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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 11:50
© Xavier POPY-POOL/SIPA

© Xavier POPY-POOL/SIPA

Si l’on en juge par ses premiers pas, le nouveau président semble à l’aise dans ses fonctions, maîtrisant gestes, choix, paroles. C’est encore bien peu si l’on attend beaucoup. Si l’on persiste à penser que tout n’est pas « com », il faudra bien voir, sur le fond, de quelles premières mesures le nouveau pouvoir réellement accouche, et comment il s’y prend. Mais c’est déjà beaucoup si l’on attend au moins ce peu d’un chef d’État : qu’il habite avec sobriété et distance la dignité d’une monarchie élective. Relativement aux deux qui précèdent, la nouvelle présidence a le mérite de commencer droit.

L’autre réussite est pure politique. Après avoir éliminé au premier tour de la présidentielle les deux grands partis traditionnels, Macron veut parachever à droite le travail de sape entrepris à gauche. La nomination d’Édouard Philippe y contribue. Le nouveau Premier ministre entend précipiter la « recomposition ». Opportunisme et trahison ? Audace et cohérence ? On portera le jugement moral que l’on veut sur les personnes qui quittent leur famille naturelle pour rejoindre une famille recomposée. Plus que de gens, c’est affaire de cycle. Tirant de toutes leurs forces sur un tissu politique élimé, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen l’ont si complètement déchiré que s’ouvre en son milieu un espace neuf. Le talent du Président est de donner corps à ce que l’on prenait pour une chimère, cette « troisième force » ou ce « juste milieu » qui firent les beaux jours d’autres républiques, ces « deux Français sur trois » que Valéry Giscard d’Estaing courtisa et que Simone Veil ou Jacques Delors auraient rêvé de rassembler. Cet espace naguère insuffisant pour y loger une majorité peut-il être assez large ? C’est fort possible, car le Président va bénéficier durant les prochaines semaines d’une dynamique positive. Faut-il qu’il le soit, pour que Macron puisse gouverner, ou qu’il ne le soit pas, pour qu’il doive composer ? Laissons les électeurs en juger.

Comment qualifier tout cela ? Jean-Louis ­Bourlanges, observateur rallié à Macron, parle de « gaullo-­centrisme », cet oxymore. Centrisme, au sens de la ligne progressiste-libérale que veut assumer Macron, plus qu’au sens démocrate-chrétien, mais avec ce que cela suppose aussi de jeux de coulisses pour équilibrer des intérêts contraires. Gaullisme aussi, car cette élection a constitué un « coup de régime », une improbable suite d’échecs obligeant typiquement à se prononcer sur une personne recours. Ne sous-estimons pas la force d’un réseau militant nouveau et très engagé. Mais c’est un pouvoir assez pyramidal qui se met en place, consolidé par la seule loyauté à l’homme providentiel. Le processus de sélection des candidats aux législatives illustre cette verticalité descendante, doublement paradoxale dans une époque qui valorise le participatif et pour un projet qui veut libérer la société du choix. Est-ce donc l’impatient Louis Napoléon qui perce, ou le bien-aimé Henri IV qui règne, séduisant et réconciliant ? Il serait bien léger d’en juger déjà sur quelques premiers pas et surtout de toujours ramener le neuf au déjà-vu. Le macronisme a beau s’installer à l’Élysée comme à Matignon, l’objet politique n’est pas encore réellement identifié.

Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction à LA VIE

publiÉ le 16/05/2017

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 11:14
Emmanuel Macron au pied du mur

Réintégrer la «France d’en bas» dans une économie mondialisée qui se nourrit de son exclusion : défi ou illusion ?

Emmanuel Macron l’a donc emporté au terme d’une campagne qui aura illustré le désarroi de nos compatriotes et la grave crise que traverse notre vie politique et démocratique. Une crise qui, a posteriori, justifie amplement le texte courageux des évêques : «Dans un mode qui change, retrouver le sens du politique» (1) C’est là une manière de souligner que ce texte n‘était pas pour hier mais pour aujourd’hui dans la perspective des législatives et plus encore pour demain, dans la période qui suivra.

«Changer le capitalisme pour vaincre le populisme» J.Stiglitz

Je veux redire ici combien mon vote pour Emmanuel Macron, au premier comme au second tour de la présidentielle, ne vaut pas adhésion à son programme. Même si je suis sensible à sa volonté de dépasser les antagonismes politiques et à son plaidoyer pour l’Europe. Comme l’économiste américain Joseph Stiglitz au soir du débat du second tour, je crois que nous sommes en quelque sorte condamnés à : «Changer le capitalisme pour vaincre le populisme.» J’invite ceux de mes compatriotes qui ont voté Emmanuel Macron par choix positif, à lire Christophe Guilluy (2).

Il faudrait citer ici longuement son dernier livre. Notamment lorsqu’il développe l’idée selon laquelle : «L’adaptation des sociétés européennes et américaines aux normes de l’économie monde passe par la mise en œuvre du plus grand plan social de l’Histoire, celui des classes populaires.» (3). Ou lorsqu’il illustre l’écart croissant entre la France d’en haut qui réside pour l’essentiel dans les grandes métropoles régionales où se développe la «nouvelle économie» et la France d’en bas des villes moyennes, des petites villes et du monde rural où l’emploi est volontairement sacrifié sur l’autel de la «société ouverte». Ce qui fige le pays dans cette dichotomie suicidaire : «D’un côté des métropoles embourgeoisées qui travaillent, de l’autre une France périphérique peuplée d’assistés.» (4) Avec la tentation, même à gauche et avec les meilleures intentions du monde, de faire du revenu universel une forme objective de résignation à la privation définitive d’emploi pour les plus modestes. Comme si le «panem et circensens» (du pain et des jeux) cher à la Rome antique, devenait l’horizon humaniste indépassable de la modernité occidentale !

Le FN comme symptôme d’un refus radical du modèle mondialisé

Pour Christophe Guilluy : «Le FN n’est qu’un symptôme d’un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé» (5) Sans en être l’unique symptôme. La poussée des insoumis est en parfaite convergence avec cette analyse. Sans prétendre être leur porte parole, Gaultier Bès, directeur adjoint de la revue Limite et auteur d’un ouvrage récent intitulé Radicalisons-nous !, (6) exprime bien cette pensée lorsqu’il écrit dans la Croix : «Nous avons besoin d’une alternative radicale à la mondialisation libérale, destructrice des sociétés comme des écosystèmes.» (7)

Quelle que soit la détermination manifeste d’Emmanuel Macron à aller au bout de la mise en œuvre de son programme, fort d’une légitimité démocratique incontestable, il ne pourra éluder la question : comment réintégrer la «France d’en bas» dans une économie mondialisée qui se nourrit de sa marginalisation voire de son exclusion ? Le souci, sincère, de la justice sociale peut-il suffire à pallier les impasses d’un modèle économique non durable, non généralisable, dénoncé avec force par le pape François dans son encyclique Laudato si’ ? L’alternative n’est pas entre une société ouverte et une société fermée, mais entre une société durable, ouverte à tous, et une société en réalité fermée sur l’illusion d’un progrès réservé à une minorité.

La tentation du parti unique

Dans son diagnostic de notre vie politique, Christophe Guilly écrit encore : «Reflet d’un modèle unique, les métropoles annoncent la politique unique, en attendant le parti unique» car, poursuit-il : «Les bourgeoisies de gauche comme de droite sont tentées par le parti unique.» (8) Comment ne pas lire dans la stratégie d’Emmanuel Macron, confirmation de cette analyse ? Est-ce un hasard si les grandes métropoles (Paris, Lyon…) où cohabitent une bourgeoisie de droite plutôt favorable au parti LR et cette «nouvelle bourgeoisie» de gauche acquise à l’économie de marché ont plébiscité le candidat d’En marche avec des scores oscillant entre 80% et 90% des suffrages ? Peut-on donner tort, par esprit de principe, à la dénonciation faite par le FN d’un UMPS même relooké ? Peut-on continuer à plaider auprès des citoyens, qu’il n’existerait aucune alternative à un système que nombre d’entre eux vivent comme une oppression ?

Il est possible que le souci du Bien Commun, cher aux catholiques mais plus largement à nombre de démocrates et républicains sincères, appelle aujourd’hui à donner loyalement au nouveau Président de la République les moyens de son action. Mais «en même temps», selon une phrase qu’il affectionne et qui exprime tout simplement la prise en compte de la complexité du réel, pousse à la recomposition de forces politiques capables d’incarner demain une possible alternance, fusse vers une «radicalité sans extrémisme», pour reprendre ici la distinction opérée par Gaultier Bès dans son livre.

Le temps de la décantation, nécessaire à la clarification

Cette double exigence donne à penser que ce n’est pas au cours des prochaines semaines, dans la précipitation, que s’opérera cette recomposition. Elle n’interviendra que progressivement, après le scrutin. Car enfin : voilà une gauche en miettes, des écologistes invisibles, un FN que son échec renvoie à ses divisions, une droite menacée d’éclatement par la dynamique macronienne… Il est illusoire – il serait coupable – d’imaginer gommer et dépasser cela en un mois. Le temps de la décantation est nécessaire à la clarification. Le temps aussi des relectures sans concession et des remises en question, pour identifier les aveuglements qui ont conduit le pays à une telle crise.

Cela suppose d’abord que toute honte bue, mais sans irénisme, nous acceptions de nous interroger sur les conditions d’un vouloir vivre ensemble, dans une France dont nous aurions appris à redevenir fiers. J’ai la faiblesse de penser qu’au-delà de ses excès même et de ses violences, la campagne que nous avons vécue nous a peut-être aidés à accéder à cette forme de sagesse citoyenne.

René POUJOL

Ancien Directeur du Pèlerin

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  1. Cef, Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique. Ed. Bayard-Cerf-Mame, 2016, 100p.
  2. Christophe Guilluy, Le crépuscule de la France d’en haut, Ed. Flammarion, 2016, 260 p.
  3. op.cit p.87
  4. ibid. p.48
  5. ibid p.174
  6. Gaultier Bès, Radicalisons-nous ! Ed. Première parttie, 2017, 130 p.
  7. La Croix du 4 mai, p.27
  8. Le crépuscule de la France d’en haut, op cit. p.42 et p.178

 

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 08:38
Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Trogneux le 14 mai 2017 à l'Elysée / AFP

Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Trogneux le 14 mai 2017 à l'Elysée / AFP

L'investiture d'Emmanuel Macron fut un impeccable sans-faute assure lundi la presse pour qui désormais les choses sérieuses et difficiles commencent pour le nouveau président de la République.

"Ce fut un impeccable sans-faute. Tout avait été pensé et calculé pour donner à cette journée une gravité présidentielle", se félicite Grégoire Biseau, dans Libération.

Et désormais pour l'éditorialiste: "Un immense défi", attend Emmanuel Macron car "on connaît les indémêlables ambivalences des Français: ils veulent tout et le contraire de tout".

"Il n’y eut pas le moindre faux-pas, pas la plus petite erreur de protocole ou de mise en scène", confirme Sébastien Lacroix, de l'Union/L'Ardennais. "Un sans-faute. La passation de pouvoir a tenu ses promesses protocolaires, politiques, humaines", juge Paul Caraci, du Midi Libre.

"Pas de fausse note", affirme pour sa part Olivier Pirot, de La Nouvelle République du Centre-Ouest. "On peut reconnaître qu’Emmanuel Macron a réussi sa journée d’investiture", ajoute-t-il. "Pas la plus petite fausse note et pas la moindre faute de goût", insiste Pascal Coquis, des Dernières Nouvelles d'Alsace. "Il n'a commis aucun impair", relève Patrice Chabanet, du Journal de la Haute-Marne. Laurent Bodin, pour L'Alsace, a vu "une entrée en matière aussi réussie que bien mise en scène".

- "A l'épreuve du pouvoir" -

"Bref, Macron a réussi son examen de passage", résume Sébastien Lacroix (L'Union/L'Ardennais) avant de préciser: "C’était le moins difficile". "Les choses sérieuses commencent aujourd'hui (lundi)", prévient en Une Le Parisien.

"Le voilà désormais à l’épreuve du pouvoir et de son exercice", souligne Pascal Coquis (DNA). "Il lui reste maintenant à se confronter au réel", averti Daniel Muraz, du Courrier Picard. "Aux réticences partisanes qui persistent", alerte Jean-Claude Souléry, de la Dépêche du Midi.

Pour Pierre Frehel, dans Le Républicain Lorrain, "La dure réalité de la route l'attend." "Avec des batailles aussi nombreuses que difficiles", prévient Bruno Dive, dans Sud-Ouest. "Le plus dur l'attend", écrit Philippe Marcacci, de l'Est Républicain.

"Passer en revue la garde républicaine et mettre au pas la France sont deux choses bien différentes", assène Patrick Apel-Muller, dans L'Humanité. "Après avoir montré comment il présidera la France, Emmanuel Macron doit montrer maintenant comment il entend la gouverner", indique Matthieu Verrier, dans La Voix du Nord.

"L’heure est venue d’un travail lent, exigeant, pour rendre aux Français cette confiance en eux, depuis trop longtemps affaiblie", explique Guillaume Goubert, dans La Croix, en reprenant pratiquement les mots du nouveau président.

afp

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 05:36
Élection de Macron : réactions de la presse étrangère

 

Pour les grands titres de la presse internationale, le sacre du leader d’En Marche! constitue une victoire contre le populisme et un soulagement pour l’Europe, mais tout reste à faire pour le plus jeune chef de l’Etat français.

L’élection du centriste pro-européen Emmanuel Macron à la présidentielle française face à son adversaire d’extrême droite Marine Le Pen, constitue une victoire contre le populisme et un soulagement pour l’Europe, mais tout reste à faire pour le plus jeune chef de l’Etat français, selon la presse étrangère.

ESPAGNE
« La France a choisi Macron et contient le populisme », écrit le journal El País. « Et la France a dit non. La victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, un pro-Européen et un ex-banquier libéral, a contenu la vague du mécontentement populiste qui a triomphé en novembre à l’élection présidentielle américaine et avant le référendum britannique ». « Après le Brexit et Trump, il n’y aura pas Le Pen ».

ALLEMAGNE
Pour le quotidien allemand conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, « l’Europe évite le cauchemar. L’impensable a été évité: la France ne va pas être dirigée par une femme d’extrême droite. La victoire nette d’Emmanuel Macron donne de la confiance, mais l’Europe ne doit pas se faire d’illusions pour autant ».

Le quotidien de gauche Tageszeitung écrit aussi que « la nette victoire d’Emmanuel Macron est un énorme soulagement pour la France. »

SUISSE
« Un homme neuf » pour le journal Le Temps : « Emmanuel Macron a réussi son pari insensé. Au-delà du niveau de l’abstention, de la radicalisation des extrêmes à droite comme à gauche et du délitement des partis traditionnels, l’enseignement principal de ce 7 mai est que la France s’est choisie un homme neuf pour entamer sa transformation ».

GRANDE-BRETAGNE
« Bonne chance M. Macron, vous allez en avoir besoin », écrit The Guardian qui s’inquiète du niveau record de l’extrême-droite; « Tout autre résultat aurait été une catastrophe européenne et pour une fois, heureusement, les sondages avaient raison ».

RUSSIE
Le quotidien Vedomosti estime que les Français ont fait le choix du « candidat qui représente les principes essentiels de la Ve République: le gouvernement par une élite qualifiée et l’engagement dans l’intégration européenne ».

Le journal en ligne Gazeta.ru souligne que le nouveau président « devra répondre à la demande de changement, ne luttant pas tant contre un programme conservateur que contre les attentes négatives et le risque de déjà vu ».

ÉTATS-UNIS
Le New York Times voit dans la victoire de M. Macron un « grand soulagement pour l’Europe ». Mais il averti que le président élu est confronté à « des défis considérables. Il prend la tête d’une nation profondément divisée, tout comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres grandes démocraties ». Le score de Mme Le Pen au second tour prouve pour le quotidien l’importance « du désespoir de ceux qu’elle appelle les oubliés (en français dans le texte) ».

Selon le Washington Post, « la France a ignoré les sirènes du populisme de droite qui ont enchantées les électeurs aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne ». Ce résultat est « un nouveau signe que la progression du président Trump n’est pas précurseur d’une nouvelle forme inconnue de nationalisme. Pour l’instant le centre résiste, le pluralisme résiste, et l’extrême droite est encore sous contrôle ».

Pour la chaîne de télévision Fox News, en revanche, « la France a pris la solution la plus facile et a voté pour la même chose ».

AUSTRALIE
Pour The Sydney Morning Herald, « La France vote pour l’optimisme ». Le journal souligne aussi le « soulagement pour l’Europe ».

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 17:34
Crédit photo Grzegorz Żukowski via Flickr CC BY-NC 2.0

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Aux citoyens français

"Le jour du deuxième tour, je suis allée glisser un bulletin blanc dans l'urne. Je le regrette. Pour notre défense, nous n'avions aucune idée de ce que cela serait de vivre dans un pays dirigé par des populistes d'extrême-droite.”

Je m’appelle Julia, je vis à Varsovie et je suis polonaise. Comme vous, j’ai fait face à une élection difficile il y a peu de temps. Le printemps 2015 a été une période difficile pour moi et de nombreux polonais.

Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, je découvrais deux finalistes qui m'apparaissaient alors aussi inacceptables l'un que l'autre : un néo-libéral d'un côté, un ultraconservateur de l'autre. Ce scénario vous semble familier ?

Le premier candidat était le président sortant, Bronisław Komorowski : à son manque total de charisme s'ajoutait son affiliation au parti au pouvoir, le parti chrétien-démocrate néo-libéral “Plateforme Civique”. Dans les mois qui avaient précédé l'élection, “Plateforme Civique” (ou PO, abréviation de “Platforma Obywatelska” en polonais) avait vu sa popularité chuter du fait de multiples scandales de corruption et de mauvaise gestion. Ces scandales à répétition avaient fait monter les sentiments de défiance et de colère au sein de la population polonaise.

Son adversaire était Andrzej Duda, le candidat du parti Loi et Justice (PiS, « Prawo i Sprawiedliwość » en polonais) : un parti nationaliste et populiste d'extrême-droite dirigé par Jarosław Kaczyński. Les principaux atouts d’Andrzej Duda étaient sa relative “fraîcheur”, et surtout l'absence d'affaires de corruption. Son discours, basé sur la rhétorique populiste du “Nous contre Eux” (“Eux” désignant aussi bien le pouvoir en place que les réfugiés), lui a permis de rallier les soutiens de citoyens déçus par la politique économique néo-libérale conduite par le gouvernement précédent.

Pour une partisane de la gauche progressiste telle que moi, le choix était cornélien... Comme beaucoup d'autres, je me sentais à la fois en colère et frustrée : quel que soit le candidat pour lequel je déciderais de voter, j’aurais le sentiment de renier mes valeurs et de légitimer un candidat auquel je me sentais fondamentalement opposée.

Le jour du deuxième tour, je suis donc allée au bureau de vote pour glisser un bulletin blanc dans l'urne. À ce moment-là, j'avais le sentiment non seulement de remplir mon devoir de citoyenne, mais aussi d'avoir réussi à ne pas compromettre les valeurs auxquelles je croyais. Beaucoup de mes amis ont fait de même, certains ne se sont pas déplacés. Au final, seuls 55,3 % des électeurs se sont présentés dans les bureaux de vote ce jour-là. Pour notre défense, nous n'avions aucune idée de ce que cela serait de vivre dans un pays dirigé par des populistes d'extrême-droite.

Andrzej Duda a remporté l'élection avec 3 points d'avance. Avec cette victoire, mon refus de faire un choix s'est révélé en effet un choix puissant : en refusant de donner ma voix au candidat chrétien-démocrate, j'ai contribué à la victoire de l'extrême droite populiste. Et je le regrette.

Vous voulez savoir ce que c'est de vivre dans un pays gouverné par l'extrême-droite ?

La première chose qui change, c'est le langage utilisé dans la sphère publique : la victoire électorale d'individus qui prônent la haine des femmes, des migrants, des environnementalistes, des cyclistes et des athées a pour effet de rendre le langage de haine acceptable dans le débat public. Et avec ce langage, toute la violence qu'il justifie. Le gouvernement populiste s'épanouit en opposant une nation polonaise monolithique, entièrement fictive, à “l'Autre” : le réfugié musulman, l'homosexuel dans la rue, le voisin ukrainien, la femme qui choisit de subir un avortement. Aujourd'hui, la violence contre les minorités est en hausse, les agressions racistes sont une réalité quotidienne pour les non-blancs... et les femmes continuent de lutter contre les violations de leurs droits et libertés qui sont directement sanctionnées par le pouvoir d’extrême-droite.

La deuxième chose qui change sous un pouvoir d’extrême-droite, c'est le véritable déferlement d'attaques contre les institutions qui fondent la démocratie, ces institutions dont le rôle est de garantir l'équilibre d’un régime démocratique véritable : le parlement, la justice, les médias, etc.

Certes, le parti Loi et Justice a heureusement trop peu de sièges au parlement pour pouvoir arbitrairement modifier la constitution polonaise et réformer notre système politique de manière radicale. Mais il a trouvé des solutions pour lever ces barrières. Il a fait passer des lois qui paralysent l’action de la Cour Constitutionnelle, première autorité judiciaire de notre pays et dernière ligne de défense de notre démocratie, dans un seul but : éliminer tous les systèmes de contrôle du pouvoir du gouvernement, afin de changer les lois comme il le décide. Et il a réussi.

Depuis qu'il est au pouvoir, le parti d'extrême droite Loi et Justice est parvenu à prendre le contrôle des médias publics, les transformant en de véritables machines de propagande. Sous ce nouveau régime, le service civil a été politisé, des apparatchiks ont été nommés à tous les postes-clés, et la mise sous surveillance de n'importe quel individu sans injonction d'une cour de justice est devenue légale. Les organisations de défense des droits civiques critiques envers le gouvernement ont vu leurs subventions publiques fondre. Une réforme du système éducatif a permis de réintroduire le nationalisme dans les programmes scolaires, pour servir l'ambition du gouvernement d'éduquer une nouvelle génération de Polonais qui suivra son programme xénophobe et nationaliste sans se poser de question. Ces derniers temps, le gouvernement a décidé de s'attaquer aux autorités judiciaires indépendantes : il ne doit rester aucun juge en mesure de lui demander des comptes devant une cour de justice.

Des lois sur l'avortement au démantèlement de la société civile polonaise, en passant par les désastres diplomatiques, la destruction de l'environnement, la réforme populiste sur les retraites et la dévaluation de notre monnaie : la liste des exactions de l’extrême-droite en Pologne est déjà longue, après à peine un an et demi. Nous n'avons pas uniquement changé de rhétorique, nous sommes passés dans un autre système... Un système qui veut bâtir des murs, qui met en œuvre des politiques fondées sur la peur et la haine, et qui prive les minorités de leurs libertés et de leurs droits fondamentaux. Nous ne sommes plus dans une démocratie libérale : nous vivons dans un régime à parti unique autoritaire.

Je me le dis aujourd'hui : si j'avais su ce qu'un gouvernement Loi et Justice produirait pour la Pologne et les Polonais, j'aurais tout fait pour empêcher cela, comme beaucoup de mes concitoyens. Certes, voter en faveur du candidat libéral aurait heurté mon système de valeurs personnel. Mais il aurait permis à beaucoup, femmes et membres de minorités raciales, religieuses, de genre et sexuelles, de voir la protection de leurs droits et libertés garantie par une véritable démocratie.

Au cours de cette élection, de nombreux Polonais ont voté blanc. Notre refus de faire un choix a joué en faveur du candidat extrémiste. Bien que les pouvoirs du président soient limités en Pologne, cette élection a eu des répercussions qui vont bien au-delà de la présidence : elle a renforcé le parti Loi et Justice, lui permettant de surfer sur une grande vague de popularité et de remporter une grande victoire lors des élections parlementaires, 5 mois plus tard. C'est cette victoire-là qui a tout changé.

Lorsque l'extrême-droite arrive au pouvoir, les valeurs démocratiques, la séparation des pouvoirs et les droits des minorités sont ses premières victimes. Et il n'est pas possible de construire une Europe moderne, progressiste et ouverte avec des populistes et des nationalistes. L'histoire de l'Europe l'a déjà démontré. Je fais le vœu que cette histoire-là ne se répète pas.

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 20:54
Sœur Véronique Margron : « L’heure est à la raison et à la passion pour éviter le désastre »

PRESIDENTIELLE : LETTRES AUX ELECTEURS CHRÉTIENS

Face aux inquiétudes des chrétiens avant le second tour de la présidentielle, « La Croix » a sollicité le point de vue de dix personnalités intellectuelles chrétiennes. Sœur Véronique Margron est théologienne.

 

Notre pays souffre. Il ne sait plus où donner de la tête. Il est inquiet jusqu'à l'angoisse. Celle du terrorisme aveugle et toujours lâche, celle du déclassement, celle de voir ses enfants plus en difficulté que soi-même, celle de ne plus savoir comment se raccrocher à ses valeurs sans passer pour un ringard ou un réactionnaire. Jusqu'à la crainte de ne plus reconnaître qui nous sommes vraiment, tant la cohabitation des mœurs et des cultures a bien du mal à faire une nation, à nous tourner ensemble vers le bien commun et à nous ouvrir encore à l'avenir.

Nous sommes perdus. Et certains parmi nous bien plus que d'autres. Toutes celles et ceux qui se vivent - à juste raison si souvent - comme délaissés et mis au ban de nos sociétés techniciennes, anonymes, où seuls les suffisamment forts paraissent pouvoir s'en sortir. Non les courageux, les lève-tôt, mais les forts par la naissance, l'argent, la culture, la chance. « Entre les candidatures du Front national et d'En marche ! il n'y a rien à comparer » Mais alors oui, que nous arrivent-ils, si nous nous mettons à comparer ce qui ne se compare pas. Car entre les candidatures du Front national et d'En marche ! il n'y a rien à comparer. Comparer est déjà de trop. C'est faire comme si cela était normal, correct. Comme chrétienne, je ne peux me résoudre à mettre en colonne les deux programmes et cocher pour chacun les réponses qui m'apparaissent cohérentes avec ma foi, avec l'Evangile, avec ma tradition catholique. Car l'extrême droite prône et prônera toujours la haine de l'autre, l'exclusion, la peur. C'est ce terrain qui la fait fructifier. Elle n'est pas là pour répondre aux désarrois de millions de Français qui s'épuisent à survivre de jour en jour. Elle est là pour s'en nourrir. Car ce qui la tient haut dans le pays, c'est avant tout la colère, le sentiment de délaissement, d'injustice que l'extrême droite manipule à l'envi, avec un savoir-faire consommé de longue date fait de mensonges, de fausses nouvelles, de menaces.

Aucun programme ne saurait être estampillé chrétien

Je repense à la campagne du Secours catholique, « Liberté Egalité sans préjugés ». Il s'agit de combattre chaque préjugé : « Les migrants sont plus aidés que les Français » ; « Les chômeurs sont des glandeurs » ; « Les pauvres sont des fraudeurs »... Œuvre essentielle d'engagement en faveur des plus fragiles, sans distinction de culture, d'origine. Juste des femmes et des hommes, tous égaux en dignité, de la même humanité. Quand certains veulent interdire les douches et les distributions de repas aux réfugiés, font croire qu'on traverse l'Afrique pour le RSA, et cherchent ainsi à dresser les pauvres contre les pauvres, nous voulons que la transformation de notre pays soit fraternelle, juste et hospitalière. Là est le cœur du christianisme, le cœur de l'Evangile. Là est aussi l'intérêt de tous et de chacun pour fonder un monde habitable et durable. Il ne s'agit pas de donner un blanc-seing à M. Macron. Ni de ne pas questionner son programme, et spécialement les questions éthiques. Les chrétiens - et d'autres avec eux - sauront être ici vigilants et mener un débat démocratique. Aucun programme d'ailleurs, pas plus hier qu'aujourd'hui, ne saurait être estampillé chrétien. La question de ce jour n'est donc pas de savoir si nous adhérons à son projet. Moins encore à tout son projet. Mais aujourd'hui il s'agit d'une digue, sa cassure peut nous emporter. Tous. « Mais qui est mon prochain ? » L'éthique chrétienne repose sur une alliance. Une alliance initiée par Dieu, sauveur et créateur. Un Dieu qui fait alliance avec toute l'humanité en Noé. Un Dieu qui entre en conversation avec l'humain, dès les commencements. Souvenons-nous encore du récit du bon Samaritain (Luc 10, 25-37) « Mais qui est mon prochain ? » Jésus ne répond pas par une définition, mais par une histoire : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho.  Seul un hérétique, un Samaritain, s'arrête, pris aux entrailles. C'est donc l'étranger qui va ramener le blessé vers la vie. C'est lui qui fait de l'homme blessé son prochain. Du plus lointain son prochain.

Alors, qui « s'est montré le prochain ? », demande Jésus. Désormais le prochain n'est plus une catégorie, mais une dynamique. Celle de s'approcher de l'autre. Et « toi fais de même », propose Jésus à l'homme de la loi. Notre Dieu n'est pas celui de l'exclusion, des barrières ethniques, religieuses ou culturelles, mais de la rencontre, de la sollicitude, de l'ouvert. Du creux de ma foi, impossible de choisir un parti xénophobe, quelle que soit sa tenue de camouflage. « Un parti qui prône le repli « identitaire » ne peut être considéré comme acceptable »

Soulignons enfin que le discernement ne s'opère pas entre un bien et un mal. Car dans ce cas il n'y a pas de question à se poser, pas de dilemme à affronter, car on choisit le bien. Le dilemme est entre deux biens, ou entre deux positions, où nous cherchons quelle est la meilleure, la plus juste, la plus humaine. Ainsi ne peut-on dire que le choix de l'extrême droite - y compris par l'abstention ou le vote blanc - représenterait un moindre mal. Un parti qui prône le repli « identitaire », l'injure, qui jette une suspicion calamiteuse sur des traditions religieuses multiséculaires ou encore qui reconstruit l'histoire et méprise la vocation universelle de la France, ne peut être considéré comme acceptable.

En cette heure décisive pour notre pays, à commencer pour les plus en difficulté parmi nous, et pour l'Europe, l'heure est à la raison et à la passion pour éviter le désastre. Raison et passion supplient de concert de ne pas fracasser la maison commune. Nous n'en avons pas de rechange. Notre réplique à la violence, à l'intransigeance, sera dans la hauteur de notre engagement à poursuivre l'aventure difficile et toujours insatisfaisante de la démocratie. Mais c'est bien là le seul régime politique qui vaille, considérant chacun d'égale dignité que tout autre.

Véronique MARGRON

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Repères

Véronique Margron

Théologienne moraliste, ancienne doyenne de la faculté de théologie d'Angers, Sœur Véronique Margron, née en 1957 à Dakar (Sénégal), est diplômée du service de la protection de la jeunesse en 1981 et a travaillé avec de jeunes délinquants pendant six ans.

Entrée en 1989 chez les Sœurs de charité dominicaines de la Présentation, elle a fait ses études de théologie à l'Institut catholique de Paris et, après avoir travaillé sous la direction du théologien salésien Xavier Thévenot (1938-2004), a soutenu une thèse de doctorat en théologie morale sous la direction du Père Bruno Cadoré. Elle a été élue en novembre 2016 présidente de la Conférence des religieuses et religieux en France.

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 19:51
Présidentielle : le choix de la rédaction de La Croix

Interrogé par les journalistes dans l’avion qui le ramenait du Caire, le pape François n’a pas voulu se prononcer sur l’élection présidentielle française. Faut-il le regretter ? Est-il indispensable qu’une consigne descende du plus haut de l’Église universelle vers les catholiques qui sont en France ? Mieux vaut, en réalité, une conviction montante. Chacun, quelle que soit sa place, sa mission, doit se déterminer, prendre ses responsabilités. Le moment est venu pour La Croix de prendre les siennes.

Notre journal n’a pas coutume d’exprimer une préférence parmi les candidats à une élection. Depuis des décennies, cette règle n’a connu qu’une seule exception, en 2002, lorsque les Français eurent à choisir entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Nous sommes aujourd’hui dans une situation similaire. Parce que l’enjeu est considérable pour la France et pour l’Europe, parce que trop de responsables politiques ont adopté une position sibylline, parce qu’il y a le risque d’un résultat acquis par inadvertance, il nous paraît nécessaire de dire clairement ce que nous jugeons préférable. Avant qu’il ne soit trop tard.

Nous n’acceptons pas l’idée d’un choix déterminé par la crainte. Crainte de l’avenir, de l’Europe, du monde, de l’étranger, de l’autre. Nous ne pouvons nous résigner à ce que l’on élève des clôtures autour de la France et que l’on introduise des séparations entre les habitants de notre pays en fonction de leur nationalité. Face à ce qui risque d’advenir avec Marine Le Pen, l’abstention ne suffit pas. Le programme d’Emmanuel Macron ne peut recueillir notre pleine adhésion, nous l’avons déjà écrit. Mais parce que ce candidat a fait un choix de rassemblement et de confiance dans l’avenir, nous lui apportons notre soutien.

Guillaume Goubert

Rédaction de La Croix

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 17:35
Orléans : Mgr Jacques Blaquart préfère En Marche ! plutôt que le rejet et l’exclusion

“Non possumus”, nous ne pouvons pas. C’est ainsi que Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, a défini son choix pour le second tour de l’élection présidentielle de dimanche 7 mai prochain. Interrogé au micro de RCF Loiret par la journaliste Sophie Deschamps, l’évêque d’Orléans a été très clair : “Les exigences de l’évangile, est-ce de rejeter le pauvre ? L’étranger ? Le replis sur soi ? Est-ce que l’évangile ne nous dit pas plutôt : prends soin du blessé, celui qui est d’un autre pays que toi ? Regardez le Samaritain avec cet homme juif blessé au bord du chemin. Jésus est très clair, il va même jusqu’à dire tu aimeras ton ennemi. Ou je pense aussi à ce Proverbe : si ton ennemi a faim, donne-lui à manger. Et je parle là seulement de l’ennemi. Alors je sais qu’on est dans des situations compliquées, mais moi, comme chrétien si j’ai une personne en détresse devant moi je ne peux pas la laisser tomber. Parce que c’est l’évangile”.

L’évêque d’Orléans appelle-t-il à voter contre le FN ? “Je repense à l’expression latine “nous ne pouvons pas” (non possumus). Moi je ne peux pas voter pour quelqu’un qui est dans le rejet, l’exclusion avec ce qui est contraire à l’évangile. Est-ce que ça veut dire que le programme d’Emmanuel Macron me convient tout à fait ? Non, notamment sur les questions de société. Mais on ne peut pas faire d’un aspect du programme le seul critère de discernement, comme le dit la présidente d’ATD Quart-Monde (Claire Hédon). Le chômage, le logement, la dette publique sont autant d’enjeux pour la vie des familles. Ma position est assez claire, c’est sur l’évangile que je reviens sans arrêt”.

Et que dire des catholiques qui ont déjà voté Front national et qui s’apprêtent à faire de même au second tour ? “Je les respecte”, dit encore Mgr Blaquart. “Qui suis-je pour dire pour qui voter ? Mais je suis extrêmement clair avec les valeurs de l’évangile qui ne sont pas négociables. Écoutons ce que dit Jésus, on ne peut pas négocier. Pour moi, il n’y a pas photo. On a besoin de quelqu’un qui essaie de rassembler et pas de diviser, qui n’est pas dans la vindicte et la haine mais qui essaie de réunir et de mettre en communion autant que faire ce peut”.

Y a-t-il une responsabilité collective dans la montée des extrêmes ? “Oui, je crois qu’on est tous responsables. À partir du moment où on ne prend pas soin de celui qui est en détresse, on encourage les extrêmes. Si on s’enferme dans la peur, si on se sent exclu, si on ne va pas vers eux, on est responsable de cette montée”.

 

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 08:07
Tahar Ben Jelloun - Lettre à Emmanuel Macron

L'écrivain met en garde le candidat d'En marche ! : face à une Marine Le Pen prête à tout pour l'emporter au second tour, il doit s'adresser aux plus démunis.

Cher Emmanuel Macron,

À présent, le temps est venu de passer d'un personnage à un autre. Du coup, je me mets au vouvoiement. Il fut une époque où je vous voyais emprunter les chemins d'une grande, d'une immense ambition. Nous nous retrouvions de temps en temps à Terra Nova ou dans les bureaux de notre ami Henry Hermand. Lui, l'entrepreneur, l'ancien compagnon de route de Mendès France et l'ami intime de Michel Rocard, était fier de vous avoir découvert. Il racontait votre rencontre comme une chance dans sa vie et aussi dans la vôtre. Nous nous sommes retrouvés au moment de ses obsèques, en novembre dernier. J'ai su que sa dernière pensée fut pour vous.

Je me souviens de l'époque où vous étiez chez Rothschild. Vous aviez deux téléphones portables et deux cartes de visite. Vous étiez toujours habillé serré, pas de costume large pour laisser passer le vent ou le hasard. Vous avez gardé le même style, un peu sec, élégant, mais sans fantaisie. Peut-être que cela fait partie de votre jardin secret et que vous le gardez jalousement fermé.

Aujourd'hui, avec force et une belle énergie, avec courage, vous avez réussi à atteindre le sommet. Mais attention, rien n'est acquis, rien ne sera facile. Nous ne sommes pas en 2002. Le FN a grossi, a ratissé très large. Il a effacé les petites phrases nauséabondes. Il a fait de la chirurgie esthétique. Il a su s'adresser aux plus démunis. Il prétend parler au nom du peuple. Mais le peuple est aussi à vous. Il faudra le convaincre de vous suivre et de vous donner les suffrages dont vous avez besoin.

Vous avez une dizaine de jours pour vous occuper de la France qui a voté Le Pen ou Mélenchon.

Attention, Marine Le Pen ne reculera devant rien, utilisera sans vergogne les thèmes de l'immigration, de l'insécurité et de la précarité pour rafler des voix. Un de ses militants, Jean Messiha, un Égyptien naturalisé français, assimile sur son compte Twitter « les 5 millions de musulmans » au « terrorisme » et affirme que « l'islam est incompatible avec la République ».

La France qui va bien votera pour vous. Elle vous est acquise. En revanche, la France qui souffre, celle des bas salaires, celle laissée pour compte par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans, cette France, il va falloir lui parler, choisir les mots, savoir lui tendre la main et lui dire simplement comment vous pensez résoudre ses problèmes une fois élu. Soyez encore plus concret.

Marine Le Pen prétend représenter cette France-là. De quel droit sera-t-elle celle qui donne de l'espoir ? Évidemment, elle ne leur dit pas l'ampleur de la catastrophe que ses projets économiques entraîneraient pour le pays si elle était élue. C'est à vous de démonter son système, de démontrer que ce qu'elle dit repose sur des mensonges, sur des calculs faux, sur des bilans faussés. C'est à vous de briser la jolie vitre derrière laquelle elle apparaît de plus en plus souriante parce qu'on lui a dit qu'il fallait sourire pour ne plus faire peur. Les mauvaises odeurs, les idées néo-fascistes, les gros bras prêts à casser les anti-front, la vraie nature de ce parti sont mis à l'écart, tenus loin des médias, attendant le moment pour sortir et exploser.

Vous avez une dizaine de jours pour vous occuper de la France qui a voté Le Pen ou Mélenchon. Il faudra être clair et direct. Il faut qu'on sente que votre ambition est avant tout celle d'une France nouvelle, une France juste, fraternelle, mettant l'intérêt de la nation au-dessus de tous les autres intérêts. Sortez de votre costume trop bien taillé. Allez vers les gens (comme vous l'avez fait à l'usine Whirlpool) et dites ce que vous pouvez humainement faire. Votre sincérité est votre arme. Votre force vient du peuple. C'est à ce peuple que vois devez vous adresser avec humilité et vérité.

Enfin, quand vous serez élu, ayez la victoire modeste. Pas de soirée bling-bling. Vous devrez faire un audit de la France et venir présenter le résultat aux Français en leur disant : « Voici l'état dans lequel je trouve notre pays. Nous allons tous travailler, sans parti pris, sans préjugé. J'aurai besoin de toutes les bonnes volontés pour redresser le pays, son économie, sa culture, son rayonnement, sa présence au monde dans un esprit d'ouverture et de tolérance. »

Vous n'aurez plus une minute à vous. Vous ne pourrez plus aller boire un café sur une terrasse ensoleillée. Mais prenez le temps de lire, beaucoup lire, pour rester curieux, c'est-à-dire jeune avec la noblesse d'une belle ambition.

Tahar Ben Jelloun

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 09:57
Le « cri » de Xavier BERTRAND contre le danger du « Front National »

Que l’on soit de droite, de gauche, du centre ou d’ailleurs, ce « cri » de Xavier BERTRAND contre le danger du Front National lors du journal de France 2 ce mercredi 26 avril 2017 à 20h ne peut pas nous laisser indifférent !

Xavier BERTRAND demande « à son parti Les Républicains » d’être clair dans ses consignes de vote pour le 7 mai : il faut voter Macron sans état d’âme car l’abstention ou le vote blanc conduirait à l’élection de Marine Le Pen !

« Le Front National se nourrit des problèmes des Français ». Il n’est en aucun cas une réponse. Plus les Français ont des problèmes, plus l’audience du Front National est haute ! Le « Front National » est en réalité un grave problème pour notre pays. »

Cliquez sur la vidéo ci-dessous et sur l’icône « plein écran »

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