La dette et les richesses

Il ne fait pas de doute que la France fait face à un grave problème financier : depuis longtemps, nous (la France) dépensons plus que ce que nous gagnons (produisons). En conséquence, nous nous endettons de façon régulière depuis des décennies, au point qu’aujourd’hui la dette est plus élevée que la richesse produite chaque année (113 % du PIB). Faut-il y remédier ? Oui, parce que l’emprunteur que nous sommes est de plus en plus dépendant des prêteurs, c’est-à-dire des marchés financiers. Si ces marchés sont inquiets, nos taux d’intérêt s’élèvent et notre dette nous coûte de plus en plus cher. Dans un scénario noir, comme celui qu’a affronté la Grèce en 2010-2011, la dette ne trouve plus preneur et le pays tombe sous la tutelle financière des organismes internationaux. La France n’est est certes pas là, mais c’est le risque qu’il lui faut éviter.
Le gouvernement de François Bayrou envoie donc un message aux marchés : des mesures vont permettre de rééquilibrer les finances de la France. On peut évidemment contester ces choix, mais il serait irresponsable de nier le problème.
En matière de contre-propositions, la gauche dite « de gouvernement » fait face à un procès en « trahison » depuis plus de quarante ans et le tournant dit « de la rigueur » de 1983. On pourrait plaider qu’il s’agissait de la simple prise en compte du réel, mais l’accusation demeure et hante toujours la gauche. Pourtant, il n’est pas plus réaliste de prétendre résoudre l’équation en faisant « payer les riches » – même s’il faut bien entendu les faire contribuer – que de croire que tous les problèmes sont liés aux étrangers et à l’immigration, ce que soutient l’extrême droite.
L’une des solutions les moins douloureuses est de nous enrichir, c’est-à-dire de faire croître la richesse globale de la France, à charge, pour les gouvernements à venir, de mettre en œuvre des processus de bonne répartition de la richesse. Et c’est ce qu’il faut espérer de la « gauche de gouvernement ». Hélas, cette voix de la raison, loin des slogans faciles des extrêmes, ne fait guère recette, et les Français, dans leur majorité, semblent davantage prêts à faire payer des « étrangers » qu’ils fantasment plutôt que des « riches » qu’ils espèrent un jour devenir.

Christine Pedotti

Le 24 juillet 2025

Témoignage Chrétien

 

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