Le Secours catholique célèbre ses 80 ans d'existence à Vernon
10 juin 2026Jeudi 4 juin, à Vernon (Eure) le Secours catholique fêtait ses 80 ans en compagnie des membres et bénéficiaires de l'Adem, qui soufflait aussi ses 20 bougies.
Soixante ans les séparent, une mission les rapproche : changer la vie des plus fragiles. Jeudi 4 juin, le Secours catholique de Vernon (Eure) célébrait ses 80 ans d’existence aux côtés des membres de l‘Adem (association d’entraide aux migrants), qui a vu le jour à Vernon il y a 20 ans, dans les locaux de Solidarité partage.
Les trois associations travaillent ensemble depuis une dizaine d’années afin d’assurer un accompagnement complet aux bénéficiaires. Ainsi, le Secours catholique prend en charge la formation et les cours de français, l’Adem s’occupe des « démêlés administratifs » et Solidarité partage assure la distribution alimentaire.
Le maillage associatif est également renforcé par Accueil service qui propose un hébergement de jour permettant de faire sa lessive, de prendre une douche, de se reposer et de trouver une oreille attentive.
Il sert aussi de lieu de domiciliation postale.
« Nous travaillons également avec L’Abri qui dispose de lits halte soin santé. Cela permet de prendre en charge temporairement des personnes sans domicile fixe souffrant d’une pathologie. » père Denis Chautard, membre de l’Adem
L’intérêt de ce travail collectif permet de ne laisser personne sur la touche et de rester fidèles aux valeurs transmises depuis des décennies.
Née après la Seconde Guerre mondiale
« Le Secours catholique est né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En aidant les plus démunis, l’association insufflait une révolution fraternelle et participait à sa façon à la reconstruction de la France. »
Thierry Marigny, responsable du Secours catholique de Vernon
Aujourd’hui, elle s’adapte aux réalités du territoire et à Vernon, l’une des missions de l’association est l’apprentissage du français. « C’est notre plus gros volume. Nous donnons des cours de français pour les personnes non francophones et parfois analphabètes. Il y a donc un gros besoin et nous recherchons des bénévoles pour nous aider dans cette tâche », indique Thierry Marigny.
Aujourd’hui, le Secours catholique accompagne 190 élèves dans l’apprentissage du français assuré par 17 professeurs bénévoles.
Quant à l’Adem, elle puise son origine dans la volonté de deux assistants sociaux de Rouen qui souhaitaient créer un service social pour les migrants. « Anne et Philippe ont commencé à donner des permanences aux migrants dans les locaux de Solidarité partage », indique le père Denis Chautard. Depuis, l’Adem partage les locaux avec l’association.
« Les portes se ferment »
«Nous avons aujourd’hui une cinquantaine de bénévoles et depuis 2023, nous sommes habilités à accompagner les demandes de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) », indique le père Denis Chautard.
Une mission de plus en plus complexe face au durcissement des règles de régularisation des sans-papiers et des demandeurs d’asile. « Depuis 2025, deux portes se sont fermées : le travail et la santé ». Contrairement aux idées reçues, les sans-papiers ne disposent d’aucune aide financière et se retrouvent bloqués dans leurs actions quotidiennes : trouver du travail, un hébergement, une formation…
« Dans des situations qui semblent désespérées, notre but est de permettre aux bénéficiaires de refaire surface et de redevenir acteurs de leur vie. »
Thierry Marigny
Et cet accompagnement aboutit parfois à de belles histoires : « Ce qui fait plaisir est de voir nos bénéficiaires devenir bénévoles », confie le responsable de Vernon.
Présente lors de ce double anniversaire, Mireille, vendeuse à la boulangerie Rose, a rapporté les gâteaux qui serviront à la fête. Elle a rejoint l’association Solidarité partage en 2020 mais connaît Marius Besson, président, depuis plusieurs années : « Je tenais une boulangerie près de la gare et je donnais les invendus à Marius. Lorsque j’ai arrêté, j’ai décidé de me rendre utile et de rejoindre l’association avec mon mari, malvoyant », raconte Mireille.
Le Démocrate Vernonnais
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