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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 16:13

Syrie

 

Impensable il y a encore quelques semaines, la Syrie, pays dirigé d’une main de fer par le président Bachar Al Assad, est secouée par une série de manifestations.

La ville de Deraa, située sur le plateau du Hauran, à 120 km de Damas au sud du pays, est depuis plusieurs jours le théâtre de manifestations sans précédent contre le pouvoir, dans un pays où la « loi d’urgence » est en vigueur depuis 1963.

Mardi 22 mars, un millier de manifestants scandant des slogans hostiles au régime se sont rassemblés dans la ville, bravant les membres des forces de l’ordre qui les encerclaient, a rapporté un militant des droits de l’homme.

Deraa ressemble à « une caserne »

Les manifestants ont formé une chaîne humaine autour de la mosquée, point de ralliement des protestataires, par crainte qu’elle ne soit prise d’assaut. Depuis tôt le matin, des renforts militaires avaient été envoyés aux abords de la mosquée. Deraa ressemble à « une caserne », a affirmé un autre militant sur place.

Vendredi 18 mars, des manifestations importantes avaient eu lieu dans cette ville. Dimanche 20 mars, des opposants qui réclamaient plus de liberté et la fin de la corruption ont mis le feu au bâtiment du parti gouvernemental Baas à Deraa, comme l’avaient fait les Égyptiens au Caire.

Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles et lancé des gaz lacrymogènes sur des milliers de manifestants, alors que ce jour-là, une délégation gouvernementale composée du vice-ministre pour les affaires étrangères Fayçal Meqdad et du ministre de l’administration locale Tamer Al Hijé se rendait dans les maisons des manifestants tués vendredi 18 mars pour « exprimer leurs condoléances ».

Le mouvement de contestation a été lancé le 15 mars

Ils ont été mal accueillis par les manifestants qui criaient : « Celui qui frappe son peuple est un traître. »

Les protestations se sont étendues à des villes avoisinantes : à Enkhel, Nawa, à 35 km de Deraa. Un enfant de 11 ans, Mounzer Moumen Al Masalmah, qui avait été intoxiqué par des gaz lacrymogènes dimanche 20 mars à Deraa, est mort le lendemain, portant à six le nombre des victimes dans cette ville.

Le mouvement de contestation avait été lancé le 15 mars, à travers un appel lancé sur le « réseau social » Facebook, intitulé : « La révolution syrienne contre Bachar Al Assad 2011. » Il appelait à des manifestations pour « une Syrie sans tyrannie, sans loi d’urgence (depuis 1963) ni tribunaux d’exception. » Il a été peu suivi au début.

La pauvreté touche 14 % des 22 millions de Syriens

Profitant de ce mouvement, Ribal Al Assad, cousin exilé du président syrien Bachar Al Assad, a estimé lundi 21 mars que le régime avait le choix entre des réformes à faire dans un court délai ou bien se voir renverser par le mouvement croissant de protestations.

Âgé de 36 ans, le fils de Rifaat Al Assad, le frère cadet de feu le président Hafez Al Assad, dirige à Londres l’Organisation pour la démocratie et la liberté en Syrie. Son père, Rifaat Al Assad, avait été éloigné de Syrie au milieu des années 1980 après avoir tenté d’évincer Bachar du pouvoir.

En Syrie, les manifestants réclament, comme ailleurs dans le monde arabe et au Maghreb, plus de liberté et de démocratie, et la fin de la corruption, dans ce pays où les inégalités se sont accentuées. La pauvreté touche 14 % des 22 millions de Syriens. 

 

Agnès ROTIVEL, La Croix

 

 

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