Léon XIV à la Maison Bakhita   (ANSA)

Léon XIV à la Maison Bakhita (ANSA)

Une petite assemblée d’une quarantaine de personnes a accueilli le Souverain pontife samedi matin à la Maison Bakhita. Une association du diocèse de Paris qui accueille des personnes en grande précarité pour les aider à se reconstruire et à trouver un chemin d’insertion dans la société.

Pour commencer sa deuxième journée parisienne, Léon XIV a fait le choix de rencontrer les «exilés». C’est ainsi que les responsables et la centaine de volontaires de la Maison Bakhita appellent les personnes qu’elles accueillent. Au sein d’une petite structure située dans le 18e arrondissement de Paris, un incroyable dynamisme se déploie au service des migrants avec ou sans papiers, en provenance d’Afrique pour la majorité, avec une histoire de souffrance qui souvent pèse lourd sur leurs épaules. Léon XIV franchit le seuil de la porte et se rend à l’étage, accompagné de l’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, à l’origine de l’initiative, jusqu’à la petite chapelle où les sœurs scalabriniennes ont l’habitude de prier. Seule une petite quarantaine de personnes peut assister à cette visite, en raison de l’espace limité de la structure. «Votre présence est une bénédiction pour cette Maison», dit Valérie Moniod, présidente de l’association diocésaine Maison Bakhita en accueillant le Pape. Participent à la visite également des représentants de l’association «Aux captifs, la libération» et «À bras ouverts». La première offre son soutien aux personnes en situation d’extrême précarité ou en sortie de prostitution. La seconde offre ses services aux personnes porteuses de handicap.

Meysam, 35 ans, afghan

Il est le premier des trois témoignages proposés au Pape. Arrivé en France en 2015, il a connu la Maison Bakhita parce qu’elle donnait des cours de français. Aujourd’hui, il dirige l’atelier couture. En Iran, où il vivait avant d’émigrer, il était couturier. Il transmet ses compétences aux autres, et exprime la fierté d’aider les femmes à un métier, elles qui dans son pays d’origine, l’Afghanistan, «n’ont pas le droit de se former ni de travailler».

Lise-Marie, 30 ans, accueillie «à bras ouverts»

«J'aime préparer les gateaux au chocolat et les champignons avec du boursin pour l’apéro», et «j’aime aussi aller à la messe avec À bras ouverts, faire la quête et quand on me demande de lire pendant la messe», dit la jeune femme handicapée au Saint-Père. Au sein de l’association qui l’accueille, Lise-Marie a trouvé «des copains et des copines». Elle raconte sa joie d’avoir rencontré le Pape François aux dernières JMJ, et celle de pouvoir aujourd’hui s’adresser à Léon XIV.

Blessing, nigériane, 31 ans

Aidée par l’association «Aux captifs, la libération», Blessing sort d’une période de prostitution: «j’ai été forcée à faire des choses que je ne voulais pas faire», avoue-t-elle. Grace à l’association, elle a pu obtenir des papiers d’identité et trouver un emploi dans un restaurant. «Aux Captifs j’ai rencontré des gens attentifs qui ont toujours été là quand j’avais besoin de parler», ajoute Blessing, avant de parler de sa foi: «Dieu a une place importante dans ma vie. Même dans les difficultés que j’ai traversées, je n’ai jamais douté de sa présence et je savais qu’un jour Il ouvrirait un nouveau chemin pour moi».

Vivre ensemble en dignité et en paix

Cette maison «témoigne à toute la ville qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix», souligne Léon XIV en prenant la parole après avoir attentivement écouté les trois témoignages. Accueil, écoute et formation, continue-t-il, animent les «bénévoles qui font vivre ce lieu», qui «font de la place, instaurent des processus de paix, suscitent la confiance et encouragent la vie». Sur la sainte africaine, Joséphine Bakhita, qui a donné son nom à la maison, Léon XIV ajoute: elle «nous invite à voir ceux qui sont invisibles, à libérer ceux que l’économie et la culture réduisent aujourd’hui en esclavage, à honorer la dignité infinie de chaque frère et sœur». Les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique, poursuit le Successeur de Pierre, «mais la chair même du Christ» qui «se laisse encore rencontrer et aimer à travers ces hommes et ces femmes qui nous appellent à sortir de nous-mêmes et à oser la charité». L’évêque de Rome élargit ses propos à «toutes les personnes qui, partout en France», qui se consacrent à ce service. Et de conclure: «Continuez à témoigner de cette attention mutuelle qui, à travers l’accueil fraternel, les parcours de formation et le dialogue avec la ville, élève l’esprit et humanise le monde». La rencontre se termine par quelques mots en privé avec quelques hôtes de la Maison Bakhita, et la récitation avec la petite assemblée, du Notre-Père.

Jean-Charles Putzolu – Envoyé spécial à Paris

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