17 septembre fête de Sainte Hildegarde de Bingen
17 sept. 2026Ce 17 septembre, nous fêtons l’extraordinaire Hildegarde de Bingen, et elle mérite bien plus que quelques lignes!
Hildegarde naît en 1098, en Rhénanie, dans une famille noble et nombreuse.
Dès son enfance, elle affirme avoir des visions et pendant longtemps, elle va les garder pour elle.
Elle est également une enfant de santé très fragile, souvent malade dès les premières années de sa vie, et à la lueur de cette information, nous comprenons bien l’orientation qu’elle donnera à son existence.
À l’âge de huit ans, elle est offerte à une communauté bénédictine car elle est la dixième enfant de sa famille, et le dixième enfant était destiné à la vie religieuse.
Elle grandit donc dans un univers religieux, mais son parcours va être tout sauf ordinaire!
À 38 ans, en 1136, sa vie prend un premier tournant important. Après la mort de Jutta de Sponheim, la femme qui l’avait accompagnée depuis son enfance dans la vie religieuse, Hildegarde est choisie pour prendre la tête de la communauté féminine de Disibodenberg. Elle devient alors magistra, c’est-à-dire responsable des religieuses.
Mais c’est vers 43 ans, en 1141, qu’un changement radical se produit dans son existence. Alors que beaucoup auraient pu considérer qu’une grande partie de sa vie était déjà derrière elle, Hildegarde entre au contraire dans une période extraordinairement féconde où elle va devenir pleinement la femme qu’elle était appelée à être!
En effet, Hildegarde reçoit l’appel de mettre par écrit les visions qu’elle a depuis son enfance. Elle commence alors son premier grand ouvrage, le Scivias. C’est le début de la période qui va véritablement faire connaître son nom bien au-delà de son monastère.
Ses écrits attirent l’attention de personnalités importantes de l’Église. En 1147, le pape Eugène III reconnaît l’authenticité de son expérience spirituelle et l’encourage à poursuivre son œuvre.
Hildegarde commence alors à correspondre avec des papes, des évêques, des religieux, mais aussi des responsables politiques. Elle écrit, enseigne, compose de la musique sacrée et développe une réflexion étonnamment vaste sur la foi, l’être humain, le corps, la nature et le monde qui l’entoure.
Elle est autorisée à prendre la parole publiquement et ne s’en prive pas. Elle ose!
Au XIIᵉ siècle, une femme qui prêche publiquement dans des cathédrales et s’adresse directement aux puissants de son époque est une exception considérable!
Et elle ne reste pas enfermée dans son monastère.
Vers 52 ans, autour de 1150, elle quitte Disibodenberg avec une vingtaine de religieuses et fonde son propre monastère à Rupertsberg, près de Bingen. Elle en devient l’abbesse.
Quelques années plus tard, elle entreprend même des voyages, notamment vers Cologne, Trèves, Mayence ou Metz pour prêcher et transmettre son enseignement, ce qui est tout à fait exceptionnel pour une femme de son époque.
Puis, à 67 ans, elle fonde un deuxième monastère à Eibingen.
Et pendant toutes ces années, elle continue d’écrire des ouvrages de théologie et de visions, des textes sur la nature et le corps humain, de nombreuses lettres, des chants et même une langue qu’elle invente.
Quand elle meurt en 1179, à 81 ans, elle laisse derrière elle une œuvre immense et magistrale!
Et surtout, elle laisse derrière elle une œuvre d’une diversité impressionnante!
Dans le Scivias, elle raconte et interprète ses visions mystiques.
Dans le Physica, elle décrit des plantes, des arbres, des animaux, des poissons, des oiseaux, des pierres et des métaux, en s’intéressant notamment à leurs propriétés selon les connaissances de son époque.
Dans Causae et Curae, elle réfléchit au corps humain, aux maladies et à leurs causes et propose des remèdes correspondant aux savoirs médicaux médiévaux.
Dans la Symphonia armoniae caelestium revelationum, on trouve réuni les nombreux chants religieux qu’elle a composés.
Et son histoire ne s’arrête pas là!
En 2012, près de huit siècles après sa mort, Benoît XVI la proclame officiellement docteure de l’Église, faisant d’elle l’une des femmes dont l’enseignement est reconnu comme particulièrement important pour l’Église universelle.
Ce qui est particulièrement fascinant chez Hildegarde, c’est qu’elle s’est autorisée à vivre toutes les dimensions de son être, sans choisir entre l’une ou l’autre!
Cela la rend éminemment moderne!
Elle nous rappelle qu’une femme n’a pas besoin de choisir entre être spirituelle et être intelligente. Elle peut être les deux.
Elle peut aussi être croyante et chercher, apprendre. se cultiver et questionner
Elle peut aimer Dieu et aimer profondément la nature, la science, la médecine et l’usage des plantes.
Elle peut avoir une vie intérieure profonde et avoir une voix dans le monde.
Et il y a autre chose d’assez extraordinaire dans son parcours! Elle était de santé fragile depuis toujours, mais elle a vécu jusqu’à environ 81 ans et a accompli énormément de choses malgré cette santé défaillante!
Quelle modèle de foi, de persévérance et d’espérance!
🙏🏼 Prière :
Sainte Hildegarde, toi qui as cherché Dieu dans la lumière, la nature, la musique et la connaissance, apprends-moi à regarder le monde avec émerveillement!
Aide-moi à ne jamais avoir peur de mon intelligence, de mes questions et de ma voix.
Que ma foi ne soit jamais une prison, mais un chemin vers davantage de lumière, de liberté et de vie.
Amen.
Très bonne journée à vous tous,
Diana Becker
#hildegardedebingen #saintehildegarde
/image%2F0933224%2F20260917%2Fob_becbbd_1000141277.jpg)