En Ardèche, une chèvre en ferraille a changé sa vie, l'incroyable parcours de Pierre-Louis

Tout a commencé avec une chèvre en métal, un poste à souder et une pancarte qui n'a jamais trouvé sa place. En Ardèche, Pierre-Louis a transformé les rebuts de sa ferme en sculptures. Une aventure artistique inattendue, nourrie par une passion de jeunesse .

Une chèvre en ferraille à l'origine de tout

En 1985, Pierre-Louis s'installe comme éleveur de chèvres en Ardèche. Entre les soins aux animaux et la fabrication de fromages, il trouve le temps de bricoler avec les morceaux de ferraille qui traînent sur son exploitation. Son poste à souder, indispensable aux travaux agricoles, devient peu à peu un formidable outil de création.

L'idée de départ est pourtant très terre à terre. Il souhaite fabriquer une chèvre métallique pour y accrocher une pancarte annonçant la vente de ses fromages. Mais une fois sa sculpture installée sur un rocher, au milieu de la route, l'éleveur change d'avis.

"Et je n'ai pas mis la pancarte dessus, j'ai laissé la chèvre toute seule. C'était le démarrage de la soudure", raconte Pierre-Louis .

Sans le savoir, l'agriculteur vient de donner naissance à une nouvelle aventure professionnelle. Cette chèvre, initialement destinée à attirer les clients, devient sa première véritable création.

Une passion artistique longtemps contrariée

Cette vocation ne surgit pourtant pas de nulle part. Depuis l'adolescence, Pierre-Louis rêve d'exercer un métier artistique. Mais dans son entourage familial, cette perspective ne fait pas l'unanimité.

"Quand j'étais jeune, j'aurais voulu faire un métier plutôt artistique, et puis bon, c'est pas le genre de chose que les parents veulent qu'on fasse, enfin, je ne sais pas, dans mon milieu en tout cas, Il n'était pas question que je fasse ça."

Il s'oriente donc vers des études agricoles à la Bergerie nationale de Rambouillet. Sa proximité avec Paris lui permet toutefois de suivre des cours d'arts plastiques à l'université Paris 8, à Saint-Denis.

D'abord passionné par le dessin, il découvre la sculpture grâce à un enseignant qui éveille sa curiosité. Cette rencontre déterminante fait naître un enthousiasme qui ne le quittera plus.

Quand les normes agricoles précipitent le changement

Pendant plusieurs années, Pierre-Louis mène de front élevage et création artistique. Il perfectionne sa technique en suivant notamment un stage de soudure. Mais l'évolution des réglementations sanitaires finit par bouleverser cet équilibre.

Pour poursuivre la fabrication de fromages, l'éleveur doit envisager d'importants investissements. Il lui faudrait reconstruire une fromagerie moderne et disposer d'un troupeau plus performant. Plutôt que de s'engager dans cette coûteuse transformation, il décide de privilégier sa passion.

"Du coup, les normes d'hygiène et les normes de fabrication du fromage étant beaucoup plus contraignantes, elles m'ont poussé à changer un peu, elles m'ont aidé à changer à prendre une décision en faveur du métier artistique."

Un virage professionnel que les contraintes administratives auront finalement facilité. Et une belle ironie du destin pour cet Ardéchois dont la carrière artistique a commencé avec une simple chèvre en ferraille.

Ici Drôme Ardèche

Jean-Bernard Catella

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Portrait de Pierre-Louis Chipon - jbc

Portrait de Pierre-Louis Chipon - jbc

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