Les évêques américains déplorent la politique budgétaire de Donald Trump
08 juil. 2025La loi budgétaire de Donald Trump, votée de justesse jeudi 3 juillet et promulguée le 4, a fait réagir la Conférence des évêques américains. Ils s’inquiètent des conséquences de ce projet de loi sur les personnes les plus vulnérables.
Ses promoteurs l’ont baptisée "the One Big Beautiful Bill Act", c’est-à-dire "la grande et belle loi". Si tant est qu’une loi peut être qualifiée de "belle", elle ne l’est pas aux yeux de l’épiscopat américain, bien au contraire. Il s’agit de la loi budgétaire portée par le président américain Donald Trump, approuvée de justesse mardi 1er juillet par le Sénat, adoptée jeudi 3 juillet après un vote très serré (218 voix contre 214) et promulguée dès le lendemain, vendredi 4 juillet, à l’occasion de la fête nationale.
Une loi budgétaire qui honore bon nombre des promesses de campagne de Donald Trump : augmentation des dépenses militaires, financement d’une campagne d’expulsion de migrants, prolongation des crédits d’impôt accordés lors de son premier mandat… Mais pour compenser l’aggravation de la dette, la nouvelle loi prévoit de réduire le programme fédéral d’aide alimentaire et d’imposer d’importantes coupes au "Medicaid", le régime d’assurance santé pour les Américains à revenus modestes. Ce sont notamment ces derniers points, ainsi que les dispositions sur l'immigration, qui ont poussé la conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) à tirer la sonnette d’alarme.
L’inquiétude des évêques américains
Son président, l’archevêque aux armées Mgr Thierry Broglio, a publié le 3 juillet une déclaration condamnant la politique de Donald Trump. "La version finale du projet de loi prévoit des coupes budgétaires injustifiées dans les soins de santé et l'aide alimentaire, des baisses d'impôts qui accroissent les inégalités, des dispositions sur l'immigration qui nuisent aux familles et aux enfants, et des coupes dans les programmes qui protègent la création divine", alerte-t-il.
Mgr Thierry Broglio fait ensuite état des conséquences néfastes qu'aurait ce projet de loi sur les personnes les plus vulnérables : "Des personnes perdront l'accès aux soins de santé et auront du mal à faire leurs courses, des membres de familles seront séparés et les communautés vulnérables seront moins préparées à faire face aux impacts environnementaux de la pollution et des phénomènes météorologiques extrêmes."
Un écart avec la première version du texte
Pourtant, les évêques avaient salué les aspects positifs d'une version antérieure du projet de loi budgétaire, comprenant notamment des limitations plus strictes du financement fédéral des établissements permettant d’avorter, un plus grand choix parental en matière d’éducation et des restrictions sur le soutien fédéral aux procédures de transition de genre. Mais ces mesures ont été affaiblies voire supprimées au cours des débats parlementaires. La restriction des fonds fédéraux accordés aux prestataires de services d'avortement tels que Planned Parenthood (Planning familial) a été réduite à un an, le choix des parents en matière d'éducation a été restreint et la limitation du financement fédéral des procédures de transition de genre a été supprimée.
Mgr Thierry Broglio conclut sa déclaration en affirmant que "l'enseignement de l'Église catholique sur le respect de la dignité humaine et du bien commun" l’oblige "à redoubler d'efforts et à offrir une aide concrète à ceux qui en auront le plus besoin". Il assure également qu’il continuera à "plaider en faveur d'efforts législatifs qui offriront de meilleures possibilités à l'avenir à ceux qui en ont besoin".
La politique migratoire de Trump décriée
Depuis l’accélération de la politique migratoire menée par l’administration Trump, certaines voix, parmi les prélats américains, s’élèvent. C’est le cas de Mgr Robert McElroy, archevêque de Washington, nommé en janvier dernier par le pape François. Le 3 juillet, dans une interview donnée depuis Rome à CNN, il a qualifié de "moralement répugnantes" les mesures de "déportation" des migrants. "Il apparaît de plus en plus clairement qu’il s’agit d’une opération d’expulsion massive et aveugle visant tous ceux qui sont arrivés dans le pays sans papiers."
Si Léon XIV ne s'est pas exprimé sur la politique migratoire menée par le président des États-Unis depuis son élection sur le trône de Pierre, il a partagé, lorsqu'il était encore le cardinal Robert Francis Prevost, plusieurs contenus, notamment via le réseau X, qui exprimaient une certaine défiance vis-à-vis de la politique anti-immigration de Donald Trump. En juin dernier, lors d'une catéchèse dédiée à saint Irénée, Léon XIV a repris à son compte un texte préparé sous le pontificat du pape François et a dressé un parallèle entre l’accueil de saint Irénée à Lyon au IIe siècle et la présence aujourd’hui de migrants "qui ravivent la foi dans les pays qui les accueillent". "L’Évangile vient de l’extérieur" et saint Irénée a relié l’Orient et l’Occident, a expliqué le Pape, y voyant un "signe d’espérance, parce qu’il nous rappelle comment les peuples continuent à s’enrichir mutuellement".
Mathilde de Robien -
Aleteia.fr
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