Les étudiants qui protestent se réunissent pour une assemblée générale dans le cadre d'un mouvement national des lycéens réclamant de meilleurs horaires, une réduction de la taille des classes et une solution à la pénurie d'enseignants dans les salles de classe surchauffées pendant les canicules de cette année. À Bordeaux, le 1er octobre 2026. //AMEZUGO_000293/Crédit : UGO AMEZ/SIPA/2610011708 - U. AMEZ/SIPA

Les étudiants qui protestent se réunissent pour une assemblée générale dans le cadre d'un mouvement national des lycéens réclamant de meilleurs horaires, une réduction de la taille des classes et une solution à la pénurie d'enseignants dans les salles de classe surchauffées pendant les canicules de cette année. À Bordeaux, le 1er octobre 2026. //AMEZUGO_000293/Crédit : UGO AMEZ/SIPA/2610011708 - U. AMEZ/SIPA

Dans l’opéra rock Starmania, vieux de presque 50 ans, mais qui n’a guère pris de rides, le jeune Johnny Rockfort chante : « Dans ma banlieue, j’ai tout cassé, avant de partir, j’ai pas de passé, j’ai pas d’avenir. Y’a plus d’avenir sur la terre, qu’est-ce qu’on va faire ? »

Peut-être est-ce une des clés pour tenter de comprendre cette révolte lycéenne et les violences qui l’accompagnent. Ils ont entre 15 et 18 ans, ils ont vécu le confinement du Covid alors qu’ils étaient à l’école primaire ou tout juste entrés au collège. Puis ils ont vu la guerre en Ukraine, les déchaînements de violence du 7-Octobre en Israël et l’abominable guerre que mène le gouvernement de Netanyahou à Gaza, plus récemment la guerre de Trump en Iran. Ils vivent l’inquiétude climatique qui les a éprouvés dans leur chair avec la succession des canicules de l’été. Et pour parachever le triste tableau : quel avenir ont-ils à l’heure de l’IA ?

Énoncer ces causes ne fait pas l’impasse sur les lycées délabrés – même si ce n’est pas le cas général – les profs absents non remplacés et les classes trop chargées. De même comprendre l’inquiétude et même l’angoisse de cette génération, n’empêche pas d’être lucide sur les instrumentalisations politiques. Les réseaux sociaux sont de formidables amplificateurs pour qui sait les manipuler. Et tout pyromane sait que lorsque l’herbe est sèche, la moindre étincelle tourne à l’incendie.

Si l’on continue à filer la métaphore, l’agrégation des angoisses peut d’ailleurs provoquer un mégafeu dans la société et il faut craindre un retour de flamme qui assoirait plus encore la possibilité d’une victoire de l’extrême droite sur la foi d’un retour de l’ordre et des valeurs, de l’effort et du mérite. Le mensonge et les fausses promesses ne coûtent pas cher et les populistes en ont plein leur escarcelle.

La nouvelle alarmante d’une possible victoire de l’extrême droite au Brésil avec l’élection de Bolsonaro fils est, elle aussi, dans la droite ligne de ce désespoir des peuples qui sont prêts, comme le firent les Américains avec Trump, à se livrer aux pires prédateurs dans une sorte de rage destructrice. Pourquoi faudrait-il s’arrêter de creuser des puits de pétrole ou de raser la forêt amazonienne ? Quand on n’a pas d’avenir, on peut tout casser, tout détruire. Comme disaient les punks contemporains de Starmania : No future.

Christine Pedotti

Témoignage Chrétien

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