Témoignage et Prosélytisme
17 août 2007Du 8 au 12 août à Toulouse, une trentaine de théologiens chrétiens ont réfléchi à des règles communes en matière de conversion à l’invitation du Conseil Oecuménique des églises (C.O.E.) et du Conseil Pontifical pour le Dialogue Inter-religieux .
Ces cinq jours à Toulouse faisaient suite à la réflexion lancée l’an dernier par le COE et l’Église catholique lors d’un week-end à Lariano, près de Rome (lire La Croix du 11 mai 2006), en vue d’aboutir, d’ici à 2010, à un code de conduite de la conversion.
Tandis que la rencontre de Lariano s’était attachée, avec des représentants du bouddhisme et de l’islam, à évaluer la réalité de la conversion d’un point de vue interreligieux, celle de Toulouse a permis, selon l’expression d’Amos Yong, théologien pentecôtiste en Virginie (États-Unis), d’« aborder les sujets qui fâchent entre Églises établies et nouvelles Églises ».
Amos Yong se réjouit ainsi d’avoir mieux compris la notion d’appartenance ecclésiale : « Pour les pentecôtistes et évangéliques, chaque chrétien doit être libre d’entrer et de sortir d’une Église, à la différence de ce qui se passe dans les Églises établies. » Il souhaite maintenant discuter de cela avec d’autres pentecôtistes américains.
De même, John Langlois, avocat à Guernesey et membre du conseil de l’Alliance évangélique mondiale, se réjouit de voir que « les Églises représentées ici sont d’accord pour dire qu’il faut évangéliser tous les êtres humains, car le Christ est venu pour le salut de tous. Mais cela doit se faire dans le respect des traditions et des sensibilités locales », insiste-t-il, avant d’ajouter que la conversion, à savoir « accepter le Christ comme son sauveur », est identique dans toutes les Églises.
Autre point jugé « très positif » de ce colloque toulousain : le refus d’une approche marketing de la religion. Pentecôtistes et évangéliques ont compris qu’« on ne peut pas faire de la pub pour un pasteur comme pour Coca-Cola », selon Hans Ucko. Ils ont compris aussi qu’on ne peut pas lier l’annonce de l’Évangile à une aide financière ou humanitaire, comme cela s’est vu au Sri Lanka après le tsunami, lorsque certains groupes évangéliques ont lié leurs dons à une christianisation forcée, entraînant de violentes réactions de la population.
« Dans de tels contextes, explique le responsable du COE, le problème n’est pas seulement celui des victimes de la prédication, mais aussi celui de l’Évangile qui devient “otage”. »
Parmi les représentants catholiques (dont Mgr Felix Machado, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse), le P. Christophe Roucou, responsable des relations avec l’islam pour l’épiscopat français, exprime son intérêt « d’avoir entendu ce qui se passe en Malaisie ou ailleurs ».
Claire LESEGRETAIN