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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 18:14
La Mission de France recherche un animateur salarié en CDI pour son "Service Jeunes"

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Published by Denis CHAUTARD - dans Mission de France
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 18:34
LA MISSION DE FRANCE EN 2017 – RELECTURE ET PERSPECTIVES par Hervé GIRAUD, Prélat de la Mission de France

Présenté par Mgr Hervé GIRAUD, Archevêque de Sens-Auxerre, Prélat de la Mission de France lors de la Conférence des Evêques de France à Lourdes mardi 28 mars 2017

« Dieu a envoyé son Fils dans le monde (…) pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3,17)

Introduction

L’histoire de la Mission de France s’écrit au fil des envois, des intuitions, des joies, des crises et des approfondissements. De nombreuses dates jalonnent ce parcours original, assez unique dans l’Église de France comme dans l’Église universelle. Quelques mois avant sa prochaine Assemblée générale (juillet 2017), il m’a paru important de faire un point sur la Prélature et la Communauté Mission de France. Peu de gens, peu de catholiques, voire peu d’évêques, connaissent vraiment la Mission de France et ce qu’elle est devenue. Un des Documents Épiscopat de 2014 en avait proposé un bilan. Ces quelques pages le résument, l’actualisent et le prolongent. L’initiative de créer la Mission de France étant venue de l’épiscopat, l’aspect apostolique demande d’être sans cesse remis au cœur de cette « invention missionnaire » voulue par le cardinal Emmanuel Suhard.

Histoire

Dès les années 1930, et plus particulièrement durant la Deuxième Guerre mondiale avec les prisonniers de guerre et le STO en Allemagne, l’Église prend conscience de la sécularisation de la société occidentale, de la déchristianisation des milieux ouvriers, de la désertification sacerdotale dans le monde rural en France, d’une grande différence du nombre de prêtres d’un diocèse à l’autre. Le cardinal Suhard, archevêque de Paris, établit alors un constat et une proposition pour la Mission en France : « Il y a un mur qui sépare l’Église de la masse. Ce mur il faut l’abattre pour rendre au Christ les foules qui l’ont perdu. (…) La Mission de France doit commencer par un Séminaire. (…) Les prêtres de la Mission de France seront sous la dépendance directe de l’évêque, dans chacun des diocèses où ils seront envoyés. » Sous son impulsion, le 24 juillet 1941, la Mission de France (consociato cleri saecularis) est fondée par l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques. « La Mission de France n’aura pas de limites tracées d’avance ». Les prêtres devront être des hommes de la mission par le dialogue. Le Séminaire est créé le 5 octobre 1942. Les prêtres formés relèveront du clergé diocésain avec un esprit plus missionnaire que pastoral. Le contexte est celui de l’Action catholique, de l’engagement des laïcs dans la mission. C’est aussi l’époque de Témoignage Chrétien, des Frères Missionnaires des campagnes, de Madeleine Delbrêl, du Père Voillaume, de Frère Roger de Taizé, des Fils de la Charité, de Jacques Loew, de l’Abbé Godin, du Chanoine Boulard…etc. La Mission de France doit alors porter l’évangile au cœur d’une relation avec ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne. Elle est mise sous le patronage missionnaire de sainte Thérèse de Lisieux (nuit de la foi), puis de Charles de Foucauld (présence enfouie, frère universel). Dès le départ, des femmes proches de la spiritualité de Madeleine Delbrêl se joignent à ce courant missionnaire (Équipes féminines de la Mission de France, Équipes de Recherche et d’Engagement Missionnaire).

Le 1er mars 1954, Rome met fin à l’expérience des prêtres-ouvriers travaillant à temps plein. Mais, le 15 août 1954, Pie XII signe la Constitution apostolique Omnium ecclesiarum sollicitudo et crée, non pas un diocèse, mais une prélature territoriale nullius (ne relevant d’aucun diocèse), ayant donc son propre territoire et son prélat ordinaire. Ce territoire est celui de Pontigny, près d’Auxerre ; son abbatiale cistercienne en devient la cathédrale ; la Mission de France est aussi désignée comme la prélature territoriale de la Mission de France ou de Pontigny. Elle compte déjà 50 équipes dont trois en Algérie et Tunisie. L’Assemblée générale de septembre 1955 regroupe 200 prêtres. Une Loi propre est approuvée le 19 novembre 1955 et promulguée par le cardinal Achille Liénart. De jeunes « apôtres », sensibles à ce monde d’incroyance et soucieux du dialogue et de la rencontre, se mettent résolument au service du monde rural et du milieu ouvrier (dans les usines, les cuisines, les laboratoires). La période est celle de l’enfouissement et de « l’incarnation » (M.-D. Chenu). En 1959, Rome interdit les prêtres-ouvriers… avant d’autoriser leur redémarrage après Vatican II.

En 1969, le conseil de la Mission de France démissionne à la suite de conflits de perspectives idéologiques avec la Mission ouvrière. Le Séminaire est fermé ; il ne rouvrira qu’en 1972 après une nouvelle Assemblée générale. Dès 1976, la dimension internationale s’élargit : Cameroun, Tanzanie, Égypte, Chine…etc. Des équipes spécialisées sont envoyées dans les milieux de la mer, des BTP, parmi les saisonniers (tourisme, agriculture). Le Service Jeunes se développe. En 1986, des équipes ouvertes aux laïcs se créent.

Le 18 juin 1988, les évêques de France votent une nouvelle Loi propre conforme au nouveau code de droit canonique : « La Mission de France a pour but de fournir aux ordinaires qui en manifestent le désir une contribution à l’effort missionnaire dans leur diocèse, en particulier pour faire face à des situations missionnaires auxquelles le clergé local ne peut répondre seul (…) : elle constitue un corps missionnaire spécifique de ministres ordonnés au service de l’annonce de l’Évangile. Elle est un des signes par lesquels l’Église réalise une présence originale dans les milieux sociaux et culturels les plus étrangers à la foi en Jésus Christ. » La Commission épiscopale assiste le prélat dans le gouvernement de la Mission de France, au nom de la Conférence des évêques de France (article 9). L’article 18 précise : « Seuls les ministres ordonnés sont membres de la Mission de France. » L’article 29 ouvre la porte aux « laïcs nommément acceptés par l’évêque du diocèse ». Et c’est ainsi que, le 2 décembre 1989, sous l’impulsion du cardinal Albert Decourtray, une association privée de fidèles, Galilée, est créée. Des laïcs veulent être, avec les prêtres, collaborateurs de l’apostolat confié à la Mission de France. En 1993 a lieu l’ordination du premier diacre marié.

Entre 1996 et 2004, Mgr Georges Gilson donne une nouvelle impulsion à la Mission de France. Après le transfert du Secrétariat général de Fontenay-sous-Bois au Perreux-sur Marne, en 1997, une Ecole pour la Mission est créée en août 1999 afin de former ensemble prêtres, diacres et laïcs. S’ensuit en 2000 la rédaction du Manifeste pour la Mission qui ouvre la voie en 2002 à la naissance de la Communauté Mission de France. Cette « communauté » est ouverte à tous ceux et celles qui se reconnaissent dans ce Manifeste : chaque membre doit « s’engager avec la Mission de France, dans une équipe de la Communauté Mission de France ». Chaque engagé doit participer à la réflexion collective : « la recherche commune ». La Communauté Mission de France est composée d’équipes de mission (prêtres, diacres, laïcs) : une convention doit être signée entre la prélature et chaque diocèse particulier. La lettre de mission met en lumière un envoi. L’équipe de mission engage, pour sa part, le ministère apostolique.

Entre 2004 et 2015, Mgr Yves Patenôtre conduit deux Assemblées générales (2007 et 2012) qui votent des orientations missionnaires dirigées vers les pauvres, l’international, les familles, l’écologie, la coresponsabilité, avec le souci de porter la question de Dieu et celle du salut en Jésus-Christ dans un monde qui n’est plus structuré pour l’entendre.

En 2016, à Lyon, l’Université d’été sur « Corps du Christ pour la multitude » s’attache à clarifier les questions ecclésiologiques liées à la Communauté Mission de France pour mieux préparer une nouvelle Assemblée générale qui aura lieu en juillet 2017. Cette dernière, qui s’appuiera sur quinze Assemblées régionales, cherchera à proposer, dans un esprit de collaboration avec les évêques et sous leur impulsion attendue, des champs et des défis missionnaires, ainsi que des appels.

État des lieux

La Mission de France est présente dans 60 diocèses de France, et principalement dans trois autres pays : Algérie, Maroc et Chine. La Prélature dénombre 116 prêtres et 17 diacres incardinés. Seize prêtres exercent une activité professionnelle : facteur, maçon, agriculteur, éducateur, enseignant, chercheurs, aide à la personne…etc.

La Communauté Mission de France regroupe 90 équipes, 622 engagés ; environ 60 prêtres et 24 diacres diocésains participent aux équipes de mission. Elle est présente dans la recherche, dans le journalisme, dans l’éducation nationale, dans le monde portuaire, dans le monde de la santé…etc. La Mission de France ne crée pas d’« œuvres » mais elle s’engage avec d’autres, ouvriers, migrants ou précaires, en participant à ce qui se vit déjà. La Prélature est aussi sollicitée pour des aumôneries nationales (MRJC, CMR, SGDF, Secours catholique, Prisons, Police et Humanisme, relations avec les musulmans…etc.).

Le Séminaire accueille 6 séminaristes qui vivent soit un premier temps de formation en alternance (travail, vie d’équipe, cours), soit, après l’arrêt de leur travail professionnel, une vie en communauté à Ivry-sur-Seine (terre de Madeleine Delbrêl) tout en prenant des cours dans les facultés de théologie parisiennes.

La Mission de France a aussi développé des Réseaux où la réflexion théologique est déterminée par le terrain sociologique : santé, migrations, justice, « science et foi », divorcés- remariés…etc.

Un « Pôle jeune » coordonne une plateforme de dialogue avec le Service Jeunes, les Jeunes Professionnels, une « Association Mission de France Jeunes » et le Service des vocations. Pour des sessions ou les JMJ, ce Pôle promeut des partenariats avec la JOC, les SGDF, le MRJC ou Fondacio.

Originalité de la posture « Mission de France »

La Mission de France est connue pour sa culture missionnaire singulière, notamment pour le service des Églises locales. La priorité n’est pas d’abord le service des communautés déjà rassemblées ou des mouvements, mais le service de ceux qui sont loin de l’Église ou ceux dont l’Église est loin. Cette singularité est caractérisée par trois objectifs décrits dans le Manifeste pour la Mission : « travailler à la justesse de l’attitude chrétienne, vivre en Église aux lieux de la rencontre et du dialogue, interpréter la foi chrétienne pour aujourd’hui ».

Il n’est pas anodin que le premier objectif soit la « justesse de l’attitude chrétienne » : elle se manifeste dans une manière d’être présent dans les milieux de travail et dans la vie ordinaire. Les membres de la Mission de France « vivent, travaillent, prient et célèbrent la foi au milieu de réalités où le mur symbolique de séparation tient toujours, parfois bien loin de l’Église rassemblée. » La Mission de France risque une parole de foi, la Parole de Dieu, à partir des paroles de vie reçues des autres. D’où sa pratique de la relecture et du retour de mission. Quelques attitudes évangéliques sont privilégiées : la rencontre, le dialogue, la présence fidèle, la réciprocité, l’écoute, l’altérité, la gratuité, la prière ordinaire, la fraternité universelle (l’autre est toujours perçu, d’abord, comme un frère). Celles-ci peuvent paraître communes mais l’analyse des pratiques réelles vérifie qu’elles sont vraiment vécues à la Mission de France. Elle a la passion de vivre l’Évangile dans la même proximité que Jésus a vécue avec les gens de son temps.

Le deuxième objectif consiste à « vivre en Église aux lieux de la rencontre et du dialogue ». La Mission de France porte la question de la foi en Jésus-Christ de l’intérieur même de son rapport au monde. Elle a une manière de vivre la foi là où on ne l’attend pas, en étant non seulement consciente que l’Esprit nous précède et travaille déjà en ce monde, mais que les autres peuvent nous révéler quelque chose du mystère de Dieu. Elle est loin de tout repli identitaire. Il s’agit de porter « un ministère d’inquiétude missionnaire », de « donner le signe qu’il manquera toujours quelqu’un à la table eucharistique pour partager la faim du vrai pain et la soif du bon vin des noces », pour reprendre des expressions de Mgr Pontier.

Le troisième objectif, « interpréter la foi chrétienne pour aujourd’hui », puise son originalité dans une réelle mise en œuvre collective d’une relecture théologique de la mission vécue. Les « retours de mission » favorisent une réflexion inductive, nourrie par les Écritures et la Tradition. La Mission de France pratique la théologie d’une manière particulière : l’endroit où on est enraciné est notre lieu théologique. Pour penser l’avenir, alors que nos outils théologiques peinent à analyser la complexité imprévisible du monde actuel, la Mission de France met en œuvre des Universités d’été qui manifestent l’importance de la « recherche commune » : il s’agit bien de comprendre ce que l’Esprit dit à l’Église pour notre temps.

Évolutions de la Mission de France

La Mission de France est née d’une volonté épiscopale. Elle n’est ni un diocèse de plus, ni une Église parallèle, ni une Église alternative offerte aux déçus d’un évêque ou d’un curé. Elle n’est pas un mouvement de plus. Elle n’est ni le Secours catholique, ni le Prado, ni un institut religieux, ni une association publique de fidèles, ni une communauté charismatique, ni une association d’inspiration chrétienne comme ATD Quart Monde, ni une association mixte comme Coexister. Elle n’est pas d’abord et directement au service des pauvres, des migrants, des précaires, mais elle relaie la question de Dieu et du salut en Jésus-Christ en s’associant avec des lointains, à partir des sans voix, des pauvres…

Les prêtres ont approfondi une conscience missionnaire par une présence au monde, par un travail au milieu de gens très différents, par un regard au-delà des frontières, vers « les plus étrangers », en acceptant de se mettre en insécurité. Les prêtres ne sont pas envoyés pour « combler des trous » dans des déserts ruraux : ils vont vers des lieux missionnaires. Autrefois très nombreux dans le travail professionnel, ils n’y sont plus actuellement qu’une vingtaine. Avec de nouvelles générations de prêtres et de séminaristes, les perspectives sont en train de changer. Tout en restant dans le registre de la gratuité, les prêtres deviennent une force de pointe et non une force d’appoint. Ils engagent l’Église et sa recherche spirituelle. La Mission de France développe de belles figures de prêtres : ils essaient d’être apôtres autant que pasteurs, sans qu’il soit effectivement besoin de les opposer ! Depuis la création de la Communauté Mission de France, en 2002, treize prêtres ont été ordonnés.

Mais la grande évolution post-conciliaire de la Mission de France est celle du passage de clercs diocésains missionnaires à des équipes de mission. On est passé d’un « corps missionnaire spécifique de ministres ordonnés » à une « Communauté Mission de France » (2002) et donc un « corps différencié ». En créant ainsi une « Communauté » – appellation qui ne fait toujours pas aujourd’hui l’unanimité – la structure du signe a été modifiée. La question ne porte pas sur le statut des fidèles ou sur le rapport prêtres/laïcs mais sur le positionnement missionnaire, sur le fait d’être envoyés, engagés pour participer ensemble à l’apostolat. La Mission de France ne cherche pas d’abord à illustrer la réciprocité hommes/femmes ou clercs/non-clercs, mais la participation originale des « équipes de mission » au ministère apostolique de l’Église. Ce ne sont plus les prêtres qui disent seuls l’apostolicité mais des équipes de mission : elles « engagent » le ministère apostolique de la Prélature. La Mission de France veut signifier que l’Église est non seulement « une, sainte, catholique » mais aussi « apostolique ». Elle porte l’apostolicité non seulement parce qu’elle est reliée aux successeurs des apôtres mais aussi parce que tout « disciple missionnaire » doit vivre en se sachant envoyé, à l’image de Jésus, l’unique Envoyé du Père : « Au cœur de la Communauté Mission de France, les équipes de mission et les incardinés à la Mission de France portent de façon spécifique la responsabilité apostolique confiée à la Mission de France. » (Extrait du Manifeste de la Mission de France). La Mission de France, qui allie de manière originale un envoi hiérarchique et une culture participative – par les Assemblées générales et diverses consultations – rappelle qu’un chrétien doit effectivement devenir « disciple missionnaire », mais qu’il n’est pas à son compte, que tout ne vient pas de la base ou d’un vote démocratique, que chacun est envoyé par l’Esprit. La question fondamentale est donc celle de l’apostolicité. En ce sens, elle interroge les évêques. Les lettres de mission données aux équipes de mission et la convention – toutes deux signées par le prélat et l’évêque diocésain – manifestent cette originalité apostolique. En lien avec des évêques diocésains, le prélat de la Mission de France envoie liturgiquement des ministres et des équipes de mission qui s’engagent avec un monde qui ne les attend pas forcément et qui partagent leur foi auprès des non-croyants. La Prélature Mission de France est donc devenue, de fait sinon de droit, la Communauté Mission de France, Église particulière, « laboratoire », Église singulière gardant une inquiétude missionnaire.

Quelques questions aux évêques avant l’Assemblée générale 2017

La prochaine Assemblée générale de la Mission de France aura donc lieu du 13 au 16 juillet 2017, près d’Angers. Elle sera l’occasion de réaffirmer que la Communauté Mission de France est envoyée par la Conférence des évêques, avec une responsabilité apostolique dans le sens initié par Vatican II : « Les laïcs peuvent, de diverses manières, être appelés à coopérer plus immédiatement avec l’apostolat de la hiérarchie… » (LG 33). Les champs missionnaires pour témoigner du Christ sont nombreux : monde du travail, familles, jeunesse, éducation, précarités, quartiers populaires, migrations, civilisation numérique, sauvegarde de la création, culture, quêtes spirituelles ou d’espérance… Mais il ne s’agit pas tant de désigner des champs missionnaires que des défis apostoliques, et surtout de faire sentir ce souffle originel et spirituel. Si nous souhaitons que demeure l’intuition première, il ne suffira pas de dire : « Nous vous faisons confiance. Allez vers les périphéries existentielles. » ! Il faut que nous le signifions pour que tous perçoivent que l’esprit apostolique est structurant de la Mission de France.

La question des ministères demeure une forte préoccupation dans l’Église en France (ministres de la Parole, « ministère des femmes » …etc.). La Communauté Mission de France est convaincue que les prêtres sont nécessaires, qu’elle n’existe pas sans un appel constant au ministère de prêtres et que des ministres au travail sont eux aussi nécessaires. Si nous voulons continuer à donner une impulsion apostolique, pouvons-nous exprimer ce qu’apporte la Communauté Mission de France à l’Église ? Ce que nous attendons d’elle ? Où est-elle d’abord attendue ? Comment conjuguer besoins diocésains et transversalité ? Quels accents mettriez-vous pour sa mission : présence « hors les murs », intelligence de la foi, souffle évangélique, culture de l’appel… ?

Vos réponses sont très attendues par la Prélature et la Communauté Mission de France.

Mgr Hervé GIRAUD, Archevêque de Sens-Auxerre, Prélat de la Mission de France

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 08:00
Invitation à la journée "Portes Ouvertes" de la Mission de France Région Normandie

Pour vous inscrire :

Cliquer ici

(organisation de covoiturage pour les personnes qui en feront la demande avec celles qui se proposeront)

Possibilité de parkings autour de la maison diocésaine

Libre participation aux frais

Prévoir son pique-nique

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 21:24
Prêtre et… manutentionnaire chez Carrefour

La Mission ouvrière nationale, qui fête ces 60 ans ce 14 mars, forme et accompagne des prêtres qui troquent le col romain pour le bleu de travail.

Lorsqu’il a postulé pour un emploi de manutentionnaire dans la grande distribution, le père Bruno Régis a dû nettoyer son Curriculum Vitae. Ancien professeur, passionné de musique et jeune prêtre, il n’a pas fait mention de sa vocation peu commune. La théologie n’était pas une des compétences requises pour travailler dans les entrepôts des supermarchés. Pourtant, c’est là qu’il a choisi de travailler, et trouve, avec ses collègues, un lieu de rencontres et d’accomplissement de sa vocation.

Envoyé en mission

Avant d’être envoyé en mission dans la grande distribution, à la demande de son évêque, Bruno Régis était instituteur. La découverte de la Mission de France le conduit à entrer au séminaire tout en menant son travail dans une école.

« Au bout de deux ans, la Mission de France nous demande de choisir entre reprendre notre ancienne activité ou reprendre notre emploi ». Bruno Régis choisit de démissionner et s’interroge sur son emploi. Dans la musique, sa passion ? Voire dans l’éducation, ce qui aurait été cohérent avec son parcours… Mais l’expression de « prêtre ouvrier » le frappe : « Cela a résonné en moi », se souvient-il.

Trouver un job

Il est envoyé à Nîmes, dans une HLM : « Je voulais me soumettre à la réalité. Avec un autre prêtre, nous avions la mission de vivre au milieu de la société ». Il connaît donc le parcours des travailleurs, le passage par une agence d’intérim, pour un premier job, puis les tracas du quotidien. En intérim chez Auchan, il passe en CDD, à la demande de la direction qui lui fait miroiter un CDI. Mais au dernier jour de son contrat, il apprend que son contrat ne sera pas renouvelé. Les explications sont vagues – « il y a un problème administratif » –il n’est jamais repris. Une collègue, qui est dans la même situation que lui, est une jeune mariée, qui n’avait pas encore d’enfant, et la direction n’a pas voulu « se charger » d’une maman potentielle… Quant à lui, c’est son statut de prêtre qui a manifestement fini par être connu, et qui a fait peur : trop atypique.

Un prêtre manie les palettes

Le père Bruno Régis trouve un nouvel emploi chez Carrefour où il réceptionne les marchandises. Comme dans son travail précédent, son sacerdoce ne demeure pas longtemps méconnu. Il connaît alors toutes sortes de réactions, jamais négatives. « Certains s’en fichent », explique-t-il, « mais les musulmans se montrent respectueux. Ils font attention à ne pas jurer devant moi, et ils reprennent leurs collègues : ne jure pas devant lui ! C’est un homme de Dieu ! »

Mais ceux qui sont le plus étonnés par son engagement sont les chrétiens non-pratiquants. À son contact, certains retrouvent la pratique religieuse, demandent à faire baptiser leurs enfants, voire fréquentent la paroisse. De nombreux collègues qui viennent d’Outre-Mer, d’Amérique latine ou d’Afrique le font venir pour qu’il bénisse leur maison. Et parfois, ils engagent des discussions existentielles.

La vertu de patience dans l’arrière-boutique

Bien intégré dans son équipe, on fait appel à lui pour les missions délicates, qui réclament des hommes calmes, ayant le sens de la diplomatie. Dans l’énorme Carrefour où il travaillait, il était de coutume que les camionneurs déchargent eux-mêmes leurs palettes, alors que ce n’était pas prévu par le contrat des chauffeurs, ce qui les faisait râler ! « On recevait 50 camions de livraisons par jour, alors la taille du magasin permettait à la direction d’imposer ses conditions aux prestataires », se souvient le prêtre. L’un des chauffeurs, en particulier, était connu pour s’énerver, et on lui envoyait le père Bruno Régis comme interlocuteur : on savait qu’avec lui, l’affaire ne tournerait pas au vinaigre !

Discussion sur la prière dans l’entrepôt

Un jour, un collègue sur son chariot élévateur s’est arrêté à la hauteur du prêtre, et lui a demandé tout de go : « C’est quoi la prière ? » « On a peu de temps pour rassembler ses mots, assure le prêtre, j’ai répondu que c’était un temps gratuit pour la relation à Dieu et au Christ, où je peux dire les choses qui m’habitent mais surtout écouter… » Un autre de ses interlocuteurs, baptisé mais non pratiquant, a par la suite intégré la paroisse et a fait baptiser ses enfants.

Être l’Église dans le monde

Au-delà de cet aspect d’évangélisation des prêtres ouvriers, le père Bruno Régis voit sa vocation comme un signe de la présence de l’Église dans le monde. « Nous sommes quelques prêtres ouvriers qui manifestent que la Foi a sa place dans le travail. Nous sommes le corps du Christ, là où nous sommes. »

Sylvain Dorient

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 05:00
Vendredi 11 novembre : célébration de l'engagement de Serge Rondreux avec la Mission de France

Les équipes Mission de France de Normandie et le Diocèse d’Evreux vous invitent à participer ou à vous unir par la prière à la célébration de l’engagement de

Serge RONDREUX avec la Communauté Mission de France

Vendredi 11 novembre 2016

10h30 Messe à l’église Notre Dame de Guichainville (27930)

La célébration sera suivie du verre de l’amitié dans les salles paroissiales de Guichainville

Serge, 53 ans, est père de trois filles de 24, 26 et 28 ans. Il est ingénieur, chargé de mission à l’international chez PARKER, société industrielle implantée à Evreux. Il est président de REPART, association qui soutient des entreprises ou chantiers d’insertion comme ECOTRI, ENVIE ou l’Arbre aux Légumes. Il est aussi président bénévole d’ECOTRI qui a employé jusqu’à 50 salariés en insertion avant de perdre le renouvellement du marché du tri sélectif.  Trésorier et actif dans la paroisse Notre Dame du Grand Sud d’Evreux, il est aussi présent dans l’association sportive La Cible d’Evreux, comme compétiteur et bénévole.

Son engagement avec la Communauté Mission de France, au sein de l’équipe d’Evreux qui a pour lettre de mission l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des mondes de la « précarité », est dans le droit fil de son projet d’inscrire sa foi dans le monde professionnel et social.

Le répondant d’équipe de la Communauté Mission de France d’Evreux,

Denis CHAUTARD

« La Mission de France est née en 1941 de l’intuition du cardinal SUHARD : sortir des prêtres de leur sacristie et les envoyer pour être mêlés à l’existence ordinaire des milieux déchristianisés et témoigner de la tendresse manifestée par le Christ pour tous, croyants ou non.

En 1954, le pape lui donne le statut de prélature et une cathédrale, à Pontigny dans l’Yonne.

Aujourd’hui la communauté Mission de France est une institution, signe pour une Eglise plus fraternelle. Son évêque est le père Hervé GIRAUD. Prêtres, diacres et laïcs partagent en équipe leurs rencontres et leurs dialogues à la lumière de l’évangile. Par leur engagement à travailler à la justesse de l’attitude chrétienne, à vivre l’Eglise aux lieux de la rencontre et du dialogue, à exprimer la foi avec les paroles de vie qu’ils reçoivent de tous, ces envoyés participent à la construction d’un monde plus juste, où personne ne doit être laissé au bord du chemin. »

« Malheur à moi si je ne porte pas l’Evangile… » Paul

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 14:29
Introduction au texte des évêques sur la politique par Hervé Giraud, Évêque de la Mission de France

Texte du Père Hervé Giraud, Prélat de la Mission de France en introduction à la publication Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique par le conseil permanent de la Conférence des évêques de France.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France vient de publier un texte de fond pour « retrouver le sens du politique ». Il s’agit de revenir à la vraie nature du politique pour mieux considérer combien il est essentiel au fonctionnement de la société. Partant du constat de la crise profonde du politique, les évêques invitent à sortir de la sinistrose pour entrer dans une logique d’avenir valorisant la parole et la réflexion comme seules capables de créer les conditions d’un vrai débat. « Les catholiques, citoyens à part entière, ne peuvent se désintéresser de ce qui touche à la vie en société, la dignité et l’avenir de l’homme » et nous sommes donc invités à élever ce débat… sans le perdre de vue, et sans nous ériger en contre-culture « en dehors du monde, en position de surplomb ».

Le tableau brossé en premier lieu est malheureusement connu : sur fond de grands changements dans le monde et de projet européen en berne se développe un climat d’incertitude, de lassitude, de frustrations, de peurs, de colère, de précarité, d’exclusion. Cette ambiance occulte les initiatives de solidarité qui contribuent à mieux vivre ensemble dans une société plurielle et fracturée. Aussi, les évêques de France invitent à « voir tout ce qui, le plus souvent silencieusement, fait de manière bonne et heureuse la vie de ce pays : le travail bien fait, la disponibilité auprès de ceux qui souffrent, la vie de famille... ».

A partir de ceux qui sont « au bord du monde » (les exclus du système, les chômeurs en fin de droit, les sans domicile fixe et personnes vivant dans la précarité…) le texte cherche à sortir d’une logique de simple assistance, invitant à passer du « faire pour » au « faire avec ». Face à la grande injustice que constitue le chômage, les évêques demandent à chacun de se sentir responsable de l’état du tissu social. Il s’agit de promouvoir une manière d’être ensemble qui fasse sens malgré l’inflation des sentiments d’insécurité et d’injustice : « plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui. »

Car la politique a privilégié les problèmes de gestion à celui du sens. En voulant redonner un souffle au politique, les évêques apparaissent d’autant plus dans leur responsabilité qu’ils se placent du côté des plus faibles, du temps long et des débats de fond où chacun est responsable de ce que sa parole produit. A une société qui réagit et sur-réagit, l’Église souhaite ainsi proposer sa propre réflexion profondément enracinée dans l’histoire et le sens du prochain.

            Rendre un sens au politique implique également de relancer la parole en société. Il existe de véritables désirs de parole et il est nécessaire de relégitimer la parole, notamment une parole publique qui soit respectueuse de toute opinion contraire. Constatant que « tout ce qui pervertit la parole, le mensonge, les promesses non-tenues ont des conséquences très lourdes », les évêques invitent à privilégier « les espaces de dialogue plus que jamais nécessaires et urgents… » pour « échanger avec d’autres, y compris non-chrétiens, sur les enjeux de notre vie en société par une écoute personnelle et collective des besoins profonds de l’homme ». Il s’agit donc « d’entrer dans un vrai dialogue où on ne cherche pas à prendre le dessus mais à construire ensemble quelque chose d’autre, où personne ne se renie, mais qui conduit forcément à quelque chose de différent des positions du départ. »

Au final, l’enjeu est bien d’inviter à repenser nos modes de vie en société, à inventer de nouvelles manières de vivre : « chacun, à son niveau, est responsable de la vie et de l’avenir de notre société… L’espérance chrétienne n’est pas seulement individuelle, elle est aussi collective. »

 

+ Hervé Giraud, Prélat de la Mission de France et Archevêque de Sens-Auxerre

 

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 16:03
Communiqué de la Mission de France suite aux événements survenus à Saint-Etienne du Rouvray le 26 juillet 2016

Jour après jour la violence meurtrière s'installe dans le paysage national : attaque de masse ou cible symbolique (jeunes, policiers, prêtre…). L’effroyable le dispute à l'ignoble. Nos pensées et nos prières vont d'abord aux victimes et à leurs familles.


Mais comment sortir de la sidération ? Quelle attitude adopter et quelle parole ajuster lorsque le trouble gagne l’ensemble de la société avec de tels événements ? La paix sociale est en danger et le risque de basculer dans des règlements de comptes irrationnels est élevé, surtout en ces temps de grandes frustrations économiques et sociales. Les acteurs économiques et politiques doivent prendre conscience de leur immense responsabilité. Une politique principalement sécuritaire est une réponse insuffisante. Il n’y a pas de paix possible sans justice.

Quant à nous, membres de la Communauté Mission de France, luttons avec nos armes, celle de la coopération, notamment avec tous ceux qui œuvrent déjà pour la justice sociale. N’entrons pas dans le cercle sans fin de la vengeance mais répondons avec les armes de la non-violence et de la main tendue, notamment en œuvrant pour la fraternité dans les quartiers difficiles et les cités délaissées. Puisons dans la sagesse et dans l’Évangile les ressources pour le dialogue, l'estime des autres et l’éducation à la responsabilité.

+ Hervé Giraud, Prélat de la Mission de la Mission de France et Archevêque de Sens-Auxerre
Arnaud Favart, Vicaire général de la Mission de la Mission de France

http://missiondefrance.fr/

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:24
Guillaume Roudier, un missionnaire pour le « continent numérique »

Ordonné prêtre de la Mission de France dimanche 17 juillet à Sainte-Foy-Lès-Lyon, Guillaume Roudier lance des ateliers numériques pour des personnes n’ayant pas accès au Web, tout en travaillant à mi-temps dans une société internationale du numérique.

C’est, entre autres, pour lutter contre les fractures sociales que la Mission de France a été fondée par le cardinal Emmanuel Suhard, alors archevêque de Paris, en 1941. Soixante-cinq ans plus tard, c’est vers un autre type de fracture, la fracture numérique, qu’est envoyé Guillaume Roudier. À 33 ans, ce Bordelais d’origine est ordonné prêtre de la Mission de France dimanche 17 juillet, en l’église Saint-Luc de Sainte-Foy-Lès-Lyon, par Mgr Hervé Giraud, prélat de la Mission de France.

Le lieu de son envoi « pour le continent numérique » lui avait été officiellement notifié dès juin 2015, lors de son ordination diaconale, en même temps que son implantation dans la paroisse de Sainte-Fons et Feyzin, en banlieue lyonnaise. Même s’il est historien archéologue de formation, et qu’il a travaillé cinq ans comme chargé de mission dans le patrimoine avant d’entrer au séminaire de la Mission de France, le jeune homme n’est pas surpris par cet envoi en mission. « Il n’y avait pas encore de prêtres de la Mission dans ce monde où la course en avant est ultra-rapide et où beaucoup ne peuvent suivre ce rythme », résume-t-il.

En boutique à Lyon

Guillaume Roudier s’est donc mis à la recherche d’un poste dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il vient de signer son contrat d’embauche à temps partiel au sein du service clientèle d’un grand groupe international du numérique. « Après ma formation jusqu’à fin juillet, je serai en boutique à Lyon, pour le dépannage et le service après-vente », explique le futur prêtre qui a été élevé dans une famille chrétienne « pas très pratiquante » mais qui, pendant ses études à Bordeaux, a fréquenté « assidûment » l’aumônerie universitaire et rencontré de nombreux prêtres heureux.

« J’ai trouvé à la Mission de France l’intuition ecclésiale qui correspond aux attentes d’aujourd’hui », assure-t-il en affirmant vouloir « contempler l’œuvre de Dieu dans l’ordinaire des jours », et « aimer et servir mes frères et sœurs en humanité » dans le travail professionnel.

Mais c’est aussi vers ceux et celles qui n’ont pas accès au continent numérique que Guillaume Roudier se sait envoyé. À ce titre, il lance dès août un atelier numérique destiné à ceux qui veulent se familiariser avec Internet et les réseaux sociaux… Un atelier qu’il animera pour 5-6 adultes à la fois, en lien avec une association lyonnaise de réinsertion. « J’ai été envoyé pour ces deux mondes numériques : celui des professionnels et celui des exclus, l’un et l’autre se nourrissant mutuellement », poursuit-il.

Et tout cela sans oublier deux autres casquettes : celle de consultant en ingénierie culturelle, lui qui a créé une autoentreprise de « graphiste, designer, photographe » ; et celle d’accompagnateur de deux groupes de Jeunes professionnels (JP) du diocèse de Lyon, en prise, eux aussi, avec le « continent numérique »…

Claire Lesegretain

Lien à la Source

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 14:01
Un livre de Gilbert Delanoue, prêtre de la Communauté Mission de France

LES QUESTIONS DE MA FOI

... et quelques réponses

Préface du Père Yves Patenôtre, évêque émérite de la Communauté disponible à partir du 2 mai 2016

Présentation :

« Je suis prêtre depuis 52 ans. Membre de la Communauté Mission de France, j’ai exercé mon ministère au travail, comme conducteur de bus pendant 24 ans et j’ai aussi été curé de paroisses au Havre. Depuis mes 80 ans, je n’ai plus de ministère officiel, je rends quelques services, j’accompagne des chrétiens et j’ai des liens forts avec des familles Roms. Depuis que je suis en retraite, j’ai pris le temps de préciser des interrogations déjà anciennes et de chercher à y répondre. »
Les questions que Gilbert Delanoue aborde dans ce texte, libre et revigorant, sont souvent le fruit de son écoute de prêtre envoyé auprès des « lointains » de l’Église. « Dieu est-il un être tout-puissant qui intervient en toute choses ? » « Faut-il supplier Dieu quand on le prie ? » « Ancien et Nouveau Testament ont-ils la même façon de parler de Dieu ? » « Que faire avec certaines paroles des psaumes qui nous choquent ? » « Comment Jésus nous apporte-t-il le salut ? » « Jésus savait-il avant de mourir, qu’il ressusciterait ? » « Le Christ a-t-il voulu fonder une religion ? » « Faut-il un nouveau regard sur la famille et la sexualité ? » « Quel accueil des divorcés remariés ? »
Comme le dit Mgr Patenôtre dans sa préface « ce n’est pas une évidence de croire. Plein de questions surgissent au cœur de tout croyant. Gilbert Delanoue essaye, non pas de donner des réponses, mais de proposer un cheminement, sa propre recherche. Notre conducteur d’autobus ne va pas prendre un itinéraire défini à l’avance. Il nous invite à voyager avec lui… »

POINTS FORTS

- Des réponses simples à des questions que tout le monde se pose.
- Un livre qui témoigne d’une intense écoute des croyants, chercheurs de Dieu et non croyants.
- Une catéchèse savoureuse dans un langage accessible.

L’AUTEUR

Prêtre de la Communauté Mission de France prioritairement tournée vers les plus pauvres et les plus éloignés de l’Église, Gilbert Delanoue a été curé de paroisse au Havre. Comme de nombreux « prêtres au travail » (ou prêtres ouvriers), il a exercé un métier, celui de chauffeur de bus, pendant 24 ans. Il vit toujours au Havre, où, à 83 ans, il tisse notamment des liens avec des familles Roms.

Voici la préface de Yves Patenotre, Evêque émérite de la Mission de France :

« Bien sûr, « il est interdit de parler au conducteur ». Nous avons tous lu cet écriteau en prenant un car ou un bus. C’est une affaire de sécurité. Il ne faut pas distraire quelqu’un qui est en responsabilité de ses passagers. Mais est-il interdit au conducteur de parler à son entourage ? Là, ce n’est marqué nulle part. Il se peut en effet que, pour les mêmes conditions de sécurité, il soit autorisé à le faire …

Eh bien, figurez-vous que ce livre, c’est un conducteur d’autobus qui nous parle ! Pendant vingt-quatre ans il en a conduit des enfants, des jeunes, des adultes et des personnes du troisième ou quatrième âge ! Il en a vu passer des gens de toute sorte, de tous les milieux, pas forcément les plus aisés, avec leurs joies et leurs peines, leurs soucis et leurs espoirs. Tous étaient en chemin. Il faisait route un petit moment avec eux.

Voilà qu’au soir de sa vie, notre conducteur d’autobus, Gilbert, a justement eu envie de parler et de dire ce qui lui tient à cœur. Prêtre de la Mission de France, pendant et après ses vingt-quatre années de travail professionnel, il a été curé de paroisse dans la ville du Havre où il réside toujours. Plongé au cœur de quartiers populaires, proche de tous ceux et celles qui sont blessés par la vie ou ballottés sur les chemins, infiniment respectueux des convictions de chacune et de chacun, il a désiré exprimer le cœur de sa foi.

Ce n’est pas une évidence de croire. Plein de questions surgissent au cœur de tout croyant. Gilbert a essayé, non pas de donner des réponses, mais de proposer un cheminement, sa propre recherche, celle qui a habité toute sa vie. Dès le début nous comprenons qu’elle est née d’une rencontre essentielle : celle de Jésus. En fait, c’est Lui qui a été « le guide de sa vie ».

Nous savons bien qu’aujourd’hui les chrétiens s’efforcent de parler le langage des hommes de leur temps. Il ne s’agit pas de répéter des formules qui sont devenues incompréhensibles. L’intuition du cardinal Suhard, cet archevêque de Paris qui a été à l’origine de la Mission de France dans les années quarante, reste toujours fondamentale, originelle et originale : « Il ne s’agit pas de faire entrer les gens dans l’Église telle qu’elle est, mais de faire une Église capable d’accueillir les gens tels qu’ils sont.

Il me semble que ce livre est proposition de recherche pour tous ses lecteurs. En quelque sorte il est invitation voire provocation. Que dis-tu s’il s’agit de dire qui est ton Dieu ? Comment envisages-tu tous les mystères qui t’habitent, parce que les mystères ne sont pas d’abord dans la religion mais en toi, et autour de toi, dans le tissu des relations sociales de l’ordinaire des jours : le sens de la vie, de la mort, du mal et de l’amour ? Tout le monde est concerné et tout le temps. Et puis l’Église en tout cela ? Branchée sur le Christ et l’Évangile, est-elle porteuse de tous les espoirs du monde pour les ouvrir à l’espérance ?

Aujourd’hui, notre conducteur d’autobus ne va prendre un itinéraire défini à l’avance. Il nous invite à voyager avec lui. Il a travaillé son itinéraire. Il a étudié beaucoup de cartes. Il a beaucoup lu. Il cite ses auteurs. Surtout, il garde au cœur les visages de tous ceux et celles qu’il a côtoyés. Et il voudrait leur proposer, en forme de témoignage, la rencontre d’un autre Visage. Celui dont nous parle souvent le Pape François : celui de Jésus, visage de la miséricorde du Père. »

+ Yves Patenotre

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 15:55
Message de Mgr Hervé GIRAUD, Evêque de la Mission de France, suite aux attaques terroristes en France

Message de Mgr Hervé GIRAUD, Evêque de la Mission de France, suite aux attaques terroristes en France

« Notre Père... délivre-nous du Mal »

Ce vendredi, 13 novembre 2015, ont eu lieu des attentats à Paris et au Stade de France. Notre pays, la France, a été frappé avec « une sauvagerie et une intensité particulières ». Alors que le monde connaît tant d'autres épreuves cruelles, notre nation traverse donc à nouveau la douleur d'un deuil écrasant et doit faire face à la barbarie propagée par des groupes fanatiques.

Comme beaucoup, sur tous les continents, nous sommes sous le choc et l'émotion face à ces évènements violents et meurtriers. Mais, même bouleversés et horrifiés, nous voulons d'abord être proches des victimes et de leurs familles. Le chef de l'Etat a décrété trois jours d'un deuil national auquel les évêques de France engagent les catholiques à s'associer. Dans de nombreuses paroisses, des messes sont célébrées, des intentions de prières universelles sont partagées.

À la suite du pape François et comme nombre de mes confrères de par le monde, je vous invite à prier pour celles et ceux qui ont perdu la vie et pour leurs familles, pour les blessés et pour leurs proches, pour les personnels de secours et les soignants, pour les forces de l'ordre soumises chaque jour à une redoutable tension et qui veillent sur nous, pour nos gouvernants et responsables politiques, enfin pour notre pays qui a dorénavant tant besoin que s'affermissent la sécurité et la paix. Nous n'omettrons pas de prier aussi pour ceux qui sombrent dans la violence aveugle et froide.

Dès à présent, il nous faut collectivement affronter la question de la vulnérabilité des démocraties, lutter contre ceux qui veulent les détruire. Plus que jamais, il appartient à chacun de combattre l'ennemi intérieur que constitue « ce démon qui va et vient, à la recherche de sa proie » (1P 5,8.) « Si nous réussissons ensemble à extirper de nos cœurs le sentiment de rancœur, à nous opposer à toute forme d'intolérance et à toute manifestation de violence, nous freinerons la vague du fanatisme cruel qui met en danger la vie de nombreuses personnes, faisant obstacle à la progression de la paix dans le monde. » (Benoît XVI).

Face à la violence des hommes, demandons la grâce d'un cœur ferme qui ne donne pas prise au mal. Soyons des artisans de paix et de justice. Ne craignons pas de chercher à inventer une route commune, comme citoyens français, habitants du monde et même « frères universels ». Que Dieu notre Père nous délivre du Mal, de tout mal, et donne la paix à notre temps.

Auxerre, le 14 novembre 2015

+ Hervé GIRAUD Prélat de la Mission de France Archevêque de Sens & Auxerre

"Tant de barbarie nous laisse effarés, et on se demande comment le cœur de l'homme peut imaginer et réaliser des événements aussi horribles, qui ont bouleversé non seulement la France mais le monde entier. Face à de tels actes, on ne peut pas ne pas condamner l'inqualifiable affront à la dignité de la personne humaine. Je veux réaffirmer avec vigueur que la voie de la violence et de la haine ne résout pas les problèmes de l'humanité. Utiliser le nom de Dieu pour justifier cette voie est un blasphème !" Pape François

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