Jean-Baptiste BERTIN lors d'une visite des marins avec la "Mission de la Mer" au Havre

Jean-Baptiste BERTIN lors d'une visite des marins avec la "Mission de la Mer" au Havre

Jean-Baptiste Bertin
Diacre de la Mission de France
27 mai 1962 – 7 novembre 2025

« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé » Mt 23, 11-12
Jean-Baptiste, second d’une fratrie de 4 enfants, est né à Paris, dans une famille chrétienne qui s’installe à Maisons-Laffitte (78) lorsqu’il a 6 ans. Pierre, son père, est ingénieur et Odile, sa mère, est avocate engagée notamment auprès de personnes blessées et isolées. « J'ai grandi dans un milieu assez harmonieux : une certaine homogénéité sociale, un rythme de banlieue et, surtout une famille très présente. Cette harmonie m'a laissé le temps d'accueillir la beauté du monde, beauté des hommes et des femmes, de la nature, des histoires… c'était une invitation à la paix, à me laisser renouveler, à accueillir la vie ». Dans ce creuset familial et dans cet environnement Jean-Baptiste reçoit la foi : « J'adhérais spontanément à la foi, mais davantage par le témoignage de quelques chrétiens que par l'influence d'un "milieu chrétien". Mes parents sont parmi ces premiers témoins. J'approfondissais, par leur témoignage, puis, notamment, dans le scoutisme, la foi comme ouverture à la vie et comme un service ». (...)

En septembre 1987, après son service militaire Jean-Baptiste rejoint le PAM (Processus d’Acheminement au Ministère), premier cycle du séminaire de la Mission de France. Il est habité par la question d'une économie au service de l'homme : « j’étais atteint par l'injustice, par l'incompréhension entre des hommes et entre des sociétés. Je cherchais comment orienter ma vie au service d'un monde plus solidaire. Cet engagement suppose une attention prioritaire aux pauvres, condition de l'humanisation de tous. Mon choix de cheminer vers le ministère à la Mission de France s'enracine notamment là, dans le partage qu’elle engage avec les hommes et les femmes souvent en situation de précarité ». Jean-Baptiste creuse, non sans remises en cause, la question de consacrer sa vie au service de l’évangile, dans un « vivre avec » d’autres. (...)

En 1993 Jean-Baptiste est envoyé en équipe à Grenoble où il fait l’expérience d’un travail sans qualification à la Caisse d’Epargne pour du démarchage téléphonique, avant de vouloir se réorienter dans le domaine des entreprises d’insertion. Il y fait aussi l’apprentissage d’une vie d’équipe qui peut être bousculée, tout en bénéficiant notamment du soutien de Jean Deries et de Bernard Morellet. Il est ordonné diacre le 25 juin 1994.

En 1996 il rejoint l’équipe de Bordeaux Grand-Parc où il retrouve un travail dans l’insertion professionnelle au service de personnes en situation de précarité, tout en étant investi à la paroisse de la Trinité. En 1998, interpellé par la Mission de France, il manifeste son choix de vivre de façon permanente le ministère diaconal. Il consolide l’axe de sa vie et de son ministère au service des hommes et des femmes en situation de grande précarité sociale. En 2002, Jean-Baptiste est envoyé en équipe au Havre (76). Il travaille au lycée professionnel Germaine Coty où il enseigne en CAP logistique, avec une attention aux jeunes en rupture scolaire. (...) Il est investi au Secours Catholique où il est aumônier diocésain. Chaque semaine, avec une petite équipe il sillonne les rues du Havre à la rencontre des gens de la rue. Il fait partie de la commission diocésaine d’Art Sacré du diocèse où il apporte son sens du beau et de la culture, avec un goût particulier pour les églises romanes et la peinture. Il aime aussi chanter en participant à la chorale Phaëlla. Ces dernières années, Jean-Baptiste apporte son concours à la Mission de la Mer en participant à l’accueil et aux visites des marins avec sœur Cécile. Il est encore investi dans le groupe de dialogue inter-religieux du Havre.

Toute la vie de Jean-Baptiste s’est exprimée dans l’humilité, la discrétion et l’effacement pour permettre à l’autre, et d’abord aux plus petits, de trouver toute leur place. Il a été fidèle par toute sa vie à Celui en qui il avait mis sa foi et son Espérance. Il nous les a partagés dans la profondeur de sa vie de diacre : « je reste souvent impuissant devant la souffrance des personnes. Mais ce dépouillement me montre combien compte avant tout le fait de les accompagner. Être ce serviteur inutile ne me fait pas désespérer. Celui qui m'envoie est le Christ pauvre. Mais, je suis porté aujourd'hui par sa résurrection, qui me rend attentif aux germes d'espérance dans des situations bloquées. Je me sens plus disponible aujourd'hui pour ce compagnonnage où je sais que j'ai à être témoin d'une espérance qui me dépasse ». (1)

(1) Extraits de la notice Biographique de l'équipe épiscopale de la Mission de France

La messe des funérailles de Jean-Baptiste a été célébrée par Mgr Jean-Luc BRUNIN, évêque du Havre, concélébrée par Henri VEDRINE, vicaire général de la Mission de France et plus de 20 prêtres en présence de plus de 20 diacres permanents, de sa famille et de son équipe Mission de France, de sa chorale Phaëlla, de l'Imam du groupe interreligieux, de nombreux amis et collègues de travail ce jeudi 13 novembre à 10h30 en l’église St Pierre de Caucriauville au Havre (76). L’inhumation se fera au cimetière de Maisons-Laffitte (78) le 14 novembre à 11h.

 

Chant de méditation de la messe des funérailles de Jean-Baptiste

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