La chapelle Bethléem vue du ciel. ©Bimotep

La chapelle Bethléem vue du ciel. ©Bimotep

Depuis trois ans, une association de passionnés se sont mis en tête de faire sauver la chapelle Bethléem à Aubevoye. Ils veulent ainsi sauvegarder cette réplique de la Nativité.

Grâce au travail des bénévoles de l’Étoile de Bethléem, le diagnostic pour la restauration de la chapelle située sur les hauteurs d’Aubevoye a pu démarrer. ©L’Impartial

Quand on se souvient de l’état dans lequel la chapelle Bethléem était il y a trois ans, voir le drone de la société Bimotep survoler la semaine dernière l’édifice situé sur les hauteurs d’Aubevoye, près de Gaillon (Eure), relève presque du miracle. Un miracle ? Pas tout à fait. Depuis la fin 2022 et la création de l’association l’Étoile de Bethléem, les bénévoles ont travaillé d’arrache pied et de concert avec Jean-Pierre et Catherine Blondel, propriétaires des lieux, pour assurer la sauvegarde de cette chapelle dont la crypte est inscrite au registre des monuments.

Damien Déplanque, président, dit sa satisfaction de voir les efforts des 150 adhérents de l’association payer :

« On a beaucoup travaillé pour rendre les abords de la chapelle accessibles et dans le même temps, on a réussi à collecter des fonds suffisants pour lancer le diagnostic de la chapelle. »
Damien Déplanque, président de l’Étoile de Bethléem

Drone et photos

Dans la foulée, Margaux Hallier, architecte, a été désignée pour superviser cette étape. Le diagnostic, qui va durer quatre mois, permettra de dresser un état des lieux complet du site. L’architecte va s’appuyer sur les relevés effectués par les géomètres de Bimotep. « Nous avons pris environ 3 000 photos avec le drone et fait des des relevés 3D avec notre Lidar », explique Émile Bireau venu spécialement de Bordeaux pour cette opération.

D’ici quinze jours après avoir traité ces données, « nous pourrons fournir un double numérique à l’architecte. Cela lui servira de base pour son travail. Elle pourra anticiper certaines problématiques grâce à ces données », précise celui qui a aussi modélisé l’église d’Ailly et la cathédrale de Tours ou encore la Tour de La Rochelle.

Une fois le diagnostic effectué, il sera possible pour l’association d’estimer les coûts des travaux et de déterminer le futur projet. « Cela ouvrira aussi la porte à une souscription de la Fondation du patrimoine et à d’autres financements », espère le président.

Il tient à remercier les différentes collectivités qui ont soutenu le projet (les mairies du Val d’Hazey, de Saint-Aubin-sur-Gaillon, Saint-Pierre-la-Garenne et d’Heudebouville), mais aussi et surtout la fondation de la Sauvegarde de l’Art français qui a effectué un don de 4 000 euros à l’association.

Une récompense pour les bénévoles

Ce pas décisif franchi est aussi une récompense pour les bénévoles. Nombreux sont ceux qui ont connu processions et cérémonies religieuses à la chapelle. D’autres, à l’inverse, ont découvert l’existence du site par hasard. C’est le cas de Virginie Stordeur. Arrivée à Aubevoye en 2018, elle ne soupçonnait pas l’existence de la réplique de la Nativité à deux pas de sa maison. « Quand j’ai entendu parler de la chapelle, j’ai d’abord cru à une blague ». Puis elle s’est prise de passion pour ce morceau de patrimoine qui tombait en lambeaux. « J’ai proposé de m’impliquer en gérant les réseaux sociaux de l’association et ça m’a bien plu », indique celle qui occupe désormais la position de secrétaire de l’Étoile de Bethléem.

Clotilde aussi s’est prise d’affection tardivement pour la chapelle. « Je cherchais une association et j’ai rejoint l’association il y a un peu plus d’un an ». Avec son mari, passionné de viticulture, Clotilde s’occupe des pieds de vigne plantés à quelques mètres de la chapelle.

Recherche financements

Des vignes qui donneront, peut-être un jour, du vin, complètent la longue liste d’actions menées en parallèle des chantiers pour mettre en lumière Bethléem. « On développe des produits dérivés pour collecter des fonds », souligne Damien Déplanque. Bières conçues avec la Brasserie des Cottereaux, t-shirts, casquettes sont déjà, entre autres, disponibles sur la boutique en ligne créée par l’association. « Certains de ces produits sont aussi disponibles à la boutique du château de Gaillon ».

L’étoile de Bethléem comptait, le week-end dernier, sur les Journées du patrimoine pour se faire connaître encore davantage. En plus des visites du site et de la randonnée patrimoine organisée dimanche après-midi, les bénévoles ont fait monter 1 200 pots de miel d’été. « Il s’agit de miel récolté avec les ruches qu’un apiculteur a installées à proximité de la chapelle. Il nous dit que c’est l’un de ses meilleurs car les abeilles peuvent profiter des différentes fleurs de la forêt pour lui donner du goût », souligne Jean-Pierre Blondel.

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Lui aussi s’est pris au jeu. Avec son épouse, ils ont signé une convention de mise à disposition du site à l’association. « On est liés pour 20 ans », sourit-il. « Cela rassure les donateurs de savoir que les fonds que nous collectons seront bien utilisés pour rénover le site et le faire sortir de l’oubli », explique Damien Déplanque.

Pierre Boissonnat

 

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