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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 17:14
Guillaume POLI/CIRIC

Guillaume POLI/CIRIC

Dans un article paru dans La Civiltà cattolica du 28 janvier, une revue publiée avec l’imprimatur du Vatican, le jésuite Marc Rastoin dresse un état des lieux de l’Église en France et décrit les différents défis auxquels elle est confrontée.

ZOOM Dans le premier article consacré depuis longtemps à la France par la revue bimensuelle jésuite La Civiltà cattolica, publiée en Italie après relecture par le Saint-Siège, le P. Marc Rastoin, exégète et collaborateur régulier, explore de façon synthétique les principaux enjeux de l’Église catholique de France, à destination d’un public étranger.

La version française de ce texte sera publiée d’ici quelques semaines dans l’édition française de la revue, un mensuel dont le premier numéro a été publié le 31 octobre 2016.

Comment les catholiques français, dont la place a longtemps été centrale au sein de l’Église universelle, sont-ils devenus cette minorité, certes fervente, mais de plus en plus « marginalisée » ? Et comment faire face à cette nouvelle configuration ? Le P. Rastoin cherche moins à apporter des réponses qu’à approfondir le questionnement, en commençant par un rappel de l’histoire récente de l’Église de France

 

La fin du catholicisme rural

Après la Révolution française et ses milliers de martyrs, l’Église de France a été confrontée à partir du XIXe siècle à un courant républicain « hostile », ce qui ne l’a pas empêchée de connaître, de 1850 à 1950, « un grand dynamisme missionnaire », souligne d’abord l’auteur. Les intellectuels français ont ensuite eu un impact considérable dans le « renouveau théologique » de l’avant Concile Vatican II, auquel ont activement participé des experts français.

Le P. Rastoin prend pour point de départ le chiffre de 89 % de Français se déclarant catholiques en 1964, à la fin du Concile. L’urbanisation accélérée du pays va profondément changer la donne. Au déclin du catholicisme rural, s’ajouteront d’autres facteurs pour expliquer la désaffection de la pratique. La révolution de 1968 a « introduit des mœurs qui ont profondément changé la société française », estime-t-il.

Cette époque a été ainsi marquée par le nombre très important de prêtres ayant décidé de quitter le sacerdoce, mais aussi par des difficultés dans la mise en place des nouveautés du Concile, notamment en termes de fonctionnement de l’Église et de liturgie.

 

La perte des classes populaires et moyennes

Cette période délicate va donner matière aux catholiques traditionalistes pour remettre en question les choix de la hiérarchie et lui imputer la responsabilité de la crise de l’Église dans les années 1970. Le P. Rastoin affirme qu’il serait mal venu d’énumérer les mauvaises décisions prises alors, mais reconnaît que certaines « erreurs pastorales », mises en avant par des chercheurs, ont été commises par les évêques, comme l’abandon des patronages, renforçant l’éloignement de l’Église des classes populaires et des classes basses et moyennes.

Désormais, explique-t-il, l’Église catholique en France est principalement « soutenue par les classes moyennes-hautes, ce qui est encore plus évident pour les vocations sacerdotales : elles proviennent surtout des familles aisées de tradition catholique ».

Dans le contexte d’une Église très centralisée, tous ces éléments vont mener à une « exculturation » croissante du catholicisme français, selon la terminologie de la sociologue Danielle Hervieu-Léger. « Le noyau de catholiques pratiquants se restreint de plus en plus à un milieu socialement homogène », résume l’auteur.

« Les catholiques sont devenus des juifs comme les autres »

Inspiré par un tweet de Jean-Pierre Denis, directeur de l’hebdomadaire La Vie, publié en 2012 et qui disait « les catholiques sont devenus des juifs comme les autres », le P. Rastoin interroge cette « apparente boutade » pour évoquer la tentation, surtout chez les plus jeunes, de la « néo-orthodoxie ». Pendant ce temps, « d’autres, les plus nombreux, continuent à s’éloigner, insensiblement, d’une Église perçue comme étant archaïque et loin de leurs préoccupations ». « Face à ces deux mouvements centrifuges, les cadres religieux cherchent à maintenir l’unité d’un troupeau à la fois de plus en plus petit et de plus en plus divisé, sur le fond d’un « glissement à droite » de plus en plus marqué (que les attentats de novembre dernier n’ont fait que renforcer) », analyse le jésuite.

« Comment vivre cette situation nouvelle ? Comment penser la relation de l’Église à une société de plus en plus sécularisée ? Comment se positionner face à un État, qui, confronté au défi islamiste, tend à durcir les conditions de la laïcité ? », s’interroge le P. Rastoin. « Confrontée plus précocement que d’autres Églises à la sécularisation, l’Église de France constitue une sorte de laboratoire », insiste-t-il.

« Une mutation considérable et douloureuse »

« L’Église de France vit une mutation considérable et souvent douloureuse, décrit l’auteur, le passage d’une majorité tranquille (malgré de fortes contestations depuis trois siècles au moins !) au statut de minorité devant vivre dans un environnement de plus en plus éloigné de sa foi, de ses rites et de ses valeurs. Non, l’Église de France n’est pas morte : elle a de nombreuses sources de vie en elle. »

Parmi celles-ci, la « population de pratiquants engagés et motivés », « terreau favorable à l’éclosion des vocations ». Il rappelle que les familles catholiques françaises font beaucoup d’enfantset même plus que dans la très catholique Pologne.

Les mouvements de pastorale familiale, nombreux et créatifs, les communautés nouvelles (Emmanuel, Chemin-Neuf…) proposent un cadre propice à cette vitalité, qui s’est manifestée, notamment, lors des « Manifs pour tous » de 2012-2013. Les propositions pour les jeunes sont nombreuses et le scoutisme en croissance.

L’Église de France se caractérise aussi par des structures sociales de premier plan, du Secours catholique au CCFD-Terre Solidaire, sans oublier l’initiative Diaconia 2013. Un autre atout est l’existence d’intellectuels catholiques de haut niveau.

« Le lecteur étranger sera peut-être perplexe : du verre à moitié vide – l’incontestable effondrement sociologique – au verre à moitié plein – le dynamisme des catholiques pratiquants, que faut-il retenir ? On ne peut que lui recommander de garder les deux yeux ouverts, conclut le P. Marc Rastoin. De tenir ensemble lucidité et espérance. »

 

Marie Malzac

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans Eglise
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commentaires

anne marie 29/01/2017 20:48

mon ami frere humanite pretre ouvrier je vois en lui un passeur d'humanite les evangiles sont le coeur et le moteur de tout chretien et surtout ne rejettez personne

GG 29/01/2017 19:36

Nous ne nous en tirerons qu'en faisant le deuil d'une Église fonctionnant sur un maillage rural (une commune, une église) pour créer des réseaux d''ecclésioles' confessantes