Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 10:25
Le père Ludovic Bazin entouré d’élèves de Saint-Adjutor. (©Le Démocrate vernonnais)

Le père Ludovic Bazin entouré d’élèves de Saint-Adjutor. (©Le Démocrate vernonnais)

A 32 ans, Ludovic Bazin est le prêtre référent des établissements catholiques de Vernon. Il est au service de tous les jeunes du département de l’Eure.

Il est des ecclésiastiques qui sortent du lot, et le Père Ludovic Bazin est de cette trempe-là.

Souriant et détendu, avenant et réfléchi, le jeune-homme a le regard vif et pétillant.

Un prêtre 2.0

Ordonné il y a tout juste 2 ans, ce prêtre 2.0 respire la sérénité et le bonheur, et invite à la discussion. Souvent son portable à la main, il y lit certes l’Évangile, mais répond avant tout à ses emails, est hyper réactif sur WhatsApp, consulte son agenda et alimente régulièrement ses comptes Facebook, Twitter, Snapchat et Instagram… Et chez lui le soir, comme beaucoup de jeunes, il suit la Casa de Papel sur Netflix et Game of Thrones sur OCS !

Né le 14 mai 1987 dans une famille chrétienne mais non pratiquante, Ludovic Bazin se sent « appelé » à l’âge de 7 ans, en pleine séance de catéchisme.

Dès lors, sa foi de le quittera plus.

Bachelier en 2005, il suit une licence d’histoire dans l’idée de l’enseigner, puis entre en 2008 au séminaire, il a 21 ans. Il est ordonné prêtre le 18 juin 2017 et nommé depuis le 1er septembre 2019 par Monseigneur Nourrichard, évêque d’Évreux, responsable diocésain de la pastorale des jeunes.

Aider les jeunes à être et à faire

Chaque semaine, entouré par toute une équipe, le Père Ludovic navigue entre les établissements Saint-Adjutor, Jeanne-d’Arc et Sainte-Agnès de Vernon, où, dans le cadre de la catéchèse, de l’aumônerie et de « déjeuners Pasto », il rencontre les élèves de tous horizons et de toutes confessions, et parle avec eux de leurs joies et de leurs peines, de leurs doutes, de foi et de religion, et aussi d’engagement.

« C’est bien, avec des jeunes qui se posent souvent beaucoup de questions, d’essayer de les aider à avoir le discernement nécessaire pour trouver ce qu’ils veulent faire mais aussi ce qu’ils veulent être et ce qu’ils sont appelés à devenir ».

Le père Bazin estime que sa mission est là : aider les jeunes de toutes religions à trouver leur vocation.

Entre le Père Ludovic et les élèves, pas de tabous, une relation de confiance et de la joie, qui lui permettent de les aider à grandir et à s’accomplir.

Partager ma joie de croire

Attaché à la mission que lui a confiée l’Évêque, le Père Ludovic accompagne également les jeunes dans le cadre des scouts et des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse). Il poursuit :

« On se plaint toujours que la jeunesse n’entre pas dans les églises. À moi d’aller là où ils sont, tout en respectant la liberté des uns et des autres ; et puis ils me le rendent bien, c’est à eux que je dois ma joie et mon dynamisme ! Ils me bousculent et me boostent, c’est ça aussi qui est intéressant pour moi, ils m’obligent intellectuellement à être juste. Les jeunes d’aujourd’hui, et je ne me restreins pas aux jeunes « cathos », sont sympa, accessibles et curieux, ils se posent plein de questions. »

On en veut pour preuve le nombre de baptisés l’an dernier, 42, signe d’une réalité nouvelle au sein de l’Église.

« L’Homme est toujours en quête de quelque chose. À nous de l’aider à le nommer, sourit le prêtre. Et si en plus, on peut en aider certains à trouver la voie du sacerdoce, tant mieux ! C’est le plein emploi dans l’Église, on embauche !, plaisante-t-il décomplexé. J’ai la grande chance de pouvoir partager avec les jeunes mon dynamisme, mon énergie et ma joie de croire », conclut le Père Ludovic.

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 08:44
Michel PINCHON et Jean-François BERJONNEAU

Michel PINCHON et Jean-François BERJONNEAU

Michel PINCHON, prêtre du Diocèse d’Evreux, nous a quittés ce dimanche 8 décembre 2019 à l’hôpital de Verneuil sur Avre. Il était âgé de 91 ans. Il s’était engagé – à la suite du Concile Vatican II – pour une église ouverte sur le monde et à l’écoute de nos contemporains. Il a été vicaire général du Diocèse d’Evreux, responsable de la Formation Permanente, Premier Assistant des Fraternités Jésus Caritas, Aumônier du CMR et du CCFD et éditeur du « Courrier de Jonas ». Il accueillait jour et nuit au presbytère de Gouville. Il était d’une bonté et d’une intelligence… exceptionnelles !

Il va retrouver tellement d’amis là-haut !

Ses funérailles sont prévues samedi 14 décembre à 10 heures en l’église de Breteuil sur Iton.

Voici son témoignage publié le 28 février 2014 sur le site internet www.temoins.com  

 

UN CHEMIN D’ESPERANCE POUR L’EGLISE

Pour moi ce chemin est bien long. Durant ma vie, j’ai connu huit papes: Pie XI, Pie XII, Jean XIII, Paul VI, Jean Paul II, Benoît XVI et, depuis quelques mois, le pape François. Cette longue période a été marquée par plusieurs évènements importants qui ont marqué l’Eglise sur son chemin : la guerre de 40-44, le Concile, Mai 68…Ces évènements et d’autres, moins importants, ont aussi marqué ma vie.

Mon enfance est d’avant guerre. Je suis venu au monde dans le rural, en Normandie, dans une petite exploitation agricole. J’ai vécu dans une famille chrétienne. La pratique religieuse l’emportait sur le culte. On allait à la messe et on ne disait jamais de mal des prêtres. J’ai eu la chance de faire mes études dans un petit collège de province. Ce fût pour moi une première ouverture sur le monde accompagné par des professeurs dont les enseignements contenaient une vraie éducation. Ces professeurs étaient des prêtres qui m’ont aidé à bien vivre et proposé de découvrir le chemin de la foi. Grâce à eux, j’ai eu la chance de participer à des petits voyages à la découverte du monde. J’ai aussi participé à des grands rassemblements d’Eglise. J’ai été impressionné par le nombre de chrétiens assemblés, par ces foules qui priaient publiquement. J’ai connu en ces occasions une Eglise vivante.

J’avais 16 ans en 1945. J’ai découvert pendant et après la guerre le scoutisme où la foi m’avait semblé plus fraternelle et plus vivante. J’ai assumé dans cet engagement mes premières responsabilités. J’ai pu aussi participer à la naissance du mouvement des Jeunes Ruraux Chrétiens, la JAC. J’ai participé à de nombreuses rencontres de jeunes qui cherchaient ensemble une autre manière de comprendre la foi et de la vivre. Là se situe mon premier vrai contact avec l’Evangile. Dans ces partages, j’ ai commencé à comprendre que la vie des hommes au milieu desquels je vivais avait un lien profond avec ma foi. Cette découverte reste une grande lumière sur mon chemin.

VERS VATICAN II

En 1947, j’avais 19 ans. Je suis entré au séminaire à l’Institut Catholique de Paris. C’était une sorte de monastère où j’ai vécu un horaire important de réflexion et de prière. Le silence était de règle. J’ai découvert dans cette maison beaucoup d’amis dont certains sont encore de ce monde. C’est en leur compagnie que j’ai peu à peu décidé de recevoir l’ordination. Là, j’ai découvert et apprécié l’enseignement de la philosophie, de la théologie. Mais je fus surtout attiré par l’étude de l’Ecriture Sainte, la Bible, ancien et nouveau Testament. J’ai appris une méthode de travail pour continuer à travailler cette base de la foi. Cette étude sérieuse rejoignait le lien entre la vie et la foi découvert dans les Mouvements d’Action Catholique.

 

Entre nous, au séminaire, on se posait beaucoup de questions que nous n’avions pas la possibilité d’exprimer publiquement ; Nous nous demandions quel serait notre engagement dans l’Eglise. Nous n’avions pas d’idées nettes sur l’Institution, sur Rome  ni sur les documents qui nous venaient du Vatican. Nous espérions des réformes et surtout plus de liberté. Nous rêvions de changements. Nous étions curieux de ce que vivaient ceux qui avaient choisi des expériences nouvelles : la Mission de France, la Mission de Paris, les Frères Missionnaires des Campagnes. Il nous semblait que de nouvelles recherches voyaient le jour. Nous avions envie de rejoindre ces  manières d’être prêtres aujourd’hui.

VATICAN II.

Après mon ordination, je fus nommé directeur d’un Lycée Agricole. Un jour, le 25 janvier 1959, par la radio, dans ma voiture, j’ai appris le projet que le pape Jean XXIII proposait à l’Eglise. Il était nouvellement élu et sans qu’on ait pu le prévoir, il annonçait la convocation proche de tous les évêques du monde entier pour les réunir en Concile. Ce fût Vatican II. J’ai accueilli le discours du pape pour l’ouverture de la première session avec beaucoup d’intérêt. Je me sers encore de ce texte pour retrouver les appels lancés par lui à l’Eglise pour retrouver une nouvelle relation avec le monde. Ce Concile serait un acte de paix et non de condamnation. Il faudrait accueillir le monde tel qu’il est, partager ses évolutions, ses questions, ses joies et ses souffrances, réaliser un aggiornamento de l’Eglise. Le pape proposait aussi une mise à jour des questions que se posait l’Eglise et de ses structures pour mieux la mettre au service des hommes.

J’ai aimé le climat de liberté qui s’est instauré entre les évêques dès l’ouverture de la première session. Liberté de parole: Chaque évêque pouvait s’exprimer faire des propositions dont quelques unes étaient inattendues. J’ai suivi le travail du Concile  avec passion chaque jour, dans la presse. Mon évêque venait d’être ordonné quelques semaines avant l’ouverture ; Ce fût son premier engagement. Il participa à toutes les sessions. Entre les rencontres, il revenait dans le diocèse avec beaucoup de documents, avec les premiers textes. Ensemble nous avons parcouru le diocèse pour mettre le plus de chrétiens possible au courant des questions posées, résolues ou à résoudre. Ces soirées dans les paroisses passionnaient les participants car, eux aussi, trouvaient là des réponses à leurs besoins et une grande espérance. Tous les débats, tous les textes leur semblaient répondre à leurs souhaits. Ces chrétiens prenaient aussi la liberté de parler ; Ce fût vraiment un temps d’enthousiasme stimulant pour notre Eglise. Le Concile répondait aussi aux questions que je me posais depuis longtemps. Cette assemblée mondiale des évêques a changé ma vie.

Les points principaux que j’ai accueillis avec joie pour en parler et pour en vivre, sont les suivants:

La réforme de la liturgie.

Une nouvelle manière de vivre en Eglise, dans les paroisses, les mouvements, les séminaires, dans l’organisation centrale également.

Une attention bienveillante au monde qui était le mien ; on n’userait plus de condamnation dans le gouvernement de l’Eglise. « Plus de prophètes de malheur » disait Jean XXIII.

Une nouvelle prise en compte du laïcat ; un appel à créer des conseils, à tous les niveaux et à prendre de vraies responsabilités.

Une responsabilité partagée entre les prêtres et les laïcs.

La mise en place de conférences épiscopales dans chaque pays, avec possibilité pour elles de prendre des décisions.

Autre proposition que tout les chrétiens attendaient : la liberté religieuse ; et la réconciliation entre les Eglises et avec les autres religions.

C’est donc avec enthousiasme que j’ai tout fait pour vivre ces valeurs en lien pour moi avec l’Evangile. J’ai passé beaucoup de temps pour répandre cette bonne nouvelle. Tout cela concernait ma vie personnelle et mon ministère. Je voyais dans toutes ces invitations autant d’occasions de parler et de mettre en place des lieux nouveaux dans l’Eglise. Il a fallu organiser les changements proposés dans les documents approuvés par les évêques. Ce fût le cas, dès la fin du Concile pour la liturgie, la messe et les sacrements. Je pensais que les grandes lignes de ce Concile rejoignaient les engagements pris dans les mouvements d’Action Catholique et dans le CCFD. J’ai commencé à chercher des liens avec des chrétiens d’autres Eglises et avec des croyants d’autres religions. Ce qui me semblait impossible quelques années auparavant était devenu une joie. Beaucoup de groupes se sont créés pour partager la foi et réfléchir aux problèmes de notre société.

APRES LE CONCILE.

Après ce printemps d’Eglise, vint Paul VI qui eût la lourde tâche de mettre en œuvre tous ces projets. Assez vite on a senti quelques hésitations sur un point ou sur un autre, spécialement sur la liturgie, l’ouverture au monde, la liberté chrétienne, l’œcuménisme ; Ces mutations ne plaisaient pas à tous. Il n’est pas impossible que Paul VI lui-même n’ait été inquiet de ces mutations. Nous pensions plutôt que ces documents formaient comme une loi-cadre et qu’il faudrait en continuer la mise à jour prévue dans tous les domaines de la vie du monde et de la vie de l’Eglise.

Je crois qu’une des causes de cette hésitation  était l’évolution de monde lui-même et de la société autour de nous.  Le monde avec lequel l’Eglise voulait renouer des relations, a changé très rapidement dans beaucoup de domaines. Après les «30 Glorieuses », où le développement économique était constant et semblait normal, nous avons connu des années plus austères, au moment et à la suite du premier « choc pétrolier ». C’est la société qui devient frileuse et ce refroidissement a touché notre Eglise. On a senti que certains responsables du Vatican qui n’avaient pas vraiment adhéré aux décisions, voulaient en rester aux documents et ne pas aller plus loin dans le changement. Des prises de position sur la liturgie sur la vie morale, sur la théologie se faisaient jour secrètement. On se souvient que le nouveau code de Droit Canon n’a paru qu’en 1983, c’est à dire presque 20 ans après le Concile. Dans ce Code beaucoup de décisions n’ont pas été officialisées juridiquement. Par exemple la décision de créer des conférences nationales d’évêques. C’est à cette époque que Paul VI a publié l’encyclique « Humanae Vitae » à la grande surprise de beaucoup de chrétiens. Cela représenta un sérieux coup de frein. Certains théologiens ont été condamnés, certains livres censurés. On revenait en arrière.

J’ai connu en ces années-là une vraie tristesse, un temps de déception. Nous avons mis en place des groupes de réflexion, de réaction. Beaucoup se sentaient désireux de défendre le Concile contre ceux qui l’attaquaient ou le relativisaient. C’est à ce moment que le P. Riobé, évêque d’Orléans, est intervenu dans les rencontres des évêques de France  pour relancer des questions dont on ne voulait plus parler.
Ce fût le temps des ruptures comme celle de Mgr Lefèvre. Nous avons senti comme un grand recul les négociations entre Jean Paul II et l’évêque d’Ecône. On était à la veille de
corriger les textes pour retrouver l’unité. Cette correction concernait deux textes importants sur la liberté religieuse et sur l’œcuménisme. Des théologiens se firent entendre, mais sans écho.

C’est à cette époque qu’avec quelques amis, nous avons créé deux revues: « les cahiers du libre avenir » et « le courrier de Jonas ». Nous voulions partager nos questions, publier des textes de résistance et de vérité. Nous avons reçu de nombreux articles, des témoignages, des expériences de fidélité au Concile. Ces revues ont touché beaucoup d’amis qui ressentaient aussi le découragement et l’inquiétude. Nous sommes entrés en relation avec de nombreux groupes de pays étrangers cherchant dans la même ligne que nous. Ces publications furent un chemin d’espérance pour tous ceux qui avaient pris le Concile au sérieux et qui se sentaient désavoués ou abandonnés.

Nous avons ainsi traversé les pontificats de Jean Paul II et Benoît XVI. Ils ont laissé cette dérive s’installer, même si l’un a ouvert l’Eglise sur le monde et joué un rôle important, et si l’autre a fait preuve de courage en dénonçant les crises intérieures de l’Eglise et les scandales qui l’ ont blessée profondément.

LE PAPE FRANCOIS.

Je suis heureux de terminer ma vie à la lumière du pape François. Je ne le connaissais pas. Mais dès son apparition dans la loge de saint Pierre, j’ai ressenti en moi, un mouvement d’amitié.

Il a su, en souhaitant le bonsoir à la foule qui l’attendait sur la place, devant la basilique, trouver les mots qui conviennent et qui atteignent le cœur.

Il a le courage de prendre des attitudes nouvelles qui contrastent avec beaucoup d’habitudes d’autrefois. Habiter un petit couvent au lieu d’occuper les appartements du pape. Aimer et vivre cordialement les bains de foule, parler aux gens, embrasser les enfants, sortir dans Rome sont une preuve de grande humanité. On le sent très attentif à l’humanité de ceux qu’il rencontre. Ses paroles, ses écrits sont simples, très personnels. Même les premiers textes de son pontificat, comme « l’exhortation apostolique » qui invite tous les chrétiens à reprendre l’élan de la nouvelle Evangélisation, est une déclaration pleine de son expérience personnelle, de bienveillance, d’exemples concrets. Ce style est vraiment nouveau. Tout cela révèle un homme dont la vie est animée par l’Evangile. Cela apparaît dans sa manière d’être, son enseignement, son action. Je suis heureux qu’il soit à la tête du troupeau. Je suis très attentif à ce qu’il dit, aux interviews qu’il donne, à sa bonne humeur. Il m’arrive de citer ses paroles au cours d’une homélie. Je ne me souviens pas d’avoir jamais fait cela auparavant.

Ce pape semble donner, dès le début de son pontificat, la priorité aux questions qui concernent l’Institution et son fonctionnement. On sait qu’il pense à une sérieuse réforme du Vatican qui a connu plusieurs scandales. Il a déjà mis en place un « gouvernement » nouveau en réunissant régulièrement 8 évêques venant de tous les continents. Il veut travailler avec ce gouvernement restreint à l’écoute des hommes du monde entier. C’était là l’objectif premier de Vatican Il. Il place  tous ces travaux sous la lumière et la chaleur de l’amour du Christ, dans la joie de l’Evangile.

Tout cela est une « bonne nouvelle » pour aujourd’hui. C’est le signe qu’il est encore possible de reprendre le chemin du Concile dans la joie et dans l’espérance.

Une lourde responsabilité est maintenant celle du pape François ! Je lui souhaite de garder le sourire !

Michel Pinchon

28 février 2014

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 20:48
Mgr Christian Nourrichard, évêque d’Évreux : « On joue aux apprentis sorciers. J’aimerais que l’on finance davantage la lutte contre le cancer, l’infertilité ou la maladie d’Alzheimer » (photo : évêché d’Évreux).

Mgr Christian Nourrichard, évêque d’Évreux : « On joue aux apprentis sorciers. J’aimerais que l’on finance davantage la lutte contre le cancer, l’infertilité ou la maladie d’Alzheimer » (photo : évêché d’Évreux).

Opposé à la procréation médicalement assistée autorisée à toutes les femmes par l’Assemblée nationale, Mgr Christian Nourrichard n’appelle cependant pas les catholiques eurois à manifester.


Actée en France depuis 1994 (pour les couples hétérosexuels) au grand dam de certains cultes, à commencer par l’Église catholique - lire nos éditions de mardi 24 septembre - la procréation médicalement assistée (PMA) divise de nouveau une partie des Français.
Touchant à la foi et à la science, redessinant les contours d’une société en pleine mutation - certains parleront de civilisation -, l’extension de la PMA à toutes les femmes (remboursée par la Sécurité sociale), plus spécifiquement aux homosexuelles et aux célibataires, était débattue depuis plusieurs jours à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’un projet de loi sur la bioéthique qui fait rage - pas moins de 2 500 amendements ont été déposés. Elle a été adoptée par les parlementaires vendredi dernier.

« Un combat spirituel »

Or, si elle perd de plus en plus de terrain dans le monde d’aujourd’hui, l’Église catholique n’en demeure pas moins l’un de ses piliers. Et elle ne désespère pas de faire entendre sa voix... Ainsi, plusieurs évêques de France appellent à manifester à Paris, dimanche prochain, pour dénoncer cette loi. Et quand bien même il est opposé à la PMA et à cette extension - elle est jusqu’alors réservée aux femmes infertiles -, le représentant des catholiques de l’Eure, Mgr Christian Nourrichard, ne rejoint pas ces prélats-là.


Pourquoi n’appelez-vous pas à manifester ?

« Le cadre en France, c’est la laïcité où les croyances des différentes religions peuvent s’exprimer et vivre leur foi. Je n’interdis pas de manifester mais cette expression n’est pas dans ma culture. Ce sujet est d’abord un combat spirituel. L’Église n’est pas là pour faire pression, mais pour inviter les uns et les autres à réfléchir au déroulement de notre propre existence. Je serai peut-être critiqué par des ultras qui s’estiment plus catholiques que les catholiques, mais je préfère organiser une conférence-débat sur la bioéthique, mardi 22 octobre, à l’espace Nétreville à 20 h 30 (Bioéthique, quel monde voulons-nous) avec Monseigneur Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes (35), qui travaille sur cette question-là depuis de nombreuses années. Je souhaite que ce débat donne naissance à une discussion. Je suis là pour donner des éléments de réponses, pas pour imposer. »

Comment jugez-vous cette ouverture de la PMA à toutes les femmes ?

« J’y suis évidemment opposé. On joue aux apprentis sorciers. J’aimerais que l’on finance davantage la lutte contre le cancer ou la maladie d’Alzheimer et contre l’infertilité, par exemple, avant de consacrer autant de moyens et de temps pour la Procréation médicalement assistée. L’Église catholique prône l’adoption, y compris celle d’un enfant malade, comme j’ai pu en être le témoin avec bonheur. Ce qui compte, c’est fonder une famille, donner une espérance dans cette société. Là, on fait du bricolage.

Je prends l’image de l’enfant capricieux qui désire quelque chose qui n’est pas bon. Il est important que les parents, dans leur diversité, puissent avoir le courage de lui dire qu’il se trompe, que ce qu’il désire n’est pas forcément bon. C’est le rôle du père et de la mère. Cette différence donne un maximum de chance à l’enfant pour se construire. »
Quelle place l’Église accorde-t-elle aux homosexuels ?

« Il est écrit au fronton de la République Liberté-Égalité-Fraternité. Pour l’Église, la fraternité repose sur la solidarité avec les plus faibles, que sont notamment les enfants, et les plus pauvres. Nous accueillons et respectons tout le monde, y compris les homosexuels. Nous les accompagnons, mais on ne peut soutenir celles et ceux qui ont un désir de maternité sous cette forme qu’est la PMA. »

«Il devrait être en première ligne»

Si Mgr Christian Nourrichard n’appelle pas les catholiques eurois à manifester, les associations comme Sens commun, Alliance Vita ou les Veilleurs, réunis dans l’organisation Marchons enfants, ont pris le relais sur le terrain.

Une centaine d’Eurois devraient ainsi se rendre dimanche à Paris pour manifester leur opposition à la loi sur la bioéthique. Les antennes locales des mouvements ont mis en place des bus dans l’ensemble du département pour transporter les militants dans la capitale.

L’absence de soutien officiel de Mgr Nourrichard apparaît comme « une grosse déception » pour les opposants à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes. « Cette loi va à l’encontre de ce en quoi nous croyons. Le prélat devrait donc être en première ligne pour défendre notre position », note Henri Florent Cotte, membre de Sens commun à Vernon.

À noter que Catherine Delalande, qui, jusqu’à présent était représentante de Sens commun dans l’Eure, n’a pas donné suite à nos demandes d’interview. La conseillère départementale du canton de Vernon aurait subi des pressions et démissionné de ses fonctions pour redevenir une simple militante.

C.M

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 16:26
Interview de Jacques Gaillot, Evêque de Partenia

Questions posées par Francis X. Rocca correspondant du Wall Street Journal au Vatican.

 

1-       A votre avis, pourquoi le pape Jean-Paul II vous a-t-il révoqué en tant qu’évêque d’Evreux ?

 

 Au moment de ma révocation d’Evreux, le 13 janvier 1995, le pape Jean-Paul II se trouvait aux Philippines à Manille pour les journées mondiales de la jeunesse.

C’est le cardinal préfet de la Congrégation des évêques, qui m’avait convoqué à Rome.

 Il me signifia que mes nombreuses interventions dans les médias sur des sujets sensibles causaient le trouble et la division chez de nombreux fidèles y compris des évêques. Vous êtes fait pour l’unité et vous divisez. Cette situation ne peut plus durer.

 Je gardais le silence. Une parole du cardinal eut l’effet d’une flèche qui me blessa :

 « On dit que vous ne croyez pas à l’Evangile. Pour vous, l’Evangile est une parole comme un autre. »

Je n’étais pas là pour me défendre mais pour entendre un jugement qui tomba comme un couperet :

 « Demain à midi, vous ne serez plus évêque d’Evreux. »

 

Un an après, le pape Jean-Paul II souhaita me rencontrer.

Comme toujours il se montra très fraternel.

« Les gens d’Evreux ne doivent pas aimer le pape »             me dit-il d’emblée. 

« Rassurez-vous. Ils pensent que vous n’y êtes pas pour grand-chose, et que c’est une affaire de la Curie romaine ».

Le pape sourit mais me parut ennuyé de cette affaire.

 

2-      A votre avis, pourquoi le pape vous a-t-il transféré au siège de Partenia au lieu de vous désigner simplement évêque émérite d’Evreux ?

C’est le cardinal préfet qui était à la manœuvre :

  « Si vous signez votre démission, vous serez évêque émérite d’Evreux.

« Et si je ne signe pas ? »

« Vous serez évêque transféré. Vous avez quelques heures pour réfléchir. »

Prenant congé du cardinal, ma décision était déjà prise :    je ne signerai pas. Je ne voulais pas être forcé au divorce. Avant de reprendre le train de nuit pour Paris, je commençais de rédiger un message aux diocésains d’Evreux : 

« Je cesse de vous servir, mais je ne cesse pas de vous aimer. »

Le cardinal attendit ma réponse, mais la réponse ne vint jamais.

 Je n’ai pas reçu de rescrit prescrivant les motifs de ma révocation.

Par la presse, j’appris que j’étais nommé évêque de Partenia.

 

3-      Quelles sont selon vous, vos principales réussites en tant qu’évêque de Partenia ? Y a-t-il eu des épisodes particulièrement satisfaisants ? Des défis particulièrement difficiles ?

Des amis se réjouissaient de ma nomination et voulaient la réussite de ce diocèse hors norme :

« C’est formidable : au moment où Rome te nomme à Partenia, tu as un media qui correspond à ce diocèse sans frontières : le net. C’est un outil merveilleux qui te permettra de communiquer avec des gens de partout. »

 Le site Partenia fut créé à Zurich par Katharina Haller qui en plus de son travail, se donna à fond à cette tâche.

Le 20 de chaque mois je lui envoyais :

  + le partage d’un ou deux évènements vécus dans le mois.

     Cela donnera un livre : « Carnet de route. »

 + Un partage d’Evangile fait en équipe.

    Un livre en sortira : « La Bible à livre ouvert »

  + La rédaction en équipe d’une question concernant la foi     

    Qui donnera naissance à un livre : « Un catéchisme au goût de liberté ».

  + La réponse à trois questions d’actualité posées par un journaliste de la télévision.

Katharina envoyait ces textes aux traducteurs et traductrices bénévoles de différents pays pour une traduction en 7 langues.

Au début de chaque mois, ces textes paraissaient sur le site Partenia. Et cela sans interruption pendant 15 ans.

Quelle prouesse !  

De nombreux internautes de différents pays venaient régulièrement consulter le site Partenia.

 Il y en avait toujours deux du Vatican !

 

Un défi a été difficile pour moi à relever.

Du jour au lendemain, ayant été révoqué par Rome, j’étais considéré comme non fréquentable et déviant dans mon Eglise. Je n’étais plus invité. Fini les interventions, les prédications, les retraites, les invitations aux rencontres d’évêques. J’étais rayé des listes.

Désormais, il me fallait aller vers ceux du dehors : les exclus.

Les migrants, les prisonniers, les sans-logis me sentaient à eux car j’étais comme eux un exclu. Grâce à Rome !

Je ne prêchais plus dans les églises, et ne m’adressais plus à un public chrétien.

 Je prenais la parole hors les murs, sur les places publiques, dans les rues, au cours de manifestations où se trouvaient militants, syndicalistes, migrants…

Je compris qu’il me fallait partir de l’humain. L’humain d’abord. En toute circonstance. Avec un vocabulaire nouveau.

Je découvris que ceux qui parlaient si bien de l’homme dans les manifestations, me disaient quelque chose de Dieu.

Je constatais l’importance pour les exclus de reconnaître leur dignité.

    Personne n’a jamais pu prendre leur dignité, malgré les menaces et les humiliations. La dignité leur appartient.

Je constatais que la seule attitude qui puisse libérer quelqu’un, c’était de reconnaître sa dignité.

 

4 – A votre connaissance, l’existence de Partenia en tant que diocèse virtuel reste un cas unique ou y en a-t-il eu d’autres après le vôtre ?

Ma connaissance est limitée ! Il n’y a qu’un évêque par diocèse. Celui qui ne l’est pas, reçoit un titre comme c’est le cas d’un évêque auxiliaire ou devient évêque émérite de son diocèse précédent.

Je suis un cas, n’en connaissant pas d’autre à ce jour.

 

5 – Avez-vous cessé vos activités en tant qu’évêque de Partenia ? Dans ce cas quand et pourquoi ?

Je suis toujours évêque titulaire de Partenia à 83 ans.

Je ne sais pas si le Nonce apostolique de Paris est au courant… 

Tant que j’ai la santé, je continue d’être sur le terrain de l’exclusion.

A 75 ans, j’ai pensé qu’il était sage d’arrêter d’écrire sur le site Partenia.

 

6 – Lors de votre rencontre avec le pape François en 2015 avez-vous parlé de votre ministère en tant qu’évêque de Partenia ? Le pape vous a-t-il dit quelque chose sur ce thème ? Avez-vous parlé d’autre chose ?

Ce fut une très belle rencontre. Je n’avais rien à demander au pape François. Il m’avait téléphoné sur mon portable pour me dire qu’il souhaitait me rencontrer.

Le pape était intéressé de savoir ce qui faisait ma vie sur le terrain parisien.

 « Je suis responsable d’une association de migrants africains dont le but est d’obtenir un titre de séjour.

 Je me sens bien avec eux. Ils sont ma famille.

Je visite des prisonniers qui ont de longues peines. Nous sommes devenus des amis qui m’apportent beaucoup ».

 « Continuez ce ministère, c’est si important ! » soupira François. Puis après un moment de silence me demanda :

 « Avez-vous une expérience des familles ?»

 « Des familles un peu particulières… Dernièrement j’ai béni un couple de divorcés remariés. Ils sont ensemble depuis 20 ans. Arrivés à l’âge de la retraite, ils veulent se remarier civilement et désirent comme chrétiens, une bénédiction. N’ayant pas trouvé de prêtre, ils s’adressent à moi. J’accepte et vais dans un village où se trouve leur résidence secondaire ainsi qu’un modeste parc où se fait la célébration. 100 personnes sont présentes. Il y a les chants la musique. Les mariés prennent en premier la parole et disent pourquoi ils tiennent à une bénédiction.

L’assemblée écoute l’Evangile que j’actualise, puis nos prières de demande s’adressent à notre Père commun et je donne une large bénédiction.

Tout le monde est heureux. C’était vrai et çà donnait du sens.

Le pape restait silencieux.

Alors je continuais :

  J’ai béni un couple d’homosexuels. Deux hommes de 29 et 30 ans. Ensemble depuis 10 ans, ils veulent se marier civilement et comme ils sont chrétiens, désirent une bénédiction.

Ne trouvant pas de prêtres qui acceptent, l’un d’eux m’écrit une belle lettre témoignant que sa foi fait partie de sa vie. Comment pourrais-je refuser ?

La célébration se déroule dans un domaine loué pour le weekend. Il y a 80 invités.

C’est jour de fête et de joie. L’assemblée écoute le témoignage des mariés ainsi que l’Evangile choisi par eux et que je commente.  Je donne aux mariés la bénédiction qui leur donnera lumière et force tout au long des jours.

Le pape lèva alors les bras : 

« La bénédiction, c’est dire la bonté de Dieu à tous, sans exception. »

 

7- Pensez-vous que vos auriez fait le même parcours d’Evreux à Partenia si François avait été le pape dans les années 90 ?

Certainement pas. Je n’aurais jamais connu l’existence de Partenia.

 

8- En regardant en arrière voyez-vous l’action de la Providence dans ce chemin ?

Ou aurait-il été préférable que vous restiez à Evreux jusqu’à votre retraite ?

 L’action de la Providence était certaine pour moi. Je me sentais dans la main du Père. J’ai vécu cette révocation en grande paix malgré tous les remous que provoquait mon départ. Je pardonnai à mes détracteurs victorieux qui téléphonaient à l’évêché pour dire qu’ils sablaient le champagne.                      

 Jésus faisait ma route et me préparait à une autre aventure pour l’Evangile. Je partais avec confiance sans savoir où je me poserais et ce qui m’attendrait.

Après avoir été près de 13 années à Evreux, il était bon que je parte. J’avais donné toute ma mesure au peuple d’Evreux.

 

Sur les routes de Partenia, mon cœur s’est élargi pour rejoindre l’humanité entière.  Tant de rencontres dans tant de pays, m’ont fait grandir en humanité, m’ont ouvert aux autres, ouvert à l’Esprit.

Arrivant bientôt au terme du chemin, ma prière est surtout faite d’action de grâce.

 

Jacques Gaillot

Evêque de Partenia

Paris le 13 novembre 2018

Partager cet article

Repost0
19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 20:43
Mgr Jacques David / Archives CIRIC

Mgr Jacques David / Archives CIRIC

Mgr Jacques David, évêque émérite d’Évreux est décédé, mercredi 19 décembre, à quelques jours de son 89e anniversaire. Né le 22 décembre 1930 à Saint-Aubin-la-Plaine (Vendée), il a été ordonné prêtre le 29 juin 1956 pour diocèse de Luçon.

Concile Vatican II


Après son ordination, il est parti à Rome où il a passé trois ans au Séminaire français. Au cours de ses années à Rome il a obtenu une licence en droit canonique. De retour en France, il est devenu secrétaire de Mgr Antoine-Marie Cazaux, évêque de Luçon de 1941 à 1967, qu’il a notamment accompagné aux quatre sessions du Concile Vatican II.


Mgr Charles Paty, successeur de Mgr Cazaux, l’a maintenu dans ses fonctions de secrétaire et lui a confié d’autres responsabilités, notamment celle de faire le lien avec les prêtres fidei donum du diocèse.

Curé d’Olonne-sur-Mer puis curé doyen des Herbiers, Mgr David a ensuite été, entre 1977 et 1981, secrétaire général adjoint de l’épiscopat, chargé du secrétariat national de l’opinion publique (Snop).


Successeur de Mgr Jacques Gaillot à Évreux


C’est en 1981, que le pape Jean-Paul II le nomme évêque auxiliaire de Bordeaux, fonction qu’il a occupée jusqu’en 1985 avant d’être nommé évêque de La Rochelle, où il a succédé à Mgr François Favreau. Après neuf années passées dans le diocèse de La Rochelle, il a été nommé évêque d’Évreux en 1996 où il a pris la délicate succession de Mgr Jacques Gaillot, démis de sa charge le 13 janvier 1995, œuvrant à apaiser les esprits.


En 2002, les évêques appelaient à ne pas voter pour le Front national au second tour de la présidentielle


Cette même année, il a été élu vice-président de la Conférence des évêques de France, fonction qu’il a occupée durant trois ans. À la CEF, il a également été membre de la commission épiscopale des mouvements apostoliques et des associations des fidèles ou encore du comité épiscopal de la mission en monde ouvrier.


Le 28 janvier 2006, un mois après avoir atteint la limite d’âge des 75 ans, Mgr Jacques David a quitté le diocèse d’Évreux, laissant le siège épiscopal à Mgr Christian Nourrichard. Il avait choisi de passer sa retraite dans sa Vendée natale.

 

Ses obsèques seront célébrées mercredi 26 décembre 2018 en la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Luçon à 15 heures.


Arnaud Bevilacqua

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
6 septembre 2018 4 06 /09 /septembre /2018 15:29
Lettre Pastorale de Monseigneur Christian NOURRICHARD, Evêque d’Evreux

Après le rassemblement de la Pentecôte...

...Accueillons le Christ, l'Esprit dit : « Osons la mission ! »

 

Sur le site du pavillon des Aulnes au Vaudreuil le 20 mai dernier, nous avons décliné dans la joie et sous le soleil le verbe « oser ». Que retirer de ce rassemblement ? Qu'envisager à présent ? Comment poursuivre la mission après cette démarche synodale qui nous a engagés pendant plus de trois ans ?

Je vous invite à visionner en Communautés Locales, en paroisses ou en groupes divers la vidéo qui a été réalisée pour le rassemblement. Elle nous donne autant de pistes d'envoi en mission que je voudrais prolonger, autant d'idées à partir de ce visage du Christ que nous avons à faire découvrir sans cesse.

1. Une Église au service de ce monde

Il est fondamental que notre foi se traduise dans des actes concrets, dans des attitudes qui sont celles mêmes de Jésus. Si l'Église se rassemble pour célébrer le Christ, c'est aussi pour qu'avec Sa force, la force de l'Esprit, elle aille à la rencontre des autres.

Le Festival des Sans Voix du 1er mai est à poursuivre. Ces personnes-là ont mille et une choses à nous dire, à nous communiquer. Personne n'est trop petit pour n'avoir rien à partager ! Regardons Jésus. Qu'a-t-il fait ? Il est allé à la rencontre des uns et des autres, Il les a mis en confiance, de telle sorte qu'ils ont pu se relever et aller de l'avant (Mc 2,9).

Nous avons tous besoin les uns des autres. En apportant à l'autre, on s'enrichit. Une Église au sein de laquelle on partage nos richesses n'en sera que plus belle ! Allons au-devant des autres, en commençant par les plus proches.

Des migrants sont aujourd'hui à notre porte. Qu'importe la façon dont ils sont venus en France ! En les accueillant, c'est le Christ lui-même que l'on accueille. « J'étais un étranger, et vous m'avez accueilli » (Mt 25, 35). Aidons-les, en partenariat avec les associations spécialisées, pour des papiers, un logement, une recherche d'emploi, l'apprentissage de la langue française...

La fraternité n'est pas une option. De toute façon, on ne peut pas être chrétien sans être toujours plus humain ! C'est notre fondement. Ensuite, comme chrétien, c'est l'Esprit du Christ qui nous fait vivre. C'est son regard qui nous pousse à collaborer avec les autres pour que la vie soit toujours meilleure pour tous.

2. La place des jeunes. Comment on s'y prend ?

Les jeunes sont motivés pour participer activement aux célébrations liturgiques. Leur recherche de dimension spirituelle, intérieure est évidente ! Cela dit, en tant qu'adultes, nous devons aussi avoir le souci de les aider à témoigner de leur foi en dehors de nos églises.

Celles et ceux qui demandent le sacrement de la confirmation me font part de leur foi et de leur expérience évidente de l'Église. Je rends grâce pour la beauté de nombreuses lettres d'entre eux ! Mais ils me disent aussi leurs difficultés à vivre cette foi, à en témoigner. Alors, comment les aider ? Comment leur permettre d'avoir des arguments pour rendre compte de leur foi, à la fois en paroles mais aussi dans leur manière d'être avec leurs camarades, dans leurs différents lieux de vie ? Tout ce qui s'est vécu pendant la démarche synodale est très prometteur. Lorsqu'on les sollicite, lorsqu'on leur laisse la place, on se rend compte qu'ils savent très bien faire.

Les adultes, aînés dans la foi, ont bien sûr un rôle à jouer dans l'animation de groupes, l'accompagnement à la fois collectif et individuel. L'Église, c'est tous ensemble ! J'invite les adultes à s'impliquer avec eux, à avoir ce souci de vivre avec eux à la fois le quotidien mais aussi des temps forts, des rassemblements, des pèlerinages qui sont toujours des temps de grâce ! C'est ensemble que nous constituons cette Église. Une Église au sein de laquelle on partage entre générations n'en sera que plus belle !

Fort des investigations de l'Observatoire Économique et Social diocésain, j'ai décidé l'embauche d'un jeune au service des jeunes et de leur croissance dans la vie chrétienne, au service de leurs frères et soeurs en humanité. Le profil du poste est à préciser dans les semaines à venir.

3. Des paroisses, communautés de foi ouvertes et missionnaires

Le souci de vivre les uns avec les autres des temps forts et vrais est réel, spécialement en paroisse. Aujourd'hui, le risque d'isolement est grand, tout autant dans le rural que dans l'urbain, autant chez des personnes âgées, veuves, célibataires que pour celles et ceux qui sont apparemment bien intégrés. Nous pouvons éprouver ce paradoxe d'une société où on parle beaucoup de communication, où nos moyens pour la vivre sont multiples, et où pourtant le sentiment de solitude est parfois fort ! Le danger de s'isoler dans son univers est bien présent. Quel monde où on va parfois avoir l'impression qu'on est plus proche des gens qui sont à des centaines voire des milliers de kilomètres que de ses voisins !

Ayons le souci de paroisses accueillantes, ouvertes à celles et ceux qui frappent à leurs portes, même ponctuellement. Soyons des artisans de liens. L'intergénérationnel est un mot à la mode dans notre Église : je souhaite qu'il devienne vraiment une réalité ! Elle se vit parfois en catéchèse, lors de certains temps forts. Il y a encore trop de célébrations liturgiques où les anciens partent lorsque les jeunes arrivent ! Il y a un réel danger à opposer les uns aux autres. Une Église au sein de laquelle on retrouve anciens et nouveaux, jeunes et moins jeunes n'en sera que plus belle ! C'est bien ensemble que nous sommes l'Église de Jésus-Christ.

L'intérêt de vivre l'intergénérationnel est de permettre l'échange, la communion entre les personnes de tous âges. Les jeunes vont apporter leur simplicité et leur dynamisme, lorsque les plus anciens vont faire preuve d'expérience et de sagesse. Et c'est dans cette rencontre des uns avec les autres, dans des choses que l'on vit ensemble très simplement plus que dans des paroles et des discours que va se forger une amitié réciproque. Rien de moins que cette amitié que le Christ éprouve pour nous (Jn 15, 15) et qu'Il nous invite à vivre entre nous !

4. Sereins dans notre foi et soucieux du dialogue

L'accompagnement spirituel est un soutien précieux pour notre vie chrétienne. Il est même indispensable lorsqu'on exerce une responsabilité, au nom de son baptême. L'activisme nous guette, surtout dans un contexte ecclésial dans lequel nous sommes moins nombreux. Notre premier réflexe est bien souvent de nous demander ce que l'on va faire. Mais sûrement faut-il en tout premier se demander au nom de qui, avec quelles forces : les nôtres ou celles de l'Esprit ? Avant de s'engager, il est important de se poser, de s'arrêter et de commencer par relire le chemin parcouru jusque-là. C'est ce que l'accompagnement spirituel permet. Il peut se vivre de différentes façons, selon notre état de vie, notre engagement dans l'Église.

Permettez-moi d'insister et de redire l'évidence : être accompagné spirituellement s'impose particulièrement aux ministres ordonnés, prêtres et diacres, et aux consacrés. Sinon, le grand risque est de tourner dans le vide, de faire beaucoup de choses... Mais avant de faire beaucoup de choses, il faut d'abord être, être quelqu'un qui s'imprègne de l'amour du Christ.

Je sais que des prêtres y consacrent une grosse partie de leur ministère. Je remercie aussi le Service diocésain de la Vie Spirituelle pour ses multiples propositions : Retraites dans la Vie, Haltes spirituelles, récollections... Il permet à celles et ceux qui le demandent d'être accompagnés, et à celles et ceux qui l'acceptent de se former pour l'accompagnement à leur tour. Là, la fraternité en Christ peut concrètement se vivre.

C'est grâce à l'Esprit du Christ que l'on communique et que cette communication peut s'établir avec tous. J'en appelle au dialogue au sein de nos communautés, notamment pour échanger sur les questions internes à l'Église mais aussi pour prendre part aux débats qui occupent notre société et dont nous ne pouvons-nous désintéresser. Mais nous devons aussi être cette Église en sortie que notre Pape François appelle de ses VŒUX, une Église qui dialogue avec celles et ceux qui ne partagent pas notre foi ou qui sont membres d'autres Églises ou croyants d'autres religions. Une Église au sein de laquelle le compagnonnage se vit entre frères et soeurs en humanité n'en sera que plus belle !

5. Une église accueillante qui rayonne et qui appelle

Tout baptisé a une vocation et, par voie de conséquence, une mission. Cette mission que nous avons tous reçue au baptême, c'est d'annoncer au plus grand nombre qui est Jésus-Christ pour nous, Le communiquer, en rayonner.

Bien sûr, l'annonce de l'Évangile est la première mission confiée à l'évêque d'un diocèse, à son presbyterium. Mais l'Église de Jésus Christ a besoin de tous pour l'évangélisation. Le monde attend la Bonne Nouvelle du salut. Les ministres ordonnés ont besoin de collaborateurs pour la mission. La coresponsabilité prêtres-laïcs est essentielle au bon fonctionnement de notre Eglise.

J'appelle tous les fidèles de notre diocèse à être fiers de leur foi, fiers de connaître Jésus Christ. « Nous mettons notre fierté dans l'espérance d'avoir part à la gloire de Dieu » (Rm 5, 2). La fierté n'est pas l'orgueil, bien sûr ! Elle implique même l'humilité propre au disciple du Christ. Sous la plume de Paul, il me semble que c'est cette aptitude à donner à voir dans notre vie quotidienne Celui sur lequel nous nous appuyons. J'en appelle à la fierté de désigner notre Rocher, le Christ ! (1 Co 10, 4). Car c'est bel et bien Lui qui nous donne de garder le cap de l'espérance, quelles que soient les épreuves à traverser et les oppositions à vaincre. Une Église qui répond aux défis parfois subtils du monde de ce temps n'en sera que plus belle !

Enfin, j'appelle les fidèles du diocèse d'Évreux à être catholiques. Qu'est-ce que cela veut dire ? Être catholique, c'est être ouvert au-delà de l'ombre... au-delà de l'ombre de son clocher ! Il en va de notre condition de partager avec les hommes et les femmes qui vivent sur d'autres continents, dans d'autres conditions de vie, cette même foi en Jésus-Christ. Mon frère de Boma, Mgr Mbuka, nous a invités le jour de la Pentecôte à oser la catholicité. A mon tour de vous recommander la lecture, la réflexion et l'échange à partir du texte de sa conférence. Comme au temps de l'Église primitive, soyons heureux de vivre notre foi au Christ et de la partager bien au-delà de nos pays, de nos continents et de nos cultures !

Depuis 2014, nous n'avons pas cheminé ensemble pour rien ! L'Esprit de « Pentecôte 2018 » est venu opportunément nous conforter et nous relancer dans la mission.

       A présent, en écoutant le Christ enseigner, annoncer le règne de Dieu, osons à notre tour témoigner.

       En voyant le Christ vivre, guérir, relever, osons nous aussi être des vivants.

       En écoutant le Christ appeler et envoyer, osons être des relais, des artisans de paix et de fraternité.

 En voyant le Christ prier, osons invoquer son Esprit sans lequel nous ne savons pas prier comme il faut (Rm 8, 26) et redire sans cesse : Notre Père...

Allez, je vous envoie !

Osons ensemble la mission !

Et entendons et réécoutons pour nous-mêmes cette parole de Jésus à la fin de l'Évangile • « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20).

 

Évreux, le 1er septembre 2018

En la fête de tous les Saints et les Saintes du diocèse

 

+ Christian NOURRICHARD, Evêque d'Evreux

 

 

Partager cet article

Repost0
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 09:13
La Pentecôte du Diocèse d’Evreux

Le Diocèse d’Evreux a fêté le jour de la Pentecôte dimanche 20 mai, lors d’un grand rassemblement au Vaudreuil, les cinq orientations issues de « la démarche synodale » : 1- l’Eglise au service du monde, 2- La place des jeunes, 3- Des communautés de foi ouvertes et missionnaires, 4 -Sereins dans notre foi et soucieux du dialogue, 5 – Une Eglise accueillante qui rayonne et qui appelle

Le thème central de cette rencontre : Avec le Christ : « Osons » !

Cliquez sur la vidéo ci-dessous et sur l’icône « plein écran »

Partager cet article

Repost0
24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 05:44
Fulbert est au centre sur cette photo

Fulbert est au centre sur cette photo

Nous vous recommandons dans vos prières Fulbert NTEDIKA KHONDE prêtre coopérateur de la paroisse Saint Louis pays de Vernon, qui est retourné vers le père hier matin à l'âge de 55 ans suite à un arrêt cardiaque. Nous portons dans la prière sa maman, sa famille et les prêtres du diocèse de Boma (République Démocratique du Congo) présents dans le diocèse d’Evreux.

Son décès brutal au lendemain de la fête de Pentecôte où un rassemblement de plus de 2000 personnes du Diocèse d'Evreux a fêté le jumelage avec le Diocèse de Boma (RDC) en présence d'une délégation de 8 personnes venues de RDC et de l'évêque, Monseigneur Cyprien MBUKA, est une épreuve particulièrement douloureuse. 

Fulbert est décédé lors d'une "leçon de conduite" !

Son humilité, sa joie de vivre, son sens du service nous montrent le chemin des Béatitudes !

Repose en Paix mon frère !

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 16:36
Jean Preira vient d'être ordonné diacre par l'évêque d'Evreux Christian Nourrichard

Jean Preira vient d'être ordonné diacre par l'évêque d'Evreux Christian Nourrichard

Jean Preira a été ordonné diacre dimanche 19 novembre à la cathédrale d'Evreux. Nous l'avons rencontré à Mercey où il vit avec son épouse Sébia et leurs trois enfants.

 

Si l'on demande à Jean Preira ce qui l'a conduit à devenir diacre, il répond que « c'est un long cheminement ». Né à Vernon en 1976, le jeune homme reçoit par ses parents une éducation religieuse jusqu'à la communion. Versant études, il fréquente la maternelle des Valmeux, l'école du Moussel, le collège des Boutardes, suit un 8EP d'électrotechnique au lycée d'Evreux et passe son bac pro comme apprenti. Versant religion, il y eut un « trou », celui de l'adolescence, le temps de copains. Les expériences de la vie et des rencontres décisives le remettront dans les pas du Christ.

Pilote de char

Difficile à croire, mais Jean Preira embrasse à vingt ans la carrière militaire. Il sera durant cinq ans pilote de char AMX-10RC à Poitiers. La vie sous les drapeaux ne l'éloigné pas de la foi. « Il y a toujours eu un questionnement avec Dieu, explique-Mi, mais la foi, c'est tellement quelque chose d'in­térieur que la décrire par les mots, ce n'est pas facile. » De retour à la vie civile, ¡1 entre en 2002 chez Renault Flins comme cariste magasinier.

Un ami l'oriente et lui fait comprendre le sens d'un engagement religieux. L'étape suivante, décisive, sera sa rencontre par le Père Sébastien Jean, prêtre à la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Vernon. En 2010, Il décide de lui-même de faire sa confirmation.

Décision en famille

Le chemin est tracé. Jean Preira s'engage dans la préparation du baptême auprès de Marius Besson, diacre de la paroisse Saint-Louis, et du Père Jean-Marc Le Cam. Il rejoint le Père Sébastien Jean dans l'équipe d'aumônerie de la maison d'arrêt d'Evreux. Le dimanche, après la messe, il échange avec les prisonniers. Mais ne les juge pas. « Si on avait vécu leur vie, est-ce qu'on aurait atterri ailleurs ? »

Le Père Sébastien lui demande de réfléchir à devenir diacre.

Une réflexion qu'il mène avec Sébia, la mère de leurs trois enfants, gestionnaire de paie chez Cartier.

Elle est d'accord. Après trois ans de formation à Douvres-la-Délivrande (Calvados), Jean Preira vient d'être ordonné diacre par l'évêque d'Evreux Christian Nourrichard. Il pourra, entre autres sacrements, célébrer baptêmes, mariages ou funérailles. Une activité bénévole, Jean Preira travaille toujours à plein temps chez Renault où il gère les appels d'offres dans le domaine de la maintenance des bâtiments.

Ancré dans la réalité du monde.

-> Qu'est-ce qu'un diacre permanent ?

L'Eglise de France ordonne chaque année une centaine de diacres dits permanents (au sens où ils ne visent pas à devenir prêtres). Leur nombre avoisine 2500.

Le diacre n'est :ni un lc ni un prêtre, mais comme ce dernier, il reçoit l'ordination pour devenir collaborateur de l'évêque.

Le diacre célèbre les sacrements de baptême et de mariage, peut présider des funérailles, s'impliquer dans les aumôneries, l'enseignement chrétien et l'accompagnement des familles.

En France, la plupart des diacres sont mariés et pères de famille. L'Église exige un minimum de dix ans de mariage avant l'ordination et l'accord de l'épouse est formellement requis. Un célibataire peut être ordonné diacre ; dans ce cas, il doit faire vœu de célibat lors de son ordination. Exerçant une activité professionnelle, le diacre ne perçoit pas de salaire de l'Eglise.

 

LE DÉMOCRATE VERNONNAIS

JEUDI 23 NOVEMBRE 2017  page 15

Partager cet article

Repost0
22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 08:39
Ordination diaconale de Jean PREIRA ce dimanche 19 novembre à la cathédrale d’Evreux.

C’était une grande fête pour notre église diocésaine, pour la communauté manjak et pour les diacres de la province de Normandie (plus de 30 avaient fait le déplacement).

Jean est né à Vernon le 22 juillet 1976. Il est d’une fratrie de 7 enfants. Ses parents sont venus de Guinée Bissau. Après une formation en électronique il a été embauché en 2002 comme électricien chez Renault à Flins. Il s’est marié avec Sébia en août 2005 à Vernon et ils ont  trois enfants (17, 11 et 6 ans). Il est conseiller municipal dans sa commune de Mercey (Eure). Depuis 2011 Jean fait partie de l’équipe d’aumônerie de la maison d’arrêt d’Evreux.

Sa première mission est sa vie de famille et son travail professionnel. Il est  désormais aumônier adjoint de la maison d’arrêt d’Evreux et nommé au « Carrefour des Cités », ce service de l’Eglise Diocésaine pour la pastorale dans les quartiers populaires. Jean y sera en charge de la question des jeunes chrétiens– originaires d’Afrique – qui regardent du côté de l’Islam.

 

Un moment fort de l’ordination de Jean : la présentation à l’évêque de Jean par son équipe « d’accompagnement » :

 

 « L’équipe d’accompagnement est heureuse de vous présenter Jean et Sébia.

Durant cette longue période de préparation, nous nous sommes mis à leur service pour les aider à discerner. Saint Paul apôtre dans sa 1ère lettre aux Corinthiens nous lance cet appel : « Si je n’ai pas la charité, je ne suis rien ». Assurément Jean est pétri de cette charité qui a façonné ses journées et ses choix.

 

Sa famille mais aussi sa place dans la communauté manjak donnent à Jean l’occasion sans cesse renouvelée de venir en aide à ceux qui en ont besoin.

 

Depuis quelques années son attention aux autres a dépassé le cercle de ses proches et c’est au monde carcéral que Jean apporte ses talents. Il n’y a sans doute pas d’univers où la parole de Dieu est plus nécessaire. Jean la transmet pour guider des détenus en recherche de guérison de leur propre blessure. Assurément, Jean est ici au seuil de l’Eglise, représentant notre communauté auprès des plus fragiles. Sa diaconie a d’ores et déjà commencé.

 

Jean incarne cette Eglise universelle : il est ancré dans sa communauté manjak et en même temps, totalement présent dans sa paroisse. Il ne sera pas le diacre d’un groupe, mais sera le diacre de tous et ravivera le lien de « fraternité » unissant la famille humaine.

 

 

Sébia et vous, Monseigneur, qui allez envoyer Jean en mission, soyez les gardiens de sa première vocation, celle d’époux et de père de famille. Jean doit être présent à sa famille autant que nécessaire et l’immensité de la tâche qui l’attend comme diacre ne doit pas l’éloigner de son foyer. Le pape François, dans sa catéchèse pour la famille a repris dans le Livre des Proverbes, les paroles qu’un père adresse à son fils, en disant : « Mon fils, si ton cœur est sage, mon cœur, à moi, se réjouira, et mes reins exulteront quand tes lèvres exprimeront des choses justes » (Pr 23, 15-16). On ne pourrait mieux exprimer l’orgueil et l’émotion d’un père qui reconnaît avoir transmis à son fils ce qui compte véritablement dans la vie, c’est-à-dire un cœur sage. Jean et Sébia, votre vocation est celle-ci, transmettre à vos enfants un cœur sage.

 

Jean, tu as choisi la charité comme chemin de vie. Au nom du Seigneur et avec son aide, tu vas regarder dans la direction des plus nécessiteux et tu vas les accompagner. Tu vas aussi nous interpeller, nous qui sommes plus au chaud dans nos églises, pour nous rappeler que « sans la charité je ne suis rien ».

 

Armelle et Marc DEBAS

Partager cet article

Repost0