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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 10:44
« Boycotter la France, c’est ignorer la réalité de ses idéaux » : l’appel d’intellectuels musulmans à « la concorde et l’union »

Le modèle français respecte l’universalité des valeurs sans opposer les communautés, affirme, dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels musulmans.
Tribune. Le récent appel d’entités de certains pays à boycotter les produits français est incompréhensible, choquant et injuste. Il représente un processus d’exclusion réalisant précisément le travers qu’il est supposé combattre. Qui pourrait raisonnablement dire que la France maltraite ses citoyens de confession musulmane ? Personne, hormis peut-être ceux qui voudraient instiller des germes de discorde au sein de la communauté nationale française.
Plus que jamais la concorde et l’union doivent prévaloir au sein de la communauté nationale française victime actuellement d’une série d’attentats innommables qui nous endeuillent tous. Nous, musulmans de France et d’autres pays méditerranéens, appelons au calme et à la raison.
Il y a deux sujets. D’une part, l’émotion suscitée par les caricatures du Prophète et les déclarations des autorités françaises sur ce sujet. D’autre part, les commentaires du président Emmanuel Macron dans un discours récent sur le séparatisme. Prenons-les un par un.
Les caricatures du Prophète. Les auteurs des appels au boycottage critiquent les caricatures du Prophète, les trouvant blasphématoires et dégradantes. Nous-mêmes, qui écrivons et signons ce texte, les trouvons vulgaires et choquantes. Mais, en France, le blasphème n’est pas un délit. Il peut donc être critiqué, mais pas interdit.
Depuis la Révolution de 1789, la liberté d’expression est protégée, comme le rappelle l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme. Des limites sont clairement énoncées par la loi, ne permettant ni d’injurier ni d’inciter à la haine comme le racisme. De fait, tout citoyen est libre de faire appel à la justice s’il estime que ces limites sont franchies, non pas au nom du droit au blasphème, mais au nom du respect de la dignité humaine, et ce quelle que soit la religion concernée, catholique, protestante, juive ou musulmane. Mais rien, en tout état de cause, ne permet d’utiliser la violence, ni dans la loi française ni dans l’islam.
A l’encontre du message coranique
Que certains musulmans se sentent offusqués et choqués par ces caricatures, nous l’entendons, mais nous rappelons que l’islam rejette aussi toute idolâtrie ou sacralisation d’une personne humaine. De fait, le Prophète Mahomet lui-même rappelait qu’il n’était qu’un messager. Il est à plusieurs reprises moqué, traité de fou, d’usurpateur ou insulté par ses opposants.
A aucun moment Dieu n’a appelé à tuer les auteurs de ces provocations, mais Il a incité à adopter un comportement sage et patient face à l’adversité : « Et Nous savons certes que ta poitrine se serre à cause de ce qu’ils disent. Glorifie donc Ton Seigneur par Sa louange et sois de ceux qui se prosternent, et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude. » (Coran XV, 97-99). Dieu encourage les premiers musulmans à ignorer ces attaques et à faire preuve d’intelligence : « Lorsque vous entendez que l’on renie les versets de Dieu et que l’on s’en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. » (Coran IV, 140).
Non seulement Dieu ne prescrit aucune vengeance, mais Il demande de ne jamais rompre les liens avec les auteurs de ces moqueries en se concentrant sur ce qui les unit et non ce qui les divise. Les meurtres pour défendre le Prophète, les violences et appels aux boycottages vont ainsi clairement à l’encontre du message coranique et relèvent de motivations profanes et politiques bien éloignées de la profondeur spirituelle et éthique de l’islam.
Ensuite, le sujet du discours du président Macron sur le séparatisme. Contrairement à ce qui a été dit ici ou là, ce discours ne critique pas l’Islam. Il critique l’islamisme, qui est une déformation de l’Islam. Critiquant l’idéologie islamiste, il respecte l’Islam, distinction qui a pu être mal comprise dans la traduction arabe.
Contrairement à ce qui a été dit ici ou là, à aucun moment le discours ne prétend réformer ou modifier l’islam. Le président de la République française est respectueux de chacune des religions. Et il est respectueux d’une tradition française, instaurée par une loi de 1905 : la séparation de l’Eglise, des églises, et de l’Etat. L’Etat français n’intervient pas dans la vie des églises, dans aucune d’entre elles.
Un idéal universel
Dans ce discours du 2 octobre, le président Macron a réaffirmé un certain nombre de mesures d’ordre public et de neutralité du service public et précisé des dispositions relatives au droit des associations et à l’école, piliers et creuset de notre pacte républicain français. Egalement, et surtout, il a insisté sur la nécessité de bâtir un Islam en France, Islam des Lumières, libéré des influences étrangères, structuré et transparent dans ses financements, et intégrant pleinement la part culturelle de l’Islam-civilisation, sans empiéter d’un pouce sur l’islam-religion.
Avec son discours refondateur, le président Macron a voulu rappeler que tous les Français doivent se savoir membres de la République française, notamment ses enfants les plus défavorisés ou en insécurité financière, sociale ou culturelle. Et rappelle à tous que le racisme, les discriminations et séparations n’ont pas leur place en France.
Nous, intellectuels engagés dans une volonté de concorde à l’échelon international, avons choisi de soutenir de telles idées témoignant d’un idéal universel, et dont l’Islam-civilisation est une des expressions. Nous avons salué en 2019 à l’Unesco, à l’occasion d’un colloque organisé par l’association L’Islam au XXIe siècle, une telle démarche visant à « faire un à partir de plusieurs » permettant, grâce à la culture, d’unir plutôt que diviser, de rassembler plutôt qu’ostraciser et exclure.
La diversité culturelle et religieuse est voulue par Dieu pour les hommes, lui qui énonce : « Si Dieu avait voulu, Il aurait fait de vous une communauté unique : mais Il voulait vous éprouver en Ses dons. Faites assaut de bonnes actions vers Dieu. En Lui, pour vous tous, est le retour. Il vous informera de ce qu’il en est de vos divergences. » (Coran, V, 48). Toute agression contre une religion est une attaque contre toutes les religions.
Mention nécessaire
C’est parce que la République en France ne « reconnaît aucun culte » qu’elle les protège tous. Selon l’article Ier de la Constitution de 1958, « la France est une République indivisible, laïque, démocratique, et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ». Alors que le général de Gaulle estimait que le caractère laïque était évident, son rédacteur, Michel Debré, aurait insisté auprès de ce dernier pour que ce soit mentionné. Plus de soixante ans plus tard, on mesure combien cette mention était nécessaire pour la France, un des seuls pays du monde à avoir inscrit l’égalité dans sa devise, et qui s’efforce de suivre ces idéaux.
L’accusation d’une soi-disant ingérence française violant l’intimité des consciences musulmanes est fausse
Nous, intellectuels venant d’horizons très différents, témoignons en faveur de cette probité française et de sa légitimité. Il ne s’agit pas de mots creux. Connaisseurs du monde, nous pouvons sans peine paraphraser et faire nôtre l’expression « heureux comme un musulman en France »… Car l’islam est une religion de conscience qui s’adresse directement à l’individu, chaque musulman étant « une Eglise » à lui-même, n’ayant de compte à rendre qu’à Dieu. « Croira qui voudra et niera qui voudra », nous dit le Coran (XVIII, 29), réaffirmant la valeur de l’individu. L’homme n’étant soumis qu’à Dieu, il est par essence non assujetti, en une forme d’émancipation universelle conforme à l’idéal républicain d’individus libérés de l’adoration ou de l’asservissement de leurs semblables.
C’est en cela que l’accusation d’une prétendue ingérence française violant l’intimité des consciences musulmanes est si fausse. Elle tendrait aussi à dénoncer la loi des hommes, comme voulant contredire la loi de Dieu. Mais en France, la liberté religieuse est la règle ! « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », nous dit la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
L’ordre politique et l’ordre religieux sont séparés en France, en plein respect des droits fondamentaux des citoyens. Distinguer ces deux ordres permet à la fois de respecter la transcendance des croyants et de limiter les prétentions de certains qui pourraient s’imaginer parler pour Dieu (et donc rivaliser avec lui).
Paradigme républicain
Observateurs de la société française, nous lui reconnaissons le fait qu’elle pose parfois des questions en avance sur son temps, en ayant en tête des considérations universelles. Certains peuvent considérer une telle attitude comme arrogante. Nous ne partageons pas ces critiques. Permettre à chacun de prendre en main son destin, tout en s’intégrant au sein d’un creuset républicain, représente à notre sens toute la beauté – et la difficulté – du paradigme républicain, nullement en opposition avec la croyance intime de chacun.
Au-delà de la prise en compte de la diversité des expressions culturelles, le modèle français respecte l’universalité des valeurs, sans opposer les communautés les unes aux autres… Le Coran affirme ce caractère unique de l’homme : « Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d’entre vous. » (Coran, XLIX, 13).
Le président Macron, suivant les bases républicaines, rappelle que nous sommes tous différents et tous égaux, garantissant l’universalisme de la réflexion, sans tomber dans les travers d’un relativisme culturel asservissant. C’est ainsi que nous dénonçons avec la plus grande force les attentats, violences, et manifestations de haine.
En suivant le philosophe Alain, battons-nous pour la Liberté, défendons l’Egalité, et promouvons la Fraternité : « Ne vouloir faire société qu’avec ceux qu’on approuve en tout, c’est chimérique, et c’est le fanatisme même. » Car la Fraternité fait le lien entre Liberté (ou mon autonomie) et l’Egalité (ou mon devoir éthique de respect de l’autre).
En conclusion, boycotter les produits français, c’est boycotter la France. Boycotter la France, c’est ignorer la réalité de ses idéaux, c’est méconnaître son respect des religions, celle du prophète et les autres. Il faut cesser le boycottage de la France et retrouver le chemin du dialogue, de l’écoute et du respect mutuel.

Signataires : Farid Abdelkrim, auteur et comédien ; Mohamed Bajrafil, islamologue et essayiste ; Sadek Beloucif, président de l’association L’Islam au XXIe siècle ; Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris ; Eva Janadin, déléguée générale de l’association L’Islam au XXIe siècle ; Hakim El Karoui, fondateur de l’Association musulmane pour l’Islam de France ; Khaldoun Nabwani, philosophe ; Tareq Oubrou, grand imam de Bordeaux ; Hachem Saleh, écrivain ; Youssef Seddik, philosophe, anthropologue des textes sacrés.

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 10:56
L'imam de Bordeaux Tareq Oubrou lors d'un débat à Auxerre (photo d'illustration). (JEREMIE FULLERINGER / MAXPPP)

L'imam de Bordeaux Tareq Oubrou lors d'un débat à Auxerre (photo d'illustration). (JEREMIE FULLERINGER / MAXPPP)

Tareq Oubrou insiste : "Rien ne justifie de tuer un innocent pour ses convictions, d'autant plus qu'il représente l'école, l'enseignement. Il représente la République."
"Je suis abattu parce que c'est un acte inqualifiable qui est perpétré au nom d'une religion qui n'a rien à voir avec un acte ignoble", a réagi vendredi 16 octobre sur franceinfo Tareq Oubrou, l'imam de la grande mosquée de Bordeaux, après qu'un professeur a été décapité devant un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). La religion musulmane "est en otage de ces comportements ignobles", a-t-il ajouté.
"Quelles que soient la pensée, la croyance, même l'insulte, la caricature de l'autre, rien ne justifie le fait de tuer une âme. C'est un péché mortel, capital que de tuer une personne comme ça, d'égorger comme ça, sous prétexte qu'il a montré les caricatures du prophète", déplore Tareq Oubrou.
"C'est devenu insupportable"
Est-ce que "le prophète, lui, serait content de cet acte ?", s'interroge l'imam bordelais, "ça n'honore pas la religion ni Mahomet." Tareq Oubrou se dit "doublement affecté, en tant que citoyen, en tant que musulman. Il n'y a aucune guerre des civilisations. Il y a des actes qui n'incombent qu'aux hommes qui les ont perpétrés."
"Toucher la République, c'est toucher à la société, c'est toucher à la paix, c'est toucher à la religion en tant que telle, parce que la religion, de par son essence, est la transcendance et l'altérité", souligne Tareq Oubrou.
"On est otage de ces comportements ignobles." Tareq Oubrou à franceinfo
La communauté musulmane "est dans un mauvais état", estime l'imam. "Nous sommes très affectés parce que chaque jour qui passe sans incident nous louons Le Seigneur. C'est devenu insupportable. On est entre le marteau et l'enclume".
"J'ai fait des serments sur la liberté d'expression de caricaturer, de blasphémer", ajoute Tareq Oubrou. "Dieu a voulu que les gens soient libres de le connaître ou pas. C'est même un droit divin." L'imam explique qu'il fait "de la théologie préventive". "On fait notre travail, mais on ne peut pas courir derrière chacun, chaque fou, chaque taré. Je ne sais pas si cet homme est normalement constitué. ces gens-là, je ne pense pas qu'ils ont leur cœur, ont effleuré la spiritualité et l'amour de Dieu. C'est impossible".

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 17:33
MESSAGE POUR LA FIN DU RAMADAN

À l'occasion de la fête de l'Aïd-el-Fitr, qui marque la fin du Ramadan, et qui cette année est célébrée entre la soirée du samedi 23 et celle du dimanche 24 mai 2020, notre évêque adresse un message à la communauté musulmane.

 Message pour l’Aïd-el-Fitr  1441/2020

Chers amis de la communauté musulmane,

Vous arrivez au terme d’un mois de Ramadan que vous avez vécu dans les conditions particulières imposées par la pandémie du COVID-19 qui a frappé le monde entier. Il en a été de même pour la Pâque de nos amis juifs, ainsi que pour le Carême et la Semaine Sainte des chrétiens. Cette situation nous a tous empêchés de vivre en communauté des moments importants de nos religions respectives. Pas de pèlerinages, non plus, que ce soit à Jérusalem, à la Mecque, à Rome ou à Lourdes.
Cependant, cette situation ne nous a pas empêchés de vivre notre foi, en particulier par la prière et par une attention plus grande à celles et ceux que l’épidémie mettait en grande difficulté du fait de leur santé, de leur âge ou de leurs conditions de vie. Le confinement auquel nous avons été contraints nous a permis de faire un pèlerinage spirituel et un pèlerinage du cœur. Nous avons pu redonner à Dieu la première place dans notre vie, et aussi une place plus importante à notre prochain. Car l’amour de Dieu et la charité à l’égard du prochain sont liés l’un à l’autre.
Au moment où vous allez célébrer l’Aïd-el-Fitr, je forme le vœu que la crise sanitaire actuelle produise de bons fruits dans nos vies personnelles et dans nos communautés respectives. Que notre foi en Dieu le Miséricordieux nous permette de continuer à œuvrer ensemble pour bâtir un monde de paix, de justice et de fraternité.
Soyez assurés, chers amis de la communauté musulmane, de ma prière pour chacun de vous, pour vos familles et vos communautés. Dieu soit béni !


Jean-Louis PAPIN,

Évêque de Nancy et de Toul

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 12:14
Normand d’adoption, le père Denis Chautard est une figure de Vernon, reconnu notamment pour l’aide qu’il apporte aux personnes en difficulté.

Normand d’adoption, le père Denis Chautard est une figure de Vernon, reconnu notamment pour l’aide qu’il apporte aux personnes en difficulté.

Pendant le confinement, des habitants de Vernon (Eure) ont relancé le débat sur la création d’un espace d’inhumation propre aux défunts de confession musulmane. Dans leur sillage, le père Denis Chautard en appelle à « la bienveillance » de la ville où il officie depuis vingt-sept ans.

« Je ne cherche pas la polémique. Simplement à être la voix de la paix » : le père Denis Chautard a pris la plume à deux reprises pour plaider la cause des musulmans auprès de la mairie de Vernon (Eure). Un espace commun pour les pratiquants de l'islam au sein d'un cimetière de la ville, c'est en effet le vœu formulé par certains habitants. Ils veulent pouvoir enterrer leurs morts en suivant leurs rites, dans un contexte où le rapatriement des corps des défunts dans leurs pays d'origine est devenu impossible.

La mairie est contre l'idée d'autoriser un carré informel dédié aux seuls fidèles de l'islam. « À Vernon, les cimetières doivent rester des lieux neutres et laïcs où tout le monde est logé à la même enseigne », a ainsi souhaité le maire François Ouzilleau, lors d'une permanence vidéo fin mars. « La mairie a fait des efforts, en négociant au cas par cas pour que les sépultures soient orientées vers La Mecque, reconnaît Denis Chautard. Mais elle ne veut pas que les tombes soient regroupées ensemble. Pourtant, il me semble qu'à Vernon, c'est possible. »

Attaché au dialogue entre les religions

Prêtre-ouvrier pendant des années, il s'est maintes fois frotté au monde hors de l'église. « Je préfère l'expression prêtre au travail », sourit l'Ardéchois en se remémorant son passé d'informaticien et d'enseignant à Grenoble, Paris et en Normandie. Parce qu'il a foi en « l'unité de la famille humaine », le religieux a fait venir rabbins et imams à Vernon et dialogue constamment avec les représentants de l'islam dans la ville.

Denis Chautard est aujourd'hui l'un des cinq aumôniers des principaux cultes de France officiant à la Préfecture de police de Paris, postes créés après les attentats de 2016 pour apporter un soutien spirituel aux forces de police. « Dans ce contexte et à d'autres moments, je parle avec des musulmans. Et je sais que le regroupement des morts, cela fait partie de la tradition musulmane très ancienne. Le fait que les âmes des défunts

 

Lou Garçon

 

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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 16:58
Bon mois de Ramadan à nos amis Musulmans

Ce jeudi 23 avril 2020 nos amis Musulmans s'engagent dans un mois de prière, de jeûne et de partage : le mois de Ramadan qui est un mois privilégié d'expression de foi et de retour vers Dieu pour les croyants de l'Islam.

Je viens les assurer de ma solidarité car je sais que pour tous les Musulmans sincères c'est une contribution à la Paix et à l'Amour entre les hommes. Dieu Grand et Miséricordieux accueille ce travail des hommes, femmes et enfants qui œuvrent pour que l'Amour sauve le monde.

Comment ne pas se sentir proche de tous ces croyants qui veulent donner le meilleur d'eux-mêmes ?

Je me souviens du témoignage d'un jeune ami Imam qui dans une rencontre inter-religieuse répondait à cette question : Pourquoi Dieu a t'il accepté plusieurs religions ? Tout simplement pour que les hommes "rivalisent" dans le bien !!

Bon et Saint mois de Ramadan à tous mes amis Musulmans !

Que Dieu vous bénisse et que son "visage s'illumine pour vous " !

Denis Chautard

Prêtre à Vernon (Eure)

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 11:28
Paris Normandie du 20 avril 2020

Paris Normandie du 20 avril 2020

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 10:28
Lettre à François OUZILLEAU, Maire de Vernon

Cher François OUZILLEAU

Maire de VERNON

 

Je vous remercie pour votre engagement au service de notre cité et de ses habitants et je vous adresse tous mes vœux de réussite pour votre deuxième mandat qui débute dans des conditions bien difficiles.

J’interviens très rarement dans les débats publics et sur les enjeux de société car je pense que cela relève d’abord de la conscience de chacun.

Je me permets de m’exprimer sur un sujet sensible et bien douloureux pour nos compatriotes de confession Musulmane à Vernon.

En effet en cette période de confinement ils ne peuvent plus rapatrier les corps de leurs défunts pour les enterrer dans leurs pays d’origine – comme c’était jusqu’à présent le cas pour 80% d’entre eux et ils ne peuvent pas enterrer leurs morts dans les carrés musulmans des grandes villes les plus proches (Mantes la Jolie…) faute de place.

A Vernon les cimetières ne comportent pas de « carré musulman » comme cela est rendu possible – sous conditions – par la loi.

Comme vous le savez les rites funéraires musulmans sont très importants pour cette communauté comme pour toutes les autres. La communauté musulmane est très attachée au fait que le défunt n’est pas « isolé » mais qu’il demeure ancré dans sa communauté, que les corps sont réunis au cimetière et orientés en direction de La Mecque.

Le fait de donner la possibilité à la communauté musulmane de regrouper les corps de ses défunts à l’intérieur du cimetière ne contrevient en aucune manière à la loi de la laïcité qui est l’un des piliers de notre république. Au contraire même, en respectant le culte musulman et en lui donnant sa juste place nous faisons œuvre d’une république qui s’enrichit de la diversité de ses enfants.

Il convient de nous rappeler que de nombreux musulmans sont morts pour la France – et en particulier au cours de la grande guerre (1914-1918) et qu’à la suite de cette guerre la mosquée de Paris a été construite pour rendre hommage à tous ceux – musulmans – qui ont donné leur vie pour nous.

Je vous serai particulièrement reconnaissant de l’œuvre de justice, de paix et de fraternité que vous ferez en direction de la communauté musulmane de Vernon.

Avec l’expression de mes sincères remerciements et celle de ma haute considération.

 

Père Denis CHAUTARD

Prêtre catholique à Vernon (Diocèse d’Evreux)

A Vernon, le 16 avril 2020

 

 

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11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 16:18
Bonne fête de l’Aïd El Kébir ce 11 août 2019

Musulmans de France, vous célébrez le jour où Dieu retint le geste d'Abraham qui s'apprêtait à donner la mort à son fils. Avec vous, les chrétiens de France honorent le Seigneur qui protège la vie. 

Avec vous, nous souffrons devant les illusions de ceux qui, se réclamant du Coran, sèment la violence sur tous les continents et chassent des famille entières de leurs maisons. 

Le nom d'Abraham réveille chez les chrétiens la volonté de Dieu de s'adresser à la multitude des hommes. Ils souhaitent unir leurs efforts aux vôtres pour que nous soyons ensemble au service du monde entier et, en priorité, au service des peuples qui souffrent de la guerre, de la faim ou du manque de liberté. 

Beaucoup d'entre vous connaissent le chômage et la misère. Avec vous, nous devons refuser tout système qui engendre la pauvreté. 

C'est la condition pour que la joie de l'Aïd déborde le temps de la fête et se propage dans la société tout entière. 

Aïd moubarak ! 

Michel Jondot et Christine Fontaine,
pour les chrétiens de la Maison Islamo Chrétienne

 

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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 06:26
MUSULMANS PRIANT DEVANT LA GRANDE MOSQUEE DE PARIS LORS DE L'AÏD EL-FITR -  ©FRED DE NOYELLE / GODONG

MUSULMANS PRIANT DEVANT LA GRANDE MOSQUEE DE PARIS LORS DE L'AÏD EL-FITR - ©FRED DE NOYELLE / GODONG

Les musulmans célèbrent ce mardi 4 juin la fin du jeûne, l’Aïd El-Fitr. Mais que signifie cette fête pour ces nombreux fidèles de par le monde ?

L’Aïd El-Fitr est également appelé « Aïd El-Séghir », la fête de la rupture. Elle correspond chaque année au premier jour du mois Chawwal du calendrier hégirien (islamique). Cette fête, synonyme de partage, de paix et d’amour, est l’occasion pour toute la communauté islamique de se souhaiter mutuellement « Aïd Moubarak ». Cette expression signifie bonne fête de l’Aïd ou “Que Dieu vous bénisse”. C’est l’un des jours les plus importants pour les millions de fidèles dans le monde.

Bien plus qu’une rupture du jeûne, c’est un moment chaleureux. Après la prière matinale et collective, les croyants vêtus de leurs plus beaux habits se rendent visite et se réunissent autour d’un repas. Ils se souhaitent les vœux et se félicitent du jeûne accompli et des bonnes actions effectuées.

Une grande fête

Les personnes non-musulmanes peuvent aussi participer à cette fête. Certains sont conviés chez leur ami pour déguster les mets, boire du thé, échanger sur les bienfaits de la vie et faire un bilan sur ce mois d’abstinence. D’ailleurs, dans les villes françaises certaines mosquées ouvrent leurs portes après la prière matinale pour laisser place aux visiteurs et personnes désireuses de connaître la tradition islamique.

Cette fête religieuse clôture un mois de piété intense. Le ramadan qui a débuté le 5 mai dernier était une aubaine pour chaque musulman de faire une introspection sur sa foi. L’occasion aussi de faire une auto-évaluation dans le but de purifier son âme et son esprit. Il se traduit par une privation alimentaire, d’ascèse physique et morale. C’est un moyen de se repentir, et faire son mea-culpa pour les péchés commis tout au long de l’année.

Le ramadan, une période considérée parfois comme contraignante, l’est moins pour certains. C’est le cas de Yaya Diallo, jeune étudiant de Strasbourg, « cette année, le climat a été plutôt clément. J’ai bien vécu le ramadan donc moins ressenti l’impact du jeûne » explique-t-il modestement. Avant la fin du ramadan, tous les musulmans doivent aussi  s’acquitter de la Zakat Al-Fitr (aumône légale), troisième pilier de l’islam et sorte d’offrande sans contrepartie.

La Zakat, sujet de polémique

Chaque croyant a l’obligation de venir en aide à une personne dans le besoin, c’est un acte symbolique. Elle est qualifiée de « taxe sociale purificatrice », car elle permet de partager non seulement avec les plus démunis, mais aussi de purifier son âme contre toutes formes d’avarice.

En revanche, la question liée à sa revalorisation allant de 5 euros à 7 euros sous l’impulsion du Conseil théologique musulman de France (CTMF) a suscité le débat cette année. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) quant à lui ne s’est pas prononcé là-dessus. En effet, cette différence se traduit par le fait que le mode d’évaluation prend en compte la variation des prix des denrées alimentaires selon les régions. Un écart qui peut exister entre Paris et les autres régions de France par exemple. Le CFCM « tient à rassurer les musulmans que les différents avis sont probants, légitimes et qu’il n’y a pas lieu d’en faire une polémique puisque depuis le début de l’islam, les gens sortaient la zakat sous forme de denrées alimentaires différents représentant le même volume, mais pas la même valeur monétaire ». Il faut tout de même rappeler que c’est la somme de 7 euros qui est communiquée à tous les fidèles musulmans de France. Mais cette valeur versée a peu d’importance, car seul l’acte compte pour le fidèle désireux d’accomplir sa foi, comme nous le précise Abdelhafid, jeune agriculteur de 27 ans, près de Marseille : « à défaut de ne pas pouvoir verser de l’argent aux pauvres, il est possible de leur donner de la nourriture, le plus important est d’aider les gens qui sont dans le besoin ».

 

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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 07:08
Bon Ramadan à nos amis Musulmans

A vous, amis musulmans…
Au moment où vous entrez dans ce temps de ferveur spirituelle de jeûne du Ramadan, nous implorons Dieu pour qu’Il vous bénisse.
Que ce mois saint permette à tous les fidèles musulmans d’être davantage en relation avec Dieu Miséricordieux et en solidarité avec les hommes et les femmes de ce monde.
Nous savons que la paix est un bien précieux et qu’elle est toujours menacée, partout dans le monde, mais aussi dans nos villes et nos villages, nos quartiers et parfois dans nos familles.
Nous savons que nos forces ne suffisent pas pour « faire la Paix », pour être des artisans de Paix.
Nous avons besoin de l’aide de Dieu pour :
- qu’Il nous donne le courage de rencontrer l’autre en confiance,
- qu’Il nous donne un regard et un coeur bienveillants pour tous ceux que nous rencontrons au travail, dans nos quartiers, dans nos familles,
- qu’Il nous prépare au dialogue dans la vérité et l’amour.
Ensemble supplions Dieu de faire grandir la fraternité. C’est lui qui donne un cœur sincère capable de mettre l’amour là où il y a la haine, de changer nos p
eurs en confiance.

Que la paix de Dieu soit sur vous !

Bon Ramadan.

 

L’évêque du diocèse de Saint-Claude,
Monseigneur Vincent Jordy

 

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