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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 10:08
Macron-Le Pen : À question simple, réponse claire

Ce sera donc simple. Une simple question, une question simplifiée à l’extrême, dira-t-on, mais néanmoins claire, et clairement politique. Les Français ont choisi de renouveler l’offre en écartant avec brutalité ceux qui sont apparus, malgré leur victoire surprise aux deux primaires, comme les tenants d’un ordre ancien perçu comme vérolé. Jugé compromis ou corrompu, obsolète en tout cas, le vieux monde des partis de papa est mort. Pour Benoît Hamon et François Fillon, pour le PS comme pour les Républicains, pour leurs fidèles, pour leurs soutiens et leurs supplétifs, l’avenir paraît sombre. Benoît Hamon a voulu l’héritage sans l’assumer, et cette schizophrénie lui aura été fatalement fatale. François Fillon a cru que dans ses tréfonds une France conservatrice allait se révolter comme il y a des années-lumière, au temps de la Manif pour tous. C’était envisageable, et il s’en est fallu de peu que cela fût. Mais son train a déraillé sur les affaires, tandis que le TGV de l’Histoire accélérait. Ce qui semblait vrai hier n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Avant peut-être d’autres rebondissements, car notre société liquide et versatile ne semble plus vouloir du certain et du définitif.

On comprend les frustrations et la colère d’un corps électoral en réalité coupé en quatre quarts, dont deux (les partisans de Fillon et de Mélenchon, improbables camarades d’infortune) voient désormais la logique binaire comme une suprême injustice, surtout alors que les deux finalistes ne rassemblent même pas la moitié des électeurs. Mais s’en tenir aux cruautés du scrutin semble anecdotique, en tous les cas vain. Les Français ont voulu participer au grand référendum sur le libéralisme, sur la mondialisation, et sur sa variante continentale, notre Europe. On pouvait imaginer ou souhaiter un autre débat, sur l’écologie, sur le sociétal, sur la pauvreté, sur les inégalités, sur ce qui fait la France, sur le pays oublié, sur la réponse au terrorisme islamiste. Ce ne sera pas le cas.

La question n’est donc plus de savoir s’il faut choisir entre gauche et droite, mais entre deux visions de notre nation et de sa place dans le monde, et entre les deux projets économiques qui vont avec. Alors que tout tremble et change autour de nous, faut-il insuffler à ce pays de l’optimisme et de la confiance, ou le rabougrir, le replier et l’apeurer davantage ? Faut-il réformer ou détruire ? Faut-il raffermir l’Union européenne ou la faire exploser ? On peut juger simpliste une telle alternative, et elle l’est pour une bonne part, mais c’est ainsi que les électeurs du premier tour l’ont formulée. On doit donc y répondre clairement. Il sera temps, le scrutin passé, de résister aux mauvais génies du macronisme, et notamment à ce libéralisme sociétal qui promet et promeut trop d’inquiétantes merveilles. Il sera temps d’exiger des comptes de la part de celui qui nous a demandé un chèque en blanc, ou, si on le souhaite, de corriger le tir aux législatives. Mais justement, nous n’en sommes pas là.

Même si le projet d’Emmanuel Macron peut soulever de fortes interrogations sur sa gauche comme sur sa droite, celui de Marine Le Pen entraînerait la France dans le déclin économique et, pour finir, dans le chaos. Même si ce que représente Emmanuel Macron peut laisser les chrétiens dubitatifs, ce que porte Marine Le Pen s’oppose fortement à ce que nous comprenons de l’Évangile, en particulier dans ce journal. En un mot, sans doute paradoxal, bien que la politique que mènera Emmanuel Macron semble encore floue, la réponse des électeurs doit être la plus nette possible. Le second tour offre aux Français l’occasion de montrer au monde que la « trumpisation » des démocraties n’est pas une fatalité, que la raison démocratique peut reprendre son cours, que leur pays a encore de la ressource et du ressort. Impossible d’hésiter.

Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction DE LA VIE

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 15:31
Présidentielle : Macron par défaut

Le désir et la peur du changement ont assuré, conjointement, la victoire d’Emmanuel Macron.

Les sondeurs, ces pestiférés, avaient donc vu juste. Pour l’essentiel, les résultats de dimanche soir ont confirmé les chiffres annoncés depuis des semaines. Des chiffres dont il faut tenter de retenir l’essentiel. Le premier enseignement est le naufrage des partis de gouvernement dont l’alternance au pouvoir avait rythmé un demi-siècle de vie politique nationale et qui n’ont recueilli que le quart des suffrages des électeurs. (1) C’est donc le désir de changement qui l’a emporté, dimanche, après deux quinquennats jugés négativement par une majorité de Français.

La «France en colère» totalise 41% des suffrages

Ce désir de changement se concrétise par le score cumulé de 41% pour les deux principaux candidats qui incarnaient «La France en colère». Mais une France elle-même divisée, à parts quasi égales, entre extrême droite et extrême gauche. De sorte que c’est le candidat du centre qui l’emporte et pourrait devenir, le 7 mai prochain, le nouveau Président de la République française. «La France veut être gouvernée au centre» apprenait-on jadis sur les bancs des facultés de droit. Mais, ajoutaient nos maîtres, point besoin pour cela d’un parti centriste. François Bayrou, dernier héritier de Jean Lecanuet dans une présidentielle, en a fait l’expérience amère. Il suffisait à Valery Giscard d’Estaing, élu à droite toutes, de mener au final une politique de centre droit et à François Mitterrand, candidat de l’union des gauches, de négocier le virage de la rigueur de 1983 au centre-gauche.

La victoire, inimaginable il y a seulement un an, de ce parfait inconnu qu’était alors Emmanuel Macron, s’explique par l’effet cumulé du rejet des partis de gouvernement, de l’incapacité des deux candidats de la «France extrême» à rassurer sur leurs propositions, et à la présence d’une offre alternative – au centre – du nouveau parti En marche.

Il y aurait une grande irresponsabilité à vouloir saborder, dans les législatives, le vote des Français

On peut – on doit – s’interroger sur la capacité réelle d’Emmanuel Macron d’apporter une réponse durable à la crise économique, sociale et politique qui frappe notre pays. Mais il faut aussi savoir regarder la bouteille à moitié-pleine : ce que ce vote exprime, positivement, du désir des Français, dépassant leurs divisions, de tenter une ultime forme d’alternance non-extrémiste en associant dans un même effort de redressement et de justice sociale, des hommes – et des femmes – de bonne volonté, issus de la gauche, de la droite et du centre, là où nos mœurs politique l’interdisaient jusqu’à présent. Ce sursaut n’est pas méprisable en soi. Et il y aurait une grande irresponsabilité à vouloir saborder, dans les législatives, le vote des Français, par pur dépit, par incapacité des uns et des autres à assumer, lucidement, leur échec et à se remettre en question.

Le premier défi pour Emmanuel Macron sera d’entendre et de prendre en compte dans son projet, une partie de ce pays réel qui aspirait à un autre changement. Jacques Chirac a failli, en 2002, de n’avoir pas su pendre en compte les attentes d’un électorat de gauche qui n’avait voté pour lui que par refus de Jean-Marie le Pen ; et François Hollande, dix ans plus tard d’avoir joué le mépris vis-à-vis de François Bayrou et du Modem qui avaient largement contribué à sa victoire. Savoir prendre en compte les espérances de ceux qui n’ont pas voté pour lui sera, pour le leader d’En marche, une première épreuve. Paradoxalement, le flou de son programme pourrait, de ce point de vue, lui servir d’atout.

Quelle force politique pour une possible alternance en 2022 ?

Mais l’essentiel n’est pas là. Il se joue déjà dans la perspective de la présidentielle de 2022 et de la recomposition de la vie politique française qu’exigent les circonstances. Il pose la question de la force politique qui, à cet horizon, pourra incarner une possible alternance car on ne voit pas pourquoi un «parti centriste» échapperait à cette loi. Et la réponse est claire : ce sera soit un nouveau courant politique aujourd’hui à construire, soit le Front National de Marine le Pen.

Ne contestons à Emmanuel Macron ni sa jeunesse, ni son optimisme, ni sa modernité, ni sa capacité d’entrainement et sa volonté de changement, y compris au niveau des institutions européennes. Mais il reste foncièrement le candidat du néolibéralisme économique et culturel, là où François Fillon incarnait le libéralisme économique – et non sociétal – dans son acception la plus classique. Si les conséquences de la mondialisation libérale restent le ferment de la contestation politique qui a porté les candidatures de Marine le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas la mise en œuvre du programme annoncé d’Emmanuel Macron qui sera en mesure de la réduire durablement.

Encore une fois, interrogeons-nous sur cette étrange destinée de notre vie politique qui voit les plus modestes, les exclus de la croissance mais aussi une partie de la jeunesse voter pour les extrêmes, tandis que les mieux lotis partagent leurs suffrages entre les candidats qui se réclament de la mondialisation. Est-ce un hasard si la ville la plus riche de ce pays, Paris, dominée par la gauche donne 61,2% de ses suffrages à Emmanuel Macron et François Fillon réunis, là où les Hauts-de-France, de tradition ouvrière, ont crédité Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon de 50,5% des suffrages exprimés. (2)

Croissance ou décroissance : le débat escamoté !

Si le financement du projet de Jean-Luc Mélenchon a pu nourrir le doute, si ses paroles ambigües sur l’Europe n’ont pas convaincu, si son laïcisme de combat et la radicalité de ses réformes sociétales ont contribué à révulser ici et là parmi les plus ouverts à sa contestation des dérives de la mondialisation, nul doute qu’il a visé juste en évoquant le sort des plus pauvres, l’urgence écologique et l’exigence de la transition énergétique.

La question de la décroissance a quasiment été absente du débat de la présidentielle. (3) Là où le pape François l’envisage ouvertement dans Laudato si’ conduisant les évêques de France à revenir, dans un ouvrage récent (4) sur les «Nouveaux modes de vie» à adopter en cohérence avec «une révision radicale de nos modes de développement pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres.» (5)

L’art de masquer la question sociale derrière une posture morale

La littérature abonde pour décrire, notamment, la trahison de la gauche qui a renoncé à son combat historique pour l’émancipation sociale des classes populaires, lui préférant le combat pour les revendications sociétales des minorités ethniques ou sexuelles… Il faut lire, entre autres, Christophe Guilly lorsqu’il écrit : «La véritable fracture oppose ceux qui bénéficient de la mondialisation et qui ont les moyens de s’en protéger et ceux qui en sont les perdants et ne peuvent se protéger de ses effets. (…) Si un vernis culturel et politique permet encore de distinguer nouvelle et ancienne bourgeoisie sur les questions sociétales, elles défendent le même modèle économique. (…) Abritées derrière le discours de la modernité, de l’ouverture et du vivre ensemble, les catégories supérieures participent ainsi violemment à la relégation sociale et culturelle d’une majorité des classes populaires. (…) Cette opposition culturelle tend à occulter deux choses. La première est que cette fracture idéologique est d’abord sociale : les catégories supérieures d’un côté, celles qui bénéficient à plein du nouveau modèle économique, et de l’autre des catégories populaires, grandes perdantes de la mondialisation. Mais cette opposition est plus perverse, car elle tend à déplacer la question sociale derrière une posture morale qui vise à légitimer les choix économiques et sociaux des catégories supérieures depuis plusieurs décennies. Le clivage société ouverte/société fermée place de fait les catégories supérieures dans une position de supériorité morale : toute critique du système économique et des choix sociétaux s’apparente alors à la posture négative du repli, elle-même annonciatrice du retour des années trente. A ce petit jeu, les classes populaires sont forcément perdantes socialement, culturellement et politiquement. L’échec politique, de Chevènement à l’extrême droite en passant par l’extrême gauche, illustre l’efficacité de cette stratégie.» (6)

La France pour incarner la résistance à l’hégémonie libérale

Tout est dit sur l’enjeu réel que cache la probable victoire d’Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Oui, l’urgence est à la recomposition politique de ce pays, à la clarification du projet des uns et des autres. Dans un tribune récente, l’intellectuel musulman Abdennour Bidar écrivait : «Le pire écueil aujourd’hui, pour notre génie, c’est le libéralisme mondialisé. Il constitue la négation de tout ce qu’est la France. Il uniformise les modes de vie tout en rendant les peuples captifs d’une surconsommation servile de biens standardisés. Il dissout les sociétés, les solidarités dans un “chacun pour soi“ déguisé en liberté d’entreprendre, en “libération des énergies“. L’avenir de la France, si elle en veut encore un, sera de se décider à être enfin le pays d’où s’élance la résistance à l’hégémonie libérale. Nous sommes son contre-modèle, prédestinés en quelque sorte à lui dire non.» (7)

René POUJOL

Ancien Directeur du Pèlerin

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  1. François Fillon et Benoît Hamon totalisent à eux deux 26,2% des voix.
  2. Paris : Emmanuel Macron 34,8%, Françoi Fillon 26,4% ; Hauts-de-France : Marine le Pen 31%, Jean-Luc Mélenchon 19,5%.
  3. Doux euphémisme : on a encore entendu tels candidats s’interroger sur les conditions d’une reprise de la croissance toujours perçue comme seule créatrice d’emplois.
  4. Conseil famille et société, Nouveaux modes de vie ? L’appel de Laudato si’, Coédition Bayard-Cerf-Mame
  5. Op cit p. 8
  6. Christophe Guilly, Le crépuscule de la France d’en haut, Flammarion 2016, p. 19 à 22
  7. L’Obs du 30 mars 2017, p.8

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 19:25
Regard sur le monde d’Abdennour Bidar – Plaidoyer pour la fraternité universelle

Plaidoyer pour la fraternité universelle

– le Regard sur le monde d’Abdennour Bidar

extrait de son livre : Plaidoyer pour la fraternité (1)

« Dans les jours qui viennent, chacun d’entre nous sera placé devant ce que j’appelle la décision de fraternité. Un choix très simple : la pulsion de rejet et d’exclusion, ou la volonté de rassemblement, de réconciliation. C’est une décision à prendre sur le plan personnel et collectif. Elle concerne chaque conscience, chaque citoyen, chaque leader politique, chaque courant d’idées, chaque « communauté ». Il est rare qu’une nation entière ait ainsi l’opportunité de faire un tel choix d’elle-même. C’est le signe même d’un moment historique (…). Chacun va devoir choisir entre la fraternité universelle ou le repli sur soi, la grande famille humaine ou la petite tribu identitaire (…)

La fraternité est restée trop longtemps la grande oubliée de notre devise républicaine. Or, elle en est le cœur secret : sans elle, la liberté et l’égalité sont un idéal vide, parce que si je ne perçois pas l’autre comme mon frère, que m’importe en réalité son droit à la liberté, et en quel sens abstrait serait-il mon égal ? Des trois sœurs, c’est elle qui a le plus de génie ! Voilà pourquoi il faut renverser l’ordre de notre devise, la faire passer en premier : « Fraternité, liberté, égalité. » Car elle seule peut empêcher efficacement l’égalité de basculer dans l’affrontement entre ceux qui estiment avoir les mêmes droits. Si l’on ne veut pas que s’installent la guerre des libertés et le conflit des égaux, il faut nécessairement qu’ils aient appris d’abord à se considérer comme frères. Il faut qu’ils aient été éduqués à se soucier de la liberté et de l’égalité de l’autre, et de ce souci pour autrui, seul un frère est pleinement capable. Sans expérience de proximité, sans relation d’estime, sans cette amitié sociale dont Aristote faisait déjà la clé de la justice dans la Cité, le maintien de notre liberté et notre égalité ne pourront compter que sur les lois et la police, jamais sur nos cœurs. »

Abdennour Bidar

  1. Plaidoyer pour la fraternité, Albin Michel, février 2015

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:42
Les mouvements catholiques à la veille de l'élection présidentielle

Pour une citoyenneté responsable et engagée

À la veille du grand rendez-vous démocratique qu’est l’élection présidentielle, dans un contexte de discrédit grandissant de la parole publique et de sentiment d’impuissance face à l’état du monde, nos organisations et mouvements d’Église appellent à un sursaut citoyen.

Cet appel fait écho à celui lancé par le pape François aux jeunes lors des Journées mondiales de la jeunesse à Cracovie en juillet 2016 : « Voulez-vous changer le monde ? ».

Cette interpellation nous est aujourd’hui adressée, à chacun et chacune, en ce temps électoral. Voulons-nous changer le monde et redonner sens à la citoyenneté, en ayant conscience d’habiter une même terre, en étant engagés vers un même avenir, en nous impliquant dans la gestion de la chose publique et en agissant pour l’intérêt général ?

En tant qu’acteurs de la société civile, notre rôle d’organisations et mouvements catholiques n’est pas de prendre parti mais bien de prendre part à la vie démocratique et d’inciter les citoyens à discerner les possibles et les souhaitables, à exercer leurs droits et leurs devoirs et à mettre en cohérence leur vote avec leurs convictions, leurs valeurs morales et leur foi.

Une inquiétude se développe chez celles et ceux qui habitent notre pays quant à l’avenir de leurs enfants et à la précarisation du travail et des liens sociaux. La stigmatisation de celui qui est différent, la volonté de construire des murs, la surenchère de propositions sécuritaires et identitaires : ces idées sont dangereuses pour une société qui aspire au vivre ensemble dans la paix et le respect de la dignité de chacun. On ne construit pas un projet de solidarité contre certains groupes et contre des personnes. On ne construit le lien social qu’avec celles et ceux qui vivent ensemble et participent au devenir de la communauté. 

Notre foi et nos valeurs nous appellent à ne pas céder devant la colère, la peur et le rejet de l’autre, mais à plaider la cause des plus pauvres et à promouvoir le respect de la personne humaine et de l’environnement. Nous pensons que les solutions aux problèmes auxquels notre société est confrontée se trouvent dans l’ouverture, le dialogue et l’échange pour construire ensemble une France et une Europe plus justes dans un monde de droit et de dignité.

Les dizaines de milliers de bénévoles de nos organisations et mouvements sont témoins tous les jours que la réalité de la société française, c’est aussi et surtout des milliers d’actions concrètes qui construisent une planète plus solidaire et fraternelle. Des professionnels – salariés, agriculteurs, entrepreneurs, syndicalistes – développent d’autres manières de travailler, plus soucieuses de l’intégration des jeunes générations et de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Des familles accueillent des migrants chez elles. Des « jeunes » ou des plus « anciens » font le choix de modes de vie plus sobres dans le cadre d’une économie sociale et solidaire : potagers agro-écologiques, covoiturage, Amap… De nombreux projets voient le jour pour développer la démocratie participative qui sont autant de germes de mobilisation citoyenne locale. Des centres-villes réinvestis et de nouvelles initiatives rurales redynamisent nos régions…

Les échéances électorales sont une nouvelle opportunité de redire aux futurs décideurs le besoin de replacer la dignité de l’humain au cœur de leurs préoccupations. C’est aussi l’occasion de rappeler ce destin commun de l’Humanité qui passe par la solidarité, à l’échelle locale, nationale, européenne et internationale. Nous appelons tous les citoyens et citoyennes à mettre en œuvre concrètement ces valeurs de droit et d’égale justice et à les porter dans leur vote. Il faut tout faire pour contribuer à élever le débat politique et combattre la tentation du repli sur soi ou la peur de l’autre.

Comme les évêques nous y ont incités en invitant « chacun et chacune à exercer son discernement et sa responsabilité pour le bien de tous[1] », notre devoir aujourd’hui est de faire entendre notre voix.

Cette dynamique démocratique devra se poursuivre au lendemain du second tour des élections législatives en demandant aux élus de rendre compte de leur mandat, et en s’impliquant dans la vie locale afin de contribuer au renouveau de l’exercice de la citoyenneté.

Le 11 avril 2017

Signataires :

ACI (Action catholique des milieux indépendants)

ACO (Action catholique ouvrière)

Apprentis d’Auteuil

Association des cités du Secours catholique

CCFD-Terre Solidaire

Chrétiens en Forum

Chrétiens dans l'Enseignement Public

CMR (Chrétiens dans le monde rural)

Communauté Mission de France

Communauté Vie Chrétienne

Confrontations

DCC (Délégation Catholique pour la Coopération)

EDC (Entrepreneurs et dirigeants chrétiens)

Fédération française des Equipes Saint-Vincent

IRSI (Instituts religieux et Solidarité internationale)

JEC (Jeunesse étudiante chrétienne)

JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne)

Justice et Paix

MCC (Mouvement chrétien des cadres et dirigeants)

MCR (Mouvement chrétien des retraités)

Mission de la Mer

MRJC (Mouvement rural de jeunesse chrétienne)

Ordre de Malte

Pax Christi

Scouts et Guides de France

Secours catholique - Caritas France

Semaines sociales

Voir Ensemble

 
[1] « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique» (p 89), Conseil permanent de la Conférence des évêques de France– 14 octobre 2016

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 20:24
Pour une citoyenneté responsable et engagée

À la veille du grand rendez-vous démocratique qu’est l’élection présidentielle, dans un contexte de discrédit grandissant de la parole publique et de sentiment d’impuissance face à l’état du monde, nos organisations et mouvements d’Église appellent à un sursaut citoyen. Cet appel fait écho à celui lancé par le pape François aux jeunes lors des Journées mondiales de la jeunesse à Cracovie en juillet 2016 : « Voulez-vous changer le monde ? ».

 

Cette interpellation nous est aujourd’hui adressée, à chacun et chacune, en ce temps électoral. Voulons-nous changer le monde et redonner sens à la citoyenneté, en ayant conscience d’habiter une même terre, en étant engagés vers un même avenir, en nous impliquant dans la gestion de la chose publique et en agissant pour l’intérêt général ?

En tant qu’acteurs de la société civile, notre rôle d’organisations et mouvements catholiques n’est pas de prendre parti mais bien de prendre part à la vie démocratique et d’inciter les citoyens à discerner les possibles et les souhaitables, à exercer leurs droits et leurs devoirs et à mettre en cohérence leur vote avec leurs convictions, leurs valeurs morales et leur foi.

Une inquiétude se développe chez celles et ceux qui habitent notre pays quant à l’avenir de leurs enfants et à la précarisation du travail et des liens sociaux. La stigmatisation de celui qui est différent, la volonté de construire des murs, la surenchère de propositions sécuritaires et identitaires : ces idées sont dangereuses pour une société qui aspire au vivre ensemble dans la paix et le respect de la dignité de chacun. On ne construit pas un projet de solidarité contre certains groupes et contre des personnes. On ne construit le lien social qu’avec celles et ceux qui vivent ensemble et participent au devenir de la communauté.

Notre foi et nos valeurs nous appellent à ne pas céder devant la colère, la peur et le rejet de l’autre, mais à plaider la cause des plus pauvres et à promouvoir le respect de la personne humaine et de l’environnement. Nous pensons que les solutions aux problèmes auxquels notre société est confrontée se trouvent dans l’ouverture, le dialogue et l’échange pour construire ensemble une France et une Europe plus justes dans un monde de droit et de dignité.

Les dizaines de milliers de bénévoles de nos organisations et mouvements sont témoins tous les jours que la réalité de la société française, c’est aussi et surtout des milliers d’actions concrètes qui construisent une planète plus solidaire et fraternelle. Des professionnels – salariés, agriculteurs, entrepreneurs, syndicalistes – développent d’autres manières de travailler, plus soucieuses de l’intégration des jeunes générations et de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Des familles accueillent des migrants chez elles. Des « jeunes » ou des plus « anciens » font le choix de modes de vie plus sobres dans le cadre d’une économie sociale et solidaire : potagers agro-écologiques, covoiturage, Amap… De nombreux projets voient le jour pour développer la démocratie participative qui sont autant de germes de mobilisation citoyenne locale. Des centres-villes réinvestis et de nouvelles initiatives rurales redynamisent nos régions…

Les échéances électorales sont une nouvelle opportunité de redire aux futurs décideurs le besoin de replacer la dignité de l’humain au cœur de leurs préoccupations. C’est aussi l’occasion de rappeler ce destin commun de l’Humanité qui passe par la solidarité, à l’échelle locale, nationale, européenne et internationale. Nous appelons tous les citoyens et citoyennes à mettre en œuvre concrètement ces valeurs de droit et d’égale justice et à les porter dans leur vote. Il faut tout faire pour contribuer à élever le débat politique et combattre la tentation du repli sur soi ou la peur de l’autre.

Comme les évêques nous y ont incités en invitant « chacun et chacune à exercer son discernement et sa responsabilité pour le bien de tous [1] », notre devoir aujourd’hui est de faire entendre notre voix.

Cette dynamique démocratique devra se poursuivre au lendemain du second tour des élections législatives en demandant aux élus de rendre compte de leur mandat, et en s’impliquant dans la vie locale afin de contribuer au renouveau de l’exercice de la citoyenneté.

 

Signataires :

 

ACI (Action catholique des milieux indépendants)

ACO (Action catholique ouvrière)

Apprentis d’Auteuil

Association des cités du Secours catholique

CCFD-Terre Solidaire

Chrétiens en Forum

Chrétiens dans l’Enseignement Public

CMR (Chrétiens dans le monde rural)

Communauté Mission de France

Communauté de Vie Chrétienne

Confrontations

DCC (Délégation Catholique pour la Coopération)

EDC (Entrepreneurs et dirigeants chrétiens)

Fédération française des Equipes Saint-Vincent

IRSI (Instituts religieux et Solidarité internationale)

JEC (Jeunesse étudiante chrétienne)

JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne)

MCC (Mouvement chrétien des cadres et dirigeants)

MCR (Mouvement chrétien des retraités)

Mission de la Mer

MRJC (Mouvement rural de jeunesse chrétienne)

Ordre de Malte

Pax Christi

Scouts et Guides de France

Secours catholique – Caritas France

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[1] « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique» (p 89), Conseil permanent de la Conférence des évêques de France– 14 octobre 2016

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 08:06
Elections 2017 : votez en conscience !

À l’écoute de la doctrine sociale de l’Église et des candidats

La Communauté de Vie Chrétienne propose une réflexion en cinq étapes pour aider à choisir un des candidats parmi ceux qui se présentent à l’élection présidentielle. Après s’être documenté en diversifiant les sources d’information, après s’être mis à l’écoute de ses craintes, de ses espoirs et de ses désirs, l’heure est venue de hiérarchiser les propositions des candidats au regard de la doctrine sociale de l’Église.

En reprenant les propositions des candidats au travers du prisme de la doctrine sociale de l’Église, je cherche à hiérarchiser les priorités et à mieux sélectionner ce qui est important pour moi dans les programmes.

La place de la personne humaine et sa dignité

C’est le premier axe qui est au cœur de la Doctrine sociale de l’Église. Je tente de comprendre la vision de l’Homme que révèlent les programmes des candidats. Les conséquences pratiques de ce point vont se traduire concrètement dans de nombreux aspects du programme, sur le début et la fin de la vie, le handicap, les familles et notamment la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, les questions de justice économique et sociale au travers de la non-discrimination selon les origines ou les capacités… C’est ainsi qu’en relisant les propositions des candidats, j’en perçois les valeurs fondatrices et la place de l’Homme.

La destination universelle des biens

C’est le deuxième critère. Le concile Vatican II l’a défini en ces termes : « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité. » Là aussi, la thématique est large : elle m’interroge sur les propositions des candidats relatives au partage des richesses, au travail, à la préservation de l’environnement pour les générations futures, à la dette financière, à l’accueil de l’autre, à la paix entre les peuples… Comme je ne peux pas nécessairement aborder et comprendre tous les sujets, j’en choisis deux ou trois qui me semblent les plus essentiels. Par exemple, quelles sont les propositions des candidats pour permettre l’accès de tous au travail ? Ou encore, sur le partage des richesses, quelles propositions sont faites pour permettre à chacun de vivre dans des conditions plus justes ? Sur les enjeux environnementaux, je me demande ce qu’ils proposent pour préserver notre « maison commune », mieux la respecter et prendre en compte les générations futures ?

La solidarité

C’est le troisième aspect de la Doctrine sociale. Quelle place est faite au plus petit, au plus souffrant, au plus pauvre, dans les projets des candidats ? Quelle place l’éducation a-t-elle dans leurs programmes ? Quel souci des enfants, de leurs protections, de leurs apprentissages, de leurs croissances, de leurs santés est exprimé par les candidats ? Quelle place pour les seniors ? La dimension de la paix dans le monde fait aussi partie de cette interrogation. Même si elles ne sont pas toujours présentes sous cette forme, je peux identifier des propositions qui m’aident à percevoir l’approche des candidats sur ce sujet.

Le principe de subsidiarité

C’est le dernier élément à prendre en compte. Ce principe est intimement lié au précédent. Il renvoie à l’idée que « ni l’État ni aucune société ne doivent jamais se substituer à l’initiative et à la responsabilité des personnes et des communautés intermédiaires au niveau où elles peuvent agir ». Dans mon analyse des programmes des candidats, quels sont la place et le rôle de ces « communautés intermédiaires » ? Et plus largement, quelle méthode de gouvernement proposent-ils ? Quelles propositions avancent-ils pour améliorer les conditions d’exercice de ce service du bien commun, du mieux vivre ensemble ?

C’est un long travail, mais il m’aide à choisir et à me rendre attentif aux propositions des candidats de façon active.

Matière à exercices

Considérant les différents thèmes : quels sont ceux qui m’apparaissent nouveaux et que je choisis pour regarder les projets des candidats ? Qu’est-ce que j’en tire ? Qu’est-ce que cela change ? Je note sur mon petit carnet les éléments importants découverts.

La prochaine étape : comment me décider et choisir ?

Lire également :La doctrine sociale de l’Église, des repères dans un monde politique imparfait et retrouvez les étapes précédentes : Élections 2017 : votez en conscience ! (1/5)

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:02
Les Chrétiens sont perdus, paraît-il, dans la mascarade de la campagne présidentielle.

Et si les chrétiens appelaient un peu plus l’Evangile à la rescousse ?

Comme la grande majorité des Français – hélas -, les catholiques, nous dit-on, seraient perdus dans le charivari continu que nous réserve, les médias aidant, la préparation des prochaines échéances électorales… Je n’ai aucune peine à le croire, pensant même que nos frères protestants n’échappent pas à la tornade, quelques évêques non plus, paraît-il ! On peut tout à fait bien les comprendre. Sauf que, chez les catholiques, à ce malaise circonstanciel dû à la grave crise politique que traverse notre pays, s’ajoute une division grandissante et inquiétante. Elle s’est manifestée au moment du débat sur le mariage pour tous, puis dans les urnes, avec un acquiescement de plus en plus important au Front National et, plus récemment, dans une opposition grandissante au pape François. Comme il est prévisible en pareille circonstance, ce sont ces opposants, identitaires pour beaucoup, plus attachés aux normes et aux rites qu’au contenu de la foi, qui donnent de la voix. Par la parole et par écrit, j’en ai été témoin il y a quelques jours encore.

Alors oui, pour vous, chers Amis de notre réseau, et pour moi, soucieux, comme vous sans doute, de voir et d’entendre ce qui se passe et se dit à quelques semaines de la présidentielle, je suis allé rouvrir, à la page 83, un ouvrage qui ne me quitte pas depuis des années – et pour cause – puisqu’il a pour titre : « Politique, Eglise et Foi. Pour une pratique chrétienne de la politique » (1) et pour auteurs : Mgr Matagrin et le cher cardinal Etchegaray. Et j’y lis pour vous, et pour vous et moi ensemble :

« C’est en Eglise que l’on reconnaîtra qu’il est impossible d’entériner et de prôner purement et simplement, sans restriction aucune, n’importe quelle option politique. Il est clair que l’Evangile manifeste un certain nombre d’exigences éthiques qui sont tracées de façon tout à fait nette : le respect des pauvres, la défense des faibles, la protection des étrangers, la suspicion de la richesse, la condamnation de la domination exercée par l’argent, l’impératif primordial de la responsabilité personnelle, l’exercice de toute autorité comme un service, le renversement des pouvoirs totalitaires. La vigueur mobilisatrice de l’Evangile contre ces situations de défi et d’abus – qui sont encore le lot de notre actualité – peut, certes, s’exprimer au travers de choix politiques différents, mais aucun chrétien n’a le droit, sous peine de trahir sa foi, de soutenir des options qui acceptent, prônent, engendrent ou consolident ce que la révélation, tout comme la conscience humaine, réprouvent ».

A toutes et à tous, je souhaite bonne lecture. Non, nous ne sommes pas perdus ! A condition qu’aujourd’hui comme demain l’Evangile soit notre seule boussole et qu’il éclaire notre conscience avant de déposer notre bulletin dans l’urne. Pour nous y aider, ne manquez pas de lire tout à côté le “Regard sur le monde” de Mgr Pontier, un ami fidèle de Chrétiens de la Méditerranée.

Bonnes Fêtes de Pâques !

Jean-Claude Petit

Président de Chrétiens de la Méditerranée

(1) Politique, Eglise et Foi, Le Centurion, novembre 1972

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 08:56
« Ensemble, croire en demain ! » Déclaration de l’Action Catholique Ouvrière à l’occasion des élections présidentielles et législatives

Toi qui doutes,

Toi qui tiens à tes convictions, tes valeurs, tes combats

Toi que la politique n’intéresse pas, ou ne fait plus rêver...

Toi qui veux toujours y croire

Toi qui te demandes si nos politiques gouvernent encore !

Toi qui penses « avoir la vérité »...

Toi qui veux demain « renverser la table » !

 

Regardons, affrontons ces peurs, ces sentiments d’insécurité, qui s’installent en France, en Europe ! Ils risquent de nous paralyser, de dresser des communautés les unes contre les autres, de briser le lien social...

Qui ne connaît pas autour de lui un jeune privé d’emploi ? Il est alors difficile de trouver sa place dans la société, un logement, de faire des projets ! Le sens que nous donnons à notre travail est remis en cause, quand ce n’est aussi parfois l’emploi lui-même.

Qui n’est pas indigné quand l’accès aux soins est entravé par l’absence de spécialistes ou par le manque d’argent ?

Qui ne connait pas une personne dont le revenu l'empêche de vivre dignement ?

Qui n’est pas inquiet de la qualité de l’air que respirent nos enfants, de la qualité de ce que nous mangeons ?

Qui ne s’interroge pas sur l’avenir de notre planète, et des peuples qui l’habitent ?

 

Avec l’évolution des « sans droits », « sans-logis », « sans travail » un fort sentiment d’insécurité, de déclassement, et d’injustice sociale gagne toute la société.

 

Citoyens, membres de l’ACO, nous n'acceptons plus que notre société favorise la course à la réussite individuelle, et que domine la « lutte des places ». Alors que les critères financiers s’imposent, allons-nous permettre encore longtemps que l’humain soit une simple variable d’ajustement ?

Notre société doit garantir les droits fondamentaux et sociaux de chacun par la recherche du bien commun et de la mise en œuvre de moyens de solidarité efficaces ainsi que le partage des richesses.

 

Membres de l’ACO, notre action se nourrit des paroles et des gestes posés par Jésus de Nazareth. En chemin il rencontre Bartimée, aveugle de naissance, mendiant sur le bord de la route. Un homme qui ne compte pour rien et qui pourtant ose un cri dérangeant. Jésus entend sa soif de vivre, il y répond. Aujourd'hui encore, nous croyons que ces cris peuvent être entendus, relayés par la confiance et l'action ! Un homme exclu, sans perspective, peut encore devenir un homme debout, vivant, relié aux autres.

Et toi, veux-tu y croire avec nous ?

 

Ne restons pas sourds aux cris des travailleurs, à ceux des personnes en situation de précarité, de fragilité, ne laissons pas leur parole se perdre. Continuons à les porter. Ils nous appellent à faire bouger les choses pour construire une société solidaire, de justice et de paix.

Les solidarités petites ou grandes, discrètes ou visibles, avec les collègues, les voisins, les amis, la famille… permettent déjà le « bien vivre ensemble » et sont le germe de cette société que nous voulons. Par l’action citoyenne, l’engagement social et politique elles deviennent conquêtes pour tous ! La sécurité sociale, les droits des travailleurs, les services publics, le droit à l'éducation, le droit aux loisirs, à la culture et aux vacances, ne sont-ils pas le capital de ceux qui n’ont rien ?

 

Écrivons demain avec nos mots, nos cris, nos espérances, notre confiance. Parce qu’il y a tant de visages et tant de noms qui méritent que l’on s’engage pour eux.

Que les mots de liberté, égalité, fraternité ne soient jamais des mots creux et vides de sens !

 

Rencontrons-nous, écoutons nous dans le respect, et cherchons à nous comprendre … avec nos idées différentes. Confrontons nos sources d’information, travaillons notre sens critique.

Si chacun s’exprime, prend sa place, vote... la démocratie ne sera pas prête de s’éteindre dans notre pays. Et toi qu’en penses-tu, qu’en feras-tu ?

 

Secrétariat National de l’Action Catholique Ouvrière

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 19:42
Expropriation de terres palestiniennes : l’ONU condamne la nouvelle loi israélienne

Cette loi autorise l’Etat israélien à s’approprier, contre compensation, des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation en Cisjordanie.

De New York à Paris, les réactions internationales se multiplient à la suite de l’adoption lundi par la Knesset [le Parlement israélien] d’une nouvelle loi permettant à Israël de s’approprier de nouvelles terres palestiniennes en Cisjordanie. Cette loi en faveur des colons « est en infraction avec la loi internationale et aura d’importantes conséquences juridiques pour Israël », a prévenu mardi 7 février le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans un communiqué.

Peu après, l’Union européenne (UE) a « exhorté » Israël à « ne pas mettre en œuvre » ladite loi, estimant qu’elle « franchit un nouveau seuil dangereux ». « En adoptant cette nouvelle loi, le Parlement israélien a légiféré sur le statut légal de terres à l’intérieur des territoires occupés, ce qui reste au-delà de sa juridiction », a déclaré Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie de l’UE.

Réunis à Paris, les présidents français et palestinien, François Hollande et Mahmoud Abbas, ont eux aussi vivement rejeté cette loi. « Dans un défi flagrant aux souhaits de la communauté internationale (…) le gouvernement israélien a présenté un projet de loi hier à la Knesset qui autorise le vol des terres palestiniennes privées au profit des colons et qui légalise de manière rétroactive les colonies sur l’ensemble des terres palestiniennes occupées depuis 1967 [après la guerre des Six-Jours], y compris Jérusalem-Est », a dénoncé M. Abbas, assurant que « cette loi est contraire au droit international ». Et d’ajouter : « C’est une agression contre notre peuple à laquelle nous nous opposerons dans les institutions internationales. »

« Légaliser les colonies sauvages »

« Je veux croire qu’Israël et son gouvernement peuvent revenir sur ce texte et peuvent reculer », a déclaré pour sa part François Hollande, qui s’est alarmé de cette « accélération des colonisations » désormais « couverte par un cadre légal, puisque le Parlement israélien, hier, a adopté un texte qui, s’il est confirmé par la Cour constitutionnelle, aurait pour conséquence de légaliser les colonies sauvages ». La loi conduirait, a-t-il souligné, « à une annexion de fait des territoires occupés ».

D’autres pays, comme le Royaume-Uni, l’Egypte – où se trouve le siège de la Ligue arabe –, l’Allemagne, la Turquie et la Jordanie, ont exprimé leur indignation, la communauté internationale s’inquiétant d’un nouveau coup porté à une impossible paix entre Israéliens et Palestiniens. Seule la réaction de l’administration du nouveau président états-unien, Donald Trump, a offert un frappant contraste avec ces critiques. « L’administration Trump se gardera de commenter [la loi] avant toute décision de justice », a dit un responsable du département d’Etat. La nouvelle loi devrait en effet être attaquée devant la Cour suprême israélienne.

Adopté dans la nuit de lundi à mardi par la Knesset, le texte autorise l’Etat israélien à s’approprier, contre compensation, des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation en Cisjordanie. La loi doit protéger aussi les colons d’évictions, comme celle, la semaine passée, de la colonie « sauvage » d’Amona, selon ses promoteurs.

Le Monde et l’AFP


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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 20:31
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La question de l’influence catholique du programme de François Fillon suscite de vifs débats. Or, sur des sujets comme l’avortement ou le mariage gay, le candidat a tenu des propos contradictoires, et parfois à l'opposé du magistère catholique.

Avec la victoire surprise de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite, la religion catholique a fait irruption sur le devant de la scène politico-médiatique. D’après les analyses électorales, l’une des raisons de son écrasante victoire serait à chercher dans le basculement des catholiques en sa faveur. Alors que jusqu’à la veille du scrutin, toutes les enquêtes faisaient d’Alain Juppé leur champion, avec plusieurs longueurs d’avance. François Fillon ne s’est, certes, jamais caché de sa foi. Ni plus ni moins, cependant, que la plupart de ses concurrents à la primaire.

Ce qui suscite de nombreux commentaires, c’est, en premier lieu, l’identité de certains de ses soutiens. Particulièrement ceux liés à la Manif pour tous, comme Sens commun, le courant de l’UMP qui en est l’émanation directe et revendiquée. Ou comme Jean-Frédéric Poisson, successeur de Christine Boutin à la tête du Parti chrétien-démocrate, qui a appelé à voter pour François Fillon au second tour de la primaire. De son côté, la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de La Rochère, s’est félicitée, au lendemain du premier tour, de la victoire de ce dernier. Enfin, le candidat s’est distingué en adressant, le 24 octobre dernier, une « Lettre aux évêques de France », dans laquelle il tente de démontrer que ses préoccupations et les leurs ne sont pas vraiment éloignées.

De vifs débats ont également été soulevés par l’inspiration catholique assumée de certaines propositions et déclarations du candidat à la présidentielle. Il a souligné son opposition constante à la loi Taubira, qui a instauré le mariage pour tous, contre laquelle il a voté. Sur ce même thème, il a fait de la distinction entre le couple hétérosexuel et le couple homosexuel un axe fort de son programme. C’est l’une de ses « quinze mesures phares » : « Adoption plénière réservée aux couples hétérosexuels ». Mesure qui répond à l’une des « trois priorités » de son programme : « Affirmer nos valeurs ».

Il a rappelé cette position dans sa « Lettre aux évêques » : « Je propose de réécrire le droit de la filiation pour figer le principe selon lequel un enfant est toujours le fruit d’un père et d’une mère. » Sur la question du droit à l’avortement, centrale pour le magistère catholique, qui y est opposé, François Fillon a déclaré, lors d’un meeting à Aubergenville (Yvelines), le 22 juin 2016 : « Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l'avortement. »

Le candidat à la présidentielle a également fait de la place de l’islam dans la société un de ses principaux sujets d’intervention pendant la campagne, jusqu’à lui consacrer un livre, publié en septembre 2016 chez Albin Michel : Vaincre le totalitarisme islamique, publication accompagnée d’entretiens dans les médias, dont un au Figaro, dans lequel il soulignait les limites de « l'intégration de la religion musulmane dans la République » (le 29/09/2016). Dans sa « Lettre aux évêques », il confirmait : « J’agirai pour qu’un islam de France respectueux de nos valeurs voie le jour. » Ce qui sous-entend que ce n’est actuellement pas le cas. Il est allé un peu plus loin encore au Palais des Congrès de Paris, dans son dernier discours d’avant le premier tour : « Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman tant que son ancrage dans la République ne sera pas achevé. »

Enfin, il a défendu une conception de la laïcité assez souple dans sa « Lettre aux évêques de France » : « Attention, à vouloir faire voter des lois pour durcir encore davantage les règles de la laïcité, nous risquerions de porter atteinte à la liberté religieuse, ce qui n’est pas acceptable à mes yeux. » Propos qu’il a rappelé au Palais des congrès : « Cessons donc de faire croire qu’il faut durcir les règles de la laïcité au prix d’atteintes inacceptables à la liberté religieuse. »

Pas toujours effarouché

L’attachement de François Fillon à des critères d’inspiration catholique dans la définition de son projet politique, s’il est assez flagrant ces dernières semaines, devient toutefois plus relatif quand on observe ses prises de position tout au long de sa carrière. Le mariage pour tous, par exemple, ne l’a pas toujours effarouché. Le 2 février 2012, sur France 2, dans l’émission « Des paroles et des actes », il a déclaré : « Je suis favorable à ce que l'on aille beaucoup plus loin que ce qui a été fait aujourd'hui dans ce qui est le PACS et qui pourrait être considérablement amélioré, avec notamment une cérémonie en mairie. » Une position confirmée le 14 novembre 2012, sur RTL, au micro de Jean-Michel Aphatie : « Il y a le mariage entre deux hommes, deux femmes (…) je n’ai pas d’hostilité à cette question-là. »

Quant à l’avortement, plusieurs de ses votes à l’Assemblée nationale vont dans un sens contraire à ses dernières déclarations. Le 26 novembre 2014, il a fait partie des 27 députés de l’UMP qui ont voté favorablement à une proposition de résolution socialiste « visant à réaffirmer le droit fondamental à l'Interruption Volontaire de Grossesse en France », alors même que la majorité des députés n’a pas pris part au vote (151 votants sur 577 députés). Les parlementaires qui ont voté aux côtés de François Fillon ce jour-là ont été vivement sermonnés par un contributeur de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, évoquant « des noms que devraient retenir les électeurs catholiques lors des prochaines élections législatives, afin d’empêcher leur réélection. »

François Fillon ne s’est par ailleurs pas opposé au projet de loi « pour l’égalité entre les hommes et les femmes », présenté le 28 janvier 2014, qui a renforcé le droit à l’avortement, en créant notamment un délit d’entrave à l’IVG. Délit qui vise explicitement des « commandos » intégristes catholiques, et qui concerne aussi bien l’entrave « matérielle » que « psychologique ».

S’il lui semble que l’islam pose aujourd’hui des problèmes à la République, il a parfois eu des positions plutôt éloignées de ce constat. Par exemple quand il s’est dit favorable au report d’épreuves du bac pour les candidats qui fêtent la fin du Ramadan (RTL, le 6 juillet 2016). Il avait alors commenté les nombreuses critiques qu’il avait reçues en retour, dans son camp politique : « Un certain nombre de gens à droite ont un réflexe pavlovien : dès qu'ils parlent des musulmans, ils se mettent à éructer. »

Quatre ans plus tôt, le 28 juin 2010, alors qu’il était Premier ministre, il s’était distingué en participant à l’inauguration officielle d’une mosquée à Argenteuil (Val-d’Oise). Ce qui a été interprété par Le Parisien comme « Un geste fort envers les musulmans », et qui lui a en revanche attiré les foudres de l’hebdomadaire Marianne : « On n’avait encore jamais vu un Premier ministre inaugurer officiellement un lieu de culte, et s’asseoir ainsi sur les principes de base de la laïcité. »

Laïcité qu’il a d’ailleurs beaucoup plus souvent abordé sous un angle combatif, « laïcard » diraient certains, qu’ouvert et libéral. Il souhaite, par exemple, depuis longtemps « étendre la laïcité aux entreprises privées », comme il l’expliqua dans une tribune du Monde, et comme il le propose dans son programme.

Enfin, certains sites catholiques intégristes, à l’image de celui de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, lui reprochent d’avoir favorisé ce qu’ils estiment être « l’enseignement de la théorie du genre à l’école », lorsqu'il était Premier ministre : « Cette théorie a déjà bel et bien été introduite dans les programmes de sciences naturelles, notamment en classe de Première, dès 2011. C’était sous le gouvernement de François Fillon et la présidence de Nicolas Sarkozy. »

Dans le sens du vent

Pendant près de trente ans, Gérard Fretellière, conseiller municipal (Front de gauche) de Sablé-sur-Sarthe, a été son opposant local le plus constant. Il n’a pas constaté chez François Fillon de prosélytisme catholique particulier. « C’est un élu de droite classique, sans excès, témoigne-t-il. En conseil municipal, ou en campagne électorale, il n’a jamais mis spécialement sa foi catholique en avant. Il est très représentatif de la petite bourgeoisie provinciale. C’est plus un gestionnaire qu’un idéologue. » Gérard Fretellière lui trouve bien une caractéristique particulière, pas vraiment religieuse : « Il a tendance à aller dans le sens du vent. Sur des sujets importants, on l’a vu changer deux ou trois fois d’avis. Un peu comme son mentor en politique, Joël Le Theul, dont il a été l’assistant parlementaire : il était pour de Gaulle sous de Gaulle, pour Pompidou sous Pompidou et pour Giscard sous Giscard. Il a d’ailleurs été ministre de deux d’entre eux ! »

Patrice de Plunkett, blogueur et essayiste catholique, ancien directeur du Figaro Magazine converti à l’écologie façon pape François, apporte une nuance d’un autre ordre. Il souligne que les propositions économiques et sociales de François Fillon, ne sont, elles, pas du tout d’inspiration catholique, si l’on s’en tient à la ligne dictée par le Vatican : « Le programme de Fillon, plus encore que celui de Juppé, tourne le dos aux critiques du pape envers le système économique, et contredit ses appels à sortir du néolibéralisme. »

Cela s’illustre notamment, selon lui, dans la question de la lutte contre l’exclusion et la pauvreté : « Non seulement la question de la pauvreté de masse n'est pas "prioritaire" aux yeux de la classe politique, mais la dérive libérale - à gauche et à droite - dissout cette question dans l'idéologie Medef. L'Eglise catholique voit les choses autrement. Pour que les choses aillent mieux, elle ne pense pas qu'il faille "libérer l'économie de ses blocages français". Elle pense qu'il faut redéfinir le sens de l'activité économique et de la vie en société. »

Patrice de Plunkett va un peu plus loin encore, s’adressant ici à tous les candidats qui se revendiqueraient du christianisme, en évoquant une récente homélie du pape François, pour la clôture de l’année de la Miséricorde : « Le pouvoir est la pire tentation pour le chrétien ! »

Martin Brésis

Le Monde des Religions

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