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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 07:28
Le nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore.

Le nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore.

Mgr Celestino Migliore, qui vient de présenter ses lettres de créances au président de la République Emmanuel Macron, a effectué le 25 août une médiation sur le sens du martyre, dans le cadre du pèlerinage de l’Ile Madame, dans le diocèse de La Rochelle et Sainte.
L’Ile Madame, dans le département de la Charente Maritime, est l’objet d’un pèlerinage annuel sur le lieu de sépulture de 254 prêtres réfractaires, qui furent persécutés par les autorités révolutionnaires en 1794 pour avoir refusé l’assermentation à la Constitution civile du clergé. Au total, 547 prêtres moururent alors en détention, sur 829 au total arrêtés et emprisonnés dans des conditions épouvantables sur les pontons de Rochefort, et 64 d’entre eux ont été béatifiés par saint Jean-Paul II en 1995.

Cet épisode tragique de l’Histoire de France a donné au nouveau nonce apostolique, invité à participer aux célébrations par l’évêque de La Rochelle et Saintes, Mgr Georges Colomb, l'occasion d’effectuer une ample intervention sur le thème du martyre des chrétiens dans l’histoire et dans l’actualité.

Le lien entre persécution religieuse et martyre
«Nous vivons une époque inquiétante où différentes communautés chrétiennes dans le monde subissent une persécution systématique de la part de leurs gouvernements ou d’organisations religieuses extrémistes. Persécution religieuse et martyre ne sont pas la même chose, mais c’est certainement dans le contexte de la persécution religieuse que mûrissent et se produisent les cas de martyre», a expliqué Mgr Celestino Migliore.

Alors que certains responsables internationaux avaient tendance à minimiser ce phénomène, le Jubilé de l’an 2000, à la demande de saint Jean-Paul II, a été l’occasion de mettre en lumière un travail de recensement de 12 000 épisodes de martyre au cours du XXe siècle. Le changement de siècle et de millénaire n'a pas signifié la fin des persécutions. «Dans les vingt dernières années le martyre des chrétiens s’est malheureusement intensifié, a remarqué le nonce. L’attention et la préoccupation de l’Église pour l’effusion actuelle de sang chrétien s’est accrue. Les conférences sur la liberté religieuse internationale se sont multipliées, ainsi que les appels et les démarches auprès des gouvernements et des organisations internationales», a expliqué Mgr Migliore.

«Mais les martyrs d’aujourd’hui stimulent le travail de l’Église sur différents fronts, par exemple, en promouvant la liberté religieuse, l’unité entre les Églises chrétiennes, l’amitié entre les religions du monde et le pouvoir transformant du pardon en politique», a précisé le nonce apostolique, en précisant que «les martyrs d’aujourd’hui construisent aussi l’Église. Comme le Père Jacques Hamel qui, il y a quatre ans, est entré dans la cohorte des martyrs modernes.»

Donner sa vie pour promouvoir la justice et la réconciliation
S’appuyant aussi sur les exemples de saint Maximilien Kolbe, de don Pino Puglisi, de Mgr Romero ou encore du théologien protestant Dietrich Bonhoeffer, Mgr Migliore a mis en valeur la fécondité de leurs témoignages pour la promotion de la justice et de la réconciliation dans l’Église. «Les martyrs témoignent de cette justice qui est justement violée dans leur propre homicide, c’est-à-dire la justice, le droit de la liberté religieuse. Aujourd’hui, une grande partie de la population mondiale, comprenant des personnes de toutes les religions, vit dans des pays avec des restrictions élevées à la liberté religieuse. Les martyrs offrent un témoignage contre la négation de la liberté religieuse», a-t-il expliqué en prenant l’exemple du ministre pakistanais Shahbaz Bhatti, assassiné par des islamistes en 2011.

«Comme le répète souvent le Pape François, aujourd’hui les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu’ils appartiennent à une communauté chrétienne particulière, parce qu’ils sont catholiques ou orthodoxes, luthériens ou anglicans, mais parce qu’ils sont chrétiens. Le martyre est œcuménique et on doit parler d’un vrai œcuménisme des martyrs. Historiquement, le martyre commun souffert par les catholiques, protestants et orthodoxes sous les nazis et les soviétiques a favorisé le rapprochement entre les Églises et les communautés chrétiennes», a expliqué le nonce en rappelant que bien avant le pontificat de François, Paul VI et Jean-Paul II avaient développé cette vision dans la filiation du Concile Vatican II, mettant fin à la «vision confessionnelle étroite» qui dominait les esprits quand les chrétiens se tuaient mutuellement, notamment dans le contexte des guerres de religion des XVe et XVIe siècles.

Et au-delà de cette dimension œcuménique, le martyre peut aussi avoir une dimension interreligieuse, comme dans le cas des moines de Tibhirine et des autres religieux martyrs en Algérie dans les années 1990, qui ont donné leur vie au milieu des milliers de musulmans victimes de la guerre civile.

«Toutefois, comment répondre aujourd’hui au martyre est une question à laquelle sont confrontés l’Église, les communautés religieuses, les gouvernements et toute la société. Ils doivent trouver des solutions efficaces pour mettre un frein à la culture de l’épée par la culture du dialogue et de la coexistence pacifique», a conclu le nonce apostolique.

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 07:48
Décès de Mgr Hippolyte Simon, archevêque émérite de Clermont

Hommage de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et Président de la CEF
« Notre frère Hippolyte Simon est mort après une maladie qui l’avait contraint en 2016 à renoncer à sa charge d’archevêque de Clermont. Il s’était retiré à Caen, où il avait été supérieur du Séminaire interdiocésain. Mgr Simon avait été vice-président de la Conférence des évêques de 2007 à 2013 auprès du cardinal Vingt-Trois. Il avait aussi représenté la CEF auprès de la COMECE. Sa vaste culture politique lui a permis d’intervenir souvent sur le rapport entre l’Église catholique et les religions en général et l’État, notamment dans le contexte particulier de la séparation telle qu’elle existe en France. Par l’ampleur du champ historique qu’il connaissait et par la précision de son analyse des concepts employés, il savait repérer les confusions, signaler les glissements, alerter quant aux tentations récurrentes de la part de l’État de transformer les religions en agents de la cohésion nationale. Mgr Simon savait aussi regarder les évolutions sociales à l’échelle de l’Europe entière ; il appelait à ce que l’Union européenne ne soit pas qu’un objet politique plus ou moins supporté par les citoyens et puisse devenir un espace culturel partagé par tous les citoyens. Sa foi dans le Christ et son œuvre de salut éclairait sa raison, lucide quant aux dérives possibles des sociétés humaines et déterminée quant à l’espérance qui devrait habiter nos perspectives. Il a été, tant que ses forces le lui ont permis, un « excitateur » de la réflexion de l’assemblée des évêques, un esprit fraternel aussi, soucieux de comprendre les idées ou les réticences des uns et des autres. Il avait su reconnaître que la maladie ne lui laissait pas les forces nécessaires pour conduire le diocèse de Clermont et présider la province ecclésiastique. À Caen, il a apporté sa contribution à la vie pastorale et culturelle, toujours prêt à intervenir ; il a continué à réfléchir et à proposer les fruits de sa réflexion comme l’atteste son dernier livre : « Vers une France païenne ? ». Avec les évêques de France, je rends grâce à Dieu pour le ministère de Mgr Hippolyte Simon et pour sa personne. J’ai personnellement beaucoup de gratitude pour son attitude toujours encourageante : il savait, après une discussion, apporter des éléments nouveaux à la réflexion, en laissant une grande liberté à la pensée et à la décision. Que Dieu lui donne la récompense promise aux bons serviteurs. »

Mgr Hippolyte Simon, archevêque émérite du diocèse de Clermont est décédé dans sa 77ème année, le mardi 25 août 2020.

Né le 25 février 1944, Mgr Simon fut ordonné prêtre le 27 juin 1970 pour le diocèse de Coutances et Avranches.

Mgr Simon occupa plusieurs fonctions : aumônier du lycée de Mortain (1974-1978) ; supérieur du séminaire interdiocésain de Caen (1978-1990) ; vicaire épiscopal à Coutances, chargé du service de formation permanente des prêtres et des laïcs, délégué diocésain pour le diaconat permanent (1990-1996).

Il fut nommé évêque de Clermont le 22 février 1996 puis devint archevêque de la province ecclésiastique de Clermont le 8 décembre 2002 suite à la réorganisation des provinces ecclésiastiques.

Sa démission pour raison de santé avait été acceptée par le pape François le 17 mars 2016.

Mgr Simon fut par ailleurs représentant de la Conférence des évêques de France (CEF) au sein de la Commission des Épiscopats de l’Union européenne (COMECE) entre 2000 et 2007 puis vice-président de la CEF de 2007 à 2013.

Les obsèques de Mgr Simon auront lieu samedi 29 août à 10h30 en la cathédrale de Clermont

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 21:01
Mgr Jacques NOYER (CIRIC)

Mgr Jacques NOYER (CIRIC)

Monseigneur Jacques Noyer, évêque d'Amiens pendant 16 ans, de 1987 à 2003, est décédé ce mardi 2 juin à l'âge de 93 ans. Il s'est éteint au Touquet, sa ville natale, où il avait pris sa retraite. Notre journaliste Jean-Paul Delance revient sur le parcours de cet évêque "atypique et iconoclaste".

Il est toujours délicat d’établir un classement, une hiérarchie. Mais nul doute que dans l’Histoire deux fois millénaire des évêques d’Amiens, Monseigneur Jacques Noyer aura une place prééminente.

Né le 17 avril 1927 au Touquet, c’est dans cette même commune qu’il vient de s’éteindre.
Après une licence de lettres obtenue à l’Université de Lille, il intègre le Grand Séminaire d’Arras pour suivre une formation philosophique et théologique.
 


Sans quitter son Pas-de-Calais natal, il devient prêtre à Boulogne-sur-Mer puis curé de la paroisse du Touquet-Paris-Plage. Un retour à la maison, en quelque sorte.

C’est là que le 4 novembre 1987, il apprend sa nomination en tant qu’évêque du diocèse d’Amiens.
Il est consacré en la Cathédrale, le 13 décembre suivant devant une foule nombreuse. En 2003, il se retire mais reste évêque-émérite du diocèse.
 

Une grande ouverture d'esprit

J’ai souvent eu au cours de ma carrière l’occasion d’approcher cet homme à l’ouverture d’esprit remarquable.
D’abord, l’Homme impressionne par sa stature. Il est grand, bien bâti, surmonté d’une abondante chevelure blanche.

Mais c’est sa voix qui le caractérise le mieux. Une voix chaude, grave exprimée par un ton toujours calme.
Une façon élégante de vous mettre en confiance sans chercher à en imposer, à quoi s’ajoute une grande qualité d’écoute.
 

Un évêque atypique

Ce portrait tout en rondeur ne doit pas masquer le côté « iconoclaste » de cet évêque un peu atypique.
Né dans une famille modeste, il prend à de nombreuses reprises des positions inattendues de la part d’un représentant de la haute hiérarchie catholique.

Jacques Noyer n’aime pas les « pompes » de l’Eglise. Lui aime rencontrer les gens simples, les déshérités, les migrants.
Ouvert, il rencontre les représentants de tous les cultes et n’hésite pas à la moindre occasion, d’engager le dialogue avec les athées.
 

Barrage au FN en 2002

En 2002, lors du second tour de l’élection présidentielle, il appelle, dépassant selon certains, les prérogatives de sa charge, à voter contre Jean-Marie le Pen estimant que le Front National conduit « à l’isolement, au racisme et à la xénophobie ».

L’homme est aussi bien de son temps. S’intéressant aux médias et aux nouveaux modes de communication, il produit plusieurs ouvrages sur le sujet dont le dernier en 2017 intitulé : « Libres pensées d’un cyber-évêque».

Jacques Noyer est mort ce mardi 2 juin matin à 93 ans. Il était Chevalier de la Légion d’Honneur.
Dans un communiqué, le diocèse d'Amiens a annoncé que les obsèques auront lieu le jeudi 11 juin 2020 à 10h00 en la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens. 

 

Par Pierre-André Delbecq

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 07:38
© 2020 RCF - Mgr Laurent Percerou - Photo Diocèse de Moulins

© 2020 RCF - Mgr Laurent Percerou - Photo Diocèse de Moulins

Après une semaine de tension entre Gouvernement et Eglise de France les évêques se sont retrouvés ce lundi 4 mai 2020. L'occasion pour Mgr Laurent Percerou de lancer un message d'apaisement.

Une semaine après l'annonce du Premier Ministre les évêques de France se sont retrouvés ce lundi 4 mai pour une assemblée plénière en visioconférence. L'occasion pour les représentants des Diocèses d'échanger sur les tensions qui ont germés ces derniers jours mais aussi de préparer l'après 11 mai. Mgr Percerou, évêque du Diocèse de Moulins, parle d'un besoin "d'apaisement" et invite les catholiques à se tourner vers l'après 11 mai qui doit être "une sorte de recommencement".
 

"Le gouvernement n'a pas de volonté de porter atteinte à la liberté des cultes"

Si l'évêque du Diocèse de Moulin partage la déception de ne pas pouvoir de nouveau célébrer avec les fidèles dès le 11 Mai il invite les catholiques à faire preuve de mesure et lance un appel à l'apaisement. "Le gouvernement n'a pas la volonté de nous bâillonner" insiste Mgr Laurent Percerou avant de rappeler que "nous ne sommes pas en période de persécution, nous sommes en période de pandémie". Une position que partage Mgr Eric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des Evêques de France a expliqué que "L'Eglise n'a pas à lutter contre un ennemi extérieur, mais les catholiques doivent prendre leur part pour lutter contre un ennemi (le COVID-19) qui touche toute l'humanité et qui touche notre communauté nationale". Cette lutte les Chrétiens y ont largement contribué en étant "irréprochables" explique le Père Evêque tout en invitant les fidèles à se tourner vers l'objectif du 2 juin avec l'espoir de se retrouver légèrement avant pour la fête de la Pentecôte (Le Premier Ministre a évoqué devant les sénateurs la possibilité de laisser des cérémonies se dérouler à partir du 29 Mai, si le niveau de l'épidémie le permet).
 

Voir le 11 Mai comme un recommencement

Si le 11 Mai les célébrations ne pourront toujours pas se dérouler en présence des fidèles Mgr Laurent Percerou insiste sur le fait que la vie spirituelle ne s'est pas arrêtée et que le déconfinement progressif permettra de se déplacer dans les Eglises pour "retrouver un début de vie communautaire et fraternelle en petite équipe". Les bénévoles et les prêtres pourront de nouveau se retrouver en équipe de 10 personnes maximum pour "prier ou préparer la rentrée" et voir comment "relancer la catéchèse pour les enfants même si cela sera compliqué. Mais on devrait pouvoir y arriver" précise l'évêque de Moulins. "Il faut donc voir cette date comme une première étape et nous redonner de l'Espérance et de la Joie si, ce que je n'espère pas, nous l'avions un peu perdu".
 

Prudent sur les messes "à la maison"

A l'occasion de cette visioconférence les Evêques de France ont aussi évoqué la possibilité de dire la messe directement au coeur des maisons des fidèles. Des messes domestiques qui "questionne" Mgr Percerou qui rappelle que la "Messe à une dimension publique, elle ne doit pas être privée" et de rappeler qu'il sera difficile de "choisir" les familles qui pourront profiter de la Messe. "Si nous pouvons comprendre que cela soit possible pour accompagner les personnes mourantes, handicapées, c'est plus difficile pour les personnes valides" avant de préciser que c'est "L’église qui est le lieu ordinaire du rassemblement Eucharistique".


Stéphane Longin 

 

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 06:49
Déclaration de l'évêque de Carcassonne et Narbonne du 30 avril 2020

Message de Mgr Alain Planet à propos du déconfinement


L’évêque de Carcassonne & Narbonne

Carcassonne, le 30 avril 2020

Aux fidèles du Christ qui sont l’Eglise de Carcassonne & Narbonne

Chères soeurs, chers frères,

L’heure du déconfinement approche et déjà il faut penser à l’organiser. C’est ce à quoi je travaille avec le Conseil épiscopal et la chose ne s’annonce pas très facile à mettre en oeuvre. Le temps venu je consulterai aussi le Conseil presbytéral et le Conseil diocésain de pastorale.

Le gouvernement vient de nous annoncer que le culte, en dehors des funérailles, ne reprendra pas avant le 2 juin. Il s’est trouvé des voix, certaines vénérables, pour aussitôt crier à la violation de la liberté de culte ou même à la liberté religieuse. Ce n’est pas mon point de vue.

Dans la Tradition catholique, les gouvernements, quelles que soient leurs limites, ont reçu de Dieu la charge de rechercher le bien commun1. En ce moment, dans le monde, ils ont le redoutable devoir d’assurer une reprise économique et pourtant de préserver la santé publique.

Alors que le comité d’experts scientifiques refusait la réouverture des écoles, le gouvernement français, pour ce qui lui a paru le bien de l’économie, est passé outre. Mais non sans hésitations et sans laisser une grande marge de liberté aux familles.

En matière de santé publique il a prévenu qu’on était dans un temps d’essai et d’expérience et a cru bon, conformément aux avis scientifiques de renvoyer certaines ouvertures, dont celles de la reprise des cultes, au 2 juin – sans assurer que ce serait vraiment possible alors. La reprise ne pourra d’ailleurs se faire que strictement encadrée et dans des conditions très restrictives, au prix de multiples procédures de protection.

Ce faisant, l’Etat agit dans son ordre. La liberté de religion n’est pas atteinte : tous nous pouvons librement continuer à prier, échanger par les différents moyens de communication et y annoncer l’Evangile, sans oublier d’exercer une charité active. Les consignes gouvernementales ne sont pas attentatoires mais prudentielles. Le Saint Père lui-même nous invitait, le 28 avril, à prier pour que, « en cette période où il commence à y avoir des dispositions pour sortir de la quarantaine, le Seigneur donne à tous la grâce de la prudence et de l’obéissance à ces mesures pour que la pandémie ne revienne pas. »2

Or, nous le savons bien, l’épidémie est toujours là et le pire serait un nouveau pic provoquant un collapsus de notre système de santé et un effondrement définitif de notre économie.

Certes nous sommes impatients de retrouver nos assemblées, je pense tout
particulièrement aux catéchumènes que j’ai appelés au baptême le 1er mars dernier, je pense aux
jeunes confirmands, je pense aux familles en deuil qui veulent prier au milieu de la
communauté…

J’ai appris, bien avant le Concile, des bons frères qui m’ont fait chrétien, que Dieu agit au-delà de nos signes, même des sacrements. J’ai retenu du Concile que l’Eglise était « dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu »3 , cela elle le tient du Christ qui l’a fondée « comme le sacrement du salut ». Et tant qu’on reste uni au Christ, Tête du Corps, et au Corps, par l’assentiment de foi, la prière et la charité, on vit de ce sacrement. J’ai découvert aussi que « tout apostolat trouve dans la charité son origine et sa force »4 et qu’il n’y a pas de circonstance où l’on ne puisse vivre la charité envers Dieu – « qui nous a aimés le premier » (I Jn 4,19) – et envers nos frères. Et l’Evangile m’a appris que c’est sur la charité que nous serons jugés (Mt 25, 31-46).

Et c’est la charité qui me fait choisir la prudence : je ne veux pas que nous ajoutions au
malheur, je pense à ceux de nos prêtres âgés qui ont connu de graves épreuves de santé et dont je dois protéger la vie. Mais je pense aux innombrables pauvres que le déconfinement trouvera encore plus pauvres dans ce pays si touché par la misère et je voudrais qu’on prévoie déjà les aides qu’il faudra apporter. Je salue ici le travail de notre Secours catholique et de l’équipe carcassonnaise des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul qui ont assuré la présence de l’Eglise auprès des plus pauvres, fournissant toutes sortes d’aide y compris celle de l’écoute ou la fabrication de masques. Je pense aux nombreux catholiques qui par leur métier, ou par leurs engagements associatifs ont soutenu les malades et les pauvres. Mais il faudra prévoir d’accroître notre aide à l’issue du confinement pour ces frères démunis, sans oublier notre Eglise soeur de Fada N’Gourma confrontée à la double menace de l’infection et du terrorisme.

C’est bien cette double impatience que j’entends – et si nous sommes chrétiens c’est une
seule impatience – la seconde important plus que la première car : « Voulez-vous rendre honneur au Corps du Sauveur ? Ne le dédaignez pas quand vous le voyez couvert de haillons, après l’avoir honoré dans l’église par des vêtements de soie, ne le laissez pas souffrir du froid et dans le dénuement »5.
Avançons patiemment dans la prière et restons unis par la prière et la charité.

 

+ Alain PLANET


1  Cf. Ro 13, 1-2 ; I P 2, 13-17, C’est l’interprétation de Mt 22, 21 et //. C’est ce qu’affirmera le futur Innocent III : « L’empereur et les rois reçoivent le pouvoir de Dieu et accomplissent comme ils l’entendent leur office dans leur domaine. De même le Souverain Pontife dans le sien ».
2  Pontifex, tweet du 28 avril 2020.

3  Vatican II, LG, 1 ; GS 42 ; AG 5.
4  Vatican II, AA, 8
5  Saint Jean Chrysostome, 50e homélie sur Matthieu, (traduction Bareille), Vivès, 1868, p. 492-493.
 
 

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 09:44

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 14:52
L'humain d'abord par Jacques Gaillot

Au cours d’un repas, mon voisin de table qui est prêtre m’informe qu’il a reçu une pétition pour signature :
« On demande d’anticiper l’ouverture des lieux de culte. Qu’en penses-tu ?»
Ce genre de demande provoque en moi un réflexe d’agacement. Je supporte mal que l’Eglise pense à elle, se préoccupe d’elle.
L’urgence est ailleurs. Ce serait un comble que les lieux de culte puissent ouvrir avant les bars et les restaurants !  

Ce n’est pas le culte qui est premier. Ni la pratique religieuse.
Ce qui intéresse le plus l’homme de Nazareth, ce n’est pas la religion, c’est un monde plus humain, plus solidaire, plus juste.
Son bonheur c’est de nous voir heureux tous, en commençant par les derniers. Il est venu pour libérer les opprimés. Sa mission est de libérer pas de restaurer.

Être chrétien c’est avoir la passion de l’homme.
Aujourd’hui, avec la pandémie, tant de gens sont au chômage, tant de familles ne peuvent plus payer leur loyer,
tant de gens et leurs enfants connaissent la faim, tant de gens connaissent la maladie et la solitude…

Le beau risque de l’Eglise est d’être à leur côté. Sans hésiter. Sans attendre. L’Eglise n’est jamais elle-même sans les pauvres.

Mon voisin attend ma réponse : « Moi je ne signerai sûrement pas une telle demande. L’important n’est pas de repartir comme avant. L’important est d’aller vers les blessés de la vie. L’humain d’abord. »

Jacques Gaillot
Evêque de Partenia
28 avril 2020

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 14:15
Jacques CASTEL, Prêtre du Diocèse d'Evreux, Pionnier de la présence de l'Eglise au monde Agricole

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 09:32
Jean Vanier, le poison de la mystique sexuelle

« Mystique sexuelle » : le diagnostic de l’Arche sur les abus sexuels de son fondateur Jean Vanier est sans appel. En cause, cette manière de justifier des agressions sexuelles sur des femmes par une sorte de salmigondis religieux et spirituel mêlant Jésus, Marie, la foi, dans un délire mystique et pervers. Sans entrer dans un jugement sur la personnalité sans doute totalement clivée de Jean Vanier, on est en droit d’éprouver sinon de la colère, au moins une grande consternation : comment, au XXIe siècle, peut-on encore relayer dans certaines sphères de l’Église catholique une telle vision perverse de la sexualité ? Comment des hommes et des femmes de notre époque ont-ils pu s’y fourvoyer ? De quoi donner raison à ceux qui, dans notre pays, ne voient dans le catholicisme qu’une sorte de secte obscurantiste et archaïque, obsédée par le sexe, avec des relations hommes-femmes datant du Moyen Âge.

« Dieu pervers »

Il faut de toute urgence relire Le Dieu pervers, du théologien Maurice Bellet, mort en 2018 (1). Dès 1978, il s’interrogeait pour savoir comment un Dieu qui est amour avait pu se transformer parfois en Dieu qui domine, écrase. Il faisait alors le lien entre « un système hanté par la nostalgie de la perfection », et la culpabilisation de la sexualité, avec toutes les dérives qui s’ensuivent. Tout y est…

Que l’Église ne soit pas au clair avec la sexualité, les récents scandales le montrent bien. Qu’elle n’ait jamais pris le temps de l’être est navrant, quand on sait le nombre de pages écrites par des responsables catholiques en matière de morale sexuelle. L’Église a pourtant su, grâce aux travaux d’exégètes, depuis le début du XXe siècle, réviser sa manière de lire les textes bibliques. Elle n’a pas fait le même effort pour la morale sexuelle, continuant trop souvent à raisonner en termes d’interdit et de permis. Une sorte de tabou a longtemps pesé sur le discours autour de la sexualité, comme si remettre en cause certains enseignements risquait de faire tomber tout l’édifice. On oscille entre une culpabilisation des relations sexuelles – la chasteté donnée en modèle – et une sacralisation souvent très naïve de la conjugalité, avec une idéalisation du couple, dans un modèle à vrai dire difficile à atteindre pour toute personne normalement constituée. Sans parler de l’égalité des sexes, et de toute une littérature sur Marie parfois assez mal ajustée…

Soupe mystico-gazeuse

Il ne suffit pas de réviser les programmes des séminaires en ajoutant quelques heures de cours sur la sexualité pour les futurs prêtres. Il faut de toute urgence revoir cette vision de la sexualité que l’Église transmet au quotidien ! Ne pas avoir peur de s’y confronter, ne pas préférer se taire sur ce que l’on devine comme failles, troubles, ombres, que ce soit dans le célibat, la chasteté, le rapport homme-femme. Ou l’homosexualité, qui, on le sait, concerne une partie du clergé et dont le rejet officiel amène à des contorsions hypocrites. C’est même d’autant plus nécessaire dans une société hypersexualisée comme la nôtre. La Bible pourtant, et notamment l’Ancien Testament, regorge d’histoires particulièrement terribles d’adultères, d’incestes, de vengeances. Assez pour montrer que la sexualité peut être à la fois le pire et le meilleur. Que le problème n’est pas la sexualité elle-même, mais ce que nous en faisons. Que nous sommes tous traversés par nos désirs, y compris dans notre vie spirituelle. Il est temps d’avoir un discours adulte et non une soupe mystico-gazeuse qui conduit aux pires dérives. Faute de quoi nous risquons de continuer à être envahis par les « affaires sexuelles », ce qui finit par jeter le discrédit sur toute l’institution.

 Isabelle de Gaulmyn

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 (1) Le Dieu pervers, de Maurice Bellet, DDB, 396 p., 9,90 €.

 

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 20:20
La cathédrale de Bari   (Berthold Werner)

La cathédrale de Bari (Berthold Werner)

Les évêques des pays du pourtour méditerranéen vont se réunir du 18 au 23 février 2020 à Bari dans le talon de la botte italienne (région des Pouilles) pour esquisser des solutions à la crise migratoire.

Le cardinal Gualtiero Bassetti, président de la conférence épiscopale italienne, l’a annoncé en marge du meeting de Rimini, lundi 19 août. « Les migrations sont un phénomène global qui dépasse les frontières de l’Europe. Le risque d’apporter des réponses partielles existe, nous devons aborder le problème à sa racine avec tous les pasteurs de la Méditerranée », a justifié l’archevêque de Pérouse (Ombrie).  

Méditerranée, frontière de paix

Le président de l’épiscopat italien qui poursuit : « Nous avons besoin de fixer notre regard sur les valeurs humaines et évangéliques qui composent notre société, besoin de revenir à nos racines, besoin d’affronter ensemble les problèmes, de parler moins et d’agir plus », a poursuivi le président de l’épiscopat italien. 

La rencontre intitulée « Méditerranée, frontière de paix » sera une sorte de « synode ». Le Pape François devrait conclure l’événement a déjà annoncé le cardinal italien. Cette information n’est toutefois pas confirmée par le Vatican.

Lors de l’Angélus du 28 juillet, le Pape François avait renouvelé, un « appel du cœur » afin que la communauté internationale garantisse «la sécurité et la dignité de tous ». Le Souverain pontife s’est exprimé alors que 115 migrants étaient portés disparus au large de la Libye après le naufrage de leur embarcation.

 

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