Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 09:29
Les dispositions récentes mises en œuvre par le gouvernement n’ont pas été jugées adaptées par le Conseil d’État.CORINNE SIMON/CIRIC

Les dispositions récentes mises en œuvre par le gouvernement n’ont pas été jugées adaptées par le Conseil d’État.CORINNE SIMON/CIRIC

Dans une décision rendue publique, dimanche 29 novembre au matin, le juge des référés-liberté a considéré les restrictions prévues par le gouvernement comme « disproportionnées » D’ici trois jours, un nouveau dispositif doit être mis en œuvre, plus conforme à la liberté de culte.
C’est à 11 heures, heure symbolique de la messe dominicale, que le juge des référés-liberté du Conseil d’État a rendu, dimanche 29 novembre, sa décision, enjoignant au gouvernement de revoir sa copie. « L’interdiction (de plus de trente personnes) présente un caractère disproportionné au regard de l’objectif de préservation de la santé publique et constitue une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte. »
Procédure
Lors de l’audience de référé-liberté tenue la veille à 15 heures, la Conférence des évêques de France et plusieurs requérants parmi lesquels Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris et Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, s’étaient élevées contre la « jauge » maximale de trente personnes lors des célébrations, quelle que soit la capacité du lieu de culte incriminé.
Si le juge administratif reconnaît que l’épidémie « continue à mettre en tension l’ensemble du système de santé » et que « la nécessité de réglementer les conditions d’accès et de présence dans les établissements de culte est établie », les dispositions récentes mises en œuvre par le gouvernement n’ont pas été jugées adaptées : « Il ne résulte pas de l’instruction que l’interdiction absolue et générale de toute cérémonie religieuse de plus de trente personnes (…) serait justifiée par des risques qui sont propres à ces cérémonies. »
Liberté de célébration
Le juge des référés souligne enfin que la comparaison avec d’autres lieux clos tels que les théâtres ou cinéma, n’est pas justifiée : « les activités qui sont exercées [dans les lieux de culte] ne sont pas de même nature et les libertés fondamentales qui sont en jeu ne sont pas les mêmes. » D’autant plus que la liberté de culte, comprise comme un droit individuel de tout individu « comporte également, parmi ses composantes essentielles, le droit de participer collectivement à des cérémonies, en particulier dans les lieux de culte. »
Dès l’annonce de la décision, la perspective de célébrations sans limitation du nombre de fidèles et dans le respect des règles sanitaires a été évoquée dans les différents diocèses. Nul doute que la situation sanitaire nécessite malgré tout des mesures strictes. Un protocole avait d’ailleurs été imaginé par les représentants des cultes pour permettre la réouverture des célébrations avec un maximum de prudence.
Dans un communiqué, la Conférence des évêques de France estime que « le droit a ainsi été rétabli et la raison reconnue. Elle forme cependant le vœu que le recours judiciaire reste l’exception dans le dialogue avec les autorités de notre pays ».
Un délai de trois jours
Le gouvernement doit maintenant écrire de nouvelles dispositions « en prenant des mesures strictement proportionnées d’encadrement des rassemblements et réunion dans les établissements de culte, et ce dans un délai de trois jours. » La rencontre d’ores et déjà programmée entre les représentants des cultes et le premier ministre ce dimanche 29 novembre à 18 heures, pourrait être l’occasion d’une explication franche et d’une préparation concertée des nouvelles dispositions.

Christophe Henning, 


Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 07:59
COMMUNIQUÉ DE MGR GUY DE KERIMEL, Evêque de Grenoble

Frères et sœurs,  
Hier, le Premier ministre a confirmé la jauge de 30 personnes par messe jusqu’à nouvel ordre. Cette décision nous est incompréhensible et semble bien arbitraire ; elle met une nouvelle fois notre patience à rude épreuve. Un référé a été déposé dès ce matin par le président de la Conférence épiscopale, et Mgr de Moulins-Beaufort doit rencontrer le Premier ministre dimanche. Nous restons donc mobilisés pour le respect des libertés fondamentales : la gestion des diverses crises que traverse notre monde a tendance à les rogner. 
 Cependant, dans cette période éprouvante, n’oublions pas ceux que le virus atteint plus ou moins gravement, ceux qui sont menacés de perdre leur emploi, ceux qui se retrouvent dans une grande précarité, ceux qui vivent dans la grande angoisse du lendemain, qui ne mangent pas à leur faim, qui n’ont pas de toit pour dormir. N’oublions pas les droits fondamentaux de tous ceux qui sont atteints fortement dans leur dignité. Notre combat pour la pleine liberté de culte serait incompréhensible lui-même s’il n’était pas totalement solidaire de tous ceux qui sont éprouvés par les crises. Ne soyons pas une Eglise autoréférencée, mais une Eglise au cœur du monde, une Eglise engagée pour le bien de tous et la dignité de toute personne humaine. La liberté de culte est à situer dans les droits fondamentaux qui constituent le bien commun d’une société. 
 En attendant et pour ce premier dimanche de l’Avent, il nous faudra nous adapter à cette jauge de 30 personnes et ce quels que soient la taille de nos églises et le nombre de pratiquants habituels et continuer à être exemplaires dans le respect des gestes barrières face à la menace sanitaire sérieuse qui perdure. (…)
Malgré la situation, entrons généreusement dans ce temps de l’Avent en continuant à nous enraciner dans la Parole de Dieu. Dans cette marche vers Noël, continuons à grandir dans la Foi, l’espérance et la charité et restons unis les uns aux autres en nous portant fraternellement dans la prière et demandons à la Vierge Marie de nous libérer de cette pandémie. Je vous invite à une neuvaine de prière, par l’intercession de Marie Immaculée, pour demander la fin de la pandémie.  
« Levez les yeux et regardez ! » (Jean 4, 35) ; « Relevez la tête, car votre rédemption est proche » (Luc 21, 28) : sachons voir plus haut et plus loin, c’est ainsi que nous pourrons remplir notre mission en ce monde.  
 
† Guy de Kerimel 
Évêque de Grenoble-Vienne 
Le 27 novembre 2020
 
 
Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 09:53
Contribution de Jean-Pierre DENIS au débat sur l’interdiction des messes

Contribution de Jean-Pierre DENIS au débat sur l’interdiction des messes
Journaliste catholique sur twitter

Manifester pour la messe ? Sans doute, la majorité des gens, y compris des catholiques, ne comprennent plus que la nourriture sacramentelle est un bien de première nécessité. Beaucoup veulent aussi ignorer que la liberté de culte est un droit constitutionnel.
Lors du premier confinement, des militants et des associations (de tendance intégriste) ont obtenu que ce droit fondamental soit reconnu. Tant mieux. Lors du deuxième, les évêques on perdu devant le Conseil d’Etat. Tant pis. Sans un certain légalisme, plus de démocratie.
Les mesures prises cette fois n’entraînent ni la disparition de la vie sacramentelle et de l’activité apostolique ni l’impossibilité de se recueillir devant le Saint-Sacrement. Elles empêchent les rassemblements, pas le culte. Elles se veulent proportionnées.
Cependant le choix de demi-mesures rend ce confinement beaucoup plus contestable. Les journaux oui, les livres non. Amazon oui, la petite mercière non. Le tabac oui, les fleurs non. Le marché oui, la messe non. D’où un sentiment général et plus fort d’injustice. Le problème est là.
Des militants descendent dans la rue. Manifester est un droit même pour les catholiques ! Mais si les évêques ont bien fait d’agir en justice, ils font bien aussi de rester dans la discussion constructive et le sens des responsabilités. Face à l’épidémie, tu choisiras la vie.
Charybde, la secte : instrumentaliser la messe à des fins idéologiques ou politiques, jouer aux faux résistants, se faire plus cathos que l’épiscopat. Sylla, la démission : donner à penser que la messe est un loisir, comme d’aller au cinéma. Une « activité ». Une option.
Comme au cours du premier confinement, la messe me manque. Mais j’y vois une invitation à une Église en sortie, missionnaire, allant aux carrefours existentiels. Service des pauvres. Témoignage personnel de foi. Annonce du Salut. Rien de cela n’est interdit. Fratelli Tutti.
Par ailleurs dimanche comme beaucoup j’ai regardé la messe sur France 2 et c’était très bien 


Jean-Pierre Denis
@jeanpierredenis

Lien à la Source
 

Partager cet article

Repost0
9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 11:20
Prendre notre part aux épreuves du pays

Les mêmes choses produisent les mêmes effets : devant l’interdiction des liturgies publiques, exceptées les obsèques, des catholiques expriment leur souffrance. Elle est naturelle, l’eucharistie et l’assemblée chrétienne nourrissent notre foi. Oui, nous vivons un manque, oui, ceci est douloureux, oui, l’eucharistie est essentielle à la vie chrétienne. Cependant, la circulation du virus est-elle une invention ? L’Etat en prend-il prétexte pour mettre en place un régime d’encadrement des libertés, dont la liberté religieuse ?
Il est légitime qu’un Etat, en fonction des données dont il dispose, dans le respect des lois et des règles, impose des mesures qui sont au bénéfice de tous, y compris des mesures, et c’est le cas cette année, qui restreignent des libertés publiques. Il est bien entendu possible d’estimer que ces mesures ne sont pas légitimes, ou sont excessives ; dans de pareils cas, il revient à la juridiction administrative de dire le Droit.

Ce qui me gêne, au-delà d’éventuelles procédures, toujours possibles, c’est un discours que je n’hésite pas à qualifier de malsain.
On entend ou on lit que les mesures de restriction des cultes ne seraient pas dictées par des impératifs sanitaires mais l’expression d’un Etat laïc qui n’aurait de cesse d’encadrer voire de contrôler les cultes. Même en dehors du confinement, certains aiment à dire les chrétiens, sinon persécutés en France, mais au moins ne pouvant disposer d’une vraie liberté.
Rendre compte de sa foi est par nature toujours difficile et exigeant ; pour autant, soyons honnêtes, qui peut, en France, se dire persécuté en raison de ses convictions et pratiques religieuses ? Ceux qui le prétendent, ce sont les tenants de l’islamisme politique, qui, depuis l’étranger, décrivent la France, sa laïcité, son Etat comme persécuteurs de l’islam.
Alors qu’il est urgent que les musulmans français et vivants en France, ses responsables en particulier, affirment haut et fort qu’ils sont respectés et libres de vivre leur religion en France, il serait grave et même irresponsable que des catholiques adoptent un discours semblable, tout simplement parce que, non seulement il est dangereux, surtout il est faux.

Depuis trop d’années, des personnes, des groupes, ont trouvé une identité en se qualifiant de « discriminés », « victimes » de phobies diverses. Un minimum de lucidité permet de savoir qui sont les vrais pauvres, en moyens matériels, en qualité de l’habitat ou de vie familiale. Cette même lucidité permet de ne pas se tromper au sujet de ceux qui attentent à des chrétiens, non pas l’Etat, qui exerce sa mission protectrice, et qui doit en répondre devant le peuple et la Loi, mais les tenants de l’islam politique.

+ Pascal Wintzer
Archevêque de Poitiers

Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 21:05
Frédéric HENRY, Mgr Pascal DELANNOY et Patrick BONNE

Frédéric HENRY, Mgr Pascal DELANNOY et Patrick BONNE

Frédéric HENRY, paroissien de Vernon Notre Dame jusqu'en 2016 accompagnateur de groupes de jeunes confirmands a été ordonné diacre par Monseigneur Pascal DELANNOY , évêque de son diocèse, dimanche 25 octobre 2020 à 15h30 en la basilique cathédrale de Saint Denis.
Voici l'interview publié le 9 octobre dernier sur le site de sa paroisse Notre Dame de Lourdes (Bondy et Pavillons sous bois en Seine Saint Denis) :

Frédéric, pouvez-vous vous présenter ?
Je suis né il y a 59 ans à Saint-Denis… de La Réunion ! Donc à la fois africain et ultramarin. Cependant mes racines familiales sont en Lorraine à Commercy. Nous sommes arrivés aux Pavillons-sous-Bois depuis plus de quatre ans, venant de la proche Normandie.
J’ai fait des études d’ingénieur BTP, un peu comme le fils du charpentier qui évoque souvent les questions de construction dans les évangiles !
Marié depuis 32 ans à Laurence, nous avons cinq enfants et bientôt quatre petits-enfants.

Qu’est-ce qu’un diacre ?
C’est d’abord un serviteur de Jésus-Christ pour ses frères et l’Église, à l’image du Christ serviteur. Il s’appuie sur un trépied : la liturgie, la Parole et surtout la charité.
Il reçoit le premier degré du sacrement de l’ordre.
Comme il est souvent marié et dans le monde professionnel, sa mission est d’être aux portes de l’Église pour accueillir ceux qui sont au seuil.

Pourquoi avoir choisi d’être ordonné diacre ?
Au départ, on ne choisit pas d’être diacre, on est interpellé, par exemple par son curé.
Pour ma part, j’ai été interpellé par Monseigneur Nourrichard, évêque d’Evreux car à l’époque j’habitais dans ce diocèse.
Ensuite, il y a un temps de discernement sur une ou plusieurs années, en discrétion, afin de prendre conscience de cet appel et d’y répondre par un oui ou par un non en toute liberté.
Pour moi, cela a été une grande joie et le oui a été facile.

Avez-vous suivi une formation pour devenir diacre ?
Comme on engage dans certains domaines l’autorité de l’Église, il est important d’être formé. Et notre intelligence a aussi besoin d’être éclairée pour croire et aimer.
De mon côté, j’ai repris des fondamentaux de la foi en Normandie, au monastère du Bec Hellouin puis une fois arrivé en région parisienne, j’ai suivi la formation en vue du diaconat pendant quatre ans avec d’autres personnes interpellées et appartenant à des diocèse de la région parisienne. Après l’ordination, il y aura encore deux ans de formation. Cette formation se fait en lien étroit avec l’équipe d’accompagnement du diocèse.
Laurence, ma femme, a suivi toutes les formations car le jour de l’ordination, elle devra donner en toute conscience son accord.
Les cours ont porté sur de très nombreux sujets : Bible, exégèse, sacrements, christologie, théologie morale, etc. Il y eut aussi de nombreuses rencontres : aumônier de prison, aumônier de roms, évêques, franciscains, théologiens, liturgistes etc. Ce fut passionnant !
Quel rôle allez-vous jouer dans votre paroisse en tant que diacre ?
Le rôle que me donnera mon évêque. Le diacre dépend en effet directement de son évêque qui, après avoir consulté diverses personnes, donne au nouveau diacre une lettre de mission à l’issue de la célébration d’ordination.

Pouvez-vous citer une parole de Dieu qui vous marque ?
Celle de mon mariage avec Laurence : « C’est moi qui vous ai choisis afin que vous partiez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15)

Quelle figure biblique, quel saint vous inspire particulièrement ?
Je prends Saint Jean-Baptiste qui se réjouit de la venue du Christ dès avant sa naissance, qui saura s’isoler et prendre du recul, qui annoncera le Christ et s’effacera devant lui, qui dira la volonté de Dieu sur le mariage jusqu’au don de sa vie.

Quel conseil donneriez-vous à un homme pensant devenir candidat au diaconat ?
Confiance : si Dieu le veut, tu seras ordonné.

Avez-vous une parole à exprimer aux paroissiens de Notre-Dame-de-Lourdes ?
« Confiance » (encore !)
Confiance dans l’Église pour suivre le Christ ressuscité.

Nous remercions Frédéric pour ce témoignage et pour son engagement au service de l’Église, prions pour que le Seigneur le guide dans sa nouvelle mission.

Patricia KAPLAN

Paroisse Notre Dame de Lourdes de Bondy et Pavillons sous bois (Diocèse de Sain Denis)

Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 11:35
À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. © DR

À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. © DR

Olivier de Germay, évêque d'Ajaccio, va succéder à Philippe Barbarin et tenter de restaurer la confiance dans un diocèse de Lyon éprouvé.
Il aura fallu huit longs mois à Rome pour trouver un successeur à Philippe Barbarin. Pour remplacer l'archevêque de Lyon démissionnaire, mis en cause dans le retentissant scandale de pédophilie qui a traumatisé le diocèse de Lyon et ébranlé l'Église française jusqu'au Vatican, le pape François a nommé Olivier de Germay, le discret évêque d'Ajaccio.
Une nomination surprise qui a pris de court tous les pronostics y compris la conférence des évêques de France qui n'avait pas vu passer ce nom dans la short-list des nominables. L'intéressé confie avoir lui-même été étonné par la proposition. « J'ai reçu un appel du nonce le jour de mes 60 ans, c'est-à-dire le 18 septembre. Je l'ai ensuite rencontré à Paris où il m'a annoncé que le pape m'avait nommé archevêque de Lyon. Ç'a été une énorme surprise, pas un seul instant je n'avais imaginé une telle nomination. » On murmure même que plusieurs évêques ont décliné l'offre tant la tâche de restauration de la confiance et de l'image de ce diocèse semble ardue.
Pour tourner la page de ces années noires, Rome a choisi un profil de rupture. Une personnalité plus modeste, un nom beaucoup moins médiatique que Philippe Barbarin, un inconnu du grand public et des médias susceptibles de faire oublier l'exposition passée. Un évêque jeune (60 ans, dans l'Église, c'est jeune !) représentatif de la nouvelle génération, un homme de terrain qui saura aborder les questions de société d'un œil neuf et inscrira son mandat dans la durée.
Une personnalité modeste
Un homme au parcours atypique aussi, ancien militaire, ingénieur diplômé de l'école de Saint-Cyr à la vocation tardive mais ardente. « J'ai découvert ma vocation à l'âge de 30 ans. Cela a été un grand bouleversement, car j'étais officier parachutiste, destiné à faire carrière dans l'armée. J'ai été saisi par l'appel du Christ, prêt à tout quitter pour le suivre, ce que j'ai fait avec joie », raconte Olivier de Germay, « ma vie a basculé ce jour-là ».
À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. « C'est un homme très simple, d'accès facile, il ne met pas de barrière malgré sa fonction », rapporte Annonciade Andréani, présidente de RCF Corsica et ancienne directrice du collège-lycée Saint-Paul d'Ajaccio, « c'est un homme bienveillant, proche des gens, très ouvert, sans préjugés ». « En Corse, terre de tradition chrétienne, il n'a pas hésité à aller au-delà des gens, dans les villages, à se plier aux coutumes locales, à participer aux processions et aux célébrations, c'est comme ça qu'il s'est fait accepter », poursuit Annonciade Andréani. Malgré son passé militaire, l'homme sait également faire preuve d'une certaine modernité. C'est ainsi que, malgré sa fonction, il n'hésite pas à se déplacer à vélo dans les ruelles d'Ajaccio, à partir randonner sur les chemins de montagne, à faire partager son sens de l'humour en échangeant des bons mots sur son téléphone portable, ou encore à prendre position sur les sujets d'actualité. « Il fait passer l'humain avant toute chose, résume-t-elle.
Le capucin Emmanuel Auréjac, curé d'Alésia, décrit lui aussi « un homme d'une extrême simplicité » malgré le prestige de sa fonction. « Il vit de façon très austère, comme un moine, il est logé modestement, s'habille et se nourrit le plus simplement du monde, il est totalement dévoué au Christ ». Aux ors de la fonction, Olivier de Germay préfère le contact direct avec ses ouailles dans les villages de montagne qu'il sillonne au quotidien, où encore le partage de la vie pastorale de ses prêtres. « Il est comme l'un des nôtres, on sait que c'est lui l'évêque, mais il n'a jamais de comportements de supériorité, il reste prêtre », résume le père Auréjac. Des qualités qui lui seront utiles pour retisser les liens avec les nombreux fidèles éloignés de l'Église après les scandales d'abus sexuels.
« Il y a un énorme travail à réaliser dans ce diocèse »
Jeudi, devant la primatiale Saint-Jean de Lyon, la nouvelle de cette nomination est déjà commentée par les catholiques. « L'arrivée de ce nouvel archevêque va nous aider à tourner la page, à repartir sur de nouvelles bases », estime Jacques, septuagénaire qui reconnaît ne jamais avoir entendu parler de l'évêque de Corse. « Il y a un énorme travail à réaliser dans ce diocèse après tout ce qui s'est passé », commente de son côté Marie-Alice, mère de famille de 43 ans, « il y a de nombreuses pièces à recoller, de la confiance à retrouver pour ramener les familles au sein de l'Église ».
La messe d'installation du nouveau primat des Gaules aura lieu le 20 décembre prochain. En attendant, une messe sera célébrée en son honneur dès vendredi.

Catherine Lagrange

Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 07:10
L'abbé Michel Prêtre est en route vers ses 100 ans | Christiane Elmer

L'abbé Michel Prêtre est en route vers ses 100 ans | Christiane Elmer

Prêtre depuis 70 ans, Michel Prêtre aura bientôt 100 ans. Il se dit aujourd’hui un homme heureux. «Ce qui conserve c’est l’amour», explique-t-il.
Il y a des êtres qui vous tatouent le cœur et l’esprit. L’abbé Michel Prêtre est l’un d’entre eux. Enjoué, vif, passionné de Dieu, des gens et de la vie, il transmet une énergie et une joie débordantes. Sa vivacité, sa fraîcheur, sa mémoire n’ont pas pris une ride. Et pourtant, le 9 décembre prochain, il aura cent ans!
Comment vous sentez-vous à la veille de passer le cap des 100 ans?
Michel Prêtre: Bien! Je me suis épanoui au fil de mon parcours. Le monde que j’ai rencontré ma éduqué et m’a montré mon chemin de bonheur. J’ai eu la chance d’avoir une bonne santé. Et d’avoir ma sœur Brigitte, qui a son appartement à côté du mien, et qui me prépare de bons petits plats. J’aime la vie et les bonnes choses.

«Ce qui conserve, c’est l’amour!»
Est-ce la prêtrise qui conserve?
Je dirais plutôt que c’est l’amour. Là où l’on aime, tout va bien. Quand l’amour s’approfondit, il communique des énergies. Les relations sont primordiales. Elles ne sont pas simples, mais il faut les mettre en valeur. Sommes-nous capables de faire aboutir, en nous et autour de nous, des relations vibrantes d’amour, de justice et de paix?
Ce qui m’a toujours semblé important aussi, c’est d’entretenir son esprit, de se cultiver sans cesse. Je l’ai fait d’année en année auprès des Pères jésuites. Mes activités d’éducateur m’ont aussi aidé; j’avais les nerfs solides; j’étais un bon sportif. Bien sûr, comme tout le monde, j’ai aussi connu des moments noirs. Mais j’ai chaque fois repris mon Evangile et poursuivi mon chemin.

Une part importante part de votre ministère s’est déroulée à Bienne où vous avez été prêtre et curé pendant 17 ans, de 1970 à 1987. Quels souvenirs en gardez-vous?
A l’époque où j’étais curé au Christ-Roi, on entendait souvent dire: «Il y a au moins deux prêtres qui s’entendent bien à Bienne : les abbés Stanislas Wirz et Michel Prêtre» Nous nous complétions bien, Stani et moi. Chacun faisait un effort linguistique. Les tâches étaient nombreuses. Il n’y avait pas de sacristain. Je donnais environ douze heures de caté par semaine. Le soir, j’allais dans les blocs locatifs visiter des familles. Le quartier de Mâche était alors en pleine expansion.

«Les jeunes nous bousculent et nous incitent à nous mettre continuellement en mouvement»
Les anciens jeunes se rappellent de vos innovations…
J’ai eu l’idée de projeter des diapos, des bouts de films ou d’émissions, de mettre sur pied des activités ludiques (baby-foot, tournées de ping-pong, chants rythmés…). C’était également le début des messes des familles. Il faut rester créatifs! J’avais mon petit orchestre et je préparais les chants. On avait un batteur extra! Je voulais que les gosses s’enthousiasment pour le Christ et pour le caté. Mon souci, c’était d’être présent.

Tout au long de votre activité pastorale, vous avez beaucoup travaillé avec les enfants et les jeunes. Que vous ont-ils apporté?
Ils m’ont beaucoup appris. Les jeunes nous bousculent et nous incitent à nous mettre continuellement en mouvement. Savez-vous quel est le meuble le plus important d’un appartement? La table. Qui accueille, réunit, recentre, relie. Et qui, bien sûr, nous renvoie à la Table du Jeudi-Saint. Notre responsabilité est de faire en sorte que ceux et celles que nous rencontrons trouvent leur place à la table du Christ.

«La mort ne me fait pas peur puisque je sais où je vais, vers ce Père qui m’attend»

Est-ce que le Covid, la vieillesse et la mort vous effraient?
Je suis beaucoup à la maison; les risques d’attraper ce virus sont donc faibles. Et puis, la vieillesse est une chose tout à fait normale: toute vie a une fin. Quant à la mort, elle ne me fait pas peur puisque je sais où je vais, vers ce Père qui m’attend.

Après 100 ans de vie quel message aimeriez-vous laisser?
Etes-vous des chrétiens heureux? Car s’il est vrai que chacun recherche le bonheur, il faut aussi se demander quel est celui qui va nous permettre d’assurer un bonheur vrai et définitif.

Votre mot de la fin?
J’ai été fidèle aux réalités de la vie. Préparé ou non, j’ai toujours dit oui aux situations qui se présentaient à moi. (cath.ch/ce/mp)

Michel Prêtre
Michel Prêtre naît à Boncourt le 9 décembre 1920. Il étudie à Lyon, puis entre chez les Salésiens de Don Bosco pour se mettre au service des jeunes. Le 29 juin 1950, il est ordonné prêtre. Il est directeur et éducateur à l’institut «La Longeraie», à Morges, puis travaille à la paroisse de langue française de Zurich avant d’entrer au service du diocèse de Bâle (à la paroisse du Christ-Roi,à Bienne). A la retraite, on l’affecte à la paroisse de St-Ursanne (JU). A 76 ans, il se retire enfin à Boncourt où il assure (jusqu’à la crise du Covid) la messe dans des homes.

Christiane Elmer/ Angélus

Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 11:36
MARC BERTRAND/CHALLENGES-REA

MARC BERTRAND/CHALLENGES-REA

Je vous recommande cette lettre de 60 pages, que je viens de lire, du président des évêques de France au président de la république : un texte solide, ouvert, équilibré et responsable ! 

Monseigneur de Moulin-Beaufort publie mercredi 3 juin « Le matin, sème ton grain, Lettre en réponse à l’invitation du Président de la République ». 
« Le matin, sème ton grain ». Dans ce livre qui sort en librairies ce mercredi 3 juin, le président de la Conférence des évêques de France adresse une longue lettre à Emmanuel Macron. De cette manière, l’archevêque entend participer à la réflexion du monde de l’après-Covid-19. Extraits inédits.
« Mon rôle est d’apporter à un responsable politique de quoi nourrir sa réflexion, en essayant de lui être utile, pour être utile au pays et à l’humanité entière. Je sème mon grain selon ce qui m’est donné. » Dans une longue lettre adressée au président de la République, Mgr Éric de Moulins-Beaufort veut faire œuvre utile. Et montrer une Église ouverte, en dialogue avec l’État, traversée par un seul souci : le bien commun.

Dans ce texte d’une soixantaine de pages (1), l’archevêque de Reims ouvre des perspectives pour l’après-Covid-19. Il l’a travaillé notamment avec le conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF).

Son initiative répond à l’interpellation d’Emmanuel Macron, formulée lors d’une audioconférence organisée par l’Élysée le 21 avril, en temps de confinement. « Le président a demandé aux responsables de culte de partager leurs réflexions sur l’événement singulier qu’est la crise sanitaire que le monde entier traverse », confie Mgr de Moulins-Beaufort, qui a pris l’invitation au pied de la lettre. Le 15 mai, il avait déjà adressé une lettre au président de la République plaidant pour la reprise des cultes pour la fête de Pentecôte. Une deuxième audioconférence, prévue le 25 mai, n’a finalement pas eu lieu, interrompant en apparence le dialogue.

Extrait : « Dans notre pays, l’unité maintenue est particulièrement significative »

« J’ajoute en préambule un constat : nos sociétés sont restées en paix et l’humanité entière aussi. Peut-être une guerre commerciale et économique se prépare-t-elle, mais pour le moment aucune société n’a sombré dans la violence et aucun pays n’a profité du confinement généralisé pour s’emparer par la force d’une portion de territoire. À l’échelle de l’histoire humaine, une telle situation ne doit pas être si fréquente. Pour tous les humains, c’est un motif de soulagement et de fierté, de confiance aussi ; pour les croyants, d’action de grâce pour Dieu qui agit dans les cœurs et les esprits. Dans notre pays, l’unité maintenue est particulièrement significative alors que la fracture sociale est bien présente et que nous avons connu des tensions sociales fortes ces dernières années. »

Il est vrai que la décision du Conseil d’État du 18 mai demandant au gouvernement de revoir sa copie quant à l’interdiction des rassemblements cultuels a pu refroidir l’Élysée. La CEF n’avait pourtant pas crié victoire, soucieuse de préserver le dialogue, après une décision de justice provoquée par d’autres catholiques qu’elle. La lettre-programme de Mgr de Moulins-Beaufort s’impose comme une reprise en main de la parole catholique et la poursuite d’un dialogue voulu de part et d’autre.

Le temps ralenti
Dans le chapitre intitulé « Liberté », le président de la CEF revient sur l’interdiction de rassemblements appliquée aux cultes et lance un avertissement : « L’État court toujours le risque de ne pas prendre les citoyens pour des personnes responsables. » Mais il n’est plus question de revendications : l’archevêque de Reims veut contribuer à la réflexion nationale, aussi bien politique que philosophique. Une initiative dans la droite ligne de la rencontre des Bernardins, le 9 avril 2018, lorsque Emmanuel Macron s’adressait aux catholiques : « La République attend de vous que vous lui fassiez trois dons : le don de votre sagesse ; le don de votre engagement et le don de votre liberté. » Sans attendre la fin de la pandémie et d’une plume vive et personnelle, l’archevêque de Reims déploie des pistes dans l’espoir, confie-t-il, d’une « unité nationale plus forte ».

Extrait : « L’élargissement du regard est sans doute la seule manière de sortir par le haut »

« La pensée chrétienne a développé l’idée de bien commun. Il n’est pas la somme des biens communs (système scolaire, système hospitalier, système routier, distribution de l’eau ou de l’électricité, etc.), mais le bien dans lequel tous peuvent être en communion. L’épidémie s’ajoute à la contrainte écologique pour encourager l’humanité entière, tout homme, tout État, toute structure politique à ne pas limiter le bien commun aux seuls intérêts des humains mais à inclure dans sa visée tous les êtres de notre cosmos. L’élargissement du regard est sans doute la seule manière de sortir par le haut des traumatismes provoqués par l’épidémie et le confinement qui a été imposé aux corps sociaux. S’orienter dans une telle direction serait aussi sortir de la course actuelle des sociétés occidentales vers l’accumulation de moyens techniques permettant de transformer toute frustration en droit à faire valoir sur la société. Le corps social n’a pas à satisfaire les désirs de chacun, mais il devrait aider chacun à croire en son rôle propre, malgré ses manques et ses douleurs. »

Pour envisager l’avenir, l’archevêque de Reims fait d’abord mémoire de l’engagement sans faille des soignants mais aussi des « petits métiers peu estimés qui se sont révélés indispensables ». Il souligne encore ce « temps suspendu » que fut le confinement, à rebours de « l’accélération constante du temps » : « Beaucoup ont entendu de nouveau les oiseaux et ont pu observer l’arrivée du printemps comme jamais au cours de leur vie. »

Et le président de la CEF suggère de garder les fruits de cette expérience en instaurant « un vrai repos dominical qui soit un repos des personnes mais aussi des villes, de la terre, etc. (…) Je suggère, sans doute en un rêve éveillé, qu’une fois par mois un dimanche soit «confiné» partout dans notre pays. »

Bienveillance
Mémoire, encore, de ceux qui ont été touchés par la maladie, les familles endeuillées, et les malades trop isolés, et ceux qui ont dû vivre le confinement dans des conditions matérielles difficiles. Mgr de Moulins-Beaufort souhaite que le « mémorial de l’épidémie » conduise à « des investissements indispensables pour que chacun puisse avoir un logement digne, qui puisse lui être une demeure. »

Extrait : « Le modèle, ce devrait être l’hospitalité »

« Le modèle des relations entre les êtres humains ne devrait pas être le conflit ou la compétition, ni même le commerce. Ce devrait être l’hospitalité. Pour cela, il importe que chacun habite sa maison et habite en lui-même. À l’échelle individuelle comme à l’échelle collective, le modèle du progrès humain ne peut pas être l’extension indéfinie des droits. Il devrait être la croissance dans le don de soi et le service des autres, rendue possible par l’hospitalité mutuelle entre les humains et la maison commune. Il ne s’agit pas là d’une utopie, d’un rêve qui n’a pas de lieu pour se réaliser, mais d’une espérance qui passe par le chemin intérieur de chacun. L’expérience du confinement a peut-être donné quelques clés pour progresser collectivement en ce sens. »

L’épidémie renvoie inévitablement à la dimension physique de l’épisode traversé : « Nous avons craint collectivement d’être victimes du virus et craint d’être porteurs pour les autres ». L’archevêque de Reims souligne à quel point les Français ont été conscients de l’enjeu, dont il fait une lecture spirituelle, le confinement donnant « une signification inattendue et bienvenue, plus riche que la seule nécessité d’éviter la propagation de la maladie et de la mort. »

Prudents non seulement pour eux-mêmes et pour les autres, beaucoup se sont montrés solidaires : « La crainte d’être contagieux a été transmuée en désir de se rendre utile aux autres ou de manifester de la bienveillance et de l’attention au-delà du cercle habituel ».

La place des aumôniers
C’est aussi le corps et la mort qui étaient au cœur de l’incroyable défi du Covid, l’occasion pour Mgr de Moulins Beaufort de demander une nouvelle fois et « solennellement » que les aumôniers soient associés aux plans d’urgence et non pas refoulés comme « personnel non-indispensable ». Dénonçant une fois encore « la tentation de l’euthanasie », l’archevêque rappelle que « la mort appartient à l’aventure personnelle de chaque être humain (…). Au moment de mourir, plus d’affection est préférable à davantage de médecine. »

Extrait : « Nous n’avons jamais réclamé un privilège »

« Il est possible que l’on ne retienne de l’action de l’Église catholique dans ces semaines que la réclamation supposée de retrouver au plus tôt des assemblées liturgiques, «des messes avec assemblée». Ce serait injuste, mais nous assumons ce risque. Nous n’avons jamais réclamé un privilège ou une exemption des règles communes. Nous avons simplement demandé que les règles communes à toute la société s’appliquent à tous les cultes. Comme les branches professionnelles, les cultes en France sont des interlocuteurs possibles pour les pouvoirs publics, capables de s’engager à des mesures sanitaires ou de s’en déclarer incapables. L’interdiction explicite de toute réunion ou rassemblement dans des «établissements de culte» au moment même où les réunions et rassemblements de moins de dix personnes étaient autorisés ne pouvait être conforme au respect de la liberté de culte. La décision du Conseil d’État, le 18 mai dernier, en atteste. »

Le dernier chapitre, le plus long, ouvre résolument les perspectives du « monde d’après » : il est question d’hospitalité. Si le confinement a radicalement appauvri les relations sociales, le besoin de rencontre en sort renforcé : « Comment les conditions de vie concrètes permettent-elles à tous d’exercer l’hospitalité ? (…) Comment nous comportons-nous concrètement dans la «maison commune» qu’est notre planète ? »

La question est posée à l’échelle du monde : « Au sortir du confinement, il est nécessaire de regarder en face le fait des migrations. » Mais la réponse est aussi politique : « Je regrette qu’un pays comme le nôtre ne sache pas donner une place à des personnes qui sont au milieu de nous depuis tant d’années. »

Hospitalité
Enfin, ce fils d’officier, ancien élève de Sciences-Po Paris, réhabilite « la chose politique » et l’implication individuelle : « Nul ne peut dire «je suis innocent de la situation des autres». (…) Quelle responsabilité de notre mode de vie assumons-nous chacun ? »

Une interpellation enthousiaste, une ultime invitation, qui s’adresse à tous, et redit la confiance en l’homme : « La seule vraie force vient de chaque être humain, de notre capacité à tous et à chacun à habiter notre corps, notre maison, et à y donner librement l’hospitalité et goûter la saveur du temps où l’éternité se donne déjà. » Le monde de demain commence aujourd’hui.

Extrait : « N’y a-t‑il pas là une piste pour réfléchir au fait de la migration ? »

« Le caractère universel de l’épidémie et de la réaction qu’elle a suscitée renforce la nécessité de regarder notre humanité comme une unité. Chaque peuple a pu lutter contre l’épidémie parce que tous les peuples l’ont fait aussi. Mais aussi tous les peuples ont été touchés par l’épidémie ou auraient pu l’être sans qu’il soit possible de désigner un coupable initial. Car la propagation si rapide n’a pas été due à la méchanceté de certains mais à la variété des échanges entre humains en notre temps. N’y a-t‑il pas là une piste pour réfléchir au fait de la migration ? Au nom de quoi certains seraient-ils assignés à un lieu sur cette terre où ils ne peuvent réunir les conditions leur permettant de vivre ? Ne peut-on pas «se serrer pour leur faire de la place» ? À quelles conditions pourrait-on le faire, sans reproduire à grande échelle la promiscuité du métro parisien ? Peut-on les aider à rester dans leur pays d’origine, toute la terre devant être peuplée. Mais alors comment les aider à acquérir les moyens d’y vivre ? »

Christophe Henning

Lien à La Source

Partager cet article

Repost0
29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 07:28
Le nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore.

Le nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore.

Mgr Celestino Migliore, qui vient de présenter ses lettres de créances au président de la République Emmanuel Macron, a effectué le 25 août une médiation sur le sens du martyre, dans le cadre du pèlerinage de l’Ile Madame, dans le diocèse de La Rochelle et Sainte.
L’Ile Madame, dans le département de la Charente Maritime, est l’objet d’un pèlerinage annuel sur le lieu de sépulture de 254 prêtres réfractaires, qui furent persécutés par les autorités révolutionnaires en 1794 pour avoir refusé l’assermentation à la Constitution civile du clergé. Au total, 547 prêtres moururent alors en détention, sur 829 au total arrêtés et emprisonnés dans des conditions épouvantables sur les pontons de Rochefort, et 64 d’entre eux ont été béatifiés par saint Jean-Paul II en 1995.

Cet épisode tragique de l’Histoire de France a donné au nouveau nonce apostolique, invité à participer aux célébrations par l’évêque de La Rochelle et Saintes, Mgr Georges Colomb, l'occasion d’effectuer une ample intervention sur le thème du martyre des chrétiens dans l’histoire et dans l’actualité.

Le lien entre persécution religieuse et martyre
«Nous vivons une époque inquiétante où différentes communautés chrétiennes dans le monde subissent une persécution systématique de la part de leurs gouvernements ou d’organisations religieuses extrémistes. Persécution religieuse et martyre ne sont pas la même chose, mais c’est certainement dans le contexte de la persécution religieuse que mûrissent et se produisent les cas de martyre», a expliqué Mgr Celestino Migliore.

Alors que certains responsables internationaux avaient tendance à minimiser ce phénomène, le Jubilé de l’an 2000, à la demande de saint Jean-Paul II, a été l’occasion de mettre en lumière un travail de recensement de 12 000 épisodes de martyre au cours du XXe siècle. Le changement de siècle et de millénaire n'a pas signifié la fin des persécutions. «Dans les vingt dernières années le martyre des chrétiens s’est malheureusement intensifié, a remarqué le nonce. L’attention et la préoccupation de l’Église pour l’effusion actuelle de sang chrétien s’est accrue. Les conférences sur la liberté religieuse internationale se sont multipliées, ainsi que les appels et les démarches auprès des gouvernements et des organisations internationales», a expliqué Mgr Migliore.

«Mais les martyrs d’aujourd’hui stimulent le travail de l’Église sur différents fronts, par exemple, en promouvant la liberté religieuse, l’unité entre les Églises chrétiennes, l’amitié entre les religions du monde et le pouvoir transformant du pardon en politique», a précisé le nonce apostolique, en précisant que «les martyrs d’aujourd’hui construisent aussi l’Église. Comme le Père Jacques Hamel qui, il y a quatre ans, est entré dans la cohorte des martyrs modernes.»

Donner sa vie pour promouvoir la justice et la réconciliation
S’appuyant aussi sur les exemples de saint Maximilien Kolbe, de don Pino Puglisi, de Mgr Romero ou encore du théologien protestant Dietrich Bonhoeffer, Mgr Migliore a mis en valeur la fécondité de leurs témoignages pour la promotion de la justice et de la réconciliation dans l’Église. «Les martyrs témoignent de cette justice qui est justement violée dans leur propre homicide, c’est-à-dire la justice, le droit de la liberté religieuse. Aujourd’hui, une grande partie de la population mondiale, comprenant des personnes de toutes les religions, vit dans des pays avec des restrictions élevées à la liberté religieuse. Les martyrs offrent un témoignage contre la négation de la liberté religieuse», a-t-il expliqué en prenant l’exemple du ministre pakistanais Shahbaz Bhatti, assassiné par des islamistes en 2011.

«Comme le répète souvent le Pape François, aujourd’hui les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu’ils appartiennent à une communauté chrétienne particulière, parce qu’ils sont catholiques ou orthodoxes, luthériens ou anglicans, mais parce qu’ils sont chrétiens. Le martyre est œcuménique et on doit parler d’un vrai œcuménisme des martyrs. Historiquement, le martyre commun souffert par les catholiques, protestants et orthodoxes sous les nazis et les soviétiques a favorisé le rapprochement entre les Églises et les communautés chrétiennes», a expliqué le nonce en rappelant que bien avant le pontificat de François, Paul VI et Jean-Paul II avaient développé cette vision dans la filiation du Concile Vatican II, mettant fin à la «vision confessionnelle étroite» qui dominait les esprits quand les chrétiens se tuaient mutuellement, notamment dans le contexte des guerres de religion des XVe et XVIe siècles.

Et au-delà de cette dimension œcuménique, le martyre peut aussi avoir une dimension interreligieuse, comme dans le cas des moines de Tibhirine et des autres religieux martyrs en Algérie dans les années 1990, qui ont donné leur vie au milieu des milliers de musulmans victimes de la guerre civile.

«Toutefois, comment répondre aujourd’hui au martyre est une question à laquelle sont confrontés l’Église, les communautés religieuses, les gouvernements et toute la société. Ils doivent trouver des solutions efficaces pour mettre un frein à la culture de l’épée par la culture du dialogue et de la coexistence pacifique», a conclu le nonce apostolique.

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 07:48
Décès de Mgr Hippolyte Simon, archevêque émérite de Clermont

Hommage de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et Président de la CEF
« Notre frère Hippolyte Simon est mort après une maladie qui l’avait contraint en 2016 à renoncer à sa charge d’archevêque de Clermont. Il s’était retiré à Caen, où il avait été supérieur du Séminaire interdiocésain. Mgr Simon avait été vice-président de la Conférence des évêques de 2007 à 2013 auprès du cardinal Vingt-Trois. Il avait aussi représenté la CEF auprès de la COMECE. Sa vaste culture politique lui a permis d’intervenir souvent sur le rapport entre l’Église catholique et les religions en général et l’État, notamment dans le contexte particulier de la séparation telle qu’elle existe en France. Par l’ampleur du champ historique qu’il connaissait et par la précision de son analyse des concepts employés, il savait repérer les confusions, signaler les glissements, alerter quant aux tentations récurrentes de la part de l’État de transformer les religions en agents de la cohésion nationale. Mgr Simon savait aussi regarder les évolutions sociales à l’échelle de l’Europe entière ; il appelait à ce que l’Union européenne ne soit pas qu’un objet politique plus ou moins supporté par les citoyens et puisse devenir un espace culturel partagé par tous les citoyens. Sa foi dans le Christ et son œuvre de salut éclairait sa raison, lucide quant aux dérives possibles des sociétés humaines et déterminée quant à l’espérance qui devrait habiter nos perspectives. Il a été, tant que ses forces le lui ont permis, un « excitateur » de la réflexion de l’assemblée des évêques, un esprit fraternel aussi, soucieux de comprendre les idées ou les réticences des uns et des autres. Il avait su reconnaître que la maladie ne lui laissait pas les forces nécessaires pour conduire le diocèse de Clermont et présider la province ecclésiastique. À Caen, il a apporté sa contribution à la vie pastorale et culturelle, toujours prêt à intervenir ; il a continué à réfléchir et à proposer les fruits de sa réflexion comme l’atteste son dernier livre : « Vers une France païenne ? ». Avec les évêques de France, je rends grâce à Dieu pour le ministère de Mgr Hippolyte Simon et pour sa personne. J’ai personnellement beaucoup de gratitude pour son attitude toujours encourageante : il savait, après une discussion, apporter des éléments nouveaux à la réflexion, en laissant une grande liberté à la pensée et à la décision. Que Dieu lui donne la récompense promise aux bons serviteurs. »

Mgr Hippolyte Simon, archevêque émérite du diocèse de Clermont est décédé dans sa 77ème année, le mardi 25 août 2020.

Né le 25 février 1944, Mgr Simon fut ordonné prêtre le 27 juin 1970 pour le diocèse de Coutances et Avranches.

Mgr Simon occupa plusieurs fonctions : aumônier du lycée de Mortain (1974-1978) ; supérieur du séminaire interdiocésain de Caen (1978-1990) ; vicaire épiscopal à Coutances, chargé du service de formation permanente des prêtres et des laïcs, délégué diocésain pour le diaconat permanent (1990-1996).

Il fut nommé évêque de Clermont le 22 février 1996 puis devint archevêque de la province ecclésiastique de Clermont le 8 décembre 2002 suite à la réorganisation des provinces ecclésiastiques.

Sa démission pour raison de santé avait été acceptée par le pape François le 17 mars 2016.

Mgr Simon fut par ailleurs représentant de la Conférence des évêques de France (CEF) au sein de la Commission des Épiscopats de l’Union européenne (COMECE) entre 2000 et 2007 puis vice-président de la CEF de 2007 à 2013.

Les obsèques de Mgr Simon auront lieu samedi 29 août à 10h30 en la cathédrale de Clermont

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0