« Le pape devrait faire attention quand il parle de théologie » Article de Guillemette Faure pour Le Monde
29 avr. 2026ON S'EST LONGTEMPS moqué des audacieux capables de vendre de la glace aux Fsquimaux. Ces intrépides se font aujourd'hui doubler par une nouvelle catégorie ; Ceux qui se piquent de donner des cours de théologie au pape.
ON AURAIT DU
S'EN DOUTER
Cela commençait à devenir un peu encombré à la droite du Saint-Père, depuis que Donald Trump affirme avoir été « sauvé par Dieu pour rendre sa grandeur à l’Amérique »
(Make America Great Again), et que sa conseillère spirituelle, la pasteur Paula White, l'avait présenté, à Pâques, comme un quasi-messie :
« Comme [le Christl vous avez été trahi, arrêté et accusé à tort. » Rien d'étonnant, dès lors, que le président Trump ait fini par croire qu'il avait l'oreille du Très-Haut plus encore que l'autre Américain célèbre. Quant J, D. Vance, début 2025, pour justifier les mesures anti-migrants, il avait invoqué saint Augustin et l'idée « d'ordo amoris », selon laquelle l'amour chrétien fonctionnerait par cercles concentriques (la famille, puis la nation, puis le reste du monde).
Une théorie plus proche du « Je préfère mes filles à mes nièces. de Jean-Marie Le Pen que de la parabole du Bon Samaritain que lui avait opposée le pape François. L'évêque Prevost, futur Léon XIV, avait tweeté, à l'époque : « Vance a tort : Jésus ne nous demande pas de hiérarchiser notre amour pour les autres. » Lorsque le vice-président expert de Saint Augustin avait rendu sa première visite au nouveau pape, il avait eu la bonne idée de lui apporter deux cadeaux signés de saint Augustin : La Cité de Dieu et De la doctrine Chrétienne. C’est un peu comme arriver chez Alain Ducasse avec un livre de cuisine.
LU ET ENTENDU
« Léon devrait être reconnaissant car, comme tout le monde le sait, sa nomination a été une véritable surprise. Il ne figurait sur aucune liste de candidats au poste de pape, et l'Église ne l'a choisi que parce qu’il était Américain, estimant que ce serait le meilleur moyen de composer avec le président Donald J. Trump. « Si je n 'étais pas à la Maison Blanche, Léon ne serait pas au Vatican. » (Donald Trump) « Le pape devrait se ressaisir, faire preuve de bon sens et arrêter de flatter la gauche radicale. Il devrait se concentrer sur le fait d'être un grand pape. » (Donald Trump). « Lorsque le pape affirme que Dieu n'est jamais du côté de ceux qui manient l'épée, il existe une tradition millénaire de la théorie de la guerre juste. » (J. D Vance). « Il est très important que le pape fasse attention quand il parle de théologie. » (J. D. Vance). Avez-vous au moins lu la Bible ?» (Sean Hannity). « Le pape semble plus intéressé par la diffusion d'idées politiques de gauche que par les véritables enseignements de Jésus-Christ.» (Sean Hannity).
C 'est un principe bien établi de la théologie chrétienne. » (Mike Johnson, président de la Chambre des représentants, défendant la lecture de la guerre juste de J. D Vance contre celle du pape).
EFFETS IMMÉDIATS
En réaction à ses critiques adressées au pape, le président Trump a réussi à provoquer un petit miracle : une forme d'unité dans une Église catholique américaine pourtant très divisée.
À force de se positionner en messie, Donald Trump prend le risque de bousculer le premier commandement, celui qui, dans le livre de L'Exode, énonce : Tu n 'auras pas d'autres dieux devant moi », et de découvrir, peut-être un peu tard, que la concurrence est déjà bien installée.
Guillemette Faure pour Le Monde
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