Il y a 800 ans, le 3 octobre 1226, mourait saint François d’Assise
04 oct. 2026La mort de saint François d'Assise survient le soir du samedi 3 octobre 1226, à la Portioncule, au pied d'Assise. Huit siècles plus tard, les franciscains font encore mémoire de cette nuit, la veille de sa fête. En 2026, ce Transitus prend des airs de jubilé.
Saint François d'Assise meurt le samedi 3 octobre 1226, à la tombée du jour, dans la petite chapelle de la Portioncule, en contrebas d'Assise. Il a environ quarante-quatre ans. Selon son premier biographe, Thomas de Celano, il a demandé à y être porté pour finir sa vie à l'endroit où elle avait changé de cours. Les franciscains appellent cette mort le Transitus : le passage.
Son corps est à bout. Malade depuis des mois, François n'y voit presque plus. Deux ans plus tôt, sur le mont de La Verna, il a reçu les stigmates – les plaies du Christ crucifié, selon la tradition franciscaine. L'homme qui a sillonné l'Italie à pied doit désormais se faire porter.
Pourquoi François voulait-il mourir à la Portioncule ?
La Portioncule est une minuscule chapelle dédiée à la Vierge, Sainte-Marie-des-Anges, dans la plaine qui s'étend sous Assise. François l'avait restaurée de ses mains au début de sa conversion. La première fraternité s'y est installée. Benoît XVI y voyait, en 2010, le lieu sacré par excellence de la spiritualité franciscaine.
La chapelle, elle, n'a guère grandi. Elle tient aujourd'hui sous les voûtes d'une immense basilique, élevée autour d'elle à partir du XVIe siècle. Juste à côté, une autre petite chapelle, dite du Transitus, marque l'endroit où le saint a rendu son dernier souffle.
Ses dernières heures, selon les premiers récits
Ce que l'on sait des derniers moments de François vient surtout de deux sources : Thomas de Celano, un frère mineur qui l'a connu, et plus tard saint Bonaventure. Celano rédige sa première Vie du saint à la demande du pape Grégoire IX, juste après la canonisation de 1228. Ces textes ont été écrits pour faire connaître un saint. Ils restent pourtant les plus proches des faits.
François bénit ses frères. Il demande ensuite qu'on le dépose, écrit Celano, "nu sur la terre nue". C'est une dernière pauvreté. Il se fait lire le chapitre 13 de l'Evangile de Jean, où Jésus lave les pieds de ses disciples avant la Passion. Il fait apporter du pain, le bénit et en donne un morceau à chacun, un geste qui rappelle la Cène. Puis il chante, comme il peut, le psaume 141 : "A pleine voix, je crie vers le Seigneur".
Les biographes ajoutent un détail qui tient davantage du signe que de la chronique. A la tombée du soir, une volée d'alouettes se pose sur le toit de la cabane où il agonise et tourne en chantant. Celano relève que ces oiseaux, d'ordinaire, ne chantent pas à la nuit tombante.
Peu avant, selon la tradition franciscaine, François avait ajouté au Cantique des créatures une strophe où il loue Dieu pour "notre sœur la mort corporelle". Huit siècles plus tard, Léon XIV ouvre sa lettre pour le centenaire sur ce mot de sœur. Le pape y décrit François allant à la rencontre de la mort "comme un homme enfin apaisé".
François meurt dans la soirée. Moins de deux ans plus tard, le 16 juillet 1228, Grégoire IX l'inscrit au nombre des saints.
Journaliste Multimédia CathoBel
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