La mairie de Limoges incendiée, le 17 octobre 2026 - Melaine PAYZAL © 2019 AFP

La mairie de Limoges incendiée, le 17 octobre 2026 - Melaine PAYZAL © 2019 AFP

Colère, honte, peur, découragement… voici quelques-unes des émotions qui nous submergent après les violences de ce week-end d’octobre.

Faisons d’abord la distinction entre les manifestations qui ont réuni plusieurs centaines de milliers de personnes et les émeutes et pillages qui ont défiguré de nombreuses villes françaises. À des appels sur les réseaux sociaux tentant de ressusciter les gilets jaunes « contre la vie chère » s’est ajouté l’élan du mouvement lycéen auquel certains syndicats se sont joints opportunément et tardivement.

Beaucoup de cortèges se sont formés, certains sans déclaration préalable, sans itinéraire balisé et sans vrai service d’ordre. Une bénédiction pour les fauteurs de trouble, désormais coutumiers du fait, que l’on nomme de façon assez extensive « black-blocks » et dont l’objectif explicite est l’affrontement avec les forces de l’ordre dans une perspective révolutionnaire. C’est sur ce paysage déjà inflammable que se sont développés émeutes et pillages.

Analyser ce mécanisme n’est pas l’excuser. On peut comprendre le malaise qui s’exprime, défendre et protéger le droit de manifester, interroger les politiques de maintien de l’ordre et être choqué et même terrifié par la violence extrême qui a déferlé, le désir de saccage et la jouissance de la destruction, en particulier des lieux les plus emblématiques de la République que sont les mairies.

Que pouvons-nous faire ? D’abord, et c’est difficile, ne pas nous laisser vaincre par l’émotion. C’est le rôle de la politique au sens le plus noble du terme de nous faire sortir du registre des affects pour nous permettre d’entrer dans celui de la raison et du débat. La politique est le lieu de l’échange d’arguments, pas celui de l’invective et de la fureur.

La situation a une issue politique et un calendrier : dans six mois se tiennent des élections présidentielles et législatives. Une véritable campagne doit pouvoir être menée afin que nous puissions choisir, en connaissance de cause, un projet pour la France, et le légitimer par un vote majoritaire.

Ne soyons pas naïfs, il y a, à l’intérieur comme à l’extérieur, des forces qui veulent dégrader ce processus démocratique. Une France instable, c’est une Europe plus vulnérable. Nous savons à qui le chaos profite…

Christine Pedotti

22 octobre 2026

Directrice de la Rédaction de Témoignage Chrétien

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