« Voyage au bout de l’Ardèche », le film de Gabriel Campina et John Dauvin
13 oct. 2026LONG MÉTRAGE Deux néo-Ardéchois ont tourné un film en forme de « Voyage au bout de l’Ardèche »
Et si venir du bout du monde pour vivre en Ardèche permettait de donner à voir notre département sans le réduire aux clichés touristiques ? C’est le pari de Gabriel Campina et John Dauvin, l’un venu du Brésil, l’autre de l’Inde via la Belgique, cofondateurs en 2023 de la société Ilyos Média basée à Charmes-sur-Rhône, productrice de films et vidéos.
L’ARDÈCHE NOUS A RÉUNIS
Après Regards croisés (2024), une immersion dans le quotidien de ceux qui défient les obstacles liés au handicap, les deux cinéastes se sont lancés dans la réalisation d’un long-métrage sur les lieux où ils ont choisi de poser leurs valises.« Présenter l’Ardèche aux Ardéchois, c’est un peu culotté de notre part, mais le fait de venir d’ailleurs offre un autre regard. Nous sommes partis du questionnement : Qu’est-ce qui fait qu’un endroit devient notre chez soi ? » avancent les deux amis et associés, tombés amoureux du département. « 14 000 kilomètres nous séparent à la naissance. Ma vie aurait pu s’arrêter en Inde et Gabriel ne jamais quitter le Brésil. Or l’Ardèche nous a réunis », poursuit John Dauvin.
UN ROAD TRIP DE KM EN
Après un an de tournage, 3 000 km parcourus sur les petites routes ardéchoises, d’innombrables rencontres, plus d’une centaine d’heures de rushs, le film sobrement intitulé Ardèche a déjà trouvé son public lors des projections en avant-première dans tout le département. Ardéchois pure souche, de coeur ou d’adoption, les spectateurs plébiscitent ce voyage au centre de l’Ardèche, depuis les entrailles de la terre jusque dans les airs en ballon, façon Jules Verne. Car les deux réalisateurs ont donné de leur personne pour explorer le terrain, n’hésitant pas à enfiler un baudrier pour descendre en rappel dans l’Aven d’Orgnac, se mêler à la foule des canoés au marathon des gorges de l’Ardèche, embarquer à bord d’une montgolfière ou s’éclater au bal des conscrits de Colombier-le-Vieux. Cette immersion dans la géographie du territoire et au plus près des gens qui y vivent est la marque du film.
DU RIRE ET DE L’ÉMOTION
Convaincus que « des paysages sans des visages ne suffisent pas », les deux cinéastes ont donné la parole aux gens du pays et à ceux qui le sont devenus : une aubergiste qui leur prépare un repas improvisé dans un coin perdu « où il n’y a rien à moins d’une demi-heure », Solène Tsitos dans son café, lieu de vie du village de Sainte-Eulalie, une Américaine de Cleveland, tombée sous le charme de Borée, à 18 ans : « Quand j’ai vu le suc de Sara, j’ai compris que c’est là où je devais être ». Veuveu (Évelyne) qui tient le bar du village de Saint-Martial, ou encore, dans une étable à Saint-Étienne-de-Lugdarès, la touchante déclaration d’un jeune garçon pour ses vaches de race Aubrac « plus intéressantes qu’une console de jeux ». Ces moments partagés, entre crique, carbonade flamande en passant par l’impayable dégustation du foujou à l’auberge Pouzat, à Bidon, font la substance profondément humaine de ce long-métrage (1h30) dont on sort ébloui et ému.
DU MÉZENC AU COIRON
La prouesse est d’avoir su « décartepostaliser » l’Ardèche, pour reprendre la formule de Christophe Chantre, président de Rhône Crussol, lors d’une projection privée en septembre. Sans faire l’impasse sur les incontournables du département, les deux explorateurs ont saisi l’essence plus secrète et sauvage du territoire ardéchois, depuis les premiers pas dans le paysage hivernal du Mézenc en ouverture du film jusqu’à l’épilogue au piton volcanique du petit village de Sceautres, sur une étonnante reprise du Quand on n’a que l’amour de Brel par John Dauvin.
L'Hebdo de l'Ardeche – édition Nord
Voici la bande annonce du film
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