« Je quitte cette région avec émotion », la préfète de Région, Fabienne Buccio, part à la retraite et fait le point sur ses fonctions à Lyon
14 mai 2026Nous avons connu et apprécié Fabienne BUCCIO, préfète dans l’Eure du 11 mars 2009 au 29 septembre 2011. Elle nous a confiés qu’elle avait connu son mari, Alain - que j’ai eu comme collègue professeur au Lycée Augustin Hébert à Evreux - à l’aumônerie des lycées de Gap dans les années 1974-1976. Elle était particulièrement à l’écoute de nos demandes de régularisations exceptionnelles pour des étrangers « sans-papiers ».
Interview de France 3 Rhône Alpes :
La préfète de Région, Fabienne Buccio, fait valoir ses droits à la retraite le 18 mai prochain. En poste à Lyon depuis 2023, invitée du journal régional Ici 19/20, ce mardi 12 mai, sur France 3 Rhône-Alpes, elle a fait le point sur ses fonctions.
Née en 1959, à Gap dans les Hautes Alpes, diplômée de l'institut régional d'administration de Lyon, Fabienne Buccio obtient son premier poste de préfète en 2007, en Mayenne.
Logement, sécurité
Arrivée à Lyon en janvier 2023, elle s'est montrée particulièrement active en matière de logements. Elle avait repris plusieurs maires qui ne respectaient pas la loi SRU. Mais, son passage aura aussi été marqué par la gestion des violences lors de manifestations ou dans la lutte contre le narcotrafic, comme à Villeurbanne, dans le quartier du Tonkin.
"L'État de droit"
Pour elle, la lutte contre le narcotrafic n'est pas perdue. "On est dans un face-à-face, nous sommes au milieu, mais on a les moyens de gagner". Elle précise : "Dans le Rhône, aucun territoire n'est interdit à l'État de droit". Elle rappelle que l'an passé, tous les homicides ont été pistés, leurs auteurs appréhendés et jugés ou en train de l'être.
"Travailler ensemble"
Fabienne Buccio en appelle au collectif : "Il faut que l'on travaille ensemble, État, mairies, bailleurs sociaux, la solution réside sur cet ensemble" a-t-elle souligné. Elle a, à ce sujet, salué la volonté de la métropole de Lyon qui souhaite créer une police métropolitaine.
Sur des aspects plus personnels, elle s'est confiée sur son prochain départ à la retraite en évoquant son parcours.
Je quitte cette région avec émotion. La boucle est bouclée. J'ai débuté ma carrière ici, à Lyon, alors que j'étais stagiaire à la préfecture. La République permet ces parcours.
Fabienne Buccio, préfète de Région
La République
Première femme préfète de région, ici en Auvergne-Rhône-Alpes, Fabienne Buccio a encore indiqué qu'elle espérait que ce parcours pourrait inciter d'autres femmes à suivre son exemple : "La République permet cela", a-t-elle observé.
Elle a fait valoir ses droits à la retraite. Elle quittera ses fonctions le 18 mai prochain. Elle sera remplacée par Etienne Guyot. Âgé de 64 ans, il a commencé sa carrière politique en 2005 lorsqu’il est devenu préfet du Gers, puis des Landes et de Meurthe-et-Moselle. Préfet de la Gironde depuis 2023, il avait déjà succédé à Fabienne Buccio à ce poste.
Interview réalisée par Paul Satis, France 3 Rhône-Alpes.
A la Préfecture de Région Auvergne Rhône Alpes
Entre hommages et souvenirs, Fabienne Buccio a salué avant son départ, les agents de l’État et les forces vives du Rhône et d’Auvergne-Rhône-Alpes. Un temps solennel important, pour les remercier de leur engagement sans faille auprès de l’État et de celle qui l'a incarné pendant 47 années : « Soyez fiers, vous aussi, Fiers de servir l'État, la République et l'intérêt général. Fiers de faire vivre, chaque jour une règle plus juste, un État plus proche, une autorité plus digne. (...) Cela donne à la République plus qu'un principe : une présence. » Plus qu'une inspiration, Fabienne Buccio a incarné avec exemplarité et engagement le service de l'intérêt général. Dans la lignée d'une conception guidée par le sens du devoir, la Préfète de région a souhaité rendre hommage à Jean-Moulin : « Jean Moulin n'attend pas de nous que nous soyons des héros, il ne l'a d'ailleurs jamais voulu pour lui-même. Il nous murmure que le devoir commence plus près, dans les gestes les plus essentiels : dans la vérité que l'on ne travestit pas, dans la signature que l'on refuse de laisser détourner, dans le lien que l'on retisse, dans la responsabilité que l'on assume sans jamais se croire au-dessus d'elle. » Au moment de partir, elle a souhaité délivrer sa vision de l’État qui agit avec lucidité : « Il n’y a pas de service véritable sans courage de la vérifie […] L’Etat n’est jamais aussi lucide que lorsqu’il refuse les aveuglements, les illusions populistes, les accommodements avec ce que l’on sait pourtant inacceptable ».
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