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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 07:53
Nathalie Becquart

Nathalie Becquart

La religieuse française, ancienne responsable de la pastorale des jeunes et des vocations au sein de la conférence des évêques de France, réagit à sa nomination comme sous-secrétaire du synode des évêques.
Le Pape François a nommé ce samedi 6 février deux nouveaux sous-secrétaire du synode, parmi lesquels une femme, et une française, sœur Nathalie Becquart. Cette religieuse xavière, ancienne responsable de la pastorale des jeunes et des vocations au sein de la Conférence des Evêques de France était nommé consultante pour le synode des évêques en 2019. Nous l’avons joint au téléphone, elle nous livre sa première réaction :
Je n’aurais jamais imaginé cela, je fais l’expérience que l’Esprit-Saint est plein de surprises. Je suis assez impressionnée et en même temps je reçois cela comme un appel de l’Église et du Pape François qui vient rejoindre un appel intérieur que j’entendais depuis plusieurs années à servir la synodalité. Je viens de passer un an et demi à faire un travail de recherche sur la synodalité au Boston College et cet appel est venu me rejoindre dans ce travail-là. Il y a eu aussi l’expérience du synode des évêques sur les jeunes, qui a été pour moi un moment très fort, mon expérience à la conférence épiscopale à la pastorale des jeunes. Donc, c’est avec tout cela que j’aborde cette nouvelle étape que je perçois vraiment comme une nouvelle aventure.

Comment recevez-vous ce geste de confiance du Saint-Père ?
Je suis très touchée par cette confiance du Saint-Père qui me fait toucher du doigt quelque chose du don de Dieu, qui se donne d’appel en appel ; touchée aussi de rejoindre l’équipe du cardinal Mario Grech. J’étais déjà un peu en lien avec elle puisque j’ai été pendant deux ans consultrice du Secrétariat général du Synode.
Cela tombe sur moi mais je le reçois aussi comme un signe de confiance pour les femmes dans l’Église, pour les religieuses, et plus largement aussi pour les laïques, en réponse à tout ce qui s’est dit durant les derniers synodes et sur lequel le Pape insiste beaucoup: l’enjeu d’associer les femmes aux prises de décisions et au discernement dans l’Église.

Qu’est-ce que cela représente pour vous justement d’être la première femme à ce poste ?
Je le reçois comme un surcroît d’exigence spirituelle. Plus on a de responsabilité, plus on doit se mettre au service. Ce qui est bon et aidant pour moi, c’est d’avoir déjà vu des femmes sous-secrétaires, puisque dans mes années à la conférence épiscopale, j’ai eu l’occasion d’être en lien avec les dicastères des champs de mission que représentait le service Jeunes et Vocations, à savoir la congrégation pour la Vie consacrée (…), la section Jeunes du dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie où travaillent deux femmes laïques sous-secrétaires. Avoir vu ces figures de femmes qui exercent ce type de mission, je sens que cela m’aide.

Concrètement, quelle sera votre mission et quelle contribution espérez-vous apporter ?
La mission du sous-secrétaire, telle qu’elle est définie dans la Constitution apostolique Episcopalis communio, promulguée en 2018, est vraiment d’être l’adjoint du secrétaire général en l’accompagnant dans toutes ses missions. Là, ce qui est heureux, c’est que nous sommes deux à être nommés et nous serons amenés à travailler ensemble avec le cardinal Mario Grech. J’aime beaucoup travailler en équipe diversifiée, je l’ai toujours fait dans mes différentes expériences ; et pour moi, l’enjeu c’est cela: travailler ensemble en Église, hommes, femmes, prêtres, évêques, laïcs, religieux, religieuses, dans la diversité des vocations.

Cette nomination intervient alors que votre congrégation, celle des Xavières, fête son centenaire…
Je reçois aussi cette nomination comme religieuse xavière, portée avec toute ma communauté qui vient d’entrer dans son centenaire, ouvert le 4 février. Et je crois que cet appel à la synodalité rejoint beaucoup le charisme des xavières qui est de faire le lien entre l’Église et ceux qui en sont loin, travailler à la réconciliation et à l’unité. Donc c’est aussi avec cette vocation de xavière que j’ai le désir de servir au mieux cette nouvelle mission pour la synodalité dans l’Église. 

Entretien réalisé par Marine Henriot- Cité du Vatican 

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 13:15

Monseigneur Luc CREPY, évêque du Puy en Velay et membre de la commission épiscopale de la Mission de France, est nommé évêque de Versailles 

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 07:31
Cardinal Pietro Parolin, le 3 septembre 2020. WAEL HAMZEH/EPA

Cardinal Pietro Parolin, le 3 septembre 2020. WAEL HAMZEH/EPA

Dans un entretien diffusé sur KTO vendredi, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, craint que le projet de loi actuellement à l’étude en France provoque un déséquilibre dans les relations entre l’État et les religions.
C’est la première fois que le Saint-Siège s’exprime à un aussi haut niveau sur le projet de loi sur le séparatisme. Dans un entretien diffusé vendredi 29 janvier par la chaîne KTO, et enregistré deux jours plus tôt à Paris, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, ne cache pas ses réticences quant au projet actuellement discuté en France.
« Je me demande s’il est nécessaire d’arriver à une loi, affirme-t-il. Il y a sans aucun doute un problème avec l’islam radical, et une réponse à y apporter. » Mais selon le cardinal Parolin, le projet de loi français constituerait en fait une mauvaise réponse à une bonne question : « D’après ce que j’ai compris, cette loi risquerait de mettre aussi un peu en discussion les équilibres qui se sont créés tout au long de ce siècle, depuis 1905. » Un déséquilibre qui « risque de toucher toutes les religions », craint le numéro 2 du Saint-Siège.
« Des conséquences ou des effets qui pourraient être, disons, au moins problématiques »
« Je ne sais pas s’il y aurait d’autres manières (de lutter contre l’islam radical, NDLR), par exemple par des mesures d’ordre public (…) mais sans créer des conséquences ou des effets qui pourraient être, disons, au moins problématiques », ajoute le cardinal Parolin.
Séparatisme : l’Église catholique s’inquiète des effets du projet de loi
Auditionné début janvier à l’Assemblée nationale, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, avait lui aussi mis en garde contre d’éventuels effets pervers du projet de loi notamment concernant la place des religions dans la société française ou le caractère répressif du texte. « Ce projet de loi me laisse bien embarrassé », avait-il même lancé aux élus.
« La réforme, de fait, est déjà réalisée »
Au cours de cet entretien avec KTO, le cardinal Parolin est également interrogé sur la réforme de la Curie qui, estime-t-il, « a fait de remarquables pas en avant ». « La réforme, de fait, est déjà réalisée », estime-t-il, en citant notamment le volet économique de cette réforme, comprenant notamment la création d’un conseil pour l’économie, d’une secrétairerie pour l’économie et d’un bureau de réviseur général.
Quand ces changements seront-ils gravés dans le marbre avec une nouvelle Constitution ? « Je crois que le travail est fait. Le Saint-Père n’a pas décidé d’une date précise mais je pense que ça ne tardera pas trop », répond le cardinal, avant d’affirmer que le texte sera publié « probablement avant la fin de l’année ». La nouvelle Constitution, qui fixera certains nouveaux fonctionnements de la Curie, à l’étude depuis l’élection du pape François en 2013, est annoncée comme imminente depuis plusieurs mois.
Le pape invité à Marseille à la Toussaint 2021
Enfin, questionné sur une éventuelle visite du pape François en France, le cardinal Pietro Parolin livre une réponse prudente : « Le pape a été invité plusieurs fois. (…) Il a dit qu’il va venir. (…) Peut-être il s’agit de trouver l’opportunité, mais il y a une disponibilité et un désir du pape de venir visiter la France. Ne me demandez pas la date, je ne peux pas vous dire. » Le pape François a notamment été invité à Marseille à la Toussaint 2021.

Loup Besmond de Senneville (à Rome) 

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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 10:43
La bibliste Anne-Marie Pelletier • CORINNE SIMON/CIRIC

La bibliste Anne-Marie Pelletier • CORINNE SIMON/CIRIC

[Interview] Le pape François a officialisé la possibilité pour les femmes de dire les lectures durant la messe ainsi que de participer au service de l’autel ou de donner la communion. Révolution ou normalisation ? Les explications de la bibliste Anne-Marie Pelletier.

Faire une lecture pendant la messe, être servante d’autel ou donner l’eucharistie : pour toutes ces tâches, les femmes peuvent maintenant recevoir une mission spécifique et stable de l’Église. C’est ce qu’instaure la lettre apostolique sous forme de motu proprio Spiritus Domini, rendue publique par le pape François lundi 11 janvier, en ouvrant le ministère institué de lecteur et d’acolyte, jusqu’ici réservé aux hommes, à tous. Une évolution qui officialise des pratiques déjà courantes dans de nombreuses églises de par le monde.
Cette évolution s’inscrit dans un « développement doctrinal », estime le pape dans une lettre qui accompagne cette modification du droit canon, qui « a mis en évidence le fait que certains ministères institués par l’Église ont pour fondement la condition commune du baptisé et du sacerdoce royal reçu dans le sacrement du baptême ».
« Dans l’horizon de renouveau tracé par le concile Vatican II, il y a aujourd’hui un sentiment d’urgence croissant pour redécouvrir la coresponsabilité de tous les baptisés dans l’Église, et en particulier la mission des laïcs », précise François avant d’ajouter : « Le fait d’offrir aux laïcs des deux sexes la possibilité d’accéder aux ministères de l’acolytat et du lectorat, en vertu de leur participation au sacerdoce baptismal, augmentera la reconnaissance, également à travers un acte liturgique (institution), de la précieuse contribution que depuis longtemps de très nombreux laïcs, y compris des femmes, offrent à la vie et à la mission de l’Église. » Ce changement arrive dans un contexte particulier : la question des ministères des femmes dans l’Église fait l’objet d’une étude particulière au Vatican ces dernières années, notamment avec la mise en place de la commission historique vaticane sur le diaconat en avril dernier. L’une de ses membres, la bibliste française Anne-Marie Pelletier, prix Ratzinger de théologie en 2014 et auteure du récent l’Église, des femmes avec des hommes (Cerf), analyse pour La Vie les implications de ce motu proprio.
Le pape modifie le droit canon en ouvrant la possibilité aux femmes de se voir confier un ministère de lectorat et d’acolytat. De quoi parle-t-on ?
Le ministère de lectorat concerne la proclamation de la Parole de Dieu, au cours de la célébration de l’eucharistie, hormis celle de l’Évangile qui revient au prêtre ou au diacre. Quant au ministère d’acolyte, il est en rapport avec le service de l’autel, donc aux actes qui sont nécessaires pour assister l’officiant, en particulier distribuer la communion, mais aussi porter solennellement l’évangéliaire ou le cierge.
Qu’est-ce qui change, en pratique ?
Ces gestes ne relèvent plus, depuis 1972 et le motu proprio Ministeria Quaedam de Paul VI, des ordres mineurs qui étaient des étapes vers l’ordination presbytérale. Ils sont devenus accessibles aux laïcs. À condition que ces laïcs soient des hommes, spécifiait le droit canonique ! Une disposition bien dans l’air d’une longue tradition défavorable aux femmes mais qui, heureusement, nous apparaît aujourd’hui intenable, pour ne pas dire scandaleuse. Non seulement les femmes, on le sait, sont soigneusement tenues à l’écart de la prêtrise, mais on ajoutait alors une discrimination hommes/femmes jouant à l’intérieur même du laïcat. Le bon sens anthropologique et théologique fait d’ailleurs qu'un grand nombre de communautés a adopté des pratiques où les filles et les femmes remplissent depuis longtemps ces tâches à la fois avec gravité et naturel. Loin d’une logique de revendication ou de rivalité. Une réalité que le pape François légitime.
Dans tous les lieux, nombreux, où l’on vit cette parité baptismale, sa justesse sera confirmée.
Est-ce que cela va se traduire par un bouleversement des pratiques dans les églises ?
Dans tous les lieux, nombreux, où l’on vit cette parité baptismale, sa justesse sera confirmée. Ailleurs, il devrait y avoir matière à approfondir la réflexion. Nous continuons ici ou là à être embarrassés de très anciens préjugés relatifs à une prétendue impureté des femmes qui les rendrait inaptes au service de l’autel ! Occasion d’en finir avec ces fantasmes. En fait, au niveau des pratiques, ce texte nous rend à une relation simplement normale entre les sexes, que l’Église a un besoin urgent de retrouver.
Il a cependant une valeur symbolique incontestable dans la mesure où il permet que les femmes accèdent ainsi à des ministères institués, auxquels seuls les hommes pouvaient prétendre. Là est la nouveauté. Il ne s’agit plus seulement d’envisager et de permettre une participation extraordinaire des femmes à l’action liturgique, comme cela se fait largement. C’est la réalité d’un ministère institué qui est légitimée. Canoniquement nous franchissons une frontière. Et c’est tout à fait heureux. Nous sortons d’une certaine phobie où les femmes devraient rester à la marge de l’institutionnel, de peur que soit remis en question l’ordre clérical.
Comment ce changement s’inscrit-il dans les réflexions de la commission historique vaticane sur le diaconat ?
La pandémie a compliqué les travaux de cette commission, qui n’a pas encore pu se réunir. Mais ce motu proprio relance en effet des questions à proximité des débats sur un diaconat féminin. Là aussi, la dissymétrie discriminante entre hommes et femmes n’est plus tenable. Le monde catholique se disqualifie en se cramponnant à semblable exclusion. Reste que, dans ce cas, le débat va se faire plus difficile dans la mesure où le diaconat des hommes est objet d’une ordination. Les femmes diacres pourraient-elles être ordonnées dans cette diaconie ? Il nous faudra veiller en tout cas à ne pas tomber dans le piège qui ferait du diaconat des femmes une version sous-dimensionnée de celui des hommes.

Interview de Sophie Lebrun


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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 09:29
Les dispositions récentes mises en œuvre par le gouvernement n’ont pas été jugées adaptées par le Conseil d’État.CORINNE SIMON/CIRIC

Les dispositions récentes mises en œuvre par le gouvernement n’ont pas été jugées adaptées par le Conseil d’État.CORINNE SIMON/CIRIC

Dans une décision rendue publique, dimanche 29 novembre au matin, le juge des référés-liberté a considéré les restrictions prévues par le gouvernement comme « disproportionnées » D’ici trois jours, un nouveau dispositif doit être mis en œuvre, plus conforme à la liberté de culte.
C’est à 11 heures, heure symbolique de la messe dominicale, que le juge des référés-liberté du Conseil d’État a rendu, dimanche 29 novembre, sa décision, enjoignant au gouvernement de revoir sa copie. « L’interdiction (de plus de trente personnes) présente un caractère disproportionné au regard de l’objectif de préservation de la santé publique et constitue une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte. »
Procédure
Lors de l’audience de référé-liberté tenue la veille à 15 heures, la Conférence des évêques de France et plusieurs requérants parmi lesquels Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris et Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, s’étaient élevées contre la « jauge » maximale de trente personnes lors des célébrations, quelle que soit la capacité du lieu de culte incriminé.
Si le juge administratif reconnaît que l’épidémie « continue à mettre en tension l’ensemble du système de santé » et que « la nécessité de réglementer les conditions d’accès et de présence dans les établissements de culte est établie », les dispositions récentes mises en œuvre par le gouvernement n’ont pas été jugées adaptées : « Il ne résulte pas de l’instruction que l’interdiction absolue et générale de toute cérémonie religieuse de plus de trente personnes (…) serait justifiée par des risques qui sont propres à ces cérémonies. »
Liberté de célébration
Le juge des référés souligne enfin que la comparaison avec d’autres lieux clos tels que les théâtres ou cinéma, n’est pas justifiée : « les activités qui sont exercées [dans les lieux de culte] ne sont pas de même nature et les libertés fondamentales qui sont en jeu ne sont pas les mêmes. » D’autant plus que la liberté de culte, comprise comme un droit individuel de tout individu « comporte également, parmi ses composantes essentielles, le droit de participer collectivement à des cérémonies, en particulier dans les lieux de culte. »
Dès l’annonce de la décision, la perspective de célébrations sans limitation du nombre de fidèles et dans le respect des règles sanitaires a été évoquée dans les différents diocèses. Nul doute que la situation sanitaire nécessite malgré tout des mesures strictes. Un protocole avait d’ailleurs été imaginé par les représentants des cultes pour permettre la réouverture des célébrations avec un maximum de prudence.
Dans un communiqué, la Conférence des évêques de France estime que « le droit a ainsi été rétabli et la raison reconnue. Elle forme cependant le vœu que le recours judiciaire reste l’exception dans le dialogue avec les autorités de notre pays ».
Un délai de trois jours
Le gouvernement doit maintenant écrire de nouvelles dispositions « en prenant des mesures strictement proportionnées d’encadrement des rassemblements et réunion dans les établissements de culte, et ce dans un délai de trois jours. » La rencontre d’ores et déjà programmée entre les représentants des cultes et le premier ministre ce dimanche 29 novembre à 18 heures, pourrait être l’occasion d’une explication franche et d’une préparation concertée des nouvelles dispositions.

Christophe Henning, 


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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 07:59
COMMUNIQUÉ DE MGR GUY DE KERIMEL, Evêque de Grenoble

Frères et sœurs,  
Hier, le Premier ministre a confirmé la jauge de 30 personnes par messe jusqu’à nouvel ordre. Cette décision nous est incompréhensible et semble bien arbitraire ; elle met une nouvelle fois notre patience à rude épreuve. Un référé a été déposé dès ce matin par le président de la Conférence épiscopale, et Mgr de Moulins-Beaufort doit rencontrer le Premier ministre dimanche. Nous restons donc mobilisés pour le respect des libertés fondamentales : la gestion des diverses crises que traverse notre monde a tendance à les rogner. 
 Cependant, dans cette période éprouvante, n’oublions pas ceux que le virus atteint plus ou moins gravement, ceux qui sont menacés de perdre leur emploi, ceux qui se retrouvent dans une grande précarité, ceux qui vivent dans la grande angoisse du lendemain, qui ne mangent pas à leur faim, qui n’ont pas de toit pour dormir. N’oublions pas les droits fondamentaux de tous ceux qui sont atteints fortement dans leur dignité. Notre combat pour la pleine liberté de culte serait incompréhensible lui-même s’il n’était pas totalement solidaire de tous ceux qui sont éprouvés par les crises. Ne soyons pas une Eglise autoréférencée, mais une Eglise au cœur du monde, une Eglise engagée pour le bien de tous et la dignité de toute personne humaine. La liberté de culte est à situer dans les droits fondamentaux qui constituent le bien commun d’une société. 
 En attendant et pour ce premier dimanche de l’Avent, il nous faudra nous adapter à cette jauge de 30 personnes et ce quels que soient la taille de nos églises et le nombre de pratiquants habituels et continuer à être exemplaires dans le respect des gestes barrières face à la menace sanitaire sérieuse qui perdure. (…)
Malgré la situation, entrons généreusement dans ce temps de l’Avent en continuant à nous enraciner dans la Parole de Dieu. Dans cette marche vers Noël, continuons à grandir dans la Foi, l’espérance et la charité et restons unis les uns aux autres en nous portant fraternellement dans la prière et demandons à la Vierge Marie de nous libérer de cette pandémie. Je vous invite à une neuvaine de prière, par l’intercession de Marie Immaculée, pour demander la fin de la pandémie.  
« Levez les yeux et regardez ! » (Jean 4, 35) ; « Relevez la tête, car votre rédemption est proche » (Luc 21, 28) : sachons voir plus haut et plus loin, c’est ainsi que nous pourrons remplir notre mission en ce monde.  
 
† Guy de Kerimel 
Évêque de Grenoble-Vienne 
Le 27 novembre 2020
 
 
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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 09:53
Contribution de Jean-Pierre DENIS au débat sur l’interdiction des messes

Contribution de Jean-Pierre DENIS au débat sur l’interdiction des messes
Journaliste catholique sur twitter

Manifester pour la messe ? Sans doute, la majorité des gens, y compris des catholiques, ne comprennent plus que la nourriture sacramentelle est un bien de première nécessité. Beaucoup veulent aussi ignorer que la liberté de culte est un droit constitutionnel.
Lors du premier confinement, des militants et des associations (de tendance intégriste) ont obtenu que ce droit fondamental soit reconnu. Tant mieux. Lors du deuxième, les évêques on perdu devant le Conseil d’Etat. Tant pis. Sans un certain légalisme, plus de démocratie.
Les mesures prises cette fois n’entraînent ni la disparition de la vie sacramentelle et de l’activité apostolique ni l’impossibilité de se recueillir devant le Saint-Sacrement. Elles empêchent les rassemblements, pas le culte. Elles se veulent proportionnées.
Cependant le choix de demi-mesures rend ce confinement beaucoup plus contestable. Les journaux oui, les livres non. Amazon oui, la petite mercière non. Le tabac oui, les fleurs non. Le marché oui, la messe non. D’où un sentiment général et plus fort d’injustice. Le problème est là.
Des militants descendent dans la rue. Manifester est un droit même pour les catholiques ! Mais si les évêques ont bien fait d’agir en justice, ils font bien aussi de rester dans la discussion constructive et le sens des responsabilités. Face à l’épidémie, tu choisiras la vie.
Charybde, la secte : instrumentaliser la messe à des fins idéologiques ou politiques, jouer aux faux résistants, se faire plus cathos que l’épiscopat. Sylla, la démission : donner à penser que la messe est un loisir, comme d’aller au cinéma. Une « activité ». Une option.
Comme au cours du premier confinement, la messe me manque. Mais j’y vois une invitation à une Église en sortie, missionnaire, allant aux carrefours existentiels. Service des pauvres. Témoignage personnel de foi. Annonce du Salut. Rien de cela n’est interdit. Fratelli Tutti.
Par ailleurs dimanche comme beaucoup j’ai regardé la messe sur France 2 et c’était très bien 


Jean-Pierre Denis
@jeanpierredenis

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 11:20
Prendre notre part aux épreuves du pays

Les mêmes choses produisent les mêmes effets : devant l’interdiction des liturgies publiques, exceptées les obsèques, des catholiques expriment leur souffrance. Elle est naturelle, l’eucharistie et l’assemblée chrétienne nourrissent notre foi. Oui, nous vivons un manque, oui, ceci est douloureux, oui, l’eucharistie est essentielle à la vie chrétienne. Cependant, la circulation du virus est-elle une invention ? L’Etat en prend-il prétexte pour mettre en place un régime d’encadrement des libertés, dont la liberté religieuse ?
Il est légitime qu’un Etat, en fonction des données dont il dispose, dans le respect des lois et des règles, impose des mesures qui sont au bénéfice de tous, y compris des mesures, et c’est le cas cette année, qui restreignent des libertés publiques. Il est bien entendu possible d’estimer que ces mesures ne sont pas légitimes, ou sont excessives ; dans de pareils cas, il revient à la juridiction administrative de dire le Droit.

Ce qui me gêne, au-delà d’éventuelles procédures, toujours possibles, c’est un discours que je n’hésite pas à qualifier de malsain.
On entend ou on lit que les mesures de restriction des cultes ne seraient pas dictées par des impératifs sanitaires mais l’expression d’un Etat laïc qui n’aurait de cesse d’encadrer voire de contrôler les cultes. Même en dehors du confinement, certains aiment à dire les chrétiens, sinon persécutés en France, mais au moins ne pouvant disposer d’une vraie liberté.
Rendre compte de sa foi est par nature toujours difficile et exigeant ; pour autant, soyons honnêtes, qui peut, en France, se dire persécuté en raison de ses convictions et pratiques religieuses ? Ceux qui le prétendent, ce sont les tenants de l’islamisme politique, qui, depuis l’étranger, décrivent la France, sa laïcité, son Etat comme persécuteurs de l’islam.
Alors qu’il est urgent que les musulmans français et vivants en France, ses responsables en particulier, affirment haut et fort qu’ils sont respectés et libres de vivre leur religion en France, il serait grave et même irresponsable que des catholiques adoptent un discours semblable, tout simplement parce que, non seulement il est dangereux, surtout il est faux.

Depuis trop d’années, des personnes, des groupes, ont trouvé une identité en se qualifiant de « discriminés », « victimes » de phobies diverses. Un minimum de lucidité permet de savoir qui sont les vrais pauvres, en moyens matériels, en qualité de l’habitat ou de vie familiale. Cette même lucidité permet de ne pas se tromper au sujet de ceux qui attentent à des chrétiens, non pas l’Etat, qui exerce sa mission protectrice, et qui doit en répondre devant le peuple et la Loi, mais les tenants de l’islam politique.

+ Pascal Wintzer
Archevêque de Poitiers

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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 21:05
Frédéric HENRY, Mgr Pascal DELANNOY et Patrick BONNE

Frédéric HENRY, Mgr Pascal DELANNOY et Patrick BONNE

Frédéric HENRY, paroissien de Vernon Notre Dame jusqu'en 2016 accompagnateur de groupes de jeunes confirmands a été ordonné diacre par Monseigneur Pascal DELANNOY , évêque de son diocèse, dimanche 25 octobre 2020 à 15h30 en la basilique cathédrale de Saint Denis.
Voici l'interview publié le 9 octobre dernier sur le site de sa paroisse Notre Dame de Lourdes (Bondy et Pavillons sous bois en Seine Saint Denis) :

Frédéric, pouvez-vous vous présenter ?
Je suis né il y a 59 ans à Saint-Denis… de La Réunion ! Donc à la fois africain et ultramarin. Cependant mes racines familiales sont en Lorraine à Commercy. Nous sommes arrivés aux Pavillons-sous-Bois depuis plus de quatre ans, venant de la proche Normandie.
J’ai fait des études d’ingénieur BTP, un peu comme le fils du charpentier qui évoque souvent les questions de construction dans les évangiles !
Marié depuis 32 ans à Laurence, nous avons cinq enfants et bientôt quatre petits-enfants.

Qu’est-ce qu’un diacre ?
C’est d’abord un serviteur de Jésus-Christ pour ses frères et l’Église, à l’image du Christ serviteur. Il s’appuie sur un trépied : la liturgie, la Parole et surtout la charité.
Il reçoit le premier degré du sacrement de l’ordre.
Comme il est souvent marié et dans le monde professionnel, sa mission est d’être aux portes de l’Église pour accueillir ceux qui sont au seuil.

Pourquoi avoir choisi d’être ordonné diacre ?
Au départ, on ne choisit pas d’être diacre, on est interpellé, par exemple par son curé.
Pour ma part, j’ai été interpellé par Monseigneur Nourrichard, évêque d’Evreux car à l’époque j’habitais dans ce diocèse.
Ensuite, il y a un temps de discernement sur une ou plusieurs années, en discrétion, afin de prendre conscience de cet appel et d’y répondre par un oui ou par un non en toute liberté.
Pour moi, cela a été une grande joie et le oui a été facile.

Avez-vous suivi une formation pour devenir diacre ?
Comme on engage dans certains domaines l’autorité de l’Église, il est important d’être formé. Et notre intelligence a aussi besoin d’être éclairée pour croire et aimer.
De mon côté, j’ai repris des fondamentaux de la foi en Normandie, au monastère du Bec Hellouin puis une fois arrivé en région parisienne, j’ai suivi la formation en vue du diaconat pendant quatre ans avec d’autres personnes interpellées et appartenant à des diocèse de la région parisienne. Après l’ordination, il y aura encore deux ans de formation. Cette formation se fait en lien étroit avec l’équipe d’accompagnement du diocèse.
Laurence, ma femme, a suivi toutes les formations car le jour de l’ordination, elle devra donner en toute conscience son accord.
Les cours ont porté sur de très nombreux sujets : Bible, exégèse, sacrements, christologie, théologie morale, etc. Il y eut aussi de nombreuses rencontres : aumônier de prison, aumônier de roms, évêques, franciscains, théologiens, liturgistes etc. Ce fut passionnant !
Quel rôle allez-vous jouer dans votre paroisse en tant que diacre ?
Le rôle que me donnera mon évêque. Le diacre dépend en effet directement de son évêque qui, après avoir consulté diverses personnes, donne au nouveau diacre une lettre de mission à l’issue de la célébration d’ordination.

Pouvez-vous citer une parole de Dieu qui vous marque ?
Celle de mon mariage avec Laurence : « C’est moi qui vous ai choisis afin que vous partiez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15)

Quelle figure biblique, quel saint vous inspire particulièrement ?
Je prends Saint Jean-Baptiste qui se réjouit de la venue du Christ dès avant sa naissance, qui saura s’isoler et prendre du recul, qui annoncera le Christ et s’effacera devant lui, qui dira la volonté de Dieu sur le mariage jusqu’au don de sa vie.

Quel conseil donneriez-vous à un homme pensant devenir candidat au diaconat ?
Confiance : si Dieu le veut, tu seras ordonné.

Avez-vous une parole à exprimer aux paroissiens de Notre-Dame-de-Lourdes ?
« Confiance » (encore !)
Confiance dans l’Église pour suivre le Christ ressuscité.

Nous remercions Frédéric pour ce témoignage et pour son engagement au service de l’Église, prions pour que le Seigneur le guide dans sa nouvelle mission.

Patricia KAPLAN

Paroisse Notre Dame de Lourdes de Bondy et Pavillons sous bois (Diocèse de Sain Denis)

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 11:35
À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. © DR

À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. © DR

Olivier de Germay, évêque d'Ajaccio, va succéder à Philippe Barbarin et tenter de restaurer la confiance dans un diocèse de Lyon éprouvé.
Il aura fallu huit longs mois à Rome pour trouver un successeur à Philippe Barbarin. Pour remplacer l'archevêque de Lyon démissionnaire, mis en cause dans le retentissant scandale de pédophilie qui a traumatisé le diocèse de Lyon et ébranlé l'Église française jusqu'au Vatican, le pape François a nommé Olivier de Germay, le discret évêque d'Ajaccio.
Une nomination surprise qui a pris de court tous les pronostics y compris la conférence des évêques de France qui n'avait pas vu passer ce nom dans la short-list des nominables. L'intéressé confie avoir lui-même été étonné par la proposition. « J'ai reçu un appel du nonce le jour de mes 60 ans, c'est-à-dire le 18 septembre. Je l'ai ensuite rencontré à Paris où il m'a annoncé que le pape m'avait nommé archevêque de Lyon. Ç'a été une énorme surprise, pas un seul instant je n'avais imaginé une telle nomination. » On murmure même que plusieurs évêques ont décliné l'offre tant la tâche de restauration de la confiance et de l'image de ce diocèse semble ardue.
Pour tourner la page de ces années noires, Rome a choisi un profil de rupture. Une personnalité plus modeste, un nom beaucoup moins médiatique que Philippe Barbarin, un inconnu du grand public et des médias susceptibles de faire oublier l'exposition passée. Un évêque jeune (60 ans, dans l'Église, c'est jeune !) représentatif de la nouvelle génération, un homme de terrain qui saura aborder les questions de société d'un œil neuf et inscrira son mandat dans la durée.
Une personnalité modeste
Un homme au parcours atypique aussi, ancien militaire, ingénieur diplômé de l'école de Saint-Cyr à la vocation tardive mais ardente. « J'ai découvert ma vocation à l'âge de 30 ans. Cela a été un grand bouleversement, car j'étais officier parachutiste, destiné à faire carrière dans l'armée. J'ai été saisi par l'appel du Christ, prêt à tout quitter pour le suivre, ce que j'ai fait avec joie », raconte Olivier de Germay, « ma vie a basculé ce jour-là ».
À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. « C'est un homme très simple, d'accès facile, il ne met pas de barrière malgré sa fonction », rapporte Annonciade Andréani, présidente de RCF Corsica et ancienne directrice du collège-lycée Saint-Paul d'Ajaccio, « c'est un homme bienveillant, proche des gens, très ouvert, sans préjugés ». « En Corse, terre de tradition chrétienne, il n'a pas hésité à aller au-delà des gens, dans les villages, à se plier aux coutumes locales, à participer aux processions et aux célébrations, c'est comme ça qu'il s'est fait accepter », poursuit Annonciade Andréani. Malgré son passé militaire, l'homme sait également faire preuve d'une certaine modernité. C'est ainsi que, malgré sa fonction, il n'hésite pas à se déplacer à vélo dans les ruelles d'Ajaccio, à partir randonner sur les chemins de montagne, à faire partager son sens de l'humour en échangeant des bons mots sur son téléphone portable, ou encore à prendre position sur les sujets d'actualité. « Il fait passer l'humain avant toute chose, résume-t-elle.
Le capucin Emmanuel Auréjac, curé d'Alésia, décrit lui aussi « un homme d'une extrême simplicité » malgré le prestige de sa fonction. « Il vit de façon très austère, comme un moine, il est logé modestement, s'habille et se nourrit le plus simplement du monde, il est totalement dévoué au Christ ». Aux ors de la fonction, Olivier de Germay préfère le contact direct avec ses ouailles dans les villages de montagne qu'il sillonne au quotidien, où encore le partage de la vie pastorale de ses prêtres. « Il est comme l'un des nôtres, on sait que c'est lui l'évêque, mais il n'a jamais de comportements de supériorité, il reste prêtre », résume le père Auréjac. Des qualités qui lui seront utiles pour retisser les liens avec les nombreux fidèles éloignés de l'Église après les scandales d'abus sexuels.
« Il y a un énorme travail à réaliser dans ce diocèse »
Jeudi, devant la primatiale Saint-Jean de Lyon, la nouvelle de cette nomination est déjà commentée par les catholiques. « L'arrivée de ce nouvel archevêque va nous aider à tourner la page, à repartir sur de nouvelles bases », estime Jacques, septuagénaire qui reconnaît ne jamais avoir entendu parler de l'évêque de Corse. « Il y a un énorme travail à réaliser dans ce diocèse après tout ce qui s'est passé », commente de son côté Marie-Alice, mère de famille de 43 ans, « il y a de nombreuses pièces à recoller, de la confiance à retrouver pour ramener les familles au sein de l'Église ».
La messe d'installation du nouveau primat des Gaules aura lieu le 20 décembre prochain. En attendant, une messe sera célébrée en son honneur dès vendredi.

Catherine Lagrange

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