle le syndrome de glissement. »

Ses deux semaines à l’Ehpad Ridou ont surtout permis à l’ancien médecin d’observer, ce dont il ne doutait pas, « le dévouement » du personnel soignant. « Avec courage, calme et dynamisme, alors même que leur travail est difficile, éprouvant et anxiogène actuellement. Il y a une grande solidarité. »

Jérôme Bultel, qui se tient prêt à apporter à nouveau son aide si le besoin s’en fait sentir, espère maintenant que cette crise fera « peut-être avancer les choses. En raison de logique économique et de coupes budgétaires successives, qui touchent aussi l’hôpital public, les Ehpad ont été abandonnés, poursuit l’ancien médecin. Il faut plus de moyens. »

 David Goudey

Journaliste, agence locale de Vernon

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 18:10
Appel au Président de la République « Pour une prime de solidarité » en faveur des plus pauvres

“Chacun chez soi, oui, chacun pour soi, non”

À monsieur le président de la République

Monsieur le Président de la République,

À la crise sanitaire est en train de s’ajouter une crise sociale.

Pour les personnes et les familles les plus modestes, le confinement signifie baisse de revenus, surconsommation de chauffage et d’électricité, hausse des dépenses pour se nourrir face à la fermeture des cantines scolaires, alors même que les circuits d’aide alimentaire sont affaiblis.

C’est pourquoi nous demandons aujourd’hui le versement d’une prime de solidarité de 250€ par personne et par mois pour les personnes les plus en difficulté.

Cette somme est nécessaire pour couvrir les dépenses alimentaires et les factures énergétiques des logements.

Elle devrait :

  • être versée automatiquement à tous les allocataires de minima sociaux, aux jeunes précaires et aux familles bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire.
  • être reconductible pendant toute la durée de la fermeture des cantines scolaires.

Ce signe fort de solidarité de notre société pour soutenir les plus vulnérables est plus que jamais nécessaire.

SIGNEZ ET PARTAGEZ L'APPEL !

Attention : votre signature ne sera comptabilisée qu'une fois que vous aurez cliqué sur le mail reçu dans votre boite mail.

Un appel lancé par le Secours Catholique-Caritas France en partenariat avec la CFDT, Emmaüs France, l'UNIOPSS, APF – France handicap, FAS(Fédération des Acteurs de la Solidarité), FAP (Fondation Abbé Pierre), Collectif ALERTE, ATD Quart Monde, Fapil, l'Ansa, Semaines Sociales de France, Mission de France, Apprentis d'Auteuil et avec le soutien d'Oxfam France et des Petits frères des pauvres.

En savoir plus

Face à la crise sanitaire, nous sommes tous vulnérables. Et tous solidaires. Heureusement, cette solidarité est déjà à l’œuvre pour sauver des vies, comme pour éviter le naufrage de notre économie. Cette solidarité doit aussi nous permettre d’éviter un naufrage social. C’est le sens de l’appel que nous lançons au chef de l’État et que nous vous invitons à signer et partager. Afin que les plus fragiles puissent bénéficier d'une prime de solidarité de 250 euros par mois et par personne jusqu'à la fin de la crise.

Un appel lancé par le Secours Catholique-Caritas France

En partenariat avec la CFDT, Emmaüs France, l'UNIOPSS, APF – France handicap, FAS(Fédération des Acteurs de la Solidarité), FAP (Fondation Abbé Pierre), Collectif ALERTE, ATD Quart Monde, Fapil, l'Ansa, Semaines Sociales de France, Mission de France, Apprentis d'Auteuil

Et avec le soutien d'Oxfam France et des Petits frères des pauvres.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour Signer la pétition

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 16:15

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 07:52
"Notre ultime bouclier a pour nom solidarité" - Alain Mabanckou © Getty

"Notre ultime bouclier a pour nom solidarité" - Alain Mabanckou © Getty

Alain Mabanckou est écrivain. Né au Congo-Brazzaville, il vit à Los Angeles, aux États-Unis, où il enseigne la littérature francophone. Dans cette lettre adressée à la France, il invoque les vertus de la solidarité

Chère France,

Je suis loin de toi, pourtant plus que jamais proche de ton cœur en ces temps où le monde doute de lui-même, agressé par un ennemi imperceptible. Les conséquences désastreuses de ces attaques ont considérablement changé notre manière de nous témoigner notre amour. Si je ne peux à présent t’embrasser, te prendre la main ou te chuchoter les mots les plus tendres, mes pensées, elles, n’ont jamais été aussi fortes que pendant cette période de confinement.

La Californie où je réside a, elle aussi, limité les mouvements des individus, les réduisant à demeurer en permanence dans leur domicile. Je lis avec attention tes nouvelles qui traversent l’Atlantique, je me réjouis des énergies que tu déploies, et c’est toujours ainsi que tu as souvent surmonté les épreuves les plus tragiques de ton histoire.

Dans mes prières quotidiennes, je pense aux personnes les plus fragiles, aux démunis, à celles qui risquent leur vie pour nous, à celles qui proposent leur humilité et leur générosité en réponse à la propagation de cette pandémie qui ne nous laisse pas pour l’heure entrevoir le bout du tunnel d’où proviendrait la lueur salvatrice du soulagement.

Dans cette atmosphère, nos querelles habituelles ne deviennent plus que des échos insipides, et tout ce que nous avons jusqu’alors pris pour acquis affiche désormais un coût hors de notre portée, quelle que soit notre classe sociale.

J’ai appris depuis mon pays d’origine, le Congo-Brazzaville, que le malheur a la mémoire courte et la vue réduite. Il se moque des mappemondes, des noms de contrées et entre chez vous sans frapper à la porte. Notre ultime bouclier a pour nom solidarité. Mais nous avons perdu son sens pour le règne impitoyable du chacun pour soi. Nos illustres écrivains nous ont pourtant dissuadé d’emprunter cette sente de l’égocentrisme.

Pour Victor Hugo, « le propre de la solidarité, c’est de ne point admettre d’exclusion ».

Dans Terre des Hommes Saint-Exupéry a noté des propos qui prennent actuellement une résonnance particulière :

« En travaillant pour les seuls biens matériels nous bâtissons nous-mêmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre. »

Des mots qui devraient pousser à la réflexion celles et ceux qui estiment que leur survie individuelle est au-dessus de l’urgence de la pérennité du genre humain… 

Mais, chère France, la solidarité que nous réclamons aujourd’hui devrait également prévaloir demain lorsque le soleil reprendra majestueusement son cycle, satisfait d’avoir enfin consumé l’armée de ces bêtes terribles qui, dans leur capacité d’ouvrir les batailles sur tous les fronts, s’imaginaient défaire notre planète en s’appuyant sur notre impréparation.

Nous sommes une chaîne dont chacun des maillons, même les plus minuscules, contribue à la concordance et à l’équilibre de notre existence…

Alain Mabanckou"

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 09:16
David Herraez Calzada - Shutterstock

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Valérie, 55 ans, médecin cardiologue dans le Val d’Oise, s’est portée volontaire pour soigner des malades touchés par le covid-19, orientés par le Samu vers un gymnase transformé en centre d’urgence à Taverny (Val d’Oise). Elle témoigne de son quotidien chargé, anxiogène, chamboulé, mais rendu supportable par quelques moments, précieux, de ressourcement et par la prière des uns pour les autres.

Cardiologue, Valérie exerce habituellement en cabinet, dans le Val d’Oise. Depuis quelques semaines, en plus de ses consultations indispensables pour ses patients souffrant du cœur, elle s’est portée volontaire pour intervenir un jour par semaine au Samu, et un autre jour au centre d’urgence covid-19 créé dans un gymnase réaffecté en vue d’accueillir des cas suspicieux pour désengorger le Samu et les médecins généralistes. Particulièrement exposée, elle ne remet pas pour autant en cause son engagement : « Prendre soin des autres, être dans ce face à face avec chaque personne, c’est le cœur même de mon métier et je le fais avec beaucoup de passion et d’amour depuis très longtemps », confie-t-elle.

Elle demeure confiante, dans cette longue et éprouvante bataille contre le virus : « Nous allons gagner parce que l’intelligence de la médecine, l’intelligence des hommes, viendra à bout de cette petite chose invisible ». Néanmoins, la situation est inédite et « l’afflux de patients, associée à la rapidité de progression de la maladie, font que nous sommes dans des situations exceptionnelles qui fatiguent l’organisme et peuvent nous faire perdre courage », admet-elle.

Des temps nécessaires de ressourcement

Sa vie personnelle est également profondément perturbée. Mariée et mère de famille, elle raconte la manière dont elle doit s’isoler des siens au sein de sa propre maison. Pour les protéger. Elle prend ses repas en décalé, fait chambre à part, réitère les gestes barrière au point d’avoir les mains abîmées par les lavages fréquents. Malgré l’angoisse et l’inquiétude qui l’étreignent quotidiennement, elle s’efforce de garder à l’esprit cette parole de saint Matthieu (6, 34) : « A chaque jour suffit sa peine ». « J’essaie de ne pas trop penser au futur et de vivre le temps présent, aujourd’hui est déjà un trésor à garder au fond de soi », témoigne-t-elle.

Concrètement, ce qui la fait tenir et lui fait garder force et espoir, ce sont ces moments où elle se retrouve seule, de temps en temps, ces moments de silence où elle prend conscience du bruit du vent et du chant des oiseaux, « cette possibilité de m’ancrer au cœur de cette nature bien présente et qui continue à exister autour de nous ». Ce sont aussi ces incroyables réseaux de solidarité dont elle est témoin chaque jour, toujours plus inventifs, qui la touchent énormément. Et aussi, « continuez vos applaudissements à 20 heures », implore-t-elle, « tous les soignants sont très heureux de les entendre ».

Enfin, autres temps de ressourcement, et pas des moindres : l’écoute de méditations de l’Evangile et des paroles du curé de sa paroisse envoyées par WhatsApp, et le lancement de ce « monastère invisible » qui permet à tous les paroissiens d’être en union de prière : « Je suis heureuse de faire partie d’un monde fraternel où la prière des uns pour les autres est une vraie puissance de guérison ».

 Mathilde de Robien

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