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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 11:08
Commémoration de l’assassinat du père Jacques Hamel ce 26 juillet 2021

Ce lundi 26 juillet, cinq ans après le terrible assassinat du père Jacques Hamel dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, une messe en souvenir du prêtre est célébrée par l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun. Elle est suivie d’une célébration républicaine en présence du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.
Il y a cinq ans aujourd’hui le père Jacques Hamel a été assassiné par deux terroristes islamistes alors qu’il célébrait la messe en présence de quatre fidèles. Violemment agressé, le religieux a été égorgé par ses assaillants par dix-huit coups de couteau. « Va-t-en Satan » ont été ces derniers mots. Il avait 86 ans.
Une messe de commémoration célébrée par l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun a été organisée ce matin à 9 heures et retransmise sur KTO pour honorer la mémoire du prêtre.  Sa sœur, Roseline Hamel qui s’emploie à porter un message de paix et d’espérance depuis le décès tragique de son frère, était notamment présente.
Mgr Dominique Lebrun a rendu hommage dans son homélie à ce prêtre « exerçant dans une paroisse apparemment peu remarquée qui a semé par sa présence, par son accueil, par sa prédication »
Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, s’est également rendu à Saint-Etienne-du-Rouvray pour participer à la manifestation. Il a pris la parole lors de la cérémonie républicaine « pour la paix et la fraternité » qui s’est déroulée à la sortie de l’église.
Le ministre de l’Intérieur qui est également ministre des cultes a exprimé « l’affection du pays » à la commune de Saint-Etienne-Du-Rouvray et à l’Eglise de France ». « Assassiner un prêtre dans son église n’est-ce pas toucher l’âme de la France ? » a-t-il ajouté.
Avant la messe de commémoration, Mgr Lebrun a remis le prix Jacques Hamel, qui distingue un travail journalistique mettant en avant les initiatives de paix et le dialogue interreligieux, à Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne pour son reportage sur les réfugiés burkinabés. Le lauréat de cette quatrième édition a évoqué avec émotion les chrétiens persécutés du Burkina Faso et a rappelé qu’ils ont un grand besoin de prières.

Camille Westphal Perrier

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 10:37
« Rien ne dit que l’Evangile a besoin d’une culture religieuse pour atteindre les personnes » Cardinal Joseph de KESEL

Le cardinal Joseph De Kesel vient de publier « Foi & Religion dans une société moderne », aux Editions Salvator. Dans ce livre, il offre une analyse stimulante des changements que nous vivons. Monique Baujard l’a interviewé pour Promesses d’Eglise. Un entretien plus développé paraîtra dans la revue Etudes à la rentrée.
M.B. : La première chose qui frappe, en lisant votre livre, est la sérénité avec laquelle vous regardez le monde. Vous dites que nous sortons d’une culture religieuse mais que cela ne signifie pas la fin du christianisme. Pouvez-vous nous expliquer cela ?
Cardinal De Kesel : Dans une culture religieuse, la religion forme le cadre de référence pour la vie en société. Nous avons connu cela pendant des siècles. La culture chrétienne imprégnait toute la vie personnelle et collective, indépendamment des convictions personnelles des uns et des autres. Il en va encore ainsi aujourd’hui dans certains pays musulmans. Mais l’Europe a connu depuis plusieurs siècles un mouvement d’émancipation. C’est un mouvement lent, qui vient du siècle des Lumières, et qui fait qu’aujourd’hui nous nous trouvons dans une société sécularisée. Cette société permet un pluralisme social et religieux qui ne pouvait exister avant. Dans une culture religieuse, il n’y a pas de place pour la dissidence. Je ne fais pas l’éloge de la sécularisation, c’est un état de fait, que nous pouvons accepter de bon cœur mais sans naïveté. Le risque est en effet le sécularisme, qui renvoie la religion dans la sphère privée, ce qui n’est pas acceptable. En fait, la société sécularisée offre la possibilité de vivre ensemble dans le respect de nos différences. Lorsque nos sociétés étaient de culture chrétienne, c’était certes une situation plus confortable pour l’Eglise, mais rien ne dit que l’Evangile a besoin d’une culture religieuse pour atteindre les personnes. Aujourd’hui, être chrétien relève d’un choix personnel et c’est bien comme cela que nous concevons la foi, comme la réponse libre de l’être humain à la sollicitation de Dieu. Sur ce point essentiel, modernité et foi chrétienne ne se contredisent donc pas. La liberté est le maître mot de la société sécularisée et c’est sa grandeur. Encore faut-il savoir comment user de cette liberté et c’est sur ce terrain que les religions auront toujours un rôle important à jouer.

M.B. : Quels rôles la foi et l’Eglise peuvent alors jouer dans cette société sécularisée ?

Cardinal De Kesel : La liberté est la grandeur mais aussi la limite de notre société, qui met l’accent sur l’épanouissement personnel et le progrès sans définir ces notions. Si chacun poursuit son épanouissement personnel sans jamais se soucier des autres, nous aboutissons à une liberté sans fraternité. Ce que le pape François dénonce comme « la globalisation de l’indifférence ». Devant cette liberté, chacun est amené à se poser la question de ce qu’il souhaite faire de sa vie, comment y donner sens. Dans une culture religieuse, les repères sont donnés pour tous par la religion dominante. Dans une société sécularisée, différentes religions ou philosophies peuvent offrir les moyens pour s’orienter. Pour nous ce sera l’Evangile, mais tous ne feront pas ce choix. L’Evangile invite à prendre en considération les relations avec les autres et à s’engager dans la vie, aussi bien dans la vie personnelle que professionnelle. Mais qui dit engagement dit aussi limitation de la liberté. C’est là le point critique. La société peut faire miroiter une liberté absolue mais celle-ci n’existe pas. C’est à travers mes engagements que je donne sens à ma vie. Ce sont aussi les engagements qui construisent la société. Un chrétien est également un citoyen, il ne s’agit pas de les séparer. L’Evangile m’aide à devenir un citoyen responsable et fraternel. Ce qui va orienter ma liberté et lui donner sens, c’est la fraternité que l’Evangile m’enseigne. La foi chrétienne n’est donc pas du tout vouée à disparaître, bien au contraire ! Elle sera pour beaucoup de personnes la boussole indispensable pour trouver leur chemin. Mais elle ne sera plus la référence exclusive pour tous. Bien sûr, cela a des conséquences pour l’Eglise en termes d’organisation et de fonctionnement.

M.B. : Justement, vous dites que l’Eglise va changer mais aussi qu’elle apprend de la société ?

Cardinal De Kesel : Le christianisme est une religion historique, l’Eglise ne peut se définir sans le monde. Elle n’est pas une société parfaite, à part. Il n’y a qu’un monde et l’Esprit y est à l’œuvre, y compris en dehors de l’Eglise. Dieu ne vise pas uniquement l’Eglise, il veut sauver le monde. L’Eglise doit être signe de ce salut. Aujourd’hui une figure historique du christianisme disparaît, mais l’Eglise est toujours appelée à être signe de salut pour tous. L’Eglise apprend de la société car c’est dans la rencontre authentique avec l’autre qu’il devient possible de mesurer ce que l’Evangile nous demande. C’est aussi la société moderne qui nous a appris la liberté religieuse. Elle n’allait pas de soi pour l’Eglise catholique. Dans le contexte actuel, elle doit accepter qu’il puisse y avoir des degrés d’appartenance variés à l’Eglise et accueillir toutes les personnes qui s’adressent à elle, même ponctuellement. Tous doivent se sentir les bienvenus. Il s’agit d’écouter, partager, témoigner. Finalement, il n’y a que l’amitié qui évangélise. Bien évidemment, la figure de l’Eglise va changer. Elle sera plus humble. Elle a toute sa place dans la société, mais seulement la place qui lui revient, acceptant que Dieu fera le reste. Elle sera aussi plus confessante, c’est-à-dire plus consciente de son identité et de sa particularité. Cela ne veut pas dire identitaire, il ne s’agit pas d’un repli sur soi, au contraire, l’Eglise devra être plus ouverte, accueillant largement. Pour autant, il ne s’agit pas non plus de suivre la société ou de s’aligner sur elle. Cette identité particulière, c’est l’Evangile qui la lui donne et c’est le message qu’elle a à proposer, non à imposer. L’Eglise sera plus petite, le nombre de catholiques sera réduit. Mais comme l’a dit le pape François, le problème n’est pas d’être moins nombreux, le problème serait de devenir insignifiant. Une Eglise plus petite, plus humble, mais aussi plus confessante et plus ouverte, peut être signe de salut pour tous, j’en suis convaincu.

M.B. : Vous avez écrit ce livre pendant la pandémie et alors que vous-même vous vous battiez contre un cancer. D’où tenez-vous cet optimisme ?

Cardinal De Kesel : Je ne parlerais pas d’optimisme mais de confiance. Oui, j’ai vécue cette période difficile dans la confiance. Mais cela ne se décide pas, la confiance, on la reçoit. Dans cette crise, j’ai vu beaucoup de réactions très sécularisées : les diverses mesures sanitaires ont été interprétées comme autant d’atteintes à nos droits et nos libertés et chacun voulait revenir au plus vite à la situation antérieure. Il me semble que nous pouvons aussi vivre cette crise comme une épreuve spirituelle à traverser. De même que ma maladie m’a mis devant ma fragilité, de même la pandémie nous a tous mis devant notre fragilité personnelle et collective. La crise nous oblige ainsi à apprendre à vivre avec nos fragilités, à vivre avec nos limites. Elle nous enseigne que notre liberté a des limites, qu’il n’existe pas de liberté absolue. Cela m’a fait penser au livre de l’Exode, où Dieu fait faire un détour au peuple juif. Quand Dieu nous fait faire un détour, c’est qu’il veut nous apprendre quelque chose, quelque chose d’essentiel que nous risquons sinon d’oublier. Lorsque l’on accepte l’épreuve et le détour, alors il n’est plus question de revenir à la situation d’avant, car nous sortons changés de la crise. Personnellement j’ai trouvé beaucoup de soutien dans les Psaumes de la prière des heures. Bien sûr, je les connaissais tous depuis longtemps, mais c’est comme si les cris et les angoisses qui s’y expriment, devenaient les miens. Je ne les prie plus de la même façon, l’épreuve de la maladie m’a changé. Collectivement, l’épreuve peut aussi nous changer. Accepter de vivre avec nos fragilités peut ouvrir nos yeux sur les fragilités de tant de personnes autour de nous qui peinent dans la vie. Ainsi, si nous acceptons de faire le détour auquel Dieu nous invite, une société plus fraternelle pourrait voir le jour.

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20 juin 2021 7 20 /06 /juin /2021 08:03
Le Dauphiné Libéré du 20 juin 2021

Le Dauphiné Libéré du 20 juin 2021

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 09:22

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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 12:36
Mgr François Fonlupt accompagné de Mgr Stanislas Lalanne lors d’une réunion du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, en septembre 2017. CORINNE CIRIC

Mgr François Fonlupt accompagné de Mgr Stanislas Lalanne lors d’une réunion du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, en septembre 2017. CORINNE CIRIC

Portrait 
Évêque de Rodez depuis 2011, Mgr François Fonlupt a été nommé archevêque d’Avignon par le pape François vendredi 11 juin.
Lorsqu’il est devenu évêque de Rodez (Aveyron) il y a dix ans, après avoir été vicaire épiscopal à Clermont-Ferrand, Mgr François Fonlupt a « pris son bâton pèlerin », visitant une à une les 36 paroisses de ce diocèse rural du Sud-Ouest. « Le ministère d’évêque, on l’apprend en étant accueilli par un peuple : l’anneau épiscopal signifie d’ailleurs l’alliance avec lui », explique-t-il.
À Avignon, où il sera installé le 11 juillet, ce natif de Haute-Loire âgé de 66 ans sait qu’il va trouver un « peuple » fragilisé : les 18 années d’épiscopat de son prédécesseur Mgr Jean-Pierre Cattenoz ont été marquées par une grave crise de confiance avec une partie des catholiques du Vaucluse qui l’accusent d’« abus d’autorité ». Dans une lettre de deux pages adressée au « peuple de Dieu qui est dans le Vaucluse », Mgr Fonlupt écrit : « Je sais que vous êtes confrontés à des questions importantes, que des blessures vives peuvent marquer certains. Je sais également votre attente d’un élan et votre souhait de repartir vers un horizon renouvelé. »
Celui qui a été ordonné prêtre à 25 ans pour le diocèse de Clermont arrivera à Avignon « les mains nues », sans programme arrêté, mais décidé à ce que l’Église du Vaucluse s’engage « sur un chemin de synodalité ». Chemin qu’il a déjà commencé à parcourir avec l’Église de Rodez, en particulier lors d’un synode diocésain entre 2015 et 2017.
« L’Église change de visage »
Sur la « très belle terre » d’Aveyron, cet amateur de randonnée a regardé en face la « brutalité » de la transformation de la vie de l’Église. « La civilisation rurale ecclésiale est derrière nous. L’Église change de visage : cela ne veut pas dire qu’elle disparaît. » En dix ans, Mgr Fonlupt a enterré une centaine de prêtres en Aveyron. Les prêtres actifs n’y sont plus qu’une trentaine ; ils étaient 600 dans les années 1980.
Loin de toute nostalgie, cet homme aux yeux rieurs et à la moustache garnie tient à « voir l’Église que l’Esprit nous appelle à être aujourd’hui ». Car l’Église n’a pas tant, pour lui, vocation à « réussir » qu’à « être signe au milieu du monde ». Comme les moines de Tibhirine, dont le témoignage l’a marqué, il n’aspire pas à être croyant « dans une forteresse » mais au milieu de ses frères.
S’il préside, depuis 2019, le Conseil pour les mouvements et associations de fidèles de la Conférence des évêques de France, Mgr Fonlupt n’est pas particulièrement proche de communautés nouvelles, qui sont une réalité importante du diocèse d’Avignon. Il reconnaît aussi « mal connaître » le monde de la culture, même si un dialogue avec l’Église lui paraît souhaitable dans ce qui devient, chaque été, la première « ville-théâtre » de France.
Mélinée Le Priol
 
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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 08:04

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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 14:33
Une quarantaine de pompiers sont intervenus pour maîtriser les flammes qui ont ravagé l'église de Romilly-la-Puthenay. - SDIS 27

Une quarantaine de pompiers sont intervenus pour maîtriser les flammes qui ont ravagé l'église de Romilly-la-Puthenay. - SDIS 27

L'église Saint-Aubin de Romilly-la-Puthenaye (Eure) a complètement été détruite par un incendie ce samedi 17 avril, au petit matin. Plusieurs œuvres sont parties en fumée. Les dégâts sont estimés à 1 million d'euros.
Une quarantaine de pompiers sont intervenus pour maîtriser les flammes qui ont ravagé l'église de Romilly-la-Puthenay.
"C'est un condensé de l'architecture normande" qui vient de partir en fumée, selon le ministre des Outre-mer et ancien président du département de l'Eure, Sébastien Lecornu. L'église Saint-Aubin de Romilly-la-Puthenaye a complètement été détruite par un incendie ce samedi 17 avril, vers 6 heures. La charpente et le clocher se sont effondrés, consumés par le feu qui s'est rapidement propagé à la structure en bois de l'église.
Quand il est sorti de chez lui constater les dégâts, le maire de Romilly-la-Puthenaye, Jean-Bernard Juin, a "pensé à Notre-Dame-de-Paris". C'est le cœur de la commune qui a brûlé dans cet incendie. L'élu est choqué : "Il y avait des flammes jusqu'en haut du coq et tout d'un coup, tout s'est écroulé. Il n'y a plus que les quatre murs. Tout le mobilier est brûlé notamment un retable d'une valeur inestimable. C'est une catastrophe." 
Des tableaux et la statue de la Vierge situés auparavant dans l'autre église du village et qui avaient été transférés à Saint-Aubin pour des raisons pratiques sont également partis en fumée. Les pompiers n'ont réussi qu'à sauver une statuette en terre cuite datant du XVe siècle et quelques toiles qui étaient dans la sacristie. Selon les premières estimations, il y en aurait pour 1 million d'euros de dégâts et de travaux. Le ministre originaire de l'Eure Sébastien Lecornu promet que le gouvernement fera "tout pour qu'une reconstruction soit possible".
L'église de Romilly la Puthenaye dans l'Eure ravagée par les flammes. Le sinistre s'est déclaré un peu après 6h00. Le clocher est tombé. Une quarantaine de pompiers sont sur place ainsi que le président du Département et l'architecte des bâtiments de France 
Un incendie parti du clocher ?
Selon les premières constatations des pompiers, l'incendie serait parti de la façade avant de l'église Saint-Aubin avant de se propager à la sacristie. "Il y a des cloches et un moteur à ce niveau-là", précise le colonel Emmanuel Ducouret, patron du SDIS 27. Après avoir maîtrisé l'incendie de 400 m², une quarantaine de pompiers étaient toujours sur place à la mi-journée pour sécuriser l'édifice. Le dernier incendie d'église aussi important dans l'Eure remonte à 1974. 
C'est un feu qui a dû couver pendant quatre ou cinq heures avant qu'on le découvre. Les gaz se sont accumulés et, au moment où l'alchimie s'est faite avec l'oxygène suffisant, il y a eu embrasement généralisé de la charpente.
Pour intervenir sur l'incendie, les pompiers de l'Eure ont mobilisé un drone pour avoir une vision de l'ensemble de l'édifice ainsi qu'un bras élévateur qui permet d'éteindre les flammes à l'intérieur. Ce sont des moyens "similaires" à ceux utilisés sur l'incendie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, le 15 avril 2019, il y a deux ans et deux jours. 
Le président du conseil départemental, Pascal Lehongre, le sénateur Hervé Maurey ainsi que l'architecte des bâtiments de France, France Poulain, se sont rendus sur place ce samedi matin.


Léo Tescher, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 15:54
Photo www.ipreunion.com

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La faculté de théologie catholique de Strasbourg organise, du 7 au 9 avril, un colloque autour de l’impact du Covid sur les pratiques pastorales et la recherche théologique. L’engagement liturgique se conjugue avec le « sacrement du frère ».

« Dans un univers incertain, quelle place pour une parole théologique ? » Plus d’une centaine d’inscrits vont suivre en visioconférence l’École théologique de printemps, organisée les 7, 8 et 9 avril par la faculté catholique de Strasbourg (1). Une réflexion qui veut mêler la réalité à la recherche, la pratique à la théologie.
Ainsi, pour favoriser les rencontres et susciter le dialogue, la théologienne Christine Aulenbacher a deux alliés étonnants : Ignace et Inno’Sens. Deux… ânes qui l’aident à entrer en contact lorsqu’elle mène ses travaux. « La théologie qui oublierait la relation à l’autre négligerait le huitième sacrement, le sacrement du frère », précise la coordinatrice du colloque alsacien.

Soins pastoraux

C’est justement cette théologie pratique qui se trouve bousculée par le Covid : « Quand vous êtes ’“cas-contact’’, vous êtes paradoxalement isolé et sans… contact avec les autres », remarque encore la théologienne. Contacts interpersonnels réduits, pratique liturgique contrariée, accompagnement des malades difficile… Comment « faire du lien » intergénérationnel, interculturel avec le confinement ? Les règles sanitaires viennent interroger de plein fouet la fraternité.

« Le coronavirus nous a révélé notre fragilité », témoigne le père François Nakatala, théologien congolais et curé de la communauté de paroisses du Ried Major en Alsace. Lui-même contaminé et malade pendant quarante jours en février 2020, il a éprouvé la solitude, seul dans son presbytère : « C’était la première vague, on ne savait rien, il n’y avait pas encore de masque… » S’imposent alors deux priorités dont il fait part à ses fidèles : être assidu dans la prière et garder présent le service du prochain : « Il fallait apporter les soins médicaux aux personnes, mais aussi les soins pastoraux. »

Sortie de crise

Face à l’épidémie, l’Église s’est trouvée dans une situation inédite, dépossédée. Ce qu’explique le père Bernard Xibaud, chancelier du diocèse de Strasbourg : « Jusqu’alors, quand pointait le péril, les églises se remplissaient, or, il n’était plus possible de se réunir. De même, les religieuses, les prêtres étaient les premiers sur le front pour soigner et soulager les malades. Mais ils ne sont plus dans les structures de soin, et même les aumôniers étaient écartés. » → ANALYSE. Un colloque pour relire la liturgie à l’épreuve du Covid-19 Ces changements inspirent cette réflexion à Henry Quinson, écrivain et ancien moine : « L’épidémie que nous traversons s’inscrit dans la continuité de la mondialisation. Alors que les pays sont lancés dans une compétition aux vaccins, on oublie que la vraie sortie de crise sera collective. » S’appuyant sur la pensée de Teilhard de Chardin, il décrit dans son dernier livre (2) « une humanité arrivée à l’âge adulte » marquée par l’individualisme, notamment en matière religieuse : « Ayant fait l’expérience de ne plus aller à la messe pendant plusieurs mois, allons-nous nous détourner des rites, ou au contraire approfondir une relation de proximité ? » Que reste-t-il de la vie ecclésiale quand chacun se débrouille avec des exercices de méditation confinés ?

Présence auprès des plus fragiles

Parce que l’Église ne peut pas se dire seulement à travers le culte, ces derniers mois ont été marqués par des élans renouvelés de solidarité, une réelle présence auprès des personnes de la rue, auprès des plus fragiles, des personnes âgées, des jeunes.
« Je ne leur parle pas d’abord de Dieu tout-puissant, explique Cécile Entremont, théologienne et psychanalyste. Je parle de la vie avant de parler de Dieu, et du respect de la vie en eux, autour d’eux, aussi bien envers les personnes que la nature. » Une référence évidente à l’encyclique Laudato si’ du pape François, même si le respect de la vie est prêché par les religions depuis longtemps.

Croire en la vie

Et Cécile Entremont se plaît à faire référence au pasteur alsacien Albert Schweitzer, avant de poursuivre : « Avec la pandémie, la question de notre finitude se pose à tout le monde. Or, croire en Dieu, c’est croire en l’infini de la vie qui est croissance, ouverture, espérance. »

Durant ce colloque d’une théologie nourrie de l’expérience interviendront encore le doyen de la faculté de théologie catholique de Strasbourg Denis Fricker, le dominicain Philippe Lefebvre, le bénédictin François Cassingena-Trévedy, ce dernier tirant les leçons du confinement dans un récent livre (3) : « Une civilisation différente doit absolument commencer à naître de cette épreuve. (…) Le confinement nous révèle le vital de la vie ; en nous mettant en arrêt, il fait de nous les artistes des tâches les plus humbles. »
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De la difficulté de faire respecter les gestes barrières

Depuis leur réouverture, les lieux de culte sont tenus à des mesures barrières strictes : port du masque, occupation d’un siège et d’une rangée de bancs sur deux. Une souffrance pour certains paroissiens, qui se voient parfois refouler aux portes du lieu de culte dont les capacités sont dépassées. Pour que chacun puisse assister à la messe, quelques paroisses s’organisent pour mettre en place plus de célébrations.
Cependant, quelques fidèles jouent les récalcitrants, à l’image de la paroisse Saint-Eugène Sainte-Cécile du IXe arrondissement parisien, dont la vidéo de la messe de Pâques sans aucune mesure barrière, fait beaucoup réagir depuis lundi 5 avril. Dans les paroisses, ce genre de comportement reste toutefois le fait d’une minorité.

(1) https://theocatho.unistra.fr/agenda/evenement/news/ecole-theologique-de-printemps/
(2) Et l’homme devint Dieu, Henry Quinson, Le Passeur éditeur, 206 p., 18,90 €.
(3) Chroniques du temps de peste, François Cassingena-Trévedy, Tallandier, 172 p., 18 €.


Christophe Henning, 

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 21:49
Photo Patrick Gaillardin © Flammarion

Photo Patrick Gaillardin © Flammarion

Vicaire général du diocèse de Paris depuis 2016, Mgr Benoist de Sinety a démissionné de cette charge mardi 30 mars. Il s’agit de la seconde démission d’un vicaire général du diocèse parisien en quelques mois, après celle de Mgr Alexis Leproux en décembre dernier.
À partir du 1er septembre, Mgr de Sinety, qui se qualifie lui-même dans sa missive de « parisien indécrottable », sera curé de paroisse dans le diocèse de Lille.
Après avoir mûri la décision pendant « plusieurs semaines », comme il l’assure à La Croix, Mgr Benoist de Sinety a démissionné mardi 30 mars de sa charge de vicaire général du diocèse de Paris. Celle-ci a été acceptée par l’archevêque de la capitale, Mgr Michel Aupetit.
Ordonné prêtre en 1997, secrétaire particulier du cardinal Jean-Marie Lustiger entre 2003 et 2005, curé de Saint-Germain-des-Prés pendant sept ans, Mgr de Sinety avait été nommé vicaire général du diocèse de Paris en 2016 par celui qui en était alors l’archevêque, le cardinal André Vingt-Trois. Son successeur, Mgr Aupetit, l’avait maintenu à cette charge.
Dans un courrier que La Croix a pu consulter, celui que la France avait pu découvrir en décembre 2017 alors qu’il présidait les funérailles de Johnny Hallyday, assure que cette charge de vicaire général lui a permis d’être « le témoin heureux et édifié de tout ce que l’Esprit suscite dans le cœur de ceux qui veulent se mettre à la suite du Christ ». S’il demande « pardon pour tout ce qu’[il n’a] pas su, voulu ou pu accompagner autant qu’il aurait été nécessaire », Mgr de Sinety ne donne pas d’explication à sa démission. Joint Par La Croix, il n’a pas souhaité non plus commenter cette décision.

Second départ en quatre mois

Avec le départ de Mgr de Sinety, le diocèse de Paris perd un second vicaire général en moins de six mois. En décembre 2020, Mgr Alexis Leproux, pour sa part vicaire général depuis 2018, avait, lui aussi, remis sa charge « après avoir réfléchi et prié ». Il avait annoncé qu’il se consacrerait à « un temps de réflexion et de travail intellectuel afin de poursuivre au mieux [s] on service de l’Église ».
Du côté du diocèse parisien, on assure que ces deux démissions successives ne traduisent « rien de grave » mais font plutôt partie des « mouvements habituels des équipes de gouvernance de toute organisation ». Ce nouveau départ ne devrait toutefois pas être suivi dans l’immédiat d’un nouveau vicaire général, Mgr Aupetit menant depuis plusieurs mois une réflexion pour « redéfinir une organisation » du diocèse. Pour l’heure, celui-ci dispose toujours de trois vicaires, tous évêques auxiliaires.
À partir du 1er septembre, Mgr de Sinety, qui se qualifie lui-même dans sa missive de « parisien indécrottable », sera curé de paroisse dans le diocèse de Lille. Un changement de diocèse, écrit-il, qui marque une « expérience nouvelle » mais dont il affirme croire « profondément » qu’elle est « nécessaire ». La célébration de la messe chrismale dans le diocèse de Lille ce mardi 30 mars explique la date de l’annonce de Mgr de Sinety. C’est en effet à l’occasion de cette cérémonie que sont annoncées les nominations dans le diocèse.

Xavier Le Normand, 

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27 mars 2021 6 27 /03 /mars /2021 08:29
Lettre des évêques de France aux catholiques sur la lutte contre la pédophilie

« Seigneur, délivre-nous de la tentation de vouloir nous sauver nous-mêmes et sauver notre réputation ; aide-nous à porter solidairement la faute et à rechercher des réponses humbles et concrètes en communion avec tout le Peuple de Dieu »
Pape François, février 2019

 Chers frères et chères sœurs,

Depuis l’an 2000 et surtout depuis 2016, tous vous entendez parler d’agressions sexuelles commises par des prêtres à l’encontre d’enfants ou de jeunes. Comme vous, nous avons honte pour notre Église. Vous vous sentez blessés dans votre confiance en elle. Vous continuez vos engagements de foi. Vos réactions sont diverses ! Vous comprenez que les évêques en parlent, réfléchissent à la manière d’accueillir au mieux les personnes victimes et d’agir envers les coupables… Vous avez entendu parler de la Commission indépendante mise en place par les évêques et la Conférence des Religieux et religieuses de l’Église de France (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, CIASE), confiée à M. Jean-Marc Sauvé et chargée d’enquêter sur ces faits, d’analyser la manière dont ils ont été traités et d’évaluer l’action de l’Église, notamment depuis les années 2000.

Au cours de notre Assemblée ordinaire de fin mars, nous avons pris des décisions importantes que nous voulons ici vous exposer. Elles complètent ou s’articulent avec celles que des diocèses, selon leur histoire et leurs possibilités, ont déjà prises. Un autre rendez-vous sera la remise du rapport de la CIASE à la fin du mois de septembre prochain.

Vous qui lisez ce document, peut-être avez-vous été victime ou témoin de faits d’agression ou de mauvais comportements de la part de clercs, de religieux ou de religieuses. Soyez sûrs de notre détermination à tout faire pour recevoir les témoignages, comprendre ce qui s’est passé, agir pour la justice et mettre en œuvre les mesures de prévention nécessaires. Peut-être, au contraire, n’avez-vous connu que des prêtres qui vous ont donné de la joie et de la confiance et des religieux et religieuses dont l’exemple, présent ou dans votre mémoire, vous réjouit et vous stimule encore.

À vous tous, nous voulons faire part de ce que nous avons appris ces dernières années. Nous vous présenterons ensuite trois séries de décisions importantes et nous vous lancerons un appel.

Ce que nous avons appris
 

Notre Église n’a pas toujours été une « maison sûre »
Des prêtres et des religieux ont commis des agressions sexuelles sur des mineurs, garçons ou filles. Des prêtres ont abusé de leur position sacramentelle pour exercer une emprise sur des jeunes et parfois leur faire subir des violences sexuelles. Ces faits sont avérés et indéniables. Le rapport de la CIASE nous permettra d’en évaluer l’exacte ampleur et de les situer par rapport à la situation globale de la violence sexuelle sur les mineurs dans notre pays. Mais ces actes ont été trop nombreux pour que nous n’y voyions que la part d’horreur commise par quelques individus pervers. Recensés sur une longue période et dans une population nombreuse, nous devons reconnaître qu’il y a là un fait social qui doit être regardé avec lucidité. Nous devons mobiliser nos forces, nos énergies, notre intelligence et notre volonté, pour créer une culture où de tels drames ne soient plus possibles, pour faire de l’Église « une maison sûre » selon l’expression du Pape François.

Dans les décennies passées, il est arrivé que ces faits soient dénoncés, traités par la justice de notre pays et que leurs auteurs soient sanctionnés par la justice canonique de l’Église. Il est aussi arrivé que ces faits soient connus, portés à la connaissance de certains responsables ecclésiaux, et qu’ils aient été traités seulement par une admonestation au prêtre mis en cause, une promesse par celui-ci de ne pas recommencer, et un déplacement dans une autre paroisse, avec trop souvent de graves récidives. Il est arrivé aussi que de tels faits ne soient pas connus du tout ni des autorités ecclésiales, ni des familles, les enfants victimes n’en parlant pas ou n’ayant pu en parler ou en ayant parlé mais sans être écoutés. La CIASE nous aidera à mieux connaître ces situations diverses.

Un aspect important de ces agressions sexuelles et de ces abus spirituels est qu’ils ont été commis pour une part par des prêtres, des diacres, des religieux ou des membres de communautés qui ont aussi incarné, pour certains, le renouveau de l’Église. Des figures considérées parfois comme exemplaires et inspirantes ont été démasquées. Ce fut pour tous une terrible déception. Des études sont ouvertes, qui devront être prolongées, pour comprendre comment de tels phénomènes ont pu avoir lieu et ne pas être repérés.

La justice de notre pays et la justice canonique doivent être saisies de ces faits graves et inacceptables.

Nous sommes aujourd’hui mieux informés des procédures et nous voulons les mettre en œuvre sans délai. Nous savons que la saisine de la justice, tant civile que canonique, est une obligation et un bienfait nécessaire.

L’ampleur du traumatisme
Nous avons aussi découvert, il faut le reconnaître, l’ampleur du traumatisme vécu par les enfants et les jeunes agressés. Des vies entières ont été bouleversées, rendues compliquées et douloureuses.

Aujourd’hui l’amnésie due au traumatisme, conséquence grave et durable vécue par les personnes victimes et particulièrement les jeunes victimes, est un phénomène connu, étudié et avéré. L’impossibilité de faire mémoire, due à ce phénomène, nous permet de mieux comprendre pourquoi la parole advient parfois très tardivement et douloureusement.

Grâce à des personnes courageuses et des associations, des adultes qui avaient été victimes enfants ou adolescents ont pu révéler leur histoire. Depuis quelques mois, il apparait aussi que de telles agressions ont pu avoir lieu et peuvent avoir lieu dans toute la société, y compris hélas dans les familles et dans tous les milieux, et notamment là où il y a œuvre d’éducation : la relation éducative peut se transformer en une relation de pouvoir et, alors, s’accompagner d’abus et d’une domination sexuelle.

En termes éthiques, ces agressions sont des actes contraires au commandement « Tu ne tueras pas », car ce sont d’abord des atteintes à la vie dont l’impact ne disparait pas, et non pas seulement des manquements à la juste relation éducative de la part des adultes. Commis par des prêtres ou des religieux, de qui l’enfant ou le jeune attend légitimement la bienveillance et la bienfaisance du Christ lui-même, la vie de l’Esprit-Saint et le pardon de Dieu, de tels crimes prennent une force particulière, a fortiori lorsqu’ils sont commis dans un cadre sacramentel ou lorsque le prêtre est un ami ou un membre de la famille. Ils peuvent détruire toute la vie, y compris la vie spirituelle. Nous, évêques, reconnaissons que nos prédécesseurs n’ont pas toujours été assez attentifs au sort des enfants agressés. Sans prétendre que nous aurions fait mieux à leur place et en leur temps, l’Évangile que nous prêchons et dont nous essayons de vivre nous enjoint à l’attention aux plus petits. Le Christ, notre Seigneur, nous avertit que le scandale devant Dieu n’est pas la perte de réputation d’une personne ou d’une institution mais le fait de faire tomber, d’abîmer un « petit » et de l’empêcher d’avancer vers la bonté du Père. Nous implorons humblement pardon pour tous les cas d’indifférence ou d’incompréhension dont des responsables ecclésiaux ont pu faire preuve.

La lumière apportée par le témoignage des personnes victimes
Tous frères et sœurs en Église, nous devons porter attention aux personnes qui ont été victimes de telles agressions. Souvent, nous l’avons dit, elles n’ont pu parler ou, ayant parlé, n’ont pas été écoutées parce que leur agresseur était estimé, voire vénéré, par leurs parents ou leur entourage familial et social, par la communauté chrétienne. Témoigner de ce qu’elles ont subi est extrêmement courageux et exigeant. Ceux et celles qui s’y risquent ont droit à notre admiration et notre gratitude. Dénonçant des faits commis dans l’Église et par des ministres de l’Église, ils et elles rendent à l’Église un immense service : celui de pouvoir faire la lumière sur des ténèbres qui l’habitent et qu’elle transportait sans le savoir ou sans vouloir le reconnaître et regarder cela en face. Désormais, nous pouvons être plus lucides. Cette lumière est un don de Dieu dans sa miséricorde, qui nous appelle tous à la sainteté.

Nous, prêtres et évêques, ordonnés, nous recevons du Christ Pasteur et Serviteur un « pouvoir sacré ». Pour vous, fidèles, qui, avec nous, recevez la grâce de la foi, ce « pouvoir » est source de vie, de consolation, de force, de paix et de liberté intérieure. Or, de ce pouvoir, il est possible d’abuser. Comme tout pouvoir, celui-ci peut servir à exercer une emprise et à établir un rapport de domination. Or, le Christ, dont nous voulons être les serviteurs, est le Seigneur infiniment chaste, infiniment respectueux des personnes en leur liberté la plus intime. Il n’a jamais permis ni supporté que ses disciples prétendent soumettre d’autres hommes ou femmes. A la lumière de ce qui a été mis au jour ces dernières années, nous sommes conscients que les modes d’exercice du ministère sacerdotal et épiscopal et le discours qui les soutient doivent être passés au crible et renouvelés pour un service plus vrai du Peuple de Dieu.

 

Le devoir de l’Église entière vis-à-vis des personnes victimes
Les personnes victimes, quel que soit leur âge, à partir du moment où elles ont parlé ont besoin d’avancer dans un chemin d’apaisement et de reconstruction. Il y a là pour nous tous, membres du Corps du Christ, un devoir impérieux lié à l’appartenance commune des victimes et de leurs agresseurs à notre Église. Comme pasteurs, nous sommes responsables d’agir pour contribuer, autant qu’elles le souhaitent, à accompagner sur leur chemin de vie les personnes qui ont été ainsi agressées. Nous sommes conscients aussi que des parents, des frères et sœurs, des familles, des conjoints et des enfants ont souffert. Nous sommes conscients encore que tous nous sommes blessés dans notre foi, notre attachement au Christ, notre confiance dans le sacerdoce apostolique. Comme nous, vous êtes ébranlés, interpellés et avec vous nous souffrons pour l’Église. Dans le même temps, étant membres du Corps du Christ, nous sommes responsables les uns des autres devant Dieu, au sens où chacun répond de tous les autres. Nous sommes en effet donnés les uns aux autres par le Seigneur comme frères et sœurs.

C’est pourquoi, frères et sœurs, les mesures que nous avons à prendre pour que de tels faits ne se reproduisent pas et pour aider les personnes victimes dans leur chemin personnel nous concernent tous. Elles n’auront de sens que si elles sont portées par nous tous. Nous, évêques, y avons travaillé depuis deux ans et demi notamment avec l’aide des groupes de travail mis en place à partir de janvier 2019 par notre Conférence avec la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) pour travailler sur la mémoire à garder de ces faits et de la manière dont ceux et celles qui ont été agressés ont pu survivre ; pour développer plus avant les mesures de prévention nécessaires ; pour recenser les étapes à suivre dans le traitement d’une plainte et accompagner les clercs accusés puis, le cas échéant, condamnés ou innocentés ; pour mettre au point le secours financier qui devra être proposé aux personnes victimes afin de les aider dans leur reconstruction quand elles en ont besoin.

Nous remercions vivement les personnes victimes qui ont accepté de travailler avec nous. Patiemment, nous avons appris à nous connaitre. Nous remercions aussi les professionnels et experts de la société civile qui nous ont aidés à avancer.

Nous nous sommes placés devant Dieu, scrutant ce qu’il attend de l’Église du Christ. Sa sainteté nous pousse à agir avec humilité mais aussi avec efficacité.

Ces mesures, nous les présenterons à la CIASE pour qu’à la lumière de ses études, elle les évalue et nous indique les ajustements nécessaires.

Nos décisions
Nous avons décidé trois séries de mesures lors de notre Assemblée plénière de mars 2021. Elles s’inscrivent dans une démarche générale destinée à franchir une étape décisive dans la reconnaissance de ces violences et la lutte contre ces abus.

Des mesures concernent notre relation avec les personnes victimes: nous devons et nous voulons les aider, humblement, dans les étapes et les moyens qui leur permettront d’avancer dans leur chemin de vie et de reconstruction.
D’où les décisions de :

continuer à travailler régulièrement avec les personnes victimes ;
sensibiliser et former de manière régulière à l’accueil et à l’accompagnement humain et spirituel des personnes victimes d’agressions sexuelles dans l’Église ;
proposer aux personnes victimes un secours financier qu’une instance d’assistance indépendante sera chargée d’attribuer dans la limite de nos moyens, selon les besoins exprimés par chacune de ces personnes ;
améliorer la formation initiale et continue des prêtres et de tous les acteurs pastoraux, surtout ceux et celles qui travailleront auprès des jeunes ;
améliorer nos moyens de suivre et d’accompagner les prêtres coupables dans les différents moments de leur vie ;
créer un lieu qui gardera vive la mémoire des faits commis et de la manière dont les personnes agressées ont pu vivre cette épreuve. Ce que les personnes victimes demandent le plus est l’assurance que l’Église travaille vraiment pour que de tels drames ne se reproduisent plus. Le lieu mémoriel sera donc aussi un lieu pédagogique pour former les générations futures à la vigilance sur les dérives possibles du pouvoir spirituel ;
consacrer une journée à la mémoire de ces faits et à la prière pour les personnes victimes, chaque année, le 3ème vendredi de Carême.
Des mesures visent au renforcement de nos procédures de justice canonique. Celles-ci ne dispensent pas du recours à la justice étatique. Nous avons décidé de mettre en place un tribunal pénal au niveau national pour disposer des moyens nécessaires afin d’agir avec une efficacité qui a pu faire défaut jusqu’à présent.
Des mesures concernent l’organisation de la Conférence des évêques et s’ajoutent à celles prises depuis 2016 : nous mettrons en place un Service dédié « à la promotion de la vigilance et à la formation à la juste relation pastorale » ainsi qu’un Service national d’écoute.
 

 

Notre appel
L’appel que nous vous lançons est double.

 

Soyons tous vigilants et actifs pour faire de notre Église une « maison sûre »
Par la lecture de cette lettre, vous prenez avec nous la mesure du phénomène tel que nous l’avons découvert et compris. Il nous reste à recevoir le rapport de la CIASE. Des victimes parleront au-delà, bien sûr, car le temps de la parole ne peut être identique pour tous.

Le silence, l’indifférence, une déférence non ajustée, ne doivent plus l’emporter sur le devoir d’interpeller voire d’alerter quand est repéré un problème de comportement de la part de qui que ce soit : prêtre, diacre, religieux ou laïc, bénévole ou salarié, animateur ou participant, responsable ou fidèle, homme ou femme. Soyons attentifs autour de nous, acceptons de nous former, surtout dans l’exercice de responsabilités en contact avec des jeunes et des enfants. Soyons vigilants dans les paroisses, communautés, mouvements, les uns vis à vis des autres.

La conversion pastorale de nos diocèses nous offre des occasions de réfléchir sur nos modes de fonctionnement en diocèses, en paroisses, dans nos communautés et mouvements. A tous les niveaux nous devons nous interroger sur les possibilités de dérives, d’emprise, d’abus, de maltraitances voire de violences et vérifier qu’il existe des supervisions, des contrôles, des regards tiers, et la possibilité de la correction fraternelle entre nous.

N’hésitons pas à confier au Seigneur dans la prière ce sujet grave et important. N’oublions pas d’intercéder pour les personnes victimes et de demander le secours de Dieu pour son Église.

Aidons les personnes victimes
Au nom de l’unité du Corps que nous formons dans le Christ, nous devons ensemble apporter aux personnes victimes les aides dont elles ont besoin, et mettre en œuvre les différentes mesures ci-dessus exposées, nécessaires pour renouveler en vérité notre Église. Pour financer toutes ces actions de mémoire, de prévention, de soutien, il faut réunir les fonds nécessaires.

Nous sommes conscients que nous ne pouvons pas utiliser les dons des fidèles à des fins que ceux-ci n’ont pas choisies. Par exemple, le Denier de l’Église ne sera pas employé à cet usage. Pour permettre à tous les baptisés de manifester leur fraternité et leur solidarité aux personnes victimes dans l’Église catholique, nous constituons un fonds de dotation spécifique qui financera l’ensemble de ces mesures et vérifiera le juste usage des sommes collectées. Nous évêques y contribuerons en premier lieu, à titre personnel. Nous appelons tous ceux d’entre vous qui le voudront bien, à y contribuer également.

Chers frères et chères sœurs, fin septembre prochain, la CIASE remettra son rapport aux évêques et à la Conférence des religieux et religieuses, qui l’ont créée ensemble. Ce sera un moment difficile pour ceux et celles qui ont été victimes de tels crimes. Ce sera pour nous tous, spécialement pour les clercs, pour les religieux et religieuses, un moment délicat.

Comme l’a souligné le Pape François dans sa lettre au Peuple de Dieu d’août 2018, « les abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées (est) un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les personnes victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants.(…) L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que Peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et leur esprit. (…) Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage ».

Dans le droit fil de cette invitation du Pape, nous vous avons, dans cette lettre, partagé ce que nous avons découvert et mieux compris et nous vous avons confié nos engagements, nos résolutions. Ils n’ont de sens, ils ne seront efficaces, que s’ils deviennent aussi les vôtres.

Nous vous exprimons notre honte et notre tristesse que ceux qui auraient dû être des pasteurs vous conduisant aux sources vives, aient pu être des dangers, destructeurs des « petits » confiés par Jésus. Nous renouvelons notre demande de pardon. Si vous n’avez pas été atteints par de tels faits, nous vous demandons de vous tourner avec nous vers ceux et celles qui en ont été victimes. Disons notre commune désolation devant les crimes commis et subis et notre profonde humiliation que des membres du Corps du Christ aient été si peu attentifs et parfois si peu prêts à entendre et à accompagner. Nous nous remettons au Seigneur qui juge et qui guérit et nous acceptons d’avance la lumière crue qui sera jetée sur notre Église. Pleins d’espérance aussi, nous croyons que cette vérité peut servir le renouveau que Dieu veut.

Nous exprimons notre confiance et notre reconnaissance aux prêtres, diacres, consacrés hommes et femmes qui se donnent chastement pour le service du Royaume de Dieu, pour tous les baptisés qui sont sur le chemin de Vie avec le Christ. Nous rendons grâce pour la confiance que vous nous faites et surtout pour votre foi dans le Seigneur Jésus, qui en notre chair a vaincu la mort.

Les évêques de France
25 mars 2021

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