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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 10:09
Parcours de Formation 2020-2022 proposé par la Mission de France

« Dans un monde de mutations et d’incertitudes,
vivre et proposer la foi chrétienne. »

Pour qui ? Il est ouvert à tous ceux qui, dans une société en mutation profonde, s’interrogent sur comment vivre la foi chrétienne ? Comment en témoigner ? Comment la proposer ?

Pour quoi ? Permettre à des prêtres, des diacres permanents, des laïcs engagés dans la société et dans l’Église, à de jeunes adultes, de prendre du recul, acquérir des outils d’analyse lors d’une formation à la fois théologique et spirituelle pour vivre et engager la foi chrétienne dans les défis d’aujourd’hui.

Un itinéraire : Revisiter les événements fondateurs de la foi et des moments clés de l’histoire chrétienne, où l’Église a été confrontée à de la nouveauté ; décrypter les réponses apportées aux questions nouvelles, et les ajustements opérés, afin de reprendre à notre compte cette aventure de la foi pour la mission dans le monde d’aujourd’hui.

Le calendrier se déploie sur deux années avec 6 weekends et 2 sessions de 3 jours par an. calendrier 2020-2021 ici

La méthode mêle exposés, réflexions de groupe, lecture de textes, prière, liturgie, convivialité, et travail personnel accompagné par un tuteur. Il correspond à 220 heures d’enseignement.
Les intervenants : les formateurs, prêtres, diacres et laïcs, appartiennent en majorité à la Mission de France.

Nouveau Parcours 2020-22
Où ça ?
Les week-ends : Maison de la Mission de France au Perreux sur Marne (samedi 9h30 – dimanche 15h30).
Logement et restauration sur place.
Les sessions (4 jours, comprenant un weekend) Maison de la Mission de France à Pontigny (Yonne).
Logement et restauration sur place.

 

Cliquer sur ce lien pour vous inscrire

 

Parcours de Formation 2020-2022 proposé par la Mission de France
Parcours de Formation 2020-2022 proposé par la Mission de France

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 16:22
Hommage à Noël CHOUX par Eric PAILLER du Jour du Seigneur
Hommage au Père Noël choux

Ce matin, nous avons appris la disparition du Père Noël Choux, prêtre de la Mission de France et qui fut, notamment pendant une dizaine d’années, producteur du Jour du Seigneur pour l’outremer. Nous perdons un référent spirituel, un grand professionnel, un ami, une personnalité unique.

Posted by Le Jour du Seigneur on Friday, April 10, 2020

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 11:47

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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 07:20
Communauté Mission de France

Communauté Mission de France

Le pape François a reçu, en audience privée, Mgr Hervé Giraud samedi 11 janvier 2020. Un tête-à-tête de 40 minutes, au cours duquel notre archevêque, également Prélat de la Mission de France, a souhaité dresser un état lieux détaillé de ce qui se vit justement à la Communauté Mission de France et d’en présenter les initiatives d’avenir : les prêtres engagés dans un travail professionnel et la gouvernance avec des laïcs.

Un dialogue franc, fraternel, libre, simple qui lui a permis de présenter cette Église participative, synodale et co-responsable. Au cœur de cette rencontre, la volonté de Mgr Hervé Giraud de présenter au Pape cette Église laboratoire qu’est la Mission de France : une “Église en sortie” qui va vers les périphéries existentielles et les périphéries territoriales. En d’autres termes, une Église dans l’esprit de la  “Joie de l’Évangile”, exhortation apostolique émise par le pape François en novembre 2013”.

Retrouvez une présentation détaillée de la mission de la Mission de France dans le document ci-dessous :

« LA MISSION VECUE PAR LA MISSION DE FRANCE

Une inquiétude missionnaire

 « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18, 8).

Cette inquiétude missionnaire ne cesse d’habiter les disciples-missionnaires de la Mission de France : prêtres, diacres, laïcs (hommes et femmes). Dans une société française autrefois chrétienne mais devenue non-chrétienne et même irréligieuse, qui se transforme, laissant au bord du chemin pauvres et migrants ; dans une culture où chacun doit trouver en soi le sens de l’existence et tisser par soi les liens sociaux ; avec une laïcité perturbée par l’installation durable de nouvelles traditions religieuses, la foi chrétienne a-t-elle un avenir ? Comment porter la question de Dieu et celle du salut en Jésus-Christ dans un monde où Dieu est peu entendu, peu attendu, et organisé sans Lui ? Atteinte dans son expression, ses rites, par le péché de l’Église aussi, la foi ne semble plus concerner la grande majorité de nos contemporains. 

 Pourtant, dès l’origine de l’aventure missionnaire, il y a cette confidence : « Une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : ‘Sois sans crainte, continue de parler, ne te tais pas. Je suis en effet avec toi et personne ne mettra la main sur toi pour te maltraiter car, dans cette ville, un peuple nombreux m’est destiné.’ » (Actes 18, 9-10)

 La mission des prêtres en travail professionnel

 Aller vers ce peuple quémander l’hospitalité, partager ses conditions de vie, ses combats et ses échecs, c’est ce qui a amené les prêtres à travailler professionnellement.

Écouter d’abord ce que les gens ordinaires expriment, crient et chantent. Se laisser toucher par leurs recherches et leurs tâtonnements. Balbutier les mots de la foi. Rendre grâce et intercéder sans cesse. Voilà le chemin missionnaire que nous empruntons depuis plus de 70 ans.

Une recherche théologique

 Cette responsabilité de la foi, qui est la grâce propre de la Mission de France, impose une recherche théologique : une théologie pratique, enracinée dans l’existence ordinaire, pour interpréter l’événement chrétien du salut afin qu’il puisse être exprimé dans le langage de la culture d’aujourd’hui, afin qu’il soit réellement inculturé, afin que le Christ Jésus puisse concerner la vie de chacun.

 Cette recherche ne peut se faire sans l’écoute et la confrontation avec d’autres peuples et d’autres Églises qui s’engagent au service de l’humanité. C’est ainsi que depuis longtemps, quelques prêtres et laïcs vivent hors de France, aujourd’hui encore au Maghreb, en Guyane, au Cambodge et même en Chine.

 Un retour de mission

 Cette responsabilité impose aussi un retour de mission : rendre compte de ce que nous vivons et du pourquoi nous marchons. Exprimer ce que nous découvrons et prions. 

 Nous vivons un retour de mission d’abord en direction de celles et ceux avec qui nous lions nos existences. La Parole du salut leur est destinée, l’Esprit repose sur chacun, Dieu ne cesse de s‘approcher d’eux.  

 Dans le même mouvement, nous adressons aussi un retour de mission aux évêques, premiers responsables de la mission, et qui sont à l’origine de la création du séminaire de la Mission de France puis de la Prélature.

 Enfin nous adressons un retour de mission aux communautés chrétiennes dont nous sommes solidaires. Il faut reconnaître que nous sommes loin d’assumer au mieux ce travail. Il y a un travail de réflexion à mener et des pratiques à modifier pour que l’Église soit davantage synodale.

 Une mission inculturée, diaconale et solidaire

 Ce chemin nous oblige à nous lier à nos contemporains et de manière privilégiée à celles et ceux qui ne croient pas en Dieu ou croient autrement. Dans beaucoup d’endroits, nous sommes engagés dans un dialogue exigeant, en particulier avec des musulmans, mais aussi avec des chercheurs scientifiques à travers un réseau international (Réseau Blaise Pascal). D’autres lieux de réflexion existent, à la croisée des enjeux de société et de la question de Dieu : pour des personnels soignants, des enseignants… Ce chemin nous oblige aussi à nous lier aux exclus, dans la vie associative en particulier ; beaucoup sont solidaires de migrants. Il faut également mentionner l’accompagnement de personnes divorcées voire remariées.

 

Vers une prélature personnelle pour mieux associer des laïcs ?

 L’aventure missionnaire de la Mission de France n’a pas la prétention d’assumer toutes les dimensions de la mission de l’Église. Elle se pense comme un signe modeste qui cherche à être authentiquement évangélique. Elle se vit dans le cadre canonique d’une prélature territoriale. Nous pensons aujourd’hui qu’il est pertinent de nous situer dans le cadre de la prélature personnelle voulue par le concile Vatican II. 

 La visée de la prélature personnelle correspond à ce que nous sommes réellement.  Son cadre permet de mieux associer les      fidèles laïcs, compagnons de route de longue date, à la     responsabilité apostolique portée par le Prélat, son presbyterium et ses diacres.  Comme prélature personnelle, la Mission de France veut être fidèle à la mission reçue, convaincue que l’Esprit la devance toujours au cœur du monde. 

 Histoire de la Mission de France 

 La Mission de France a une histoire originale, unique dans l’Église de France comme dans l’Église universelle. Dès les années 1930, l’Église en France prend conscience de la sécularisation de la société occidentale, de la déchristianisation des milieux ouvriers, de la désertification sacerdotale dans le monde rural en France. Le cardinal Suhard, archevêque de Paris, fait alors une proposition pour la mission en France : fonder la Mission de France (consociato cleri saecularis), pour abattre le « mur qui sépare l’Église de la masse, pour rendre au Christ les foules qui l’ont perdu ». 

 Le 24 juillet 1941, l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques propose de créer un Séminaire. Le Séminaire lui-même est créé le 5 octobre 1942 à Lisieux. Le contexte est celui de l’Action catholique et de l’engagement des laïcs dans la mission. C’est l’époque de Témoignage Chrétien, de Frère Roger de Taizé, de l’Abbé Godin… etc. Les prêtres devront être des hommes de la mission par le dialogue. De jeunes « apôtres » se mettent au service du monde rural et du milieu ouvrier. La Mission de France veut porter l’Évangile au cœur d’une relation avec ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne. Elle est mise sous le patronage missionnaire de sainte Thérèse de Lisieux. Dès le départ, des femmes proches de la spiritualité de Madeleine Delbrêl se joignent à ce courant missionnaire. 

 Le 1er mars 1954, Rome met fin à l’expérience des prêtres-ouvriers travaillant à temps plein. Mais, le 15 août 1954, Pie XII signe la Constitution apostolique Omnium ecclesiarum sollicitudo et crée, non pas un diocèse, mais la Mission de France, une prélature territoriale nullius (ne relevant d’aucun diocèse), ayant donc son propre territoire (Pontigny) et son prélat ordinaire avec l’abbatiale comme cathédrale. Elle compte déjà 50 équipes dont trois en Algérie et Tunisie. L’Assemblée générale de septembre 1955 regroupe 200 prêtres. Une Loi propre est approuvée le 19 novembre 1955. En 1965 le concile Vatican II autorise à nouveau le travail professionnel pour les prêtres. 

 Après une période difficile (fermeture du Séminaire) la Mission de France reprend son élan. Dès 1976, la prélature élargit son horizon en envoyant des prêtres à l’étranger : Cameroun, Tanzanie, Argentine, Égypte, Chine…etc. Des équipes spécialisées sont envoyées dans les milieux de la mer, du bâtiment, parmi les saisonniers (tourisme, agriculture). En 1986, des équipes ouvertes aux laïcs se créent. 

 Le 18 juin 1988, les évêques de France votent une nouvelle Loi propre conforme au nouveau code de droit canonique : « La Mission de France a pour but de fournir aux ordinaires qui en manifestent le désir une contribution à l’effort missionnaire dans leur diocèse, en particulier pour faire face à des situations missionnaires auxquelles le clergé local ne peut répondre seul (…) : elle constitue un corps missionnaire spécifique de ministres ordonnés au service de l’annonce de l’Évangile. Elle est un des signes par lesquels l’Église réalise une présence originale dans les milieux sociaux et culturels les plus étrangers à la foi en Jésus Christ. » Une Commission épiscopale assiste le prélat dans le gouvernement de la Mission de France, au nom de la Conférence des évêques de France. Si « seuls les ministres ordonnés sont membres de la Mission de France », des fidèles laïcs continuent à être associé à la Mission de

France pour être, avec les prêtres, collaborateurs de l’apostolat confié à la Mission de France.

En 1993 a lieu l’ordination du premier diacre marié.

 En 2002 Mgr Georges Gilson donne naissance à la Communauté Mission de France dans laquelle chaque membre laïc s’engage avec la Mission de France, dans une équipe de mission, avec une lettre de mission, signé du prélat et de l’évêque diocésain concerné. L’équipe de mission engage, pour sa part, le ministère apostolique selon les trois objectif du Manifeste de la Mission  : travailler à la justesse de l’attitude chrétienne, vivre en Église aux lieux de la rencontre et du dialogue, interpréter la foi chrétienne pour aujourd’hui 

La Mission de France en chiffres

94 équipes réparties dans 52 diocèses .

92 prêtres incardinés dans la Prélature Mission de France dont 19 en activité professionnelle  et 6 prêtres au service de la Prélature

15 diacres incardinés ans la Prélature Mission de France 

79 prêtres diocésains associés à la Prélature (Communauté Mission de France)

 22 diacres diocésains associés à la Prélature (Communauté Mission de France)  

Présence à l’international : Algérie, Maroc, Cambodge, Chine

383 laïcs engagés en équipes de mission (Communauté Mission de France)                        

233 laïcs associés à la vie des équipes                                     

9 séminaristes en 2019-2020

2 candidats au diaconat permanent 

 30 participants à l’École pour la mission (parcours bibliques et théologiques)         100 à 150 jeunes concernés par les activités de la Mission de France 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 07:25
Monseigneur Hervé Giraud (ici à Auxerre en 2018), prélat de la Mission de France, a rencontré le pape François à Rome, samedi 11 janvier. Photo © Jérémie FULLERINGER

Monseigneur Hervé Giraud (ici à Auxerre en 2018), prélat de la Mission de France, a rencontré le pape François à Rome, samedi 11 janvier. Photo © Jérémie FULLERINGER

 

L'archevêque d'Auxerre-Sens Hervé Giraud a rencontré le pape François, samedi 11 janvier 2020 au Vatican. Un entretien unique au cours duquel il a pu évoquer la Mission de France, dont il est le prélat.

1. Evoquer la Mission de France

Bien qu'archevêque d'Auxerre-Sens, Mgr Hervé Giraud s'est présenté, samedi 11 janvier au Vatican, en tant que prélat de la Mission de France, qui oeuvre sur tout le territoire national et au-delà des frontières, pour venir en aide aux personnes les plus démunies et en marge de la société. Le diocèse catholique au service de la mission, fondé à Pontigny, dans l'Yonne, dans les années 1940, compte 92 prêtres, 15 diacres et près de 400 laïques. Hervé Giraud souhaitait s'entretenir avec le Saint-Père sur la volonté de l'Église d'être "plus souple et accessible".

"Tout ce qui est humain trouve un écho en lui."

mgr Hervé Giraud (à propos du pape François)

2. Un échange "entre deux frères"

Mgr Giraud a été reçu vers 11 heures au Vatican, par le pape François. Au cours d'un entretien d'environ quarante minutes dans l'intimité, en italien et en français, il a expliqué le rôle de la Mission de France au pape François et s'est entretenu avec lui sur sa vision de l'église. "C'était une discussion entre frères. On était vraiment dans la même tonalité et sur la même longueur d'onde", résume Hervé Giraud qui, comme le Saint-Père, prône "une église pauvre pour les pauvres." L'archevêque icaunais qui avait déjà rencontré, par le passé, Jean-Paul II ou Benoît XVI, a vécu sa première rencontre privilégiée avec François. "C'était un moment très émouvant, très profond", commente-t-il.

Rendez-vous. Le 16 mars prochain, l’archevêque d’Auxerre-Sens sera de nouveau amené à rencontrer le pape François lors d’une visite ad limina pour rendre compte de l’état de son diocèse, aux côtés d’une quarantaine d’autres évêques.

3. Un cadeau en référence à Vézelay

Hervé Giraud, qui avait déjà eu l'occasion d'évoquer Vézelay au pape François lors d'une précédente rencontre où ils s'étaient tout juste croisés, lui a rapporté un cadeau icaunais. "Il s'agit du livre Vézelay, chemin de lumière, la grâce d’une basilique. Le pape apprécie particulièrement le chapiteau de Judas qui correspond à sa devise sur la miséricorde". Le Saint-Père pourra donc découvrir l'Yonne à travers l'ouvrage avant peut-être, un jour, de venir visiter les nombreux monuments religieux icaunais.  

L’YONNE REPUBLICAINE

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 21:19
Monseigneur Hervé Giraud a rencontré le père de la famille albanaise menacée d'expulsion, ce jeudi 19 décembre. © Marion Boisjot

Monseigneur Hervé Giraud a rencontré le père de la famille albanaise menacée d'expulsion, ce jeudi 19 décembre. © Marion Boisjot

L'archevêque de Sens et d'Auxerre, Monseigneur Hervé Giraud, a rencontré ce jeudi 19 décembre 2019 le père de famille albanais menacé d'expulsion avec sa femme et ses trois enfants. Si les associations de soutien aux migrants de l'Yonne parlent en son nom depuis les premières mobilisations, il a pu, cette fois, raconter son histoire. 

Monseigneur Hervé Giraud a rencontré à Auxerre, ce jeudi 19 décembre à l'évêché, Azim (*). Arrivés d'Albanie il y a 5 ans, lui, sa femme et leurs trois enfants sont aujourd'hui menacés d'expulsion. Le couple a été débouté du droit d'asile, après deux demandes de réexamen étudiées par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) et par la cour nationale du droit d'asile. Depuis l'intervention de la gendarmerie de Migennes au centre d'accueil Coallia, où elle résidait, la famille se cache tandis que les associations de soutien aux migrants se mobilisent.

"Je ne suis pas un criminel"

"J'ai été alerté par mon délégué épiscopal, chargé de la pastorale des migrants dans l'Yonne. Nous suivons d'autres dossiers en Puisaye ou dans le Tonnerrois, et j'aime prendre le temps d'écouter ces personnes individuellement, elles me disent des choses de l'humanité par leurs témoignages. Aucune situation ne tue en moi l'attention au prochain", affirme Monseigneur Hervé Giraud, qui avait préparé quelques friandises à offrir à Azim(*) pour Noël. 

Son histoire, Azim la raconte en français, autour d'un thé, aidé par l'archevêque lorsqu'un mot lui manque. "Je ne suis pas un criminel". Ce sont ses premiers mots. "Je ne me suis jamais caché dans ma vie, j'ai toujours respecté les règles, je n'ai jamais eu une seule amende dans mon pays".   

"Je suis impressionné par la solidarité, très touché par les citoyens."

Très vite, il tient à remercier les citoyens de "sa deuxième maison", la France, qu'ils tient en haute estime. "Je suis impressionné par la solidarité, très touché par les citoyens. Je ne pense pas qu'on s'engage autant dans d'autres pays, dans les associations, auprès des migrants. Je les remercie, comme je remercie le centre d'accueil, mes amis français ou non, les assistantes sociales, le conseil général, le district de football de l'Yonne et la Ligue de Bourgogne". 

"La préfecture ne reviendra pas sur les décisions juridiques" 

Pourquoi remercie-t-il le milieu du football ? Parce que malgré sa situation, Azim a créé son association et son club, le FC Aigles Auxerre. "Mon statut ne m'a pas empêché de le faire, ce que je trouve très démocratique. J'ai choisi l'aigle car c'est l'emblème de l'Albanie, mais l'aiglon est aussi celui de Napoléon Bonaparte", dit-il en souriant. "Dans ce club, j'ai toujours voulu transmettre un message de respect aux joueurs. J'ai plein de projets pour l'association, et je ne suis pas quelqu'un qui laisse tomber facilement".

Pourtant, la préfecture de l'Yonne campe sur ses positions. En parallèle de la rencontre secrète entre Azim et Monseigneur Hervé Giraud, une réunion, demandée par Réseau éducation sans frontières, s'est tenue entre les associations de soutien et Tristan Riquelme, directeur de cabinet du préfet.

"D'après l'étude du dossier, examiné par une autorité indépendante, la famille n'est pas menacée en Albanie."

"La position de l'État, c'est la stricte application du droit français. La demande d'asile a été rejetée ainsi que tous les recours déposés, examinés par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, par la cour nationale du droit d'asile ou par le tribunal administratif. La famille ne peut pas non plus bénéficier de la circulaire Valls, car elle ne remplit pas encore les conditions de durée de séjour sur le territoire. Elle ne les remplira qu'en mars 2020. Troisièmement, d'après les conclusions tirées de l'étude du dossier, examiné par une autorité indépendante, la famille n'est pas menacée. L'Albanie n'est pas un pays en guerre, on peut y vivre normalement. Certains français y vont en voyage d'affaires ou faire du tourisme. Prendre la décision de faire rester la famille serait une décision en défaveur de familles réellement menacées", détaille Tristan Riquelme. 

De nouvelles mobilisations en vue

Sur ce dernier point, Azim n'est pas d'accord. "En Albanie, j'étais président du parti de gauche, conseiller municipal, coordinateur d'élections. Dans ce pays, la corruption est une maladie et des groupes criminels empêchent la démocratie. Je pensais que mon parti pouvait changer les choses, mais rien n'a changé. Le parti m'a déçu, je n'étais pas d'accord avec la façon de faire, et cela m'a valu des menaces de mort. Aujourd'hui, si je rentre, ces personnes devenues importantes me menaceront toujours. Je comprends la préfecture. Ils font leur travail, doivent respecter la loi. Mais je ne peux pas accepter d'être expulsé, ni le comportement des gendarmes qui sont intervenus à mon domicile et ont intimidé ma femme. Maintenant, je me sens chez moi en France", affirme Azim.

Dans leur esprit, plus de reconduites à la frontière satisferont les électeurs, mais c'est seulement faire le lit de l'extrémisme.

Lors de la réunion, Erwan Ménard, de Réseau éducation sans frontières, a tenté de faire valoir les actions de mobilisation qui se sont tenues à Joigny et à Auxerre, pour soutenir la famille. "On sent que cela choque tout le monde, on commence à avoir des soutiens politiques. Aujourd'hui, c'est un coup de massue, mais cela nous donne envie de crier haut et fort contre cette inhumanité. De nouvelles mobilisations vont s'organiser".

Une mobilisation vue d'un bon oeil à l'évêché. "La préfecture est prise dans le cadre de la politique générale. La mobilisation est un bon moyen de faire entendre qu'il y a des cas d'exception. Dans leur esprit, plus de reconduites à la frontière satisferont les électeurs, mais c'est seulement faire le lit de l'extrémisme. Lorsqu'on rencontre la personne en face à face, on ne peut plus penser pareil", conclut le délégué épiscopal.

(*) Le prénom a été modifié. 

Lucile Preux
 

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 21:09
Homélie pour les obsèques d'André Blervaque, prêtre de la Mission de France

 « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi je demeure en lui. »

La célébration de l'Eucharistie a été le sommet de la vie chrétienne d'André. C'est sans doute une évidence de dire cela pour un prêtre, mais André l'a porté à son paroxysme.

« La vie des justes est dans la main de Dieu... Ce qu'ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l'épreuve et les a reconnus dignes de Lui. »

André a connu des souffrances qu'il a longtemps cachées et dévoilées par petites touches lors de l'intimité de certaines rencontres. Il s'est ainsi construit une carapace qui l'a mis à distance de beaucoup de ses confrères.

Voici à travers deux textes extraits du livre de la Sagesse et de l'Evangile selon St Jean les deux grandes caractéristiques d'André, homme complexe et attachant, homme paradoxal qui s'est coupé de certains et fortement liés à d'autres.

Le livre de la Sagesse dont nous avons entendu un extrait dans la première lecture est une réflexion sur le sens de la vie. Il y a parfois des blessures qu'on peut trainer toute sa vie. Il y a des souffrances qu'on peut essayer de cacher en se mettant à part, en enfouissant ce mal au plus profond de notre être. On est alors comme André en déficit de relation avec ceux qui devraient être les plus proches. Mais cela ne l'a pas empêché d'être apprécié de ses voisins musulmans, estimé dans cette cité de Nétreville où il a passé près de quarante ans, attendu par les personnes des EHPAD où il a été envoyé en mission.

Dans ses relations André est toujours allé droit au but, sans fioritures. Cela l'a mis en porte à faux avec beaucoup mais cela lui a aussi ouvert les portes des plus humbles, ceux qui ne cherchaient pas à lui imposer quoi que ce soit.

Malgré les difficultés de sa vie, il a toujours conservé l'Espérance, cette espérance chrétienne d'un Dieu qui nous a fait à son image et à sa ressemblance. Il a beaucoup cherché, beaucoup lu, beaucoup écrit.

Je me souviens de discussions passionnantes sur sa compréhension des textes bibliques, sur l'exégèse qu'il faisait lors de nos partages en équipe Mission de France. Le revers de la médaille était son intransigeance sur le mot juste, sur la virgule mal placée.

André était un intellectuel. Pas toujours très pédagogue il faut bien l'avouer mais comment pouvoir désavouer celui qui s'appuyait sur de grands théologiens pour affiner sa pensée.

Le discours sur le pain de vie dans l'Evangile selon St Jean vient illustrer le grand amour d'André pour l'Eucharistie.

Célébrer l'Eucharistie n'avait pour lui rien de plus fort. Cette célébration était codifiée et rien ne pouvait s'écarter du rituel. Ce qui l'amenait parfois à faire des réflexions à voix haute quand quelqu'un (un de ses confrères prêtres ou un autre baptisé) se permettait une petite incartade.

L'unité de la liturgie eucharistique ne souffrait pour lui aucun écart. Il lui est arrivé de ne pas célébrer avec nous lors de rencontres de la Mission de France, par ce que le cadre était changé

L'Eucharistie ne devait être célébrée qu'une fois par jour. C'est ainsi qu'il ne célébrait pas avec nous dans nos rencontres d'équipe lorsqu'il avait une présidence d'Eucharistie à assurer dans la journée avec une autre communauté.

Tout cela nous redit la rigueur de sa vie dans toutes ses dimensions. Une rigueur qu'on ne peut blâmer mais qui a souvent était la source de petits différents, voire de grandes cassures.

Mais je voudrais aussi m'exprimer sur la grande fraternité que nous avons vécu avec lui au cours de ces nombreuses années à Evreux.

André était aussi un bon vivant, généreux, appréciant la bonne chère. Il apportait volontiers une bonne bouteille, un pot de foie gras pour partager avec nous en équipe.

Il avait certes des « coups de gueules » qui nous mettaient mal à l'aise mais aussi des témoignages de rencontres simples et amicales.

André, ce matin, tu ne peux pas me dire d'arrêter, ni me reprendre si j'ai employé un mot inadéquat. Aussi je m'arrête de moi-même en me tournant vers ce Dieu d'amour que tu as cherché à mieux connaître toute ta vie. Je reprends pour cela les mots du psaume

« Seigneur, Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d'amour pour ceux qui t'appellent, écoute ma prière Seigneur, entends ma voix qui te supplie. »

Amen

Eglise Sainte Thérèse de Nètreville, lundi 7 octobre 2019

 

Max DUBOIS

Diacre de la Communauté Mission de France

 

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 09:41
Thérèse au théâtre joue Jeanne d'Ac enchaînée

Thérèse au théâtre joue Jeanne d'Ac enchaînée

La Mission de France et Sainte Thérèse de Lisieux

Je ne suis ni un expert de Thérèse, ni un théologien. Mon exposé est sans prétention !

1°) Mes premières « images » de Thérèse de Lisieux

J’ai deux images de Thérèse, deux images en apparence contraires.

Celle de mon enfance, transmise par maman, qui avait « grandi dans la foi » grâce à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, image qu’elle tenait de mon grand-père maternel. Il était poilu à la grande guerre, a été gazé, mais il a réussi à en revenir. Comme de nombreux poilus il portait sur lui un médaillon de la petite Thérèse (qui n’était pas encore sainte : elle a été canonisée en 1925.). Maman avait une image négative de Thérèse : mièvrerie, naïveté, culpabilité…

Plus tard c’est une autre image que j’ai découverte grâce à Edith PIAF, la chanteuse.

Edith, alors qu’elle avait 7 ans (en 1922), venait régulièrement en vacances chez sa grand-mère Léontine à Bernay dans l’Eure. Sa grand-mère qui tenait un commerce très particulier, une maison close, emmena sa petite fille en pèlerinage à Lisieux alors qu’elle était en train de devenir aveugle. Sur la tombe de Thérèse, les filles de joie qui accompagnaient Edith ont prié « très fort ». A son retour à Bernay l’enfant a progressivement recouvré la vue. Chaque année depuis ce jour et jusqu’à sa mort en 1963, Edith est venue (incognito) en pèlerinage à Lisieux remercier Thérèse. Malgré cela l’Eglise lui a refusé des funérailles religieuses. Cette fois c’est une toute autre image de Thérèse : celle de l’Amour et de la Miséricorde !

2°) La Mission de France à Lisieux

C’est le 24 juillet 1941 que le Cardinal SUHARD, archevêque de Paris, créé la Mission de France ici à l’Ermitage de Lisieux sous la forme d’un séminaire qui ouvrira ses portes en octobre 1942 avec le patronage de Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des Missions et de la Mission de France, en vue de former des jeunes prêtres (venus de toute la France pour être envoyés « en mission » dans les banlieues ou les secteurs ruraux déchristianisés.) De nombreux prêtres qui avaient vécu le STO en Allemagne avec de jeunes chrétiens avaient été marqués par la « vie ouvrière » qu’ils ont partagée avec ces jeunes « réquisitionnés ».

Le Cardinal SUHARD  nomme un Sulpicien, le père Louis AUGROS, premier « supérieur » du séminaire de la Mission de France. Le 12 septembre 1943 paraissait le livre « France Pays de Mission ? », un ouvrage de deux aumôniers de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, Henri GODIN et Yvan DANIEL, alertant l’Eglise de France sur la nécessité d’envoyer des « missionnaires » dans les milieux non chrétiens en France. Ce fut le livre de chevet du Cardinal SUHARD qui eut cette formule : « Il existe un mur qui sépare l’Eglise des masses et ce mur il faut l’abattre ! ».

Le séminaire de Lisieux a été un véritable « laboratoire », sous l’impulsion de Louis AUGROS, pour toutes les initiatives missionnaires en France durant la guerre et surtout à la fin de la guerre. Madeleine DELBREL y est venue à plusieurs reprises. En 1942 le séminaire comptait 30 prêtres, 54 en 1943 et 120 en 1944. Ces jeunes prêtres ont pris conscience que pour se lancer dans l’aventure missionnaire il fallait honorer deux conditions : partager la vie des gens et vivre en équipes. Ce fut le début de l’aventure (à la suite du STO) des prêtres ouvriers. En 1948 la Mission de France avait fondé 30 communautés dans 20 diocèses.

A la suite de l’opposition des courants traditionalistes, le Père AUGROS est mis à l’écart et obligé de démissionner le 28 mars 1952. Le séminaire de Lisieux ferme ses portes en 1953. L’aventure de la Mission de France qui portait une formidable espérance commençait dans la douleur.

Le 15 août 1954, alors que l’Eglise marquait un premier arrêt à l’expérience des « prêtres ouvriers », la Mission de France obtenait son statut canonique du pape Pie XII. La Mission de France devenait un « diocèse sans territoire » sous la responsabilité d’un évêque. Le siège de l’évêque est l’Abbatiale de Pontigny (dans l’Yonne). A partir de cette date la Mission de France a eu la possibilité « d’incardiner » des prêtres. Depuis 2002, date à laquelle a été fondée la « Communauté Mission de France », les « équipes de Mission » sont composées de prêtres, diacres et laïcs.

Je suis en équipe de Mission à Evreux, équipe qui compte un prêtre de la MDF (moi-même), un diacre diocésain et 3 laïcs engagés avec l’équipe. A côté de notre équipe, quatre anciens dont André, 90 ans, qui a commencé l’aventure avec la Mission de France au séminaire de Lisieux.

3°) Quelques repères historiques au sujet de Thérèse.

Louis et Zélie MARTIN (canonisés par le pape François en 2015) ont eu 9 enfants dont 4 sont morts avant l’âge de 6 ans :

Marie, sœur Marie du Sacré-Cœur est née le 22 février 1860. Elle entre au Carmel de Lisieux en 1886. Elle meurt le 19 janvier 1940.
Pauline, sœur Agnès de Jésus est née le 7 septembre 1861. Elle entre au carmel de Lisieux en 1882. Elle y devient prieure pour la première fois en 1893. Plus tard, le pape la nommera prieure à vie. Elle meurt le 28 juillet 1951.
Léonie, sœur Françoise-Thérèse est née le 3 juin 1863. Elle entre définitivement en 1899 à la Visitation de Caen. Elle y meurt le 16 juin 1941.
Céline, sœur Geneviève de la Sainte-Face est née le 8 avril 1869. Elle entre au Carmel de Lisieux après la mort de son père qu’elle a accompagné jusqu’à la fin. Elle meurt le 25 février 1959.

Marie-Françoise Thérèse MARTIN est née à Alençon (Orne) le 2 janvier 1873. J’ai visité la maison où elle est née et j’ai pu voir « son berceau » !

Leur mère, Zélie, est décédée le 28 août 1877. Ce fut pour Thérèse une blessure très cruelle. Dès ce jour-là Thérèse s’est attachée à sa sœur Pauline comme à une seconde maman. Pauline est entrée au Carmel le 2 octobre 1882. Ce fut encore un énorme choc pour Thérèse.

Après l’entrée de Pauline, Thérèse n’a eu de cesse de vouloir entrer à son tour au Carmel. C’est à la suite d’un pèlerinage à Rome, qu’elle obtient de son évêque l’autorisation d’entrer au Carmel le 9 avril 1888 à l’âge de 15 ans. Elle prend le nom de sœur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.

Au Carmel Pauline (Mère Agnès de Jésus) demande à Thérèse d’écrire ses souvenirs d’enfance.  

Thérèse meurt au Carmel de la tuberculose le 30 septembre 1897 après une longue agonie et de grandes souffrances.

Thérèse a laissé trois manuscrits et une impressionnante correspondance :

-          Le manuscrit A : les récits de l’enfance jusqu’à l’entrée au Carmel

-          Le manuscrit C : le récit de sa vie au Carmel de juin 1897 jusqu’à sa mort le 30 septembre 1897

-          Le manuscrit B : une lettre à sa sœur, Marie MARTIN (Sœur Marie du Sacré Cœur) à qui elle raconte les grâces décisives de 1896

Les manuscrits A et B n’avaient pas vocation à être publiés (ils sont adressés à ses sœurs). Seul le manuscrit C a été rédigé dans l’idée d’une publication « post mortem ».

« L’histoire d’une âme » (le recueil « mis en forme » par Mère Agnès de Jésus de ces trois manuscrits) sera tiré en 2000 exemplaires en septembre 1898. En 1951, après le décès de Mère Agnès de Jésus, le pape Pie XII demande que soit restitué le texte original. Ce sont plus de 7.000 modifications (de style pour la plupart, mais aussi de fond pour des expressions qui paraissaient choquantes à l’époque) qui avaient été apportées.

Les manuscrits – dans leur forme originale – ont été publiés en 1956. Ils ont été édités dans 50 langues et vendus à 500 millions d’exemplaires.

Thérèse est canonisée le 30 septembre 1925 par le pape Pie XI.

Le 19 octobre 1997, l’année du centenaire de sa mort, sainte Thérèse est proclamée Docteur de l'Église par Jean-Paul II.

Les docteurs de l’Eglise sont au nombre de 36 : 32 hommes et 4 femmes. Après Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne et Thérèse d’Avila, Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face est la plus proche de nous. Les docteurs de l’Eglise sont des théologiens, universitaires et savants. Thérèse n’est rien de tout cela. Jean-Paul II l’a déclarée « Docteur en Science de l’Amour » ! Elle nous montre un chemin vers Dieu radicalement nouveau : « la petite voie » !

4°) Avec Thérèse c’est une véritable « révolution « copernicienne » :

« Ce qui a été caché aux sages et aux intelligents, Dieu l’a révélé aux tout-petits ! »

A l’époque de Thérèse (très marquée par le Jansénisme) on voulait atteindre la sainteté par des « mortifications », des sacrifices, en se faisant du mal. Le monde était une « vallée de larmes ». La religion était basée sur la peur : peur du monde, peur du démon, peur de l’enfer !

La « religion » de Thérèse n’est pas basée sur les devoirs, sur les efforts, ni sur la peur mais sur l’amour. Bien avant le concile Vatican II, Thérèse témoigne – par toute sa vie – que « Dieu est Amour ».

Thérèse ne cherche pas – par ses mérites - à « s’approcher » de Dieu. Elle laisse Dieu « s’approcher d’elle » !

Pas besoin de sacrifices ni de mortifications ! Les évènements et les épreuves de la vie suffisent amplement !

Thérèse ne veut pas aller vers Dieu par un escalier « épuisant » pour elle qui est souffrante et malade. A l’époque où l’on construit les premiers « ascenseurs » elle veut un moyen direct et le moins fatigant possible pour aller à Dieu !

C’est dans le quotidien, dans les choses les plus simples que Dieu nous rejoint. Eplucher des pommes de terre, faire la vaisselle avec amour : pas besoin de réaliser des « exploits » !

Quand je m’endors lors de l’oraison à la chapelle, Dieu est là !

Cette liberté de Thérèse est le signe « qu’elle vit vraiment d’Amour ».

Thérèse et sa pluie de roses représentent souvent la mièvrerie et l’infantilisme.

En réalité cette « petite voie », la « voie de l’enfance » (Thérèse est entrée au Carmel à 15 ans !) nous enseigne deus choses que les adultes ont trop souvent oubliées :

« Laissez venir à moi les petits-enfants, ne les empêchez pas ! Le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent »

            L’enfant est le modèle du croyant :

-          Les enfants font confiance à l’Amour (alors que les adultes, « blessés par la vie », en sont trop souvent empêchés).

-          Les enfants sont capables d’émerveillement : une fleur, un oiseau, un soleil couchant…

5°) Thérèse et les incroyants :

(Ce paragraphe est largement inspiré par les écrits du Père Dominique FONTAINE, Prêtre de la Mission de France et aumônier national du Secours Catholique)

Lors des hémorragies de la nuit du jeudi au vendredi saint 1896, Thérèse vient de ressentir dans son corps que la mort est désormais proche.

Après un moment de joie (« la pensée du ciel faisait tout mon bonheur ») Thérèse est confrontée à la question du néant après la mort et du doute sur l’au-delà !

Ce qui est impressionnant – de la part de Thérèse – c’est qu’elle ne considère pas que ce doute est une tentation du démon (comme le pensaient toutes les croyants de cette époque), mais que c’est Jésus lui-même qui la met à l’épreuve !

Elle découvre – « dans sa nuit de la foi » – l’athéisme et par ce fait qu’il existe des âmes qui refusent Dieu. Elle se découvre en solidarité avec les incroyants : « Elle accepte de manger aussi longtemps que vous le voudrez le pain de la douleur et ne veut point se lever de cette table remplie d’amertume où mangent les pauvres pêcheurs avant le jour que vous aurez marqué » (manuscrit C). En acceptant de rester à la table des pêcheurs (comme elle le dit) Thérèse s’est rendue intérieure à l’expérience spirituelle des incroyants. C’est le charisme même de la Mission de France.

Alors qu’elle accepte de rester dans l’obscurité, assise à la table des pêcheurs, Thérèse exprime son désir dans sa prière au Christ : « Que ceux qui ne sont point illuminés du lumineux flambeau de la foi le voient luire enfin ». Ce flambeau de la foi pour Thérèse, c’est la charité !

La mission ce n’est pas du prosélytisme, c’est l’amour vécu sur le registre des actes les plus humbles de la vie quotidienne. Ses actes de foi sont des actes d’amour gratuits vécus au quotidien.

Le flambeau de la charité doit éclairer tous ceux qui sont dans la maison sans excepter personne.

Thérèse nous fait donc découvrir que la tâche du missionnaire est d’aimer : aimer les gens auxquels nous sommes envoyés, aimer chacun sans choisir ceux qui mériteraient notre amitié, vivre humblement la bonté du cœur du Christ.

 

Denis Chautard

Prêtre de la Mission de France

Assemblée Générale de Police et Humanisme

A l’Ermitage de Lisieux

Samedi 11 mars 2017

 

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18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 16:57
Les enfants de l’ACE de Gennevilliers, lauréats du Prix de la Vaillance 2019, aux côtés de Michel Besse-Mendy

Les enfants de l’ACE de Gennevilliers, lauréats du Prix de la Vaillance 2019, aux côtés de Michel Besse-Mendy

Michel Besse-Mendy est un enfant de l’éducation populaire. Originaire de Biarritz, il a grandi en fréquentant les centres aérés laïques des Francas, une association d’éducation populaire née de la Résistance après la Libération. Ce sont eux qui le conduisent à rencontrer l’ACE et à y découvrir la foi chrétienne.

Michel Besse est devenu prêtre à Bayonne en 1993. C’est un parcours original qui l’a conduit à cette ordination. Enfant de milieu ouvrier, il passait ses vacances aux centres aérés des Francas. Les Francas ? C’est un patronage laïc né au lendemain de la seconde guerre mondiale. Le terme « Francas » signifie « Franche camaraderie ». Jeune adulte, il y devient animateur. Un jour, une Fête du jeu est organisée dans sa région. « Je me rappelle d’une fête du jeu coorganisée entre les Francas et l’ACE. J’étais du côté des « laïcs » et, en face de nous, il y avait un groupe avec des curés, et l’on se méfiait… » raconte Michel, amusé par ce souvenir qui, pourtant, sera le point de départ de son cheminement chrétien.

« Lors des fêtes du jeu, j’ai vu que les enfants de l’ACE étaient très créatifs. Puis j’ai découvert le C de l’ACE qui m’a fait rentrer avec tout ce que je suis dans l’Evangile ! Je dois à l’ACE d’avoir découvert la foi chrétienne, tout autant que je dois aux Francas d’avoir eu l’esprit libre pour faire mes choix. La relecture de la parole des enfants en ACE me permet de me rapprocher du Christ-qui-vit-en-eux, bien plus entraînant que mes idées moisies ! »

Cette découverte de la foi chrétienne l’a rapidement guidé vers sa vocation. « A 17 ans j’ai connu l’ACE, et à 18 ans, j’ai voulu devenir prêtre. Je dois à l’Action catholique le goût de la liberté que propose l’Evangile. » témoigne-t-il.

Une fois prêtre, c’est la mission qui l’attire. Après quelques années dans le diocèse de Bayonne, il passera deux années coopérant en Afrique avec les « Coeurs Vaillants et Âmes Vaillantes du Gabon », dans une paroisse confiée aux missionnaires spiritains. Aujourd’hui, il est engagé à la Mission de France, et travaille à plein temps pour le mouvement ATD Quart-Monde. C’est à ce titre qu’il est en mission à Gennevilliers depuis 2017.

« A Gennevilliers, recommencez l’ACE avec des enfants qui ne sont pas encore au caté ni aux scouts ! »

Relancer l’ACE avec des enfants qui ne vont ni au caté, ni aux Scouts… Tel était le souhait du conseil pastoral de Gennevilliers et d’un groupe de parents. En 2018, alors que la perspective de changements dans les temps d’accueil périscolaires inquiétait parents et catéchistes, Michel Besse a mobilisé autour de lui pour que naisse un club ACE dès la rentrée de septembre 2019.

De nombreuses familles allaient devoir occuper leurs enfants durant les temps libres. Les centres de loisirs municipaux sont nombreux. Cependant, le portail informatique pour s’inscrire, et même la modeste contribution qui est demandée aux familles sont des obstacles quand il y a trois, quatre ou cinq enfants. Alors que faire ? Michel leur a alors rapidement proposé ce qu’il connaissait quand il était jeune, l’ACE ! Plusieurs parents n’ont pas tardé à le soutenir. « Parmi les mamans, il y avait une ancienne Âme vaillante de Dakar. Elle était même chef de groupe ! Dans ce groupe de parents, un papa de 5 enfants nous a dit avoir tenu des « Cop’mondes » qui sont les Cœurs vaillants et Âmes vaillantes du Cameroun. Une autre maman encore, de Madagascar a dit que cela s’appelait les « Ibalitas ». Un papa congolais se souvenait avoir été « Ya-mbote » à Brazzaville ! Tous ont souhaité que leurs enfants connaissent à Gennevilliers ce qu’ils avaient connu lors de leur jeunesse en Afrique ou dans les îles. »

 

Le Conseil pastoral a encouragé cette initiative :

« L’ACE n’existe plus depuis 30 ans ! Relancez l’ACE avec des enfants qui ne sont pas encore au caté ni aux scouts… Réunissez-les dans des salles municipales et dans les centres sociaux du quartier du Luth et du quartier des Grésillons. »

C’est ainsi que le projet de créer l’ACE avec ces « Âmes vaillantes d’Afrique » a été lancé.

Michel Besse-Mendy, un formateur fidèle aux Francas

Fidèle à son histoire avec les Francas, Michel est formateur deux semaines par an « sur ses vacances ! ». Michel Besse est très attaché à l’importance d’être bien formé pour exercer ses talents d’animateur et d’accompagnateur. Selon lui, les Francas ont des qualités d’innovations et sont les pionniers de la formation au BAFA.

« Comme animateur et formateur d’animateurs, ce qui est premier est d’apporter un socle de confiance et de sécurité pour que les projets d’enfants aboutissent. C’est un plaisir de les voir réussir et partager leur engagement à d’autres, toujours avec ce principe fort de l’éducation populaire qui est de jouer, faire jouer et laisser jouer. » témoigne-t-il.

A la rentrée de septembre 2019, le Père Michel va rejoindre l’équipe Bussy-Saint-Georges avec la mission de France. Il continuera son travail à plein temps à ATD Quart-Monde au siège national de Montreuil. Le discernement et le cheminement progressif vers la vie de prêtre-ouvrier, ce sont ses racines ouvrières et ses convictions sociales qui l’y ont conduit : « Pendant mon séminaire, j’avais fait deux années de coopération pour aider l’ACE au Gabon qui s’appelle les CVAV. J’étais rentré en France et, comme j’avais connu la mission au Gabon, j’ai d’abord demandé à être missionnaire à l’extérieur en étant membre des Spiritains. Ensuite, l’Evangile a continué de mûrir en moi, comme un pèlerinage aux sources et àmes racines ouvrières pour entrer à la mission de France en 2011. »

Nul doute que Michel ne manquera pas de saisir les occasions de proposer les valeurs de l’ACE, sa spiritualité de joie, de confiance, de vaillance et d’engagement. Et sans oublier d’y apporter le « sel » de la franchise et de la camaraderie reçu de la tradition humaniste des Francas. Pour Michel, « unir des valeurs humaines avec l’art de vivre inspiré des évangiles, c’est un outil de dialogue et de rencontre avec tous, pour un combat commun pour la place de l’enfance, respectée et garantie par les adultes, autant dans la société que dans la vie chrétienne en Eglise ».

 

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13 avril 2019 6 13 /04 /avril /2019 15:33

Homélie de François MARIN, Prêtre du Diocèse d’Evreux et de la Communauté Mission de France, lors des Funérailles de Jean Marie VERMELIN à l’église Saint Michel d’Evreux ce mercredi 10 avril 2019

 

Jean-Marie le 6 mars 2017 présente le calice que lui ont offert ses camarades du garage Citroën lorsqu'il a quitté Saint Dizier (Haute Marne)

Jean-Marie le 6 mars 2017 présente le calice que lui ont offert ses camarades du garage Citroën lorsqu'il a quitté Saint Dizier (Haute Marne)

Evangile de la « multiplication des pains : Marc 6,34-44

 

« En débarquant, Jésus vit une grande foule ... Il fut saisi de pitié envers eux »

C’est le dernier message que nous envoie Jean Marie.

Le texte qu’il a choisi, pour nous, aujourd’hui.

Et, après avoir entendu ou lu, les témoignages reçus sur Jean Marie,

je me dis que l’on est bien ‘dans le ton’, avec cette page d’Évangile.

Car pour le monde et les gens qui passaient voir Jean Marie, et peut être davantage ceux qui se sentaient les plus paumés, il en était pour eux, un, de disciple de Jésus.

Disciples, on vient de les entendre ... ici, ils parlent « raisonnable » :

« Tu as vu l’heure qu’il est !...   Tu réalises l’endroit paumé où on est !...

Renvoie-les !...    Faut qu’ils mangent quand même !...

Et voilà ! Ces disciples n’ont pas encore été transformés par l’Esprit de Jésus,

Peu à peu ils vont l’apprendre. Et être lancés dans des aventures ... ‘au-delà d’eux’

« Donnez-leur vous-même à manger ! »

En plein désert ?     Pour une telle foule ?     Il rêve ou quoi, ce Jésus !

Et eux d’y répondre, comme on fait nous, souvent, à coup de ‘monnaie’ ...

ou plutôt de ‘gros sous’ !...  « 200 jours de travail » qu’il faudrait : quasi un an d salaire !

Comment tu veux qu’on trouve ça ?

C’est fou,

ce que, dans nos églises, nos groupes, nos projets, on sait toujours penser ainsi :

A coups de bonnes raisons et de calculs de ‘moyens’ ... très, très ‘humains’.

« Donnez-leur vous-même à manger ! »

Ils se sont cru des ‘fournisseurs’ ... ou des commis livreurs ...

Du ‘matériel’ qu’on va chercher ... de ‘l’intendance’ à assurer ...

Comme si leur mission ce serait des ‘choses à faire’... ou ... de ‘la religion’ à faire tourner...

Il faudra du temps pour le savoir, et l’expérience du ‘manque’, ms confrontés à la « vie »,

pour découvrir un autre plan d’existence, non plus d ‘l’avoir’, ms d ‘l’être’ qu’on donne

« Et combien vous en avez de pains ?     VOUS !    Allez voir... »

Il a fallu qu’ils réalisent ! qu’ils aillent voir ! qu’ils prennent conscience d’eux-mêmes ...

et de ce qu’ils ont ...  eux,   et de ce qu’ils n’ont pas ...     Les pieds et la tête dans le réel.

« 5 pains et 2 poissons »

Ça fait pas lourd pour tout ce peuple ! ...

Alors Jésus reprend la main.    Et, ça peut surprendre :

« Une foule » que la raison voudrait qu’elle aille s’acheter de quoi manger,

voilà que « Jésus la fait asseoir » !    Et pas n’importe comment :

« par groupes de 100 ou de 50 »

et, ‘pas en tas’, mais « en cercle » : qu’on se voie ... qu’on se parle !

Et sur « sur l’herbe verte » comme le Peuple avec Moïse. Car on est aussi « dans le désert »

de la grande histoire du Peuple de Dieu qui continue.      Aujourd’hui, c’est nous.

Ça veut dire alors qu’on ne va pas ‘nulle part’, et que ce que l’on fait a un sens.

L’Église de Jésus, c’est d’abord ça :

Des gens entre eux, qui s’organisent et communiquent. Avec Jésus, pas loin ...

Et c’est à nous de le faire : aux « disciples ».    C’est notre boulot.

Jean Marie le savait. Il accueillait, il faisait asseoir, plus que ça même : il mettait à l’aise.

Il savait que c’était sa première mission et que ses locaux servaient à ça.

Au presbytère, son coin privé était tout petit. Tout était pour ceux qui venaient.

« Faites les asseoir »

Jean Marie a eu cette Grâce, de ‘savoir ça’ à partir de cette ‘âme d’accueil et de simplicité’

qui était sienne. On était bien chez lui, toujours à l’aise, sur le même plan : un ‘frère’.

Et Jésus continue son œuvre.    Il prend ce qu’on a.    Même si c’est peu.

Car Jésus « bénit » partage et donne, autant qu’on en demande.

 Jésus donne et donne ...

mais c’est aux disciples de « nourrir les foules » avec ce qu’ils ont reçu de Lui.

Jean Marie l’a écrit lui-même, ça.    Je vous le lis :

‘Je disais à Dieu, débrouille-toi, parce que je ne sais pas faire.

Je n’ai pas le don des langues, ni de la connaissance des mystères, et

je n’ai pas de fortune à distribuer.

La seule chose que j’ai c’est Jésus-Christ, et Lui, je veux bien le donner’.

« Donnez-leur vous-même à manger »

Avec Jésus au cœur,     c’est soi    qu’on donne,    ce qu’on est.

Et ça Jean Marie l’a fait, à merveille, c’est-à-dire, en homme tout simple qu’il était.

Et qui nous rejoignait tant, de ce fait.    On l’a beaucoup dit et écrit :

‘Apôtre de l’hospitalité ... convivialité de la toile cirée ...

amis fidèles ... ou de passage ... et invités surprise ... les jeunes en mal d’écoute ...’

Cela avait même intrigué un de nos évêques : tous ces jeunes qui se retrouvaient

tout le temps chez lui ...    Ah ! les repas du mercredi : quelle ambiance !

Il était là, serviteur, à « distribuer les morceaux » pour « qu’ils mangent à leur faim »

Ça sent bon notre Évangile, ça ! Et ça laisse des traces de ‘bonheur de vivre’ ...

Et nous d’Évreux, nous n’avons pas connu le ‘mécano’, et sa ‘deudeuch’

bricolée pour les jeunes : qu’ils apprennent à ‘conduire’ et ‘à se conduire’ !

Peut-être certains pourraient témoigner, ici, des repas du dimanche pour les frères âgés

Ou sa sœur, des tablées en Haute Vienne pour faire se rencontrer les prêtres ouvriers.

« Donnez-leur vous-même à manger »

Car si on ne se souvient pas de la ‘poignée de frites’ du jour, on garde tous en mémoire

quelque chose du bonheur que nous y avons vécu.   Et ça, ça vient de soi. C’est de ‘l’être’.

Des repas sans Jean Marie, n’auraient jamais été ce qu’ils étaient,  pour chacun, chacune.

« Et les morceaux !  On ramassa ceux qui restaient :

12 paniers pleins »

Autant que d’acteurs ce jour là ... Et c’est toujours comme ça que ça marche,

si on prend garde à « ramasser ce qui reste » de ce que l’on a fait pour le Seigneur.

Avouons que nous ne savons, souvent, pas trop bien le faire.

Jean Marie avait ce charisme de la ‘relecture’ entre frères. Il fut le 1er à me l’apprendre.

Peut être que la photo que nous avons de lui, avec ce ‘calice de cristal’ offert par ses copains, nous invitera à toujours mieux « rassembler tous les restes ».

Ils sont ‘dons précieux’ de Celui qui « bénit et partage ».

Puis fatigué, Jean Marie le fut, usé,

humblement retiré, pour ne gêner personne, mais toujours « ouvrier du Seigneur ».

Il nous en laisse un témoignage écrit, précieux : un vrai trésor.

Il parle du ministère qu’il faisait encore à la prison, en dernier : y célébrer l’Eucharistie.

Je vous partage ces mots qu’il a recueillis :

Et on invitait toujours les gars présents à ‘partager l’Évangile’ après le leur avoir proclamé.

 Ce dimanche-là, nous échangions sur les douze corbeilles de reste après la multiplication des pains.

Fallait-il voir là... un appel au non-gaspillage ? Ou bien ... faire des provisions ?

Ou bien ... emporter pour distribuer ?     ‘Julien’ nous fit part de son idée, en déclarant que

quand on donne, ce qui reste après avoir donné est plus important que ce qu’on a donné. »

C’est si vrai de Jean Marie, ça,

ce qu’il nous reste de lui,  ces traces de Jésus à travers lui, marquées en chacun.

Et c’est sans doute plus important encore, que ce qu’il nous a donné sur le terrain.

Car ça a goût d’Éternité.    

Alleluia !

AMEN

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