Pourquoi l'Ardéchoise Marie Durand est-elle l'une des prisonnières les plus célèbres d'Aigues-Mortes ?
25 juin 2026Marie Durand demeure l’une des grandes figures de l’histoire protestante française. Originaire du Vivarais, cette Ardéchoise a passé plus de 38 ans en prison pour avoir refusé d’abjurer sa foi.
Daphné Michelas revient sur le parcours hors du commun de cette Ardéchoise dont le courage continue de marquer les esprits.
Une jeunesse marquée par les persécutions religieuses
L’histoire de Marie Durand débute à Pranles, en Ardèche, où elle naît en 1711 dans une famille protestante. À cette époque, la religion réformée est interdite en France depuis la révocation de l’édit de Nantes.
Son frère, Pierre Durand, est pasteur. Il organise des rassemblements clandestins dans les montagnes du Vivarais afin de permettre aux protestants de pratiquer leur culte malgré les interdictions.
Dans ce contexte particulièrement tendu, afficher sa foi peut conduire directement en prison. Marie Durand va en faire l’amère expérience. Comme le rappelle Daphné, « en 1730, à seulement 19 ans, elle est arrêtée ».
Avant son transfert, la jeune femme est emprisonnée au château de Beauregard, près de Saint-Péray. Elle est ensuite envoyée à la tour de Constance, à Aigues-Mortes.
Trente-huit années de captivité
La tour de Constance est alors utilisée comme prison pour les femmes protestantes. Marie Durand y reste enfermée pendant plus de 38 ans, une durée qui semble aujourd’hui presque inimaginable.
La raison de son emprisonnement est simple : elle refuse d’abjurer sa foi. Malgré les pressions répétées, elle demeure fidèle à ses convictions.
Au fil des années, elle devient une figure de soutien pour les autres détenues. Elle encourage les plus fragiles, entretient l’espoir et incarne une résistance pacifique.
Daphné Michelas souligne que « parfois le plus grand courage consiste simplement à ne pas renoncer ». Une phrase qui résume parfaitement le parcours de cette femme qui n’a jamais pris les armes mais qui a refusé de céder.
Le symbole du mot « résister »
Marie Durand est souvent associée au célèbre mot « Résister », gravé sur la margelle du puits de la tour de Constance. Si les historiens ne peuvent affirmer avec certitude qu’elle en est l’auteure, ce terme est devenu indissociable de son histoire.
Libérée en 1768, après près de quatre décennies de captivité, elle laisse derrière elle un héritage mémoriel considérable. Aujourd’hui encore, son nom incarne la résistance spirituelle et la liberté de conscience.
Quelques repères sur son parcours :
- Née à Pranles en Ardèche en 1711
- Arrêtée à 19 ans en raison de sa foi protestante
- Emprisonnée à la tour de Constance pendant plus de 38 ans
- Libérée en 1768
- Devenue un symbole de résistance et de liberté religieuse
Marie Durand n’est pas entrée dans l’histoire pour avoir combattu. Elle y a trouvé sa place parce qu’elle a tenu bon, année après année, face à l’adversité.
Daphné MICHELAS
ICI Drôme Ardèche
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